Influenceur, un métier ?

C’est quoi un influenceur ?

Le mot influenceur a fait son apparition dans le Larousse et le Robert en 2017.

  • C’est quoi un influenceur ?
  • Comment devenir influenceur ?
  • Comment sont rémunérés les influenceurs ?
  • Comment gagner en popularité quand on est influenceur ?
  • Qui sont les plus gros influenceurs ?

Autant de questions fréquentes répertoriées par Google que vous verrez apparaître sur votre écran si vous lancez une recherche sur le thème influenceur.

La définition du Larousse :

1. Personne qui, par sa position sociale, sa notoriété et/ou son exposition médiatique, a un grand pouvoir d’influence sur l’opinion publique, voire sur les décideurs. 2. Spécial. Personne qui, en raison de sa popularité et de son expertise dans un domaine donné (la mode, par exemple), est capable d’influencer les pratiques de consommation des internautes par les idées qu’elle diffuse sur un blog ou tout autre support interactif (forum, réseau social, etc.).

La définition du dico en ligne Robert :

Personne qui influence l’opinion, la consommation par son audience sur les réseaux sociaux.

Cet article traite du rôle de l’influenceur commercial, dans ses aspects légaux. Il n’aborde pas le thème de l’influence politique, plus ou moins officielle, et qui ne rentrerait pas forcément dans les critères éthiques applicables au métier d’influenceur.

Quel est le rôle de l’influenceur ?

Influenceur

Parmi les métiers de la communication, le rôle de l’influenceur s’apparente à celui du community manager. L’influenceur crée des contenus permettant d’entretenir une communauté de fans. Ce qui le distingue du community manager d’entreprise, qui travaille en back-office de façon anonyme, c’est l’utilisation de son image personnelle. L’objectif non avoué est d’amener ses fans à mimer son image en adoptant un look identique, achetant les mêmes produits, écoutant les mêmes musiques ou fréquentant les mêmes restaurants, selon la cible visée. L’image ainsi valorisée peut être vendue aux entreprises comme outil de communication.

La popularité, cela se construit patiemment

Pour acquérir de la popularité le premier conseil est d’afficher du contenu de qualité… Les sites de marketing renferment plein de bons conseils sur l’utilisation des photos, des vidéos, des bons hashtags, les horaires d’envoi à privilégier, les personnalités à suivre et à commenter pour se faire repérer… Un vrai travail donc pour qui veut en faire son métier.

La popularité, cela s’achète

Renforcer sa notoriété passe par divers moyens tels que l’achat de « followers ». Il vous en coutera par exemple 3,9 € pour 100 followers Instagram sur le site https://www.premlike.com, avec un tarif dégressif pouvant aller jusqu’à 3 499,9 € pour 500 000 followers.

Influenceur, un métier ? 1

Le même site propose également à la vente des profils Facebook, des amis, des avis, des participants à des événements et des vues, des followers, likes et retweets Twitter, de même que des abonnés, commentaires et « j’aime » ou « j’aime pas » YouTube. J’avoue que le pack de 100 « j’aime pas » pour 6,90 € est assez tentant ! Motivation avouée : « Cela permet d’équilibrer mon rapport likes avec des dislikes, ça les rend très réalistes ! » A noter qu’un follower Twitter (à 2,90 € les 100) coûte moins cher qu’un follower Instagram. Les abonnés YouTube atteignent le prix élevé de 19,90 € les 100.

Les plateformes de vente de followers sont nombreuses et se font une guerre des prix acharnée. Les profils achetés sont de vrais profils et non des « fake profils », auxquels les réseaux sociaux font la chasse.

Le risque de ces pratiques est bien évidemment le peu de crédibilité de comptes se développant rapidement à coup d’achat de followers.

La popularité cela se revend

Une petite idée des prix pratiqués :

Selon le site instaBoss, un influenceur qui  a entre 1 000 et 10 000 followers peut facturer  un post Instagram entre 50 et 100 euros. Entre  50 000 et 80 000 followers, le prix moyen serait de  250 à 300 € par post sponsorisé. Les gros influenceurs (25 000 à 500 000 followers) pourraient toucher 1 000 € par post Instagram. Pour simplifier, chaque post vaudrait 10 € pour 1 000 abonnés.

L’influenceuse la mieux payée sur Instagram, Kylie Jenner, riche de 140 millions de followers, à tout juste 22 ans, gagnerait plus d’un million de dollars par post.

Les influenceurs professionnels négocient des contrats avec les entreprises qui souhaitent utiliser leur notoriété à l’occasion d’une campagne de marketing pour le lancement d’une marque ou d’un produit particulier. L’influenceur peut être rémunéré par des cadeaux, tant qu’il reste amateur sans statut juridique officiel, puis de manière financière dès qu’il dispose d’un statut juridique d’autoentrepreneur ou de société. Pour une entreprise, utiliser les services d’un influenceur serait plus économique que l’achat d’une publicité sur le réseau social visé, que ce soit Instagram, YouTube ou autre. Des plateformes spécialisées se chargent de la mise en relation entre les entreprises et les influenceurs (voir par exemple le site influence4you).

Influenceur, c’est un métier?

Cette question en amène plusieurs :

  • Comment devint-on influenceur ?
  • Y a-t-il des formations ? des certifications ?
  • Quelles compétences sont-elles requises ?
  • Des offres d’emploi sont-elles proposées ?
  • Y a-t-il des règles déontologiques ou éthiques ?

Vous l’aurez compris, l’influenceur est un blogueur qui a réussi. Maîtriser les réseaux sociaux est donc la première compétence requise, qui associe les savoir et savoir-faire techniques et le savoir-être du bon communiquant. On devient donc influenceur par la maîtrise des réseaux sociaux, point n’est besoin de diplôme. Une bonne compréhension du fonctionnement des dits réseaux est nécessaire et peut s’acquérir sur le tas ou via des organismes de formation qui ont investi dans ce nouveau créneau. Il existe par exemple depuis 2019 un diplôme délivré par l’Université italienne eCampus. D’autres formations privées se mettent en place en Italie et en Espagne, pour un prix non négligeable.

La formation n’est pas tout. Kylie Jenner est certes autodidacte mais appartient à la famille Kardashian, ce qui lui a ouvert quelques portes. En France, plusieurs anciennes stars de la télé-réalité se sont reconverties au métier d’influenceuse, telle Nabilla Benattia (6 millions d’abonnés sur Instagram) qui exerce son influence pour plusieurs marques de maquillage. Les stars du football ont également beaucoup de succès dans le monde des marques de sport.

Pas d’emploi salarié donc pour l’influenceur, mais des contrats négociés au coup par coup avec les entreprises dont il véhiculera l’image, tant qu’il a de l’influence.

Les règles éthiques sont généralement imposées par le client ou par la plateforme d’intermédiation. La transparence est de rigueur, les spots sponsorisés doivent être clairement affichés. Il ne doit pas s’agir de publicité déguisée. L’influenceur ne doit, bien évidemment, mettre son influence qu’au service de marques et produits légaux, faute de quoi il peut faire l’objet de poursuites judiciaires, telles que celles engagées par AMAZON contre des influenceurs ayant promu des articles contrefaits.

Conclusion

Métier pour les uns, complément de revenus ou exploitation complémentaire d’une notoriété déjà acquise dans un autre métier pour les autres, la pratique de l’influence vient compléter les outils plus classiques du marketing et de la publicité.

 

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Présidente d'honneur d'ADELI
Membre du comité
Responsable du GT Métiers