COVID-19 et enseignement : quels impacts?

Opportunités de l’enseignement à distance durant le confinement lié à l’épidémie COVID-19

En ces temps de confinement puis de déconfinement, l’outil numérique se prête d’autant plus à la nécessité des besoins de communication à distance. Nous nous pencherons dans cet article sur le domaine de l’enseignement. Nous ne rentrerons pas dans une comparaison des offres existantes sur le marché. En revanche nous discuterons les opportunités et les limites que présente l’outil numérique dans le domaine.

Un bref historique

Il faut rappeler que la formation à distance n’est pas novatrice en soi, est d’usage depuis de nombreuses années.

Remontons jusqu’aux années 70, voire plus tôt, avec les formations du CNED. Celles-ci étaient dispensées par voie postale et permettaient aux élèves de suivre des cours à distance. Ces derniers retournaient à leur enseignant par la poste les devoirs qui leur étaient proposés, seul dispositif d’évaluation possible à distance. A été introduit par la suite l’enregistrement des cours sur cassettes audio puis plus tard vidéo, les mécanismes d’évaluation d’alors toujours réduits.

L’émergence des technologies numériques vers le grand-public remonte à la fin des années 90. Plusieurs expérimentations ont été portées, notamment dans les programmes de recherche de la Commission Européenne, programme Télématique, initiative e-learning. Ces initiatives ont fait émerger les premières plateformes de formation à distance telles que nous les connaissons aujourd’hui. A cette époque, la puissance des machines et la bande passante des réseaux ne permettaient pas une transmission des images et vidéo dans la qualité que nous connaissons aujourd’hui. Les modalités de suivi des enseignements à distance, sauf dispositif exceptionnel (réseau Renater), étaient difficiles et les temps de téléchargement des vidéos rédhibitoires.

Les premières plateformes pédagogiques ont réellement émergé vers le grand public à la fin des années 2000. Citons la plateforme Plei@ad qui a été expérimentée puis déployée entre autres au CNAM. Cette plateforme permettait aux utilisateurs, les élèves, d’avoir accès aux enregistrements des cours à distance, sans que ceux-ci aient besoin de se déplacer. Une vraie évolution des techniques pédagogiques ! Cette plateforme présentait toutefois des capacités fonctionnelles limitées et ne remplissait pas totalement les caractéristiques attendues en termes de performances, sécurité et de confidentialité. Elle a été abandonnée au CNAM au profit de Moodle qui est actuellement utilisée par de nombreux sites d’enseignement supérieur.

Le contexte actuel

Tous les établissements d’enseignement ont été fermés durant la période de confinement. Certains d’entre eux ouvrent de nouveau, il s’agit notamment des écoles primaires et des collèges. Les élèves des lycées et ceux qui sont inscrits à des formations dans le supérieur ne peuvent pas suivre de cours en présentiel, pour la plupart avant la rentrée prochaine. Grâce aux dispositifs numériques existants, la continuité pédagogique peut être assurée.

Malgré les opportunités que cela présente, quelques réserves sont à émettre quant à l’égalité de l’accès au numérique. Les populations les plus défavorisées ne disposent pas nécessairement des moyens, ordinateurs, accès à Internet, pour suivre des cours à distance. Au-delà de cette difficulté, se pose la question de l’aide que peuvent apporter les familles auprès de leurs enfants en termes d’utilisation des outils et l’assurance de la continuité pédagogique. On évoquera par ailleurs l’existence de zones blanches au sein desquelles l’accès au réseau demeure problématique.

Cela dit, l’apport des technologies du numériques ne peut être que bénéfique pour la majorité de la population en cette période de crise mais sous réserve du respect de l’égalité des chances.

Les outils

Une palanquée de plateformes (LMS – Learning Management System) est disponible sur le marché, nous ne discuterons pas ici des points forts et faibles de chacune d’entre elle, d’autant plus que l’offre est fortement évolutive.

En revanche nous présentons ce qui est attendu par ces outils et leurs limites.

Les avantages sont nombreux et permettent à l’élève de suivre les cours à distance, soit en direct ou live, soit à partir de sessions déjà enregistrées. Le direct a l’avantage de permettre l’interaction avec l’enseignant, il s’agit d’une réelle salle de cours virtuelle. L’outil doit donc consister en une boite à outils offrant les fonctionnalités suivantes : être disponible 24h sur 24 et 7 jours sur 7, sur dispositif mobile (smartphone), proposer un forum, un chat, bien entendu des outils de visio-conférence, un tableau virtuel, l’enregistrement de sessions puis l’accès à ces enregistrements et enfin des mécanismes permettant l’évaluation (scoring QCM).

Ces outils ne peuvent pas se substituer totalement au présentiel pour les motifs suivants : l’égalité à l’accès au numérique et la continuité pédagogique en particulier pour les scolaires des populations défavorisées tel que nous l’avons évoqué plus haut ; l’impossibilité de réaliser des TPs utilisant du matériel spécifique notamment dans les matières telles que la chimie, la physique, l’électronique et autres sciences de l’ingénieur ; les limites en termes de dispositifs d’évaluation qui ne peuvent se dérouler que par QCM, transmission de devoirs. On notera que la mise en place d’examens sur une période précise présente des risques : panne machine ou réseau, garantie que l’élève qui est présent est bien le candidat, problématique de la signature électronique. Enfin, on soulignera que pour l’enseignant, il y a risque de surcharge de travail s’il n’établit pas des règles pédagogiques claires en termes d’interactions avec les élèves et de réponses à leurs sollicitations.

Conclusion

Le numérique a été une réelle opportunité en cette période de confinement. Même si l’enseignement à distance ne peut pas se substituer au présentiel, il a assuré la continuité pédagogique vers de nombreuses couches de population. Revenons plusieurs années en arrière et que ce serait-il passé en l’absence de l’outil et les établissements scolaires et universitaires fermés pendant plusieurs mois ? Des mesures gouvernementales auraient été prises, espérons-le, de manière adéquate. Lesquelles ?

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