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La facture de la fracture en 2020

Nous vivons une expérience incroyable, unique … un confinement absolu (plus de la moitié de l’humanité  y est soumise) … tel un film catastrophe nous suivons jour après jour l’impact de cette pandémie  au coronavirus sur nos sociétés et nos modes de vie.

La facture viendra vite et il est encore difficile d’en mesurer l’étendue.

Internet nous permet d’accompagner pas à pas cet événement et surtout de remédier à une majeure partie des inconvénients du confinement.

L’omniprésence d’un numérique indispensable

La facture de la fracture en 2020 1

télé travail

Une panne, une coupure du réseau, c’est la panique. Une partie du Val de Marne et une partie de Paris ont connu un tel épisode suite à des actes de vandalisme sur la fibre optique (100 000 personnes concernées). Le télétravail et le lien avec son entreprise sont coupés, les enfants ne peuvent plus suivre à distance leur enseignement, les personnes âgées isolées n’ont plus aucune distraction, la télévision étant de plus en plus en réseau.

Les commandes à distance sont interrompues, les messageries en suspend, les réseaux sociaux entre parenthèses … les balades sur Internet via Google en jachère …

On le voit l’emprise est large, forte et crée des liens d’interdépendances prégnants. Cette importance de l’accès au numérique n’est pas nouvelle. Elle a fortement progressé ces dernières années, y compris avec une pression accentuée des pouvoirs publics (les impôts) et de la plupart des services (Poste, banques, assurances, mutuelles, Sécurité sociale, ANPE…).

Et pour autant, les gouvernements successifs n’ont pas pris les mesures efficaces pour réduire la fracture numérique.

La plupart des métiers ont été impacté par le numérique, soit en disparaissant, soit en évoluant en profondeur. De ce fait, une bonne maitrise de la culture numérique devient indispensable pour accéder au monde du travail et y évoluer. Il fut un temps où l’illettrisme était considéré comme un fléau, il subsiste encore malheureusement, mais il faut lui surajouter l’illettrisme numérique aujourd’hui.

On estime à 23%  des Français qui éprouveraient des difficultés avec le numérique. C’est ce que révèle le livre  blanc sur “l’illectronisme” publié en juin 2019 par le Syndicat de la presse sociale (SPS).

La fracture numérique bien réelle

Car celle-ci existe bel et bien, que ce soit les zones blanches où les téléphones portables restent muets (zones rurales) ou encore un débit d’accès faible limitant les usages et malheureusement encore certaines zones où celui-ci est inexistant. Enfin, il reste encore à considérer des populations non équipées ou mal équipées pour des causes économiques ou d’incompréhension aux règles de fonctionnement, pour des raisons d’âges, culturelles, économiques ou encore sociales …

La crise actuelle accentue douloureusement ce constat et met en évidence les dégâts occasionnés par les différentes fractures numériques. Il serait urgent d’en faire un état circonstancié afin d’y apporter au plus vite les remèdes et solutions nécessaires.

L’État vient de collectiviser plus de la moitié des emplois du privé et ouvrir en grand les vannes du déficit prouvant qu’ainsi tout est, au final, possible. On aimerait la même énergie et le même volontarisme à régler ce problème d’accès au numérique.

Des solutions existent à la fracture

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Confinement et virus

Les pouvoirs publics ont les moyens de faire pression sur les opérateurs, en échange de l’attribution des fréquences, afin qu’ils résolvent le problème des zones blanches. L’école se doit d’assumer un saut technologique, car il est de son devoir de former et d’agir sur les inégalités, y compris celle-ci dont on mesure les dangers potentiels.

Le confinement a, certes, boosté les enseignants, par obligation et on peut espérer un gain qualitatif qui devrait subsister. Mais il reste encore à former les personnels et à éduquer les élèves avec plus d’ambition et de volontarisme qu’on ne le fait.

Pour les populations les plus pauvres, un fond constitutif par les moyens de l’état pourrait à la fois mettre à disposition un kit numérique et des actions de formation et d’assistance.

Pour les personnes plus âgées, on voit bien que l’usage d’une tablette numérique est plus facile qu’un ordinateur, des actions d’encouragement et d’assistance devraient être menées à cet effet.

Il existe une association France Connectée qui revendique un grand plan national de formation aux nouvelles technologies englobant aussi bien les personnes âgées que les familles à distance du numérique.

 

La diligence numérique : un profit pour tous

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Éducation

C’est la société tout entière qui a à gagner à cette mise à niveau numérique. Elle ne pourrait que doper l’économie, la société et procurer une forme de bien-être.

Cette évolution devrait être accompagnée d’une vigilance  pour mesurer l’indispensable du futile et apprécier les risques inhérents propres à toute technologie. Soit l’appréciation bénéfices/risques, à prendre en compte comme en médecine.

La recherche sera un  atout majeur dans cette démarche.

Le niveau d’éducation et de formation dans une région ou dans un pays est pris en considération par les investisseurs comme un facteur positif … La diligence numérique n’en serait qu’un atout de plus et il est plus que jamais utile d’investiguer l’avenir.

« Et si ce virus avait le don énorme de rappeler ce qui nous est vraiment essentiel
Les voyages, les sorties, l’argent ne sont plus la norme
Et de nos fenêtres on réapprend à regarder le ciel
On a du temps pour la famille, on ralentit le travail
Et même avec l’extérieur on renforce les liens. »

Grand Corps Malade (Fabien Marsaud)

Fracture numérique : l’illectronisme touche 17% de la population selon l’INSEE.

https://www.vie-publique.fr/en-bref/271657-fracture-numerique-lillectronisme-touche-17-de-la-population

Le confinement révélateur de la fracture numérique de Yann-Mäel Larher.

https://www.forbes.fr/technologie/le-confinement-revelateur-de-la-fracture-numerique/?cn-reloaded=1

La fracture numérique de Gabriel Dupuis Éditions Ellipses – 2007-

 

 

Dessin de Marc ChalvinDessin de Marc Chalvin

Le concours 2020 de la meilleure nouvelle d’anticipation est ouvert

Dessin de Marc Chalvin

Marc Chalvin

Le concours 2020 est lancé

À vos plumes

À l’occasion de ses 40 ans ADELI avait organisé un concours de nouvelles de science-fiction sur le thème de l’IA dont le prix avait été remis au lauréat le 9 mars 2018 au Grand Hôtel de Cabourg (Calvados).

Depuis ADELI a maintenu ce prix chaque année.

L’édition 2019 du concours a fait l’objet d’une publication d’un recueil des onze meilleures nouvelles.

En cliquant sur le lien vous pourrez commander un exemplaire aux éditions Bod Librairie au tarif de 8,50 euros.

ADELI  a décidé de reconduire cette année, à compter du 15 avril 2020 jusqu’au 15 septembre 2020, un concours de nouvelles gratuit rédigé en langue française, sans obligation d’achat, intitulé Nouvelles d’anticipation sur le thème de l’intelligence artificielle « À quoi rêvent les robots ? ».

Les participants devront commencer leur texte par l’incipit :

« Je fais souvent ce rêve étrange et … »

Les textes devront être envoyés par les participants, par messagerie, à  concours@adeli.org en mentionnant expressément leur adresse postale et un numéro de téléphone, sous forme d’un fichier attaché en format word ou pdf. Ils acceptent que leur texte soit publié par ADELI en Licence Créative Commons.

Format des textes :

  • rédigés en langue française ;
  • sans illustration ;
  • titre obligatoire ;
  • longueur maximale de 10 000 caractères (espaces compris) ;
  • format A4, marge 2,5 cm, police Arial 12, interligne 1,5 ;
  • paginés.

Le Lauréat du Concours désigné par le Jury, le 15 octobre 2020, obtiendra les récompenses suivantes :

  • invitation à la manifestation de Paris (prise en charge par nos soins du coût du déplacement et du séjour en France métropolitaine), au cours de laquelle le Lauréat sera félicité en fin d’année en même temps que le lauréat du prix de thèse ADELI  organisé en partenariat avec l’Université PSL ;
  • attribution d’une adhésion Premium à ADELI pour l’année 2021 ;
  • participation au jury du prix de l’année suivante ;
  • publication de sa nouvelle, sous sa signature, sous licence Créative Commons, sur le site d’ADELI.

Cedric Teixeira Lauréat du concours 2019 de la meilleure nouvelle d’anticipation sur l’intelligence artificielle

 

RÈGLEMENT DU CONCOURS

« Nouvelles d’anticipation sur le thème de

l’intelligence artificielle  »

ARTICLE 1 – ORGANISATION DU CONCOURS

L’association ADELI (explorateurs des espaces numériques) :

  •  créée en 1978 (journal officiel p 6746 – octobre 1977) ;
  •  dernière modification (JO du 5 décembre 2015 – Annonce 1510 pages 5866) ;
  •  W751044867 (Préfecture de Police de Paris) ;
  •  SIRET 407 946 961 00015 – NAF 9499 Z ;
  •  dont le siège est au 87 rue Bobillot 75013 Paris ;

ADELI organise à compter du 20 avril 2020 jusqu’au 15 septembre 2020 un concours de nouvelles gratuit rédigé en langue française, sans obligation d’achat, intitulé Nouvelles d’anticipation sur le thème de l’intelligence artificielle « À quoi rêvent les robots ? » (ci-après dénommé le Concours) selon les modalités décrites dans le présent règlement.

Aucun texte ne sera examiné s’il ne respecte pas ces dates.

ARTICLE 2 – CONDITIONS DE PARTICIPATION

Le lancement du Concours est annoncé par un appel sur le site ADELI https://espaces-numeriques.org.

Ce Concours est ouvert à toute personne physique disposant d’un accès à internet ainsi que d’une adresse électronique valide.

Cependant, ne sont pas autorisés à concourir les membres du Comité d’ADELI et de leurs familles, ainsi que de toutes personnes ayant participé à l’élaboration du Concours.

Le seul fait de participer à ce Concours implique l’acceptation pure et simple, sans réserve, du présent règlement.

Les informations communiquées par les Participants à ADELI seront utilisées exclusivement pour la participation au Concours.

Ce Concours est soumis à la réglementation de la loi française.

ARTICLE 3 – OBJET DE LA PARTICIPATION

Les Participants devront commencer leur texte par l’incipit :

« Je fais souvent ce rêve étrange et … »

  •  par messagerie, à l’adresse mail : concours@adeli.org
  •  une nouvelle originale rédigée en langue française, sans illustration comportant un titre ;
  •  d’une longueur maximale de 10 000 caractères (espaces comprises) ;
  •  en format A4, marge 2,5 cm, police Arial 12, interligne 1,5 ;
  • paginée.

Cette nouvelle d’anticipation doit s’inscrire dans le thème des perspectives de l’intelligence artificielle : elle doit être originale, tant dans la forme que dans le fond. Les nouvelles qui s’inspireraient de textes déjà publiés ne pourront prétendre à être sélectionnées.

Les Participants autorisent la vérification de leur identité. Le non-respect du présent règlement ainsi que toute fraude ou tentative de tricherie, quelles que soient ses modalités, entraînera l’élimination pure et simple de la participation de son auteur.

Il n’est autorisé qu’une seule participation par personne (même nom, même prénom, même adresse électronique) pendant toute la période de ce Concours.

ARTICLE 4 – DÉSIGNATION DU LAURÉAT

Le Lauréat de ce Concours sera désigné par un Jury composé de membres de l’association ADELI, qui examinera et classera les nouvelles qui lui auront été transmises avant le 15 septembre 2020.

Les décisions souveraines du Jury apprécieront :

  •  l’originalité de la nouvelle ;
  •  le respect du thème ;
  •  l’intérêt des questions évoquées ;
  •  la pertinence de l’épilogue ;
  •  la qualité du style ;
  •  l’attraction ressentie ;
  • le respect des règles orthographiques.

Le Lauréat sera informé, par courriel, de son succès et des modalités d’attribution du prix remporté ; en cas de désistement formel ou d’absence de réponse sous un délai de 10 jours, le Jury prendra acte de son renoncement et choisira le candidat suivant dans le classement.

Le jury se réserve le droit de ne pas attribuer le prix en fonction du nombre et de la qualité des textes présentés.

ARTICLE 5 – DOTATION

Le Lauréat du Concours désigné par le Jury, le 15 octobre 2020 obtiendra les récompenses suivantes :

  • invitation à la manifestation de Paris (prise en charge par nos soins du coût du déplacement en France métropolitaine), au cours de laquelle le Lauréat sera félicité en fin d’année ;
  • attribution d’une adhésion Premium à ADELI pour l’année 2021 ;
  • participation au jury du prix de l’année suivante ;
  • publication de sa nouvelle, sous sa signature, sous licence Créative Commons, sur le site d’ADELI ainsi que les 9 lauréats suivants.

Ces dotations ne pourront être échangées contre leur valeur en espèces ou contre toute autre dotation.

Les 10 vainqueurs autorisent gracieusement la citation de leurs noms, la reproduction de leurs photographies ainsi que la publication à des fins de promotion ou d’information liées au présent concours.

En cas de force majeure, ADELI se réserve le droit de remplacer le lot gagné par un lot de nature et de valeur équivalente.

Les organisateurs du concours se réservent tout droit pour diffuser, éditer et utiliser les textes primés. Le gagnant autorise gracieusement la citation de son nom, la reproduction de sa photographie ainsi que la publication à des fins de promotion ou d’information liées au présent concours.

ARTICLE 6 – DÉPÔT DU REGLEMENT

Les Participants à ce concours acceptent l’intégralité du présent règlement qui est disponible et librement téléchargeable sur le site https://espaces-numeriques.org

ARTICLE 7 – FRAIS DE PARTICIPATION

La participation au Concours n’implique aucun coût direct de communication.
Les Participants ne pourront réclamer aucun remboursement des frais éventuels qu’ils auraient engagés pour recueillir les éléments nécessaires à la confection de leur texte.

Cerveau numérique

Confiance numérique des Français – Baromètre 2019

Conférence ACSEL sur la confiance numérique des Français

Initialement prévue le 10 décembre 2019, cette conférence a été reportée et s’est finalement tenue le 25 février 2020 juste à temps avant un report qui aurait cette fois été dû au coronavirus. Jacqueline Doljansky-Sidi y a assisté et nous en propose un compte-rendu.

Confiance numérique

Des vidéos de la conférence sont, par ailleurs, disponibles sur YouTube.

Key note : IA et Interaction Humain-Machine, les leviers de la confiance numérique

Laurence Devillers, Professeure en Intelligence Artificielle à la Sorbonne, membre du Copil Numérique et IA du Comité consultatif national d’éthique, auteure de 2 ouvrages « Intelligence artificielle : Enquête sur ces technologies qui changent nos vies » 2018 et « Les robots émotionnels » mars 2020.

Laurence Devillers s’intéresse en particulier à l’interaction vocale avec les machines : comment faire pour que les machines nous comprennent et comment créer des machines utiles pour tous ?

Dans l’imaginaire populaire, il va y avoir des robots qui vont détecter nos émotions dans nos voix et dans nos comportements… mais en laboratoire ce ne sont pas des sujets terminés car il n’existe pas de système assez robuste en qui il est possible de faire confiance. Malgré tout,  sur le marché arrivent des applications produites par des start-ups et, dans les journaux il est écrit que les robots comprennent ce que nous disons, qu’ils ont une conscience et des émotions.

Il y a des mythes qui vont se retourner contre nous : l’image du robot c’est Frankenstein, le Golem, des robots effrayants. Au Japon, les robots sont les amis de l’homme : ils vont sauver l’humanité.

Les robots qui ont des émotions existent dans la science-fiction, or la science-fiction précède la science.

Les réseaux neuronaux servent à l’évaluation des systèmes de dialogue. Laurence Devillers a développé de nombreuses applications, par exemple en médecine, pour la banque. Pour cela, elle s’appuie sur des données de terrain pour travailler sur les émotions, comme avec le SAMU. Elle refuse les émotions des laboratoires qui sont hors contexte.

L’IA, qui englobe un grand nombre de disciplines différentes ayant toutes pour objectif de simuler les capacités cognitives de l’homme, a connu un développement en plusieurs phases :

  1. à partir des années 1950 jusqu’en 1990, il y avait les systèmes experts : les règles étaient données par l’humain,
  2. ensuite il y a eu l’apprentissage statistique avec la collecte des données pour créer des modèles,
  3. puis c’est l’apprentissage à partir des données mais sans comprendre,
  4. dans la période actuelle, l’armée américaine est leader sur les thèmes de transparence, d’efficacité et de loyauté : l’éthique de ces machines.

Le « Deep learning » existe depuis 1992. Cela a permis de gagner en puissance de calcul mais pas sur les concepts fondateurs qui restent les mêmes et qui datent des années 1943, 1949, 1957, 1987.

Ce que la machine sait ou ne sait pas faire

Les Processus de pensée de l’humain incluent des aspects que la machine ne sait pas effectuer :

  • la déduction qui est impossible car l’univers est trop large ;
  • l’induction : on sait faire à partir d’exemple mais on ne comprend rien à ce qu’on fait, l’apprentissage statistique est une boite noire ;
  • l’intentionnalité pour appréhender des phénomènes : c’est ce qu’on appelle l’apprentissage par renforcement, par exemple le robot apprend en regardant son environnement ;
  • l’analogie : Google montre avec succès des textes intéressants sur des analogies ;
  • le raisonnement pas abduction : la machine ne sait pas inférer un fait probable à partir d’un fait observé ;
  • l’intuition, la compréhension, la créativité et l’imagination, la machine n’en a pas du tout :
    • La compréhension a besoin du sens commun, ce que la machine comprend est totalement différent de ce que nous comprenons,
    • la créativité et l’imagination : il existe des systèmes pour l’art. Il est possible de créer des choses nouvelles car la machine crée à l’infini, mais c’est à nous de trouver ce qui est intéressant dans ce qu’elle produit.

Un chat-box est un agent conversationnel : il capture du signal, analyse les informations et décide d’une réponse qu’il va générer. Il est facile de tromper les humains avec cela. Les premiers systèmes reprenaient vos mots : par exemple si vous dites «  Mon fils va bien », la réponse du robot était « Ah votre fils » et si le système ne comprenait rien et il répondait «  je vous ai compris ». Aujourd’hui on met plus de capteurs sur l’environnement mais le problème n’est pas résolu pour autant.

Le robot empathique est un sujet à la mode, il va permettre d’énormes progrès tant sur les valeurs économiques et de solidarité que sur les avancées sur la connaissance de l’humain. Mais cela comporte beaucoup de risques. L’« affective computing », est née en 1997 au MIT et Laurence Devillers y travaille depuis 2000.

Pour détecter les émotions dans le comportement des humains, générer un système de dialogue il faut chercher des signaux dans la modulation de la voix ou sur le fasciés. Mais il faut faire attention aux données : cela fonctionne bien en laboratoire mais dans les maisons de retraites cela ne fonctionne pas car les rides sont prises pour des sourires. Une expérience a été faite sur la définition du stress sur un groupe d’étudiants, le résultat a été que le meilleur indicateur de stress est la salive. C’est difficile de définir un standard, car chacun de nous est trop différent. Il faut prendre en compte le mélange des signaux faciaux, audio, gestuels, posturaux, physiologique… Pour créer un profil émotionnel et interactionnel et pour définir une stratégie du dialogue, il faut prendre en compte un domaine mitigé et complexe.

Les robots présentent un intérêt dans le domaine de la santé : on voit des chat-box et des robots qui servent à aider les enfants autistes, les personnes âgées. Mais il existe des risques : trop grande addiction, manipulation…

Nous sommes des animaux sociaux,  nous vivons grâce à une interaction avec les autres. Des chercheurs travaillent sur la recopie de l’humain : mettre de la douleur ou du plaisir dans le robot, démontrer de l’affection, avoir des intentions propres à la personne. En anthropomorphisant les machines autour de nous, surtout si elles nous ressemblent, nous risquons de nous y attacher ou de nous projeter sur ces machines, c’est dangereux, il faut faire très attention.

Ce sont les voix de femmes, les visages de femmes, les corps de femme qui ont la préférence. Mais il faut faire attention à la représentation de la femme.

La manipulation, c’est-à-dire inciter à faire des choses que l’humain n’aurait pas fait par lui-même, a toutefois des aspects positifs : une meilleure hygiène, un meilleur respect de l’autre. Mais attention à l’intention malveillante ou commerciale, par exemple, Google home commence à suggérer des choses, ou encore lors d’une recherche en ligne d’un hôtel, la  petite ligne rouge qui vous indique que 25 personnes regardent la même chambre vous incite à la réserver immédiatement. Cette manipulation est d’ailleurs illustrée dans la nouvelle primée en 2019 et éditée par ADELI : « L’amour tout un programme » par Cédric Teixeira.

Pour obtenir et conserver la confiance numérique des Français, il reste à trouver les meilleures façons d’utiliser les données et ces systèmes en développant des outils pour vérifier les comportements.

Eneric Lopez, Director artificial Intelligence & Developers, Microsoft France

Eneric Lopez a rappelé que Microsoft s’est engagé depuis 2018 dans une mobilisation collective, avec les acteurs de l’écosystème, pour contribuer à une IA au service de l’intérêt général :

  • stimuler, à travers des réflexions et des propositions concrètes, le développement d’une IA de confiance : neutralité des algorithmes, éthique dans la conception et le développement de l’IA, inclusion et diversité, sensibilisation et éducation au numérique…
  • identifier et soutenir la réalisation de projets innovants destinés à répondre aux grands enjeux sociétaux et à l’intérêt général dans des secteurs aussi variés que le transport, l’environnement, l’agroalimentaire ou encore la santé. Ces projets bénéficieront d’un soutien technologique et financier de la part des membres d’Impact AI.

Cédric O, Secrétaire d’État, chargé du Numérique

Cédric O a identifié trois priorités :

  1. Faire émerger les champions
    La Chine a le PABX, les États-Unis les  GAFA. L’Europe doit avoir ses propres champions numériques. Elle ne peut pas se contenter de la réglementation avec le RGPD.
  1. Réguler
    Il faut faire respecter le droit économique et l’État de droit de la protection des citoyens. Pour cela il faut mettre à jour nos cadres réglementaires et outils.
  1. Inclure tout le monde dans le numérique
    Un Français sur cinq, soit 13 millions de Français de tous âges, jeunes et vieux, se sentent mis de côté dans ce monde numérique. Il faut penser le service public multi canal : garder les lois physiques, réintroduire des numéros de téléphone. Il s’agit de la transformation numérique de l’État.
Le travail à l’épreuve du numérique. 4

Le travail à l’épreuve du numérique.

Le travail à l’épreuve du numérique. 5Le numérique est devenu une composante usuelle et familière de notre environnement. Le Smartphone en est la marque la plus évidente et la plus spectaculaire. En moins de 15 ans, il a opéré une révolution planétaire et créé de nouveaux géants de l’industrie. Chacun peut observer dans sa vie quotidienne pour lui-même ou son entourage des bouleversements majeurs dans son propre travail. Nombreuses sont les pythies annonciatrices de catastrophes sur l’emploi… mais peu ont été en mesure de qualifier ou quantifier l’effet exact en fin de compte sur l’emploi.

Il y a 40 ans…

L’importance prise par l’ordinateur sur son bureau ou son poste de travail est le symbole le plus évident de l’emprise du numérique sur notre vie et plus particulièrement sur notre travail. Il y a à peine 40 ans que des « machines » à traitement de texte peinaient à remplacer les machines à écrire. Les résistances, à l’époque, étaient très vives. Les cadres eux-mêmes sans aucune « machine » sur leur bureau dépendaient entièrement de leur assistante pour l’organisation matérielle de leur travail. Dans l’industrie, on voyait à peine émerger l’automatisation des tâches.

Nul téléphone portable intelligent, pas de GPS, Google n’existait pas, toutes recherches étaient longues et ardues et les tâches administratives étaient lentes et pénibles.

La préparation d’un budget, tâche ordinaire et partagée, demandait beaucoup d’effort, de temps et de rouleaux à papier sur les machines à calculer.

Excel n’était pas là et je me souviens de la première fois où l’on me proposa de voir une application pour simplifier les calculs… Multiplan, c’était il y a 35 ans.

Aujourd’hui…

Le travail à l’épreuve du numérique. 6Que de chemin parcouru par cette génération récemment à la retraite et dont l’univers du travail a connu des bouleversements colossaux et du coup une nécessité absolue d’adaptation et de formation continue !

Globalement, à de rares exceptions, cette génération s’est adaptée à une vitesse phénoménale, rares sont ceux restés au bord du chemin pour cause d’inadaptation aux nouveaux outils et aux nouvelles méthodes de travail.

En 2020, si on constate aisément le chemin parcouru, pour autant les interpellations sur les changements à venir sont nombreuses et les inquiétudes aussi.

On sait aussi que l’aptitude d’un pays, d’un gouvernement à prendre les bonnes décisions en matière de recherche et de développement est déterminante pour son avenir.

La carte mondiale des puissances régionales dominantes bascule et détermine une frontière assez brutale entre les Nouveaux Mondes et les Anciens…

Ils sont peu nombreux, ceux qui visualisent ce basculement. La Chine et l’Inde sont au cœur de ces nouveaux processus, alors que les États-Unis sont à la traine, l’Europe aussi et ne parlons pas de la France

C’est fait, de nombreux métiers ont disparu (dans le textile, l’édition, l’industrie, le commerce …), de nouveau sont apparus et la majeure partie d’entre eux se sont transformés.

 Demain…

La grande distribution au cœur de la tourmente sera-t-elle encore là, quelle proportion aura pris la vente sur Internet. Les objets connectés auront-ils proliféré et bousculés certains emplois, pris leur place ?

Parlons de l’automobile, une industrie qui pèse encore lourdement dans les PIB. Va-t-elle vers une production de masse qui substitue au moteur thermique, le moteur électrique  et la conduite autonome ? Mais en fait ne serait-ce pas l’usage même de la voiture qui va changer… nous pourrions renoncer à être propriétaires de notre véhicule… pour un usage partagé. Jérémy Rifkin en parle très justement dans son livre « L’âge de l’accès » (Éditions de la Découverte, 2000), il y a déjà 20 ans. il avait déjà pas mal pronostiqué les bouleversements à venir dans le monde du travail en publiant en 1996 « La fin du travail » aux mêmes éditions de la Découverte.

Difficile de naviguer à vue pour l’industrie automobile qui vient d’investir massivement dans l’électrique… peut-être pour rien.

Plus que jamais la fonction de veille technologique dans les entreprises et pour tous les métiers est essentielle.

L’Intelligence artificielle…

Dessin de Marc ChalvinDessin de Marc ChalvinDe la même manière, l’Intelligence Artificielle est source d’inquiétude et renouvelle la crainte de voir des centaines de milliers d’emplois disparaitre. Les ouvrages sur le sujet sont légion et proposent des scénarios divergents, voire parfois opposés.

Les futurologues sont bien souvent sans nuances en prédisant soit l’apocalypse, soit l’âge d’or.

Mais l’histoire nous apprend que l’avènement des révolutions industrielles et technologiques n’apporte ni l’un, ni l’autre. Qu’il y est des soubresauts, voire des révoltes, certes, mais le progrès reprend son chemin inexorablement !

Aujourd’hui, le besoin se fait fortement ressentir d’un inventaire des métiers passés au scanner de l’évolution des usages numériques.

A lire :

 

 

 

Interview de Damien Scieur

Interview de Damien Scieur 7

Damien Scieur

Interview de Damien Scieur, lauréat du prix de thèse PSL/ADELI

par Dominique Doquang

Question : Comment vous est venue la vocation de chercheur ?

Très bonne question. C’est une idée qui est venue progressivement, assez tôt, dès mes études dans le secondaire, j’étais mauvais en mathématiques. À l’origine je me destinais à être chimiste, les cours de mathématiques m’ont passionné, j’ai changé d’école, j’ai évolué vers les mathématiques appliquées, en particulier l’optimisation.

C’est à l’occasion de mon master, que j’ai opté pour un master recherche.

Question : Quelles sont les caractéristiques nécessaires d’un chercheur ?

Il y a beaucoup de types de chercheurs. La passion, beaucoup de mobilité, cela demande aussi du courage en raison des horaires spéciaux, du stress… il faut aussi être à l’écoute des opportunités, entrer en communication avec des professeurs et surtout montrer en permanence qu’on est passionné. La passion est vraiment la caractéristique la plus importante.

Question : Actuellement, vous êtes en poste où ?

Après ma thèse en France, j’ai fait un post-doctorat à Princeton aux USA, maintenant je suis engagé par Samsung à Montréal, c’est un nouveau laboratoire qui vient d’ouvrir, un laboratoire académique, on travaille dans les locaux à l’université sur la recherche en IA.

Question : Quel est l’avantage d’être chercheur à Montréal ?

J’avais envie de tester d’autres cultures, déjà quand j’étais en doctorat, j’avais prévu de quitter la France pour essayer d’autres pays, les USA, puis j’ai eu cette opportunité d’aller travailler à Montréal, je l’ai saisie. C’est un choix en direction du secteur privé avec Samsung, avec de nombreux chercheurs en IA.

Question : Votre thèse porte sur l’amélioration de l’optimisation. Quel est le positionnement de la France dans ce domaine ou y a-t-il les meilleurs travaux dans le monde ?

Je vais parler vraiment de ce que je connais, la France est bien positionnée. L’équipe dans laquelle j’ai travaillée est un excellent groupe, dans le top mondial avec Francis Bach et d’Alexandre d’Aspremont. La communauté d’optimisation n’est pas concentrée en un endroit, on a plusieurs groupes dans le monde.

Question : Comment s’est fait le choix du thème de votre thèse ?

Le choix a été assez naturel, mon goût pour les mathématiques appliquées est venu, à la base, avec l’optimisation. Je faisais moi-même des petits projets en recherche opérationnelle qui consistaient à faire de l’agencement dans des files d’attente.

Quand j’étais en Belgique, j’avais d’excellents professeurs en optimisation, ce sont eux qui m’ont mis en contact à Paris avec Francis Bach et Alexandre d’Aspremont.

Question : Sur un plan matériel, pour faire de la recherche, il y a beaucoup de documentations, mais selon certains étudiants, accessibles uniquement en payant ?

Cela dépend des pôles de recherche, le machine Learning est un sujet de recherche récent, les 20 dernières années il y a eu beaucoup de travaux et la plupart des chercheurs mettent gratuitement leurs travaux à disposition. En mathématique, il suffit parfois d’envoyer un mail à un chercheur et il l’envoie volontiers gratuitement.

Question : Quelle est la prochaine étape ? Est-ce l’enseignement, rentrer dans un grand groupe ?

Actuellement je suis engagé comme chercheur dans un grand groupe. Je suis bien chez Samsung pour l’instant et à Montréal, cela me convient parfaitement.

J’ai aussi envie de faire de l’enseignement, cela ne s’est pas présenté pour le moment, d’ici quelques années, enfin je rentrerai peut-être en France ou pas. Le domaine évolue très vite et c’est difficile de faire des prévisions.

 

La mainmise des grands groupes d'Internet sur l'IA représente un réel danger 8

La mainmise des grands groupes d’Internet sur l’IA représente un réel danger

Progrès social et intelligence artificielle

Excellente tribune libre dans le journal Le Monde du 15 novembre de Hughes Bersini, chercheur en informatique qui y affirme : “Il est difficile de voir un progrès social dans l’intelligence artificielle”.

L’auteur met en garde contre la montée en puissance des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) dans le secteur de l’IA et du regard porté par les “plus dangereux gouvernants de la planète” sur les possibilités offertes par l’ensemble des recherches menées. il dit très explicitement  que “la principale exploitation des algorithmes d’apprentissage et de prédiction consiste à maximiser les profits, à emprisonner les internautes dans un formatage cognitif, à privatiser nos biens publics et à provoquer une épidémie de narcissisme chez les jeunes”.

De la même manière il pointe la chanson Daddy’s Car à la manière des Beatles et le Portrait d’Edmond de Belamy tous deux issus directement de la création par un réseau de neurones …. dont il met en cause la qualité créative …, chacun jugera.

https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/11/15/il-est-difficile-de-voir-un-progres-social-dans-l-intelligence-artificielle_6019267_3232.html

Hugues Bersini est professeur à l’Université libre de Bruxelles, codirecteur de l’institut de recherches interdisciplinaires et de développement  en intelligence artificielle (Iridia).  Il y enseigne l’intelligence artificielle, les technologies orientées objet (UML, Design patterns, java, Net, …) et la programmation Web (Django/Python). Il est l’auteur de Big Brother is driving you (Académie royale de Belgique, 2017).

Il est membre de l’Académie royale des sciences de Belgique.

IRIDIA est un laboratoire impliqué dans la recherche théorique et appliquée en intelligence artificielle computationnelle.  Il travaille essentiellement sur l’intelligence en essaim, la métaheuristique pour la solution de problèmes d’optimisation d’espace combinatoire et continu, l’étude fondamentale des réseaux biologiques et les applications d’intelligence économique.

ADELI a créé un groupe de travail sur l’intelligence artificielle auquel vous pouvez contribuer, n’hésitez pas à nous le faire savoir en nous contactant.

Prix de thèse PSL-ADELI 2019 « Sciences des Données, Intelligence Artificielle et interfaces » : 3 lauréats

Prix de thèse – Une initiative ADELI PSL

ADELI et l’université PSL ont décidé de créer ensemble un prix de thèse dans les disciplines de l’Intelligence Artificielle , des sciences des données, ainsi que de leurs applications aux sciences humaines et sociales, et aux sciences expérimentales (physique, chimie, biologie).

Les Thèses devront avoir été soutenues après le 1er janvier 2017 dans un établissement de PSL, rédigées en français ou en anglais. Elles seront soumises à un jury composé de personnalités scientifiques incluant des représentants de l’Université PSL et d’ADELI.Lire la suite

Dessin de Marc ChalvinDessin de Marc ChalvinDessin de Marc Chalvin

Concours 2019 de la meilleure nouvelle d’anticipation

bureau Adeli humour

Le concours 2019 est lancé

À vos plumes

À l’occasion de ses 40 ans ADELI avait organisé un concours de nouvelles de science-fiction sur le thème de l’IA dont le prix avait été remis au lauréat le 9 mars 2018 au Grand Hôtel de Cabourg (Calvados).

ADELI  a décidé de reconduire cette année, à compter du 15 avril 2019 jusqu’au 15 septembre 2019, un concours de nouvelles gratuit rédigé en langue française, sans obligation d’achat, intitulé Nouvelles d’anticipation sur le thème de l’intelligence artificielle « À l’aube du XXIIème siècle ».

Les participants devront commencer leur texte par l’incipit :

« Le 6 janvier 2197, jour exceptionnel… » Lire la suite