Culture/Cinéma/Numérique/Projectionniste

Les métiers du cinéma

Le cinéma occupe encore, en France, une place de choix. Notre pays dispose du plus grand réseau de salles rapporté au nombre d’habitants au monde (5982 écrans pour 2040 établissements). Grâce au CNC (Centre national de la Cinématographie), la production cinématographique se porte plutôt bien et la France occupe un rang international non négligeable. En 2019 la fréquentation des salles a atteint 213,3 millions d’entrées (soit le second plus haut niveau depuis 1966). Le marché français représente environ 35 % de ce total.

À l’heure du confinement, les tournages ont été interrompus, les assureurs n’ont pas joué le jeu, les salles sont fermées depuis deux longs mois et le Festival de Cannes n’a pas eu lieu pour la première fois de son histoire.

C’est un avis de tempête qui souffle sur l’ensemble des métiers liés au cinéma (Wikipédia en dénombre pas moins de 56).

Le numérique transforme les salles d’exploitation

Le numérique est aussi passé par là… grâce au CNC les salles ont pu muter de la projection argentique à la projection numérique et offrir un confort et une qualité technique en perpétuelle amélioration (3D).

Cinéma classé

Cinéma l’Ambiance

Aujourd’hui une petite commune, comme Senonches (3087 habitants — Eure et Loire) a pu garder « intact » son cinéma « l’Ambiance » des années 1950 et obtenir son inscription à l’inventaire complémentaire des monuments historiques le 16 juin 2003. Il a été construit par l’architecte Marcel Barbier en 1957, et sa décoration confiée à la maison Quinette à Paris. Il comprend 450 places réparties en parterre et balcon. Il a été entièrement rénové en 2005 à l’identique.

Celui-ci est aussi passé au numérique, fini les bobines, juste une liaison satellite ou un disque dur et de l’électronique.

Aujourd’hui, c’est la même personne qui ouvre la salle, vend les billets, les friandises, lance le film.

Mais au moins, il y a encore un être humain.

L’automatisation du réseau

À Paris, la rénovation des salles s’achève, dans les nouveaux complexes UGC, comme à Alésia, c’est un automate qui délivre les billets, ce sont des distributeurs qui vendent les friandises… Résultat (vécu) en cas de panne… il n’y a personne, juste un agent de sécurité qui appelle en catastrophe le salarié de permanence pour qu’il accoure et assure le remboursement si le redémarrage n’est pas possible.

C’est l’informatique qui gère la programmation et la diffusion des films dans les différentes salles.

Dans ce dernier cas, on voit bien la disparition des métiers liés aux salles de cinéma.

Les projectionnistes

Là, le savoir-faire, l’artisanat sur mesure (qui ne se souvient pas du film qui casse à l’écran en un mouvement glissant… et la réparation qui suit dans les minutes) ont disparu. La plupart des projectionnistes ont été licenciés et une minorité reconvertie.

Désormais le matériel argentique, les pellicules… tout cela relève du musée.

Ceux qui restent, n’ont plus rien à voir avec l’antique cérémonial de la salle de projection (Cf Cinéma Paradiso), on est passé au « technicien polyvalent »… dont le profil n’a plus rien à voir.

Parfois, ce sont même des caissières (elles aussi disparues) qui après une brève formation occupent le poste.

Ces techniciens polyvalents selon la nature du réseau peuvent enrichir leur activité par des actions de communication, ces cas restent toutefois très marginaux.

Le DCP (Digital Cinema Package) est passé par là avec son cortège de fichiers informatiques qui gèrent l’ensemble du processus de la lecture des films à leur programmation journalière.

L’ouverture mythique des bobines (elles pesaient leur poids 20 kg), leur collage pour la projection, puis leur montage ont laissé la place à un « triste » disque dur branché sur un banal port USB.

Enfin dernier signal de cette chute dans le rapport d’activité 2014 de René Bonnel pour le CNC, le mot projectionniste a disparu…

Fin de clap.

Références

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