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Lettre 120 – Été 2020 – Résilience et confinement

La Lettre 120 est parue

Pendant le confinement, ADELI a organisé des réunions virtuelles Zoom, des conférences-débats. Des articles continuent à être publiés régulièrement par nos adhérents.

Comme chaque trimestre, « La Lettre d’ADELI » est envoyée à nos adhérents, nos amis adéliens et nos prospects.

Les effets du virus et du confinement

L’évolution des métiers

Enfin, nous vous rappelons l’ouverture du concours 2020 de la meilleure nouvelle d’anticipation..

Bonne lecture et bel été à tous !

Nous allons collectivement surmonter cette épreuve… Pour être résilient, on peut se préparer en concevant des Plans de Gestion de Crise (PGC), des Plans de Continuité d’Activité (PCA) et des Plans de Reprise d’Activité (PRA). Anticiper pour ne pas être pris au dépourvu… Ce sont des actions préventives et pas simplement réactives…

Alors, profitez bien de votre liberté, car elle pourrait être à nouveau entravée pour cause de virus à l’automne !

Après le choc de cette pandémie, le monde repartira-t-il sur de bonnes bases ; aura-t-il pris conscience de ses erreurs passées ; sera-t-il prêt à partager ses richesses entre tous les humains ?

De belles perspectives à venir, de beaux projets verront le jour, à n’en pas douter. Écoutons, débattons, comprenons les points de vue et les enjeux et décidons d’aller dans une direction nouvelle…

Voir la Lettre (version numérique) ou lire sous forme pdf :

 

Coronavirus

Histoire de Coco le petit virus – juin 2020

Il était une fois un petit virus nommé Coco. Cette histoire est celle d’une pandémie mondiale en cours, en juin 2020 dont on ne connaît pas encore la durée ni toutes les conséquences. Le petit nom du virus m’a été inspiré par Lisa, ma nièce, qui a créé un livre d’enfant sur Coco le virus, avec son enseignante à Paris dans le 5ᵉ arrondissement durant le confinement.

L’épidémie Covid-19

Coronavirus

Les coronavirus sont des virus à ARN enveloppés qui provoquent des maladies respiratoires de gravité variable, du rhume à la pneumonie fatale.

Un nouveau virus SARS-CoV-2 est apparu dans un marché aux animaux sauvages de Wuhan en Chine. La transmission à l’homme a probablement été faite par un animal sauvage – la chauve-souris puis le pangolin.

À ce jour, le patient 0 n’a pas été déterminé en Chine.

Très contagieux, le virus s’est répandu, très vite chez l’homme. Une personne asymptomatique pouvait en contaminer trois.

La Chine a alerté l’OMS, fin décembre 2019, que des cas de pneumonie étaient apparus à Wuhan.

Les échanges internationaux étant très nombreux durant le 3ᵉ trimestre 2019 et au début du 1ᵉʳ trimestre 2020, l’épidémie chinoise est devenue une pandémie mondiale !

En France, dès janvier 2020, les autorités de santé ont pris la mesure de ce qui risquait de se passer sans avoir de certitudes sur la gravité de l’épidémie. Serait-ce une simple grippette ? Et puis, les élections municipales devaient avoir lieu le dimanche 15 mars 2020. Le gouvernement et les partis politiques ont tergiversé. Ils ont finalement autorisé les élections pour ne pas être accusés de totalitarisme. Les écoles ont fermé le 13 mars 2020. Le confinement a été décrété le 17 mars 2020 à midi. Une autorisation administrative de sortie devait être produite chaque jour pour prendre l’air durant une heure, aller faire quelques courses, s’occuper d’une personne fragile ou aller travailler, mais nombre de personnes ne sont pas sorties du tout et sont restées cloîtrées pendant de longues journées. Seuls les soignants, au début, puis les caissiers, les éboueurs et quelques personnes « utiles » ont travaillé. Les rues sont devenues silencieuses, la nature a repris le dessus.

On a vu des animaux sauvages en ville, la pollution a diminué…

Le virus SARS-COV-2 est de type coronavirus ; il affecte les voies respiratoires mais pas seulement.

Des jeux mondiaux militaires ont eu lieu à Wuhan en octobre 2019 auxquels participaient plus de 10 000 athlètes. La Chine a ouvertement accusé les États-Unis d’avoir importé le virus durant ces jeux.

Et les États-Unis ont accusé la Chine… Un laboratoire P4 existe à Wuhan. Il a été conçu par la France qui s’est finalement retirée, car les conditions de sécurité n’étaient pas réunies.

https://www.challenges.fr/entreprise/sante-et-pharmacie/revelations-l-histoire-secrete-du-laboratoire-p4-de-wuhan-vendu-par-la-france-a-la-chine_707425

La dissémination dans tous les pays a donc été « parfaite » : pas d’information, donc pas de précautions, une circulation intense des populations à travers le monde…

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/chine-autour-du-marche-du-wuhan-le-mystere-du-coronavirus-reste-entier_3971453.html

L’origine de l’épidémie sera déterminée avec précision à la fin de la pandémie lorsque toutes les données pourront être analysées (si elle se termine…).

Chronologie de l’OMS

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a établi la chronologie suivante de son action.

https://www.who.int/fr/news-room/detail/27-04-2020-who-timeline—covid-19

Les retours d’expériences sur les virus SRAS et MERS précédents n’ont pas vraiment aidé à se faire une idée de la dangerosité de ce nouveau virus car ils n’avaient pas les mêmes caractéristiques.

Déconfinement

Le déconfinement est intervenu pour les particuliers le 11 mai 2020.

Il a été accompagné de recommandations sur l’utilisation du gel hydro-alcoolique, de masques, de gestes barrières, de distances de sécurité.

De nombreuses plaintes et polémiques contre les pouvoirs politiques ont été déposées (84 au 16/06/2020).

Les nombres de cas régressent. Seulement 9 nouveaux cas le 14/06/2020, mais encore plus de 10 000 personnes hospitalisées et 869 en réanimation !

Le déconfinement s’est également amorcé dans la plupart des pays d’Europe où il avait été mis en place.

Médicaments

Hydroxychloroquine

« Au XVIIᵉ siècle, l’écorce amère de l’arbre à quinquina est déjà connue pour ses vertus fébrifuges, mais il faut attendre 1820 pour que Pelletier et Caventou, pharmaciens français, en isolent un alcaloïde fondamental : la quinine. Les deux premiers antipaludéens de synthèse, la chloroquine (Nivaquine) et l’hydroxychloroquine (Plaquenil), sont élaborés dans l’entre-deux-guerres par des chimistes allemands. Les années 1960 voient apparaître la résistance du paludisme aux antipaludéens de synthèse et la découverte de leurs propriétés anti-inflammatoires, vite appliquées au lupus et à la polyarthrite rhumatoïde. »

https://www.larevuedupraticien.fr/article/hydroxychloroquine-plaquenil-un-vieux-medicament-au-profil-toujours-tres-interessant

De nombreux essais cliniques permettent d’évaluer diverses molécules connues dans ce nouveau contexte Covid-19.

Mercredi 3 juin, l’OMS a annoncé la reprise de son essai Solidarity, l’analyse des données par un comité de surveillance et de suivi indépendant n’ayant pas mis en évidence de toxicité liée à l’usage de l’hydroxychloroquine. L’essai britannique Recovery ne s’était pas interrompu. Les essais cliniques français devraient eux aussi reprendre. Olivier Véran a demandé au Lancet d’accéder aux données,  a dit la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye. Une requête qui risque de rester lettre morte…

Le 17 juin 2020, l’OMS a annoncé qu’il était mis en terme à l’étude de l’hydroxychloroquine dans le cadre de l’essai « Solidarity » visant à trouver un traitement efficace contre la COVID-19.

« Les données issues de l’essai « Solidarity » (y compris les données issues de l’essai « Discovery » mené en France) comme les résultats annoncés récemment par l’équipe de l’essai britannique « Recovery » ont montré que l’hydroxychloroquine n’entraîne pas à une réduction de la mortalité des patients atteints de la COVID-19 hospitalisés, par comparaison aux soins standards. »

Recherche de vaccin

L’immunité de la population mondiale ne sera atteinte que lorsque 2/3 de la population sera positive. Il serait inacceptable de laisser mourir les individus naturellement contaminés. Nous avons besoin d’un vaccin.

Il reste de l’espoir, un vaccin sera peut-être trouvé ! Mais quand ?

https://presse.inserm.fr/covid-19-la-recherche-vaccinale-a-linserm/39831/

L’institut Pasteur mobilise les chercheurs pour trouver un candidat vaccin.

https://www.pasteur.fr/fr/espace-presse/mobilisation-coronavirus/projets-recherche-coronavirus

StopCovid

Les chercheurs de l’Inria ont participé à la spécification du protocole ROBERT.

https://www.developpez.com/actu/300891/StopCovid-l-INRIA-devoile-ROBERT-un-protocole-mis-au-point-pour-la-construction-d-applications-mobiles-de-suivi-de-contacts-en-reponse-a-celui-d-Apple-et-Google/

L’application doit permettre de tracer les contacts de plus de 15 minutes à moins d’un mètre (par exemple dans le métro).

Protocole Robert

https://www.inria.fr/sites/default/files/2020-04/Pr%C3%A9sentation%20du%20protocole%20Robert.pdf

Est-ce le protocole ROBERT qui est en application ? Rien n’est moins certain. Des plaintes sur la non-transparence du protocole appliqué ont été déposées.

On ne développe pas une application facilement. Les acteurs étaient nombreux.

L’application développée ne respecterait pas les spécifications. C’est grave !

https://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-stopcovid-envoie-beaucoup-de-plus-de-donnees-que-prevu-79456.html

« Lancée le 2 juin 2020, l’application StopCovid a dépassé le million d’utilisateurs. Les doutes et les débats à son sujet n’ont pourtant pas faibli : invasive, trop peu respectueuse des données personnelles, à l’utilité opérationnelle limitée, mise en place tardivement… Mais si son développement a pris du retard, c’est aussi parce qu’il a dû prendre en compte des enjeux et des préoccupations en constante évolution, à la fois techniques, éthiques et juridiques. Sur le plan technique, StopCovid est passé du protocole « ROBERT » à « DÉSIRÉ », conservant un modèle centralisé mais tendant vers une possible interopérabilité européenne, s’affranchissant ainsi de Google et Apple au nom de la souveraineté numérique française. Quant à sa fiabilité et à sa sécurité, l’application semble avoir donné des garanties de robustesse et de protection des données suffisantes pour être approuvée par la CNIL. »

PDJ de l’Observatoire FIC

Seconde vague

Le monde médical appréhende une seconde vague. L’application StopCovid, en France,   un outil de plus, utile pour tracer rapidement les individus proches durant au moins 15 mn si les Français l’adoptent en masse. La France a choisi une solution centralisée et incompatible avec ce que les autres pays européens ont choisi…

https://siecledigital.fr/2020/06/17/covid-19-les-applications-de-tracage-fonctionneront-bientot-au-dela-des-frontieres/?utm_source=Newsletter+Si%C3%A8cle+Digital&utm_campaign=eb88ddaedf-newsletter_hebdomadaire&utm_medium=email&utm_term=0_3b73bad11a-eb88ddaedf-259549089

Effondrement économique

Les difficultés économiques commencent à arriver. L’État, après avoir payé presque tout le monde à ne rien faire, a emprunté 500 milliards d’euros. C’est du jamais vu !

Pourquoi les gouvernements ont-ils  choisi de soutenir l’humain d’abord, et l’économie ensuite ? Ils n’étaient pas obligés !

Bien sûr, beaucoup de personnes souffrent… tout d’abord ceux qui travaillent au noir, ceux qui ne travaillent plus depuis de nombreuses années, ceux qui n’ont pas de liquidités, ceux qui vivent avec presque rien…

Les commerçants, les hôtels et restaurants sont soutenus mais les entreprises fragiles ne peuvent pas subsister. Encore faut-il avoir de la marchandise à vendre… C’est un casse-tête gigantesque ! Je n’aimerais pas être à la place de ce gouvernement… Ils ont sans doute fait des erreurs, mais qui n’en fait pas ? L’impréparation à un phénomène médical émergeant est tout de même patente.

Comment repartir doucement, différemment, sans augmenter les impôts, en développant une nouvelle stratégie économique, plus durable, sur le long terme, qui prenne en compte l’environnement, qui respecte la nature tout en soutenant l’homme, en répartissant les richesses plus équitablement ? L’humain est la clé !

Cette épidémie a renforcé les liens entre la France et Allemagne et fait avancer, de ce fait, le projet européen fédéraliste.

La crise de l’épidémie Covid-19 accélère-t-elle la transformation numérique ?

Le constat est là. Trois mois après le début du confinement, la majorité des personnes du tertiaire travaillent toujours depuis leur domicile à de rares exceptions près. Ils y ont découvert des avantages : la liberté, une moindre fatigue, une efficacité équivalente dans le travail, des relations familiales accrues, moins de monde dans les transports en communs, moins d’embouteillages, un gain de temps (pour certains 2 à 3 heures par jour). Leurs patrons se sont posé la question du coût des locaux. Et si finalement, cela devenait la norme ? Il manque les liens sociaux, c’est vrai… Mais rien n’empêche d’organiser à coûts moindres des réunions en présentiel, des dîners ou déjeuners d’affaires… Les bureaux de coworking fleurissent aux quatre coins du pays et dans de très belles régions. De nombreux parisiens sont partis se confiner en province, dans des résidences secondaires ou chez des amis ; ils ont apprécié les jardins privés, les vues non urbaines, le silence de la campagne, le chant des oiseaux… Il sera difficile de revenir en arrière.

https://sodigital.fr/covid-19-transformation-numerique/

Triste bilan humain français

En France, comme dans les pays européens le bilan humain est gigantesque.

Santé publique France publie chaque semaine un bilan Covid-19.

Histoire de Coco le petit virus - juin 2020 1

Comment fonctionnent les modèles qui prédisent la pandémie ?

Des algorithmes d’Intelligence Artificielle ont permis d’alerter avant l’OMS la pandémie Covid-19.

https://www.pourlascience.fr/sr/covid-19/comment-fonctionnent-les-modeles-qui-predisent-levolution-de-la-pandemie-19236.php

Des incertitudes et des manques de données ne permettent pas d’avoir des modèles prévisionnels très fiables.

Plusieurs modèles permettent de simuler la diffusion de l’épidémie. Ils se fondent sur des éléments dans des ensembles et un individu passe d’un état à l’autre. Exemple du modèle SIR :

  • S – Susceptible d’être infecté ;
  • I – Infecté ;
  • R – Guéri (Recovered) ;
  • Ou mort.

Le groupe R est présumé immunisé contre le virus et ne peut plus transmettre l’infection. Les individus ayant une immunité naturelle font aussi partie de cet ensemble. Des simulations sont faites se rapprochant des caractéristiques des habitants des villes.

Au Royaume-Uni, les modèles mathématiques font débat entre deux très grandes institutions :

  • l’Imperial College de Londres ;
  • l’université de Cambridge.

Imperial College

Histoire de Coco le petit virus - juin 2020 2

Neil Fergusson de l’Imperial College, au Royaume-Uni a convaincu le monde entier de confiner les citoyens car les tests n’étaient pas prêts.

https://www.nature.com/articles/d41586-020-01003-6

« Lorsque les données actualisées du modèle de l’équipe de l’Imperial College ont révélé que le système de santé du Royaume-Uni serait rapidement submergé de cas graves de Covid-19, et pourrait faire face à plus de 500 000 décès si le gouvernement ne prenait aucune mesure, le Premier ministre Boris Johnson a presque immédiatement annoncé des restrictions rigoureuses sur les déplacements des personnes. Le même modèle suggérait que, sans action rapide, les États-Unis pourraient subir 2,2 millions de décès. Ces résultats ont été partagés avec la Maison-Blanche et de nouvelles consignes de distanciation sociale ont rapidement suivi. »

« Une version antérieure du modèle de l’Imperial College, par exemple, estimait que le Covid-19 V-2 serait du même ordre de gravité que la grippe en termes d’hospitalisations. Cette estimation s’est évidemment révélée incorrecte. »

« L’Imperial College London (officiellement Imperial College of Science, Technology and Medicine) est une université britannique fondée en 1907, se situant à Londres dans le quartier de South Kensington. Elle est spécialisée dans les sciences, l’ingénierie, la médecine et les études commerciales (avec l’Imperial College Business School). L’université compte 14 prix Nobels, 3 médaillés Fields et 74 Fellows of the Royal Society. Les contributions de l’université à la société comprennent la découverte de la pénicilline, les développements de l’holographie et de la fibre optique »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Imperial_College_London

Université de Cambridge

Histoire de Coco le petit virus - juin 2020 3

« L’université de Cambridge (en anglais University of Cambridge) est une université anglaise située à Cambridge en Angleterre. Fondée en 1209 et dotée du statut de charte royale par le roi Henri III d’Angleterre en 1231, Cambridge est la deuxième université du monde anglophone par l’ancienneté. L’université est née d’une association de chercheurs qui ont quitté l’université d’Oxford après un conflit avec les habitants de la ville. Les deux anciennes universités partagent de nombreuses caractéristiques communes et sont souvent appelées conjointement Oxbridge.

L’université compte 118 prix Nobel et 11 médaillés Fields qui ont été affiliés à Cambridge en tant qu’étudiants, professeurs, personnel ou anciens élèves.

Cambridge jouit d’un partenariat avec le Massachusetts Institute of Technology (MIT). »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Universit%C3%A9_de_Cambridge

Jorge Goncalves a participé à la conception d’un modèle de prédiction de la mortalité interprétable pour les patients Covid-19, en collaboration avec d’autres chercheurs. Cet article montre les marqueurs qui ont été repéré par l’intelligence artificielle.

https://www.nature.com/articles/s42256-020-0180-7#Fig1

https://www.pourlascience.fr/sr/covid-19/comment-fonctionnent-les-modeles-qui-predisent-levolution-de-la-pandemie-19236.php

La revue « The Lancet »

« Il y a près d’un mois, on assistait au spectaculaire épisode de la publication puis de la rétractation d’une étude dans le « Lancet » sur l’hydroxychloroquine dans laquelle était impliquée la start-up Surgisphere spécialisée dans le Big Data médical. Ces errements renforcent l’idée d’un haut niveau d’exigence méthodologique et éthique. »

https://www.lequotidiendumedecin.fr/actus-medicales/ethique/quelles-lecons-retenir-de-laffaire-surgisphere?xtor=EPR-3-%5BNL_edition_abonnes%5D-%5B20200619%5D&utm_content=20200619&utm_campaign=NL_editionabonnes&utm_medium=newsletter&utm_source=qdm

https://www.lemonde.fr/sciences/article/2020/06/04/hydroxychloroquine-trois-auteurs-de-l-etude-du-lancet-se-retractent_6041803_1650684.html

« Coup sur coup, deux des plus grandes revues médicales mondiales ont procédé à la rétractation d’articles ayant trait au Covid-19, fondés sur des données fournies par une société américaine, Surgisphere, et à l’origine, désormais, plus que douteuse.

The Lancet a annoncé, jeudi 4 juin 2020, le retrait de l’étude publiée le 22 mai dans ses colonnes, qui suggérait que l’hydroxychloroquine, associée ou non à un antibiotique comme l’azithromycine, augmentait la mortalité et les arythmies cardiaques chez les patients hospitalisés pour Covid-19. Cette étude avait été suivie en France d’une abrogation de la dérogation qui permettait l’utilisation de cette molécule contre le nouveau coronavirus SARS-CoV-2 et de la suspension d’essais cliniques destinés à tester son efficacité. »

« Le New England Journal of Medicine (NEJM) a fait de même pour un article publié le 1er mai dans ses colonnes, qui déclarait que la prise de traitements antihypertenseurs n’avait pas d’influence sur la gravité du Covid-19. Dans les deux cas, l’auteur principal de l’étude était Mandeep Mehra (Harvard Medical School) et les données provenaient de Surgisphere. »

Attention à l’origine des données, aux biais dans les données, à la validation des données. La fiabilité, la véracité, sont des caractéristiques qualitatives difficiles à appréhender. Les données devraient faire l’objet de processus de collecte, d’agrégation, de consolidation, d’historisation. La supervision des processus permet la vérification et la validation. Il est nécessaire de passer beaucoup de temps pour obtenir de bonnes données. Faire intervenir l’éthique et la méthodologie permet de faire moins d’erreurs.

Mais si les erreurs sont en fait une mascarade, alors on enquête sur les données brutes. Mais si l’auteur est malhonnête, attention… Une suspicion de duplication de zones dans les photos permet d’avoir un doute sur le sérieux de l’étude.

https://www.buzzfeednews.com/article/peteraldhous/image-manipulation-surgisphere-sapan-desai

Covid-19 dans le monde

Cette pandémie en juin 2020 n’est pas terminée ! Attention aux rebonds ! Le 20 juin 2020, 150 000 nouveaux cas ont été détectés dans le monde. C’est le plus grand nombre de cas depuis le début de l’épidémie.

En France, les deux à trois mois de confinement ont permis de stopper net la multiplication du virus. Les gestes barrières ont été efficaces et ont même permis un nombre de mort inférieur au nombre habituel en mai (il y a aussi eu moins d’accidents de la route). L’hygiène y est-il pour quelque-chose ?  Au Japon, ils ont très peu de morts.

Evolution mortalité europe

Pourquoi l’Allemagne s’en est-elle sortie beaucoup mieux que la France ; difficile à dire. Ils ne vivent pas comme nous. Les femmes ne travaillent pas toutes et vont peut-être chercher leurs enfants à l’école en voiture (moins contaminées), elles ne prennent pas les transports en communs (sources habituelles de microbes et virus). Il faudrait trouver des réponses.

Ils avaient un très grand nombre de lits de réanimation, des masques et des tests en plus grand nombre. C’est un pays riche ! L’Allemagne a fait le choix de l’industrialisation, de la qualité.  Ils ont gardé cette image. Et de plus, les Allemands sont disciplinés et leur État est une fédération de länder.

A côté, la France paraît être un pays sous-développé ; elle a été aidée par l’Allemagne aux frontières…

Des analyses précises doivent être faites pour essayer de comprendre à quoi sont dues les différences entre les pays européens.

Il faut un vrai retour d’expérience au niveau européen !

L’Italie a beaucoup souffert. Son exemple aurait pu être mieux appréhendé.

En Espagne ce fut un drame également.

Très peu de véhicules ont circulé pendant deux mois (de mi-mars à mi-mai), ce qui a permis de sauver aussi un nombre important de vies. Très peu d’accidents de la route ont eu lieu. Moins de vols ont été recensés. Les assurances devraient faire baisser leurs primes l’an prochain… Il est toujours possible d’espérer !

https://fr.statista.com/infographie/21266/evolution-du-nombre-de-deces-causes-par-le-coronavirus-covid-19-par-pays/

Voici les derniers chiffres dans le monde.

Tableau de bord : l’épidémie de COVID-19 en chiffres

Les chiffres clés Monde et Europe au 18/06/2020 (source ECDC)

  • Cas dans le monde : 8 318 370 cas confirmés depuis le 31/12/19 dont 1 492 177 en Europe
  • Décès dans le monde : 448 735 décès depuis le 31/12/19 dont 172 621 en Europe

Les indicateurs quotidiens sont accessibles sur https://geodes.santepubliquefrance.fr/#c=home.

Coronavirus : visualisez l’évolution de l’épidémie en France et dans le monde
https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/05/05/coronavirus-age-mortalite-departements-pays-suivez-l-evolution-de-l-epidemie-en-cartes-et-graphiques_6038751_4355770.html
via Le Monde

Conclusion

Plus que jamais, les décisions politiques ont été appuyées par des comités scientifiques. Ne serait-il pas indispensable, dans un proche avenir, que nos dirigeants soient des scientifiques comme Angela Merkel en Allemagne,  afin de mieux comprendre les enjeux. L’intelligence artificielle, le nucléaire, les robots, les objets connectés, la santé, l’industrie, les réseaux… sont des objets complexes de réflexion…

Gardons espoir ! L’homme a des ressources inestimables au plus profond de lui. Arrêtons la course au profit immédiat, essayons d’être raisonnables. Faisons participer les hommes à leur destin. Éduquons-les. Partageons nos connaissances, nos meilleures pratiques et restons humbles. La difficulté est énorme. Passons ce cap car il y en aura d’autres…

ADELI a survécu et appris du confinement. Les conférences-débat sont devenues virtuelles ce qui permet aux provinciaux de participer. Finalement, ce confinement a eu des effets bien agréables.

Nos réunions de comité sont devenues virtuelles. Nous en avons fait plus que d’habitude. Cela a permis de prendre des nouvelles les uns et des autres, de papoter en attendant l’heure de démarrage de la réunion. Les réunions commencent à l’heure. Les outils bureautiques sont faciles à utiliser et connus de tous, ce qui facilite l’écriture.

L’enregistrement des conférences est rapidement mis à disposition, ce qui permet aux absents de s’informer.

Un groupe Whatsapp a commencé à vivre. Des blagues, des questionnements ont fusé…

Le confinement fut propice au travail. Les groupes de travail produisent des articles, des compte-rendus…

Ce n’est pas fini ! Nous en aurons peut-être pour quelques années. Prenez soin de vous et de vos proches, respectez les gestes barrières et mettez un masque dans les lieux publics !

Confinement et résilience 4

Confinement et résilience

Au premier semestre 2020, la pandémie du COVID-19 (Corona Virus Disease 2019) a divulgué deux mots, jusqu’alors peu fréquents dans nos conversations : confinement et résilience.
À tel point que la Lettre d’ADELI en fait le thème de ce numéro 120 de l’été 2020.

En protection contre la pandémie, de nombreux États ont pris une mesure radicale : le confinement des populations ; toutes les activités non indispensables à la survie de la société ont été arrêtées pendant deux mois ; les citoyens – à l’exception des personnels mobilisés – ont été contraints de rester chez eux.

Le traumatisme regroupe les conséquences d’une blessure appelée trauma. La lutte contre la pandémie du COVID-19 a combattu deux facteurs traumatisants, étroitement liés :

  • une menace susceptible de contaminer chaque membre de notre entourage, voire d’entraîner une issue fatale pour les plus vulnérables ;
  • un changement brutal de notre mode de vie, en limitant nos libertés fondamentales et en bridant notre convivialité.

Pour en limiter le traumatisme, les individus et les groupes sociaux ont développé une résistance appelée résilience.

Confinement

Confiner, c’est :Confinement et résilience 5

  • dans un contexte juridique, emprisonner un condamné ou détenir préventivement un individu pour l’empêcher d’agir et de communiquer ou – plus rarement – pour le protéger ;
  • dans un contexte conflictuel, détenir, en otage, une personne captive, en perspective d’une négociation : échange, chantage, rançon ;
  • dans un contexte sanitaire, mettre des personnes infectées, ou présumées telles, en quarantaine pour éviter une contamination ;
  • dans un contexte intellectuel, imposer les règles exclusives d’une idéologie, dans la retraite d’un mouvement intégriste.

Le confinement oblige un individu à demeurer dans un espace physique fermé et/ou à épouser la discipline d’une spiritualité.

Les mots synonymes de confinement : incarcération, internement, détention, réclusion, captivité, consignation, séquestration, isolement, quarantaine, expriment une privation de liberté de mouvement, ce qui donne, à ce mot, un caractère stressant.

Un autre mot, porteur de valeurs protectrices : sauvegarde, prévention, précaution, parade, maintien, défense, abri, sécurité, quiétude, sérénité… aurait eu un impact psychologique moins déprimant.

En aparté, notons l’existence d’un Confinement quantique : état de la matière observable lorsque le diamètre d’un matériau a la même valeur qu’une longueur d’onde ; ce qui en modifie les propriétés électroniques et optiques.

Résilience

La résilience caractérise la résistance d’un matériau aux chocs ; le fait de rebondir.

Confinement et résilience 6On mesure la résilience, par l’énergie absorbée lors du choc d’un mouton-pendule sur l’éprouvette d’un matériau. La résilience du matériau dépend de sa composition et de son traitement thermique. L’échelle de résilience des matériaux s’étend des plus fragiles : faïence, céramique, verre… aux plus résistants : métal, acier, alliages spéciaux.

Par extension, la résilience désigne, également, l’aptitude d’un système à supporter la dégradation de son environnement. Ainsi, la résilience migre du domaine de la physique des corps solides à celui de la psychologie.

Pendant un confinement imposé, chaque individu se trouve dans la position d’une éprouvette frappée de plein fouet. Cette blessure psychique provoque un traumatisme, combattu par le développement, instinctif ou volontaire, d’une résilience. Certes, cette résilience ne permet pas un retour à l’état initial qui précédait le choc, mais elle favorise l’acquisition de nouvelles ressources pour en atténuer les effets négatifs.

Restez à la maison

Confinement et résilience 7Les pouvoirs publics ont maintenu nos fonctions vitales. L’alimentation des foyers a été assurée par le maintien des accès aux sources d’approvisionnement. Le confort matériel des domiciles a été préservé par l’alimentation en énergie, en eau et en information et par l’enlèvement des ordures ménagères.

Les services sanitaires ont rempli leur mission professionnelle avec un grand dévouement.

Cette contrainte a été, globalement, bien respectée par les citoyens qui ont limité leurs sorties au strict nécessaire. Cependant, cette situation exceptionnelle a eu des incidences sur les comportements des individus, tant dans leur cadre résidentiel que dans leur environnement professionnel.

Ce confinement a développé différentes formes de résilience.

Résilience résidentielle

Les apports du confinement

En nous affranchissant de la pression de l’immédiat, le nouveau cadre de vie permet :

  • de prendre du temps pour des activités à long terme : réfléchir, organiser, ranger, classer ;
  • de séparer les besoins vitaux nécessaires à la survie et à l’épanouissement physique et moral, des autres besoins superflus, exhaussés par des campagnes publicitaires ;
  • de retrouver d’autres formes de culture : lecture, visites virtuelles, spectacles enregistrés ;
  • de renforcer des compétences pratiques dans de nouveaux domaines : couture (fabrication de masques), bricolage (travaux ménagers), cuisine (nourriture recherchée) ;
  • d’exploiter les nouvelles technologies de communications numériques ;
  • d’apprécier, provisoirement, un environnement moins exposé aux pollutions des activités professionnelles ;
  • de resserrer des liens familiaux et amicaux en prenant, plus régulièrement, des nouvelles des personnes éloignées.

Les inconvénients du confinement

En réduisant nos déplacements physiques, le confinement :

  • nuit aux libertés élémentaires, en prohibant certaines activités : déplacements, rencontres familiales et amicales, spectacles culturels, festifs et sportifs ;
  • relâche les liens sociaux en privilégiant l’individualisme ;
  • conditionne les citoyens par une information (presse, radio, télévision) exclusivement centrée sur un thème anxiogène ;
  • développe les effets physiologiques néfastes de la sédentarité : manque d’exercices physiques, compensation alimentaire excessive ; d’où une perte musculaire et un gain de poids ;
  • aggrave les inégalités entre les classes sociales :
    • familles réunies / familles dispersées,
    • espace confortable et alimentation complète / logement exigu surpeuplé et nourriture de subsistance,
    • poursuite d’activités enrichissantes / objectif exclusif de survie.

Les conditions d’un strict confinement dans les étroites limites d’un domicile apparaissent très différentes selon que l’individu vit seul, en couple, en famille avec enfants ou en groupe communautaire plus étendu et selon le degré de poursuite de son activité professionnelle.

De nombreux individus ont spontanément développé des réactions dans leur zone d’autonomie préservée : nouveaux horaires, nouvelles activités, nouveaux modes de communication.

Résilience professionnelle

Le contexte

Le confinement a interrompu les principales activités économiques, culturelles, sociales. Les secteurs de la santé, de l’alimentation, des transports, de l’énergie, de la propreté ont continué à fonctionner. Les déplacements du domicile vers le lieu habituel de travail ont été strictement réglementés ; les secteurs tertiaires et quaternaires – y compris les établissements d’enseignement – ont exploité les outils numériques pour poursuivre leurs activités, en mode dégradé.

Le télétravail

Confinement et résilience 8Confinement et résilience 9

ADELI avait mené, en 1998, une étude avec d’autres organismes sur le télétravail.
Le rapport intitulé TÉLERGoscope n’a jamais été publié, en raison d’un différend entre les partenaires.

Depuis lors, les techniques de télécommunication audio-visuelle se sont considérablement diversifiées pour permettre des collaborations efficaces entre acteurs géographiquement éloignés.

 

Le confinement de 2020 aura marqué une étape importante dans la banalisation du télétravail. Les acteurs du secteur tertiaire ont mis en œuvre les outils audio-visuels du télétravail : téléréunions, échanges collaboratifs de documents, afin de maintenir une activité collective.

Ce qui crée un clivage entre les professions manuelles liées à un poste de travail et les professions intellectuelles qui peuvent exercer leur activité autour d’un terminal mobile.

Les facteurs de résilience au confinement

Les différentes formes de la confiance et l’humour se révèlent être des moyens efficaces pour lutter contre la peur et l’ennui.

La confiance

Confiance envers les autorités

Confinement et résilience 10Cette situation exceptionnelle a conduit les gouvernements des États à prendre des décisions drastiques en fonction des informations relayées, des avis quelquefois divergents des experts médicaux, économiques, financiers.

Il était bien délicat, a priori, de choisir, à coup sûr, les mesures (directives, intensité, calendrier) qui se révèleraient à terme, les plus pertinentes. Mais, manifester de vives inquiétudes quant à l’efficacité des mesures n’aurait fait qu’accroître un stress. Plus par sentiment que par raison, les citoyens sont enclins de faire confiance.

Confiance envers les autres

Confinement et résilience 11Dans sa sphère de confinement avec ses proches : conjoint, enfants, collègues, il convient d’organiser une nouvelle répartition des tâches en en incorporant de nouvelles : éducation des enfants et maîtrise des outils numériques.
Les personnes confinées, dans un même espace réduit, ont intérêt à se faire mutuellement confiance – et à faire aussi confiance à leurs interlocuteurs numériques – pour conserver leur sérénité et éviter les affrontements.

Confiance en soi

Confinement et résilience 12Se retrouver seul pour résoudre des problèmes qui étaient sous-traités à des professionnels, amène à s’impliquer dans de nouvelles activités.
Ces petits défis ont révélé un renforcement de la confiance en soi dans de nouveaux domaines.

L’humour

Confinement et résilience 13

Chaque individu, conditionné par sa position sociale et sa culture, a une attitude personnelle face à l’humour ; certains le rejettent en le considérant comme une réaction puérile.

Cependant, l’homme dispose d’une capacité de dérision qui est une soupape pour évacuer une partie de son stress. Rire de sa situation est une réaction libératrice.

L’humour est une philosophie de partage qui devrait amplifier les réactions ; le sourire et le rire étant communicatifs.

Pour ne donner qu’un exemple – sans passer en revue les caricatures et les anecdotes qui ont encombré les réseaux sociaux – nous nous bornerons à citer quelques néologismes qui désignent de nouveaux concepts :

  • S’enconfiner : accepter le confinement, s’y réfugier, voire s’y complaire ;
  • Interdi : chaque jour de la semaine lorsque les déplacements sont exclus ;
  • Solidaritude ; renforcement de la solidarité dans la solitude individuelle ;
  • Immobésité : conséquence de l’absence d’activités physiques ;
  • Vodkaphones, whiskypes… que l’on consomme au zoombar ;
  • Mascarade :  péripéties de la distribution de masques ;
  • Résilience secondaire : lieu de confinement des citadins exfiltrés.

Le syndrome de la cabane

Confinement et résilience 14Certains confinés ont subi le syndrome de la cabane, cousin du syndrome de Stockholm.
La cabane évoque le refuge des trappeurs nord-américains, coupés du monde pendant la période de chasse. Certains trappeurs éprouvaient une grande peur à l’idée du retour à une vie normale.

Le départ du confinement a été sifflé de façon impérative par les autorités, tandis que les modalités du déconfinement – en dehors du respect de quelques règles – sont laissées à la décision de l’individu, libre de son calendrier et de son intensité. Le constant rappel des précautions à prendre pour éviter un danger de contamination incite certains individus à rester douillettement confinés dans leurs habitudes au lieu d’affronter les difficultés d’une vie externe trop longtemps négligée.

Épilogue

Sans remonter jusqu’à la grippe espagnole qui avait fait plusieurs dizaines de millions de victimes, il y a un siècle, les plus anciens d’entre nous évoquent deux épidémies grippales, vécues dans leur jeunesse ; qui auraient fait, chacune, un million de victimes dans le monde : la grippe asiatique (1956-58) et la grippe de Hong Kong (1968-1970).

La lecture des revues de presse de l’époque nous surprend par la faible place accordée à ces tragiques événements, en comparaison des autres actualités : guerres en Algérie et au Vietnam, guerre froide, conquêtes spatiales, agitations étudiantes…

Il y a un demi-siècle, la durée de vie était inférieure d’une bonne vingtaine d’années à la nôtre, et la plupart des victimes avaient déjà dépassé la longévité moyenne ; ce que constituait au regard de certains commentateurs, une raison suffisante de décès.

Dans quelques mois, le souvenir de cette période exceptionnelle se sera, nous l’espérons, estompé. La menace épidémique se sera dissipée ; il ne nous restera plus qu’à en gérer les très lourdes séquelles économiques et sociales.

Cependant, nous garderons la mémoire de ceux qui nous ont prématurément quittés, à l’issue d’une infection fatale.

Poste de travail

A propos du télétravail

Boom sur le télétravail

Le monde entier en parle. Les questionnaires se multiplient dans nos boîtes mail. L’avez-vous déjà pratiqué ? seulement depuis le confinement ou depuis longtemps ?

TélétravailVous y a-t-on obligé ? L’aviez-vous demandé depuis longtemps et obtenu après de longues et difficiles négociations avec votre employeur ? Votre employeur finance-t-il  votre connexion Internet ? Pensez-vous avoir gagné en productivité ? en créativité ?

Vous imposez-vous des horaires de travail ? des pauses café ?

Comment communiquez-vous avec vos équipes ? votre hiérarchie ? Vos rapports ont-ils changé du fait du télétravail ? Vous fait-on plus ou moins confiance ?

Le télétravail confiné est-il différent du télétravail «ordinaire » ?

Avantages ? Inconvénients ? Ça se discute

Les avantages et inconvénients du télétravail sont appréciés différemment par chacun, suivant son niveau de compétence et d’autonomie, sa position hiérarchique, son équipement informatique, la surface de son logement, la présence de conjoint et d’enfants. Pour certains le télétravail est une libération : moins de fatigue dans les transports, plus de petit chef sur le dos, fini la promiscuité de l’open space où chacun devait essayer de récréer son territoire.

Open space

Confinement en open space

Les réunions inutiles ont été supprimées, on peut enfin se concentrer et organiser son travail sans être dérangé.

En contrepartie, le manque de contact humain  et de convivialité peut être difficile à supporter, lorsqu’ils étaient présents dans le travail en présentiel.

L’équipement et les outils fournis au télétravailleur peuvent se révéler insuffisants ou inadaptés. La qualité de la liaison Internet conditionne grandement l’acceptabilité du télétravail.

Travailler de façon autonome sans être placé sous un regard extérieur permanent suppose des qualités certaines de concentration et d’auto-contrôle. Cela n’est pas à la portée de tout un chacun et peut nécessiter un apprentissage. Il faut bien reconnaître que l’enseignement, tel qu’il est encore bien souvent pratiqué, ne nous a pas préparé à la collaboration à distance.

 

 Une opportunité commerciale pour le numérique

Les mailings d’offres d’outils facilitateurs du travail à distance se multiplient :

Côté logiciels de gestion de projet on redécouvre l’intelligence collective et on vous inonde de bons conseils :

  • Comment collaborer efficacement ?
  • Comment assurer le succès de vos équipes projet à distance ?

Les réunions se font désormais en « distanciel » plutôt qu’en « présentiel ». Les outils de télé-audio-visio-conférences se multiplient et font recette. Microsoft Teams annonçait une hausse de 1 000% pour les visioconférences en mars. Zoom, encore inconnu du grand public il y a peu, est aujourd’hui l’application Internet la plus téléchargée au monde, avec près de 300 millions d’utilisateurs.  La concurrence fait rage sur fond d’accusations réciproques de sécurité défaillante ou de vol de données personnelles.

Une source d’économies pour l’entreprise

Certains l’avaient compris depuis longtemps, d’autres l’ont découvert à l’occasion des mouvements sociaux de décembre 2019 ou ne font que le découvrir à l’occasion du confinement : le télétravail permet de réduire les surfaces de bureau en prévoyant seulement des lieux de passage pour les indispensables réunions en présentiel.

Mais d’abord, qu’est-ce que le télétravail ?

Travail à distance, certes, mais à distance de qui ou de quoi ?

Le télétravail désigne « toute forme d’organisation du travail dans laquelle un travail qui aurait également pu être exécuté dans les locaux de l’employeur est effectué par un salarié hors de ces locaux de façon volontaire en utilisant les technologies de l’information et de la communication ».

Officiellement, il s’agit donc d’un travail effectué hors des locaux de l’employeur grâce aux outils de télécommunication. Cela n’est donc envisageable que pour les métiers où le résultat du travail peut être remis à l’employeur ou au client sous forme exclusivement dématérialisée. Les emplois de bureau, dont il faudra bien changer l’appellation puisqu’ils seront désormais exercés au domicile, sont ainsi éligibles au télétravail. Médecins, psychologues, psychanalystes, journalistes, enseignants, consultants peuvent également exercer une grande partie de leur activité en « distanciel ». Le télétravail encore considéré il y a peu comme l’apanage des cadres s’ouvre désormais à d’autres catégories socio-professionnelles.

Le télétravail dans sa définition légale est choisi de façon volontaire et ne peut être imposé au travailleur, ce qui n’est bien évidemment pas le cas en période de confinement où le télétravail n’est pas choisi mais imposé pour des raisons sanitaires.

Il convient donc de distinguer le télétravail choisi qui offre à l’employé un espace de liberté par rapport à la situation de « présence obligatoire » dans les locaux de l’employeur, du télétravail imposé qui impose la « présence obligatoire » au domicile. On ne saurait donc confondre ces deux situations et en apprécier les avantages et inconvénients de façon identique.

Le télétravail décidé en urgence lors du confinement n’a pas toujours été mis en place dans des conditions optimales. Les entreprises qui le pratiquaient déjà de façon régulière n’ont pas eu de mal à le généraliser à l’ensemble de leur personnel. Les bonnes pratiques sécuritaires y étaient déjà mises en place.  Par contre, le système d’information s’est trouvé dangereusement exposé dans des entreprises peu préparées qui ont permis à leurs employés d’utiliser leur propre ordinateur sans mesure de sécurité particulière. Certains s’en sont émus a posteriori :

 

Le ministère des Armées a ainsi rappelé à son personnel les bonnes pratiques de sécurité à appliquer en télétravail.

De même, côté télétravailleur, la situation s’est révélée difficile à gérer lorsqu’un espace de travail ne pouvait être aménagé dans une partie suffisamment isolée du logement. Une visioconférence sans casque audio dérange forcément toute la maisonnée.

Engouement éphémère ou phénomène durable ?

Beaucoup y ont pris goût, côté employeur ou employé, pour des raisons économiques et de confort personnel. Il sera d’autant plus difficile de revenir en arrière que le droit du travail impose aujourd’hui à l’employeur d’examiner toute demande et de justifier tout refus de façon motivée. Ceux qui pratiquent le télétravail depuis déjà plusieurs années en connaissent les avantages et les défauts. Ils savent que la mise en place du télétravail implique des actions de formation, de nouvelles mesures de délégation et de contrôle et un souci constant de préservation du lien social. Certaines réunions de travail en visioconférence sont encadrées ou rythmées par des pauses café où l’on papote et échange à la fois blagues et bonnes idées. Les réunions physiques restent bien sûr irremplaçables lorsqu’on sait que beaucoup de couples se sont formés sur le lieu de travail.

Recommandations complémentaires

https://www.cybermalveillance.gouv.fr/tous-nos-contenus/actualites/recommandations-securite-informatique-teletravail