Coronavirus

Histoire de Coco le petit virus – juin 2020

Il était une fois un petit virus nommé Coco. Cette histoire est celle d’une pandémie mondiale en cours, en juin 2020 dont on ne connaît pas encore la durée ni toutes les conséquences. Le petit nom du virus m’a été inspiré par Lisa, ma nièce, qui a créé un livre d’enfant sur Coco le virus, avec son enseignante à Paris dans le 5ᵉ arrondissement durant le confinement.

L’épidémie Covid-19

Coronavirus

Les coronavirus sont des virus à ARN enveloppés qui provoquent des maladies respiratoires de gravité variable, du rhume à la pneumonie fatale.

Un nouveau virus SARS-CoV-2 est apparu dans un marché aux animaux sauvages de Wuhan en Chine. La transmission à l’homme a probablement été faite par un animal sauvage – la chauve-souris puis le pangolin.

À ce jour, le patient 0 n’a pas été déterminé en Chine.

Très contagieux, le virus s’est répandu, très vite chez l’homme. Une personne asymptomatique pouvait en contaminer trois.

La Chine a alerté l’OMS, fin décembre 2019, que des cas de pneumonie étaient apparus à Wuhan.

Les échanges internationaux étant très nombreux durant le 3ᵉ trimestre 2019 et au début du 1ᵉʳ trimestre 2020, l’épidémie chinoise est devenue une pandémie mondiale !

En France, dès janvier 2020, les autorités de santé ont pris la mesure de ce qui risquait de se passer sans avoir de certitudes sur la gravité de l’épidémie. Serait-ce une simple grippette ? Et puis, les élections municipales devaient avoir lieu le dimanche 15 mars 2020. Le gouvernement et les partis politiques ont tergiversé. Ils ont finalement autorisé les élections pour ne pas être accusés de totalitarisme. Les écoles ont fermé le 13 mars 2020. Le confinement a été décrété le 17 mars 2020 à midi. Une autorisation administrative de sortie devait être produite chaque jour pour prendre l’air durant une heure, aller faire quelques courses, s’occuper d’une personne fragile ou aller travailler, mais nombre de personnes ne sont pas sorties du tout et sont restées cloîtrées pendant de longues journées. Seuls les soignants, au début, puis les caissiers, les éboueurs et quelques personnes « utiles » ont travaillé. Les rues sont devenues silencieuses, la nature a repris le dessus.

On a vu des animaux sauvages en ville, la pollution a diminué…

Le virus SARS-COV-2 est de type coronavirus ; il affecte les voies respiratoires mais pas seulement.

Des jeux mondiaux militaires ont eu lieu à Wuhan en octobre 2019 auxquels participaient plus de 10 000 athlètes. La Chine a ouvertement accusé les États-Unis d’avoir importé le virus durant ces jeux.

Et les États-Unis ont accusé la Chine… Un laboratoire P4 existe à Wuhan. Il a été conçu par la France qui s’est finalement retirée, car les conditions de sécurité n’étaient pas réunies.

https://www.challenges.fr/entreprise/sante-et-pharmacie/revelations-l-histoire-secrete-du-laboratoire-p4-de-wuhan-vendu-par-la-france-a-la-chine_707425

La dissémination dans tous les pays a donc été « parfaite » : pas d’information, donc pas de précautions, une circulation intense des populations à travers le monde…

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/chine-autour-du-marche-du-wuhan-le-mystere-du-coronavirus-reste-entier_3971453.html

L’origine de l’épidémie sera déterminée avec précision à la fin de la pandémie lorsque toutes les données pourront être analysées (si elle se termine…).

Chronologie de l’OMS

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a établi la chronologie suivante de son action.

https://www.who.int/fr/news-room/detail/27-04-2020-who-timeline—covid-19

Les retours d’expériences sur les virus SRAS et MERS précédents n’ont pas vraiment aidé à se faire une idée de la dangerosité de ce nouveau virus car ils n’avaient pas les mêmes caractéristiques.

Déconfinement

Le déconfinement est intervenu pour les particuliers le 11 mai 2020.

Il a été accompagné de recommandations sur l’utilisation du gel hydro-alcoolique, de masques, de gestes barrières, de distances de sécurité.

De nombreuses plaintes et polémiques contre les pouvoirs politiques ont été déposées (84 au 16/06/2020).

Les nombres de cas régressent. Seulement 9 nouveaux cas le 14/06/2020, mais encore plus de 10 000 personnes hospitalisées et 869 en réanimation !

Le déconfinement s’est également amorcé dans la plupart des pays d’Europe où il avait été mis en place.

Médicaments

Hydroxychloroquine

« Au XVIIᵉ siècle, l’écorce amère de l’arbre à quinquina est déjà connue pour ses vertus fébrifuges, mais il faut attendre 1820 pour que Pelletier et Caventou, pharmaciens français, en isolent un alcaloïde fondamental : la quinine. Les deux premiers antipaludéens de synthèse, la chloroquine (Nivaquine) et l’hydroxychloroquine (Plaquenil), sont élaborés dans l’entre-deux-guerres par des chimistes allemands. Les années 1960 voient apparaître la résistance du paludisme aux antipaludéens de synthèse et la découverte de leurs propriétés anti-inflammatoires, vite appliquées au lupus et à la polyarthrite rhumatoïde. »

https://www.larevuedupraticien.fr/article/hydroxychloroquine-plaquenil-un-vieux-medicament-au-profil-toujours-tres-interessant

De nombreux essais cliniques permettent d’évaluer diverses molécules connues dans ce nouveau contexte Covid-19.

Mercredi 3 juin, l’OMS a annoncé la reprise de son essai Solidarity, l’analyse des données par un comité de surveillance et de suivi indépendant n’ayant pas mis en évidence de toxicité liée à l’usage de l’hydroxychloroquine. L’essai britannique Recovery ne s’était pas interrompu. Les essais cliniques français devraient eux aussi reprendre. Olivier Véran a demandé au Lancet d’accéder aux données,  a dit la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye. Une requête qui risque de rester lettre morte…

Le 17 juin 2020, l’OMS a annoncé qu’il était mis en terme à l’étude de l’hydroxychloroquine dans le cadre de l’essai « Solidarity » visant à trouver un traitement efficace contre la COVID-19.

« Les données issues de l’essai « Solidarity » (y compris les données issues de l’essai « Discovery » mené en France) comme les résultats annoncés récemment par l’équipe de l’essai britannique « Recovery » ont montré que l’hydroxychloroquine n’entraîne pas à une réduction de la mortalité des patients atteints de la COVID-19 hospitalisés, par comparaison aux soins standards. »

Recherche de vaccin

L’immunité de la population mondiale ne sera atteinte que lorsque 2/3 de la population sera positive. Il serait inacceptable de laisser mourir les individus naturellement contaminés. Nous avons besoin d’un vaccin.

Il reste de l’espoir, un vaccin sera peut-être trouvé ! Mais quand ?

https://presse.inserm.fr/covid-19-la-recherche-vaccinale-a-linserm/39831/

L’institut Pasteur mobilise les chercheurs pour trouver un candidat vaccin.

https://www.pasteur.fr/fr/espace-presse/mobilisation-coronavirus/projets-recherche-coronavirus

StopCovid

Les chercheurs de l’Inria ont participé à la spécification du protocole ROBERT.

https://www.developpez.com/actu/300891/StopCovid-l-INRIA-devoile-ROBERT-un-protocole-mis-au-point-pour-la-construction-d-applications-mobiles-de-suivi-de-contacts-en-reponse-a-celui-d-Apple-et-Google/

L’application doit permettre de tracer les contacts de plus de 15 minutes à moins d’un mètre (par exemple dans le métro).

Protocole Robert

https://www.inria.fr/sites/default/files/2020-04/Pr%C3%A9sentation%20du%20protocole%20Robert.pdf

Est-ce le protocole ROBERT qui est en application ? Rien n’est moins certain. Des plaintes sur la non-transparence du protocole appliqué ont été déposées.

On ne développe pas une application facilement. Les acteurs étaient nombreux.

L’application développée ne respecterait pas les spécifications. C’est grave !

https://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-stopcovid-envoie-beaucoup-de-plus-de-donnees-que-prevu-79456.html

« Lancée le 2 juin 2020, l’application StopCovid a dépassé le million d’utilisateurs. Les doutes et les débats à son sujet n’ont pourtant pas faibli : invasive, trop peu respectueuse des données personnelles, à l’utilité opérationnelle limitée, mise en place tardivement… Mais si son développement a pris du retard, c’est aussi parce qu’il a dû prendre en compte des enjeux et des préoccupations en constante évolution, à la fois techniques, éthiques et juridiques. Sur le plan technique, StopCovid est passé du protocole « ROBERT » à « DÉSIRÉ », conservant un modèle centralisé mais tendant vers une possible interopérabilité européenne, s’affranchissant ainsi de Google et Apple au nom de la souveraineté numérique française. Quant à sa fiabilité et à sa sécurité, l’application semble avoir donné des garanties de robustesse et de protection des données suffisantes pour être approuvée par la CNIL. »

PDJ de l’Observatoire FIC

Seconde vague

Le monde médical appréhende une seconde vague. L’application StopCovid, en France,   un outil de plus, utile pour tracer rapidement les individus proches durant au moins 15 mn si les Français l’adoptent en masse. La France a choisi une solution centralisée et incompatible avec ce que les autres pays européens ont choisi…

https://siecledigital.fr/2020/06/17/covid-19-les-applications-de-tracage-fonctionneront-bientot-au-dela-des-frontieres/?utm_source=Newsletter+Si%C3%A8cle+Digital&utm_campaign=eb88ddaedf-newsletter_hebdomadaire&utm_medium=email&utm_term=0_3b73bad11a-eb88ddaedf-259549089

Effondrement économique

Les difficultés économiques commencent à arriver. L’État, après avoir payé presque tout le monde à ne rien faire, a emprunté 500 milliards d’euros. C’est du jamais vu !

Pourquoi les gouvernements ont-ils  choisi de soutenir l’humain d’abord, et l’économie ensuite ? Ils n’étaient pas obligés !

Bien sûr, beaucoup de personnes souffrent… tout d’abord ceux qui travaillent au noir, ceux qui ne travaillent plus depuis de nombreuses années, ceux qui n’ont pas de liquidités, ceux qui vivent avec presque rien…

Les commerçants, les hôtels et restaurants sont soutenus mais les entreprises fragiles ne peuvent pas subsister. Encore faut-il avoir de la marchandise à vendre… C’est un casse-tête gigantesque ! Je n’aimerais pas être à la place de ce gouvernement… Ils ont sans doute fait des erreurs, mais qui n’en fait pas ? L’impréparation à un phénomène médical émergeant est tout de même patente.

Comment repartir doucement, différemment, sans augmenter les impôts, en développant une nouvelle stratégie économique, plus durable, sur le long terme, qui prenne en compte l’environnement, qui respecte la nature tout en soutenant l’homme, en répartissant les richesses plus équitablement ? L’humain est la clé !

Cette épidémie a renforcé les liens entre la France et Allemagne et fait avancer, de ce fait, le projet européen fédéraliste.

La crise de l’épidémie Covid-19 accélère-t-elle la transformation numérique ?

Le constat est là. Trois mois après le début du confinement, la majorité des personnes du tertiaire travaillent toujours depuis leur domicile à de rares exceptions près. Ils y ont découvert des avantages : la liberté, une moindre fatigue, une efficacité équivalente dans le travail, des relations familiales accrues, moins de monde dans les transports en communs, moins d’embouteillages, un gain de temps (pour certains 2 à 3 heures par jour). Leurs patrons se sont posé la question du coût des locaux. Et si finalement, cela devenait la norme ? Il manque les liens sociaux, c’est vrai… Mais rien n’empêche d’organiser à coûts moindres des réunions en présentiel, des dîners ou déjeuners d’affaires… Les bureaux de coworking fleurissent aux quatre coins du pays et dans de très belles régions. De nombreux parisiens sont partis se confiner en province, dans des résidences secondaires ou chez des amis ; ils ont apprécié les jardins privés, les vues non urbaines, le silence de la campagne, le chant des oiseaux… Il sera difficile de revenir en arrière.

https://sodigital.fr/covid-19-transformation-numerique/

Triste bilan humain français

En France, comme dans les pays européens le bilan humain est gigantesque.

Santé publique France publie chaque semaine un bilan Covid-19.

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Comment fonctionnent les modèles qui prédisent la pandémie ?

Des algorithmes d’Intelligence Artificielle ont permis d’alerter avant l’OMS la pandémie Covid-19.

https://www.pourlascience.fr/sr/covid-19/comment-fonctionnent-les-modeles-qui-predisent-levolution-de-la-pandemie-19236.php

Des incertitudes et des manques de données ne permettent pas d’avoir des modèles prévisionnels très fiables.

Plusieurs modèles permettent de simuler la diffusion de l’épidémie. Ils se fondent sur des éléments dans des ensembles et un individu passe d’un état à l’autre. Exemple du modèle SIR :

  • S – Susceptible d’être infecté ;
  • I – Infecté ;
  • R – Guéri (Recovered) ;
  • Ou mort.

Le groupe R est présumé immunisé contre le virus et ne peut plus transmettre l’infection. Les individus ayant une immunité naturelle font aussi partie de cet ensemble. Des simulations sont faites se rapprochant des caractéristiques des habitants des villes.

Au Royaume-Uni, les modèles mathématiques font débat entre deux très grandes institutions :

  • l’Imperial College de Londres ;
  • l’université de Cambridge.

Imperial College

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Neil Fergusson de l’Imperial College, au Royaume-Uni a convaincu le monde entier de confiner les citoyens car les tests n’étaient pas prêts.

https://www.nature.com/articles/d41586-020-01003-6

« Lorsque les données actualisées du modèle de l’équipe de l’Imperial College ont révélé que le système de santé du Royaume-Uni serait rapidement submergé de cas graves de Covid-19, et pourrait faire face à plus de 500 000 décès si le gouvernement ne prenait aucune mesure, le Premier ministre Boris Johnson a presque immédiatement annoncé des restrictions rigoureuses sur les déplacements des personnes. Le même modèle suggérait que, sans action rapide, les États-Unis pourraient subir 2,2 millions de décès. Ces résultats ont été partagés avec la Maison-Blanche et de nouvelles consignes de distanciation sociale ont rapidement suivi. »

« Une version antérieure du modèle de l’Imperial College, par exemple, estimait que le Covid-19 V-2 serait du même ordre de gravité que la grippe en termes d’hospitalisations. Cette estimation s’est évidemment révélée incorrecte. »

« L’Imperial College London (officiellement Imperial College of Science, Technology and Medicine) est une université britannique fondée en 1907, se situant à Londres dans le quartier de South Kensington. Elle est spécialisée dans les sciences, l’ingénierie, la médecine et les études commerciales (avec l’Imperial College Business School). L’université compte 14 prix Nobels, 3 médaillés Fields et 74 Fellows of the Royal Society. Les contributions de l’université à la société comprennent la découverte de la pénicilline, les développements de l’holographie et de la fibre optique »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Imperial_College_London

Université de Cambridge

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« L’université de Cambridge (en anglais University of Cambridge) est une université anglaise située à Cambridge en Angleterre. Fondée en 1209 et dotée du statut de charte royale par le roi Henri III d’Angleterre en 1231, Cambridge est la deuxième université du monde anglophone par l’ancienneté. L’université est née d’une association de chercheurs qui ont quitté l’université d’Oxford après un conflit avec les habitants de la ville. Les deux anciennes universités partagent de nombreuses caractéristiques communes et sont souvent appelées conjointement Oxbridge.

L’université compte 118 prix Nobel et 11 médaillés Fields qui ont été affiliés à Cambridge en tant qu’étudiants, professeurs, personnel ou anciens élèves.

Cambridge jouit d’un partenariat avec le Massachusetts Institute of Technology (MIT). »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Universit%C3%A9_de_Cambridge

Jorge Goncalves a participé à la conception d’un modèle de prédiction de la mortalité interprétable pour les patients Covid-19, en collaboration avec d’autres chercheurs. Cet article montre les marqueurs qui ont été repéré par l’intelligence artificielle.

https://www.nature.com/articles/s42256-020-0180-7#Fig1

https://www.pourlascience.fr/sr/covid-19/comment-fonctionnent-les-modeles-qui-predisent-levolution-de-la-pandemie-19236.php

La revue « The Lancet »

« Il y a près d’un mois, on assistait au spectaculaire épisode de la publication puis de la rétractation d’une étude dans le « Lancet » sur l’hydroxychloroquine dans laquelle était impliquée la start-up Surgisphere spécialisée dans le Big Data médical. Ces errements renforcent l’idée d’un haut niveau d’exigence méthodologique et éthique. »

https://www.lequotidiendumedecin.fr/actus-medicales/ethique/quelles-lecons-retenir-de-laffaire-surgisphere?xtor=EPR-3-%5BNL_edition_abonnes%5D-%5B20200619%5D&utm_content=20200619&utm_campaign=NL_editionabonnes&utm_medium=newsletter&utm_source=qdm

https://www.lemonde.fr/sciences/article/2020/06/04/hydroxychloroquine-trois-auteurs-de-l-etude-du-lancet-se-retractent_6041803_1650684.html

« Coup sur coup, deux des plus grandes revues médicales mondiales ont procédé à la rétractation d’articles ayant trait au Covid-19, fondés sur des données fournies par une société américaine, Surgisphere, et à l’origine, désormais, plus que douteuse.

The Lancet a annoncé, jeudi 4 juin 2020, le retrait de l’étude publiée le 22 mai dans ses colonnes, qui suggérait que l’hydroxychloroquine, associée ou non à un antibiotique comme l’azithromycine, augmentait la mortalité et les arythmies cardiaques chez les patients hospitalisés pour Covid-19. Cette étude avait été suivie en France d’une abrogation de la dérogation qui permettait l’utilisation de cette molécule contre le nouveau coronavirus SARS-CoV-2 et de la suspension d’essais cliniques destinés à tester son efficacité. »

« Le New England Journal of Medicine (NEJM) a fait de même pour un article publié le 1er mai dans ses colonnes, qui déclarait que la prise de traitements antihypertenseurs n’avait pas d’influence sur la gravité du Covid-19. Dans les deux cas, l’auteur principal de l’étude était Mandeep Mehra (Harvard Medical School) et les données provenaient de Surgisphere. »

Attention à l’origine des données, aux biais dans les données, à la validation des données. La fiabilité, la véracité, sont des caractéristiques qualitatives difficiles à appréhender. Les données devraient faire l’objet de processus de collecte, d’agrégation, de consolidation, d’historisation. La supervision des processus permet la vérification et la validation. Il est nécessaire de passer beaucoup de temps pour obtenir de bonnes données. Faire intervenir l’éthique et la méthodologie permet de faire moins d’erreurs.

Mais si les erreurs sont en fait une mascarade, alors on enquête sur les données brutes. Mais si l’auteur est malhonnête, attention… Une suspicion de duplication de zones dans les photos permet d’avoir un doute sur le sérieux de l’étude.

https://www.buzzfeednews.com/article/peteraldhous/image-manipulation-surgisphere-sapan-desai

Covid-19 dans le monde

Cette pandémie en juin 2020 n’est pas terminée ! Attention aux rebonds ! Le 20 juin 2020, 150 000 nouveaux cas ont été détectés dans le monde. C’est le plus grand nombre de cas depuis le début de l’épidémie.

En France, les deux à trois mois de confinement ont permis de stopper net la multiplication du virus. Les gestes barrières ont été efficaces et ont même permis un nombre de mort inférieur au nombre habituel en mai (il y a aussi eu moins d’accidents de la route). L’hygiène y est-il pour quelque-chose ?  Au Japon, ils ont très peu de morts.

Evolution mortalité europe

Pourquoi l’Allemagne s’en est-elle sortie beaucoup mieux que la France ; difficile à dire. Ils ne vivent pas comme nous. Les femmes ne travaillent pas toutes et vont peut-être chercher leurs enfants à l’école en voiture (moins contaminées), elles ne prennent pas les transports en communs (sources habituelles de microbes et virus). Il faudrait trouver des réponses.

Ils avaient un très grand nombre de lits de réanimation, des masques et des tests en plus grand nombre. C’est un pays riche ! L’Allemagne a fait le choix de l’industrialisation, de la qualité.  Ils ont gardé cette image. Et de plus, les Allemands sont disciplinés et leur État est une fédération de länder.

A côté, la France paraît être un pays sous-développé ; elle a été aidée par l’Allemagne aux frontières…

Des analyses précises doivent être faites pour essayer de comprendre à quoi sont dues les différences entre les pays européens.

Il faut un vrai retour d’expérience au niveau européen !

L’Italie a beaucoup souffert. Son exemple aurait pu être mieux appréhendé.

En Espagne ce fut un drame également.

Très peu de véhicules ont circulé pendant deux mois (de mi-mars à mi-mai), ce qui a permis de sauver aussi un nombre important de vies. Très peu d’accidents de la route ont eu lieu. Moins de vols ont été recensés. Les assurances devraient faire baisser leurs primes l’an prochain… Il est toujours possible d’espérer !

https://fr.statista.com/infographie/21266/evolution-du-nombre-de-deces-causes-par-le-coronavirus-covid-19-par-pays/

Voici les derniers chiffres dans le monde.

Tableau de bord : l’épidémie de COVID-19 en chiffres

Les chiffres clés Monde et Europe au 18/06/2020 (source ECDC)

  • Cas dans le monde : 8 318 370 cas confirmés depuis le 31/12/19 dont 1 492 177 en Europe
  • Décès dans le monde : 448 735 décès depuis le 31/12/19 dont 172 621 en Europe

Les indicateurs quotidiens sont accessibles sur https://geodes.santepubliquefrance.fr/#c=home.

Coronavirus : visualisez l’évolution de l’épidémie en France et dans le monde
https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/05/05/coronavirus-age-mortalite-departements-pays-suivez-l-evolution-de-l-epidemie-en-cartes-et-graphiques_6038751_4355770.html
via Le Monde

Conclusion

Plus que jamais, les décisions politiques ont été appuyées par des comités scientifiques. Ne serait-il pas indispensable, dans un proche avenir, que nos dirigeants soient des scientifiques comme Angela Merkel en Allemagne,  afin de mieux comprendre les enjeux. L’intelligence artificielle, le nucléaire, les robots, les objets connectés, la santé, l’industrie, les réseaux… sont des objets complexes de réflexion…

Gardons espoir ! L’homme a des ressources inestimables au plus profond de lui. Arrêtons la course au profit immédiat, essayons d’être raisonnables. Faisons participer les hommes à leur destin. Éduquons-les. Partageons nos connaissances, nos meilleures pratiques et restons humbles. La difficulté est énorme. Passons ce cap car il y en aura d’autres…

ADELI a survécu et appris du confinement. Les conférences-débat sont devenues virtuelles ce qui permet aux provinciaux de participer. Finalement, ce confinement a eu des effets bien agréables.

Nos réunions de comité sont devenues virtuelles. Nous en avons fait plus que d’habitude. Cela a permis de prendre des nouvelles les uns et des autres, de papoter en attendant l’heure de démarrage de la réunion. Les réunions commencent à l’heure. Les outils bureautiques sont faciles à utiliser et connus de tous, ce qui facilite l’écriture.

L’enregistrement des conférences est rapidement mis à disposition, ce qui permet aux absents de s’informer.

Un groupe Whatsapp a commencé à vivre. Des blagues, des questionnements ont fusé…

Le confinement fut propice au travail. Les groupes de travail produisent des articles, des compte-rendus…

Ce n’est pas fini ! Nous en aurons peut-être pour quelques années. Prenez soin de vous et de vos proches, respectez les gestes barrières et mettez un masque dans les lieux publics !

Coronavirus… la crise éducative à venir …

crise éducative

photo Martine Otter

De cette pandémie du Coronavirus qui déferle sur le monde, on n’en voit pas la fin. Toutes les conséquences sont devant nous : crise sanitaire, suivie d’une crise économique sans précédent, mais aussi une crise éducative à venir dont on ne mesure pas encore tous les retentissements. C’est à un blackout complet de la planète auquel on a assisté, impuissant. Dans la balance, les États ont choisi la santé contre l’économie, c’est une première mondiale dans l’histoire des sociétés et de l’humanité. Les écoles, entre autres, ont ainsi été fermées, on ne peut pas dire que la réouverture annoncée ait débouché sur un réel redémarrage du système éducatif. Nous faisons face à un sérieux problème.

Une école républicaine à la peine

Notre école républicaine était déjà bien à la peine avec un ascenseur social tombé en désuétude. Jamais les inégalités sociales n’avaient été aussi criantes. À un tel point, que reprenant la lecture de « Les héritiers, les étudiants et la culture » de Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron (1964) on s’apercevait que l’école analysée comme une entité reproduisant pas à pas et fidèlement les inégalités entre classes favorisées et défavorisées, n’avait pas bougé d’un pouce en 56 ans ! Le pourcentage d’ouvriers à l’université est de 12 %, à peine mieux (Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche – édition 2018, ministère de l’Éducation nationale). Ceci est à mettre en rapport avec le fait que les ouvriers représentent encore près du quart de la population active. Les enfants de cadres supérieurs représentent, eux, 35 % des étudiants, alors que ces derniers forment uniquement 18 % de la population. Il s’agit de moyennes, on constate des écarts encore plus criants selon les filières, en particulier pour l’ensemble des grandes écoles.

C’est donc bien un système éducatif poussif, injuste, dominé par une bourgeoisie sûre d’elle-même, qui vient d’être frappé en plein front par le coronavirus…

Malgré le peu de recul dont nous disposons aujourd’hui pour mener une analyse pointue des conséquences, on peut s’attendre à ce que la situation de confinement ait aggravé considérablement ces inégalités. Le ministère a déjà constaté un pourcentage important d’enfants « hors radar » que le système éducatif a perdu pendant le confinement.

La réouverture partielle des écoles a été motivée par le souhait de remettre la main au plus vite sur cette population scolaire en perdition. Priorité leur aurait été donnée pour rejoindre les quelques rares places disponibles à l’école.

Mais voilà encore une illusion de plus… nichée dans cette affirmation. Précédemment peut-on dire vraiment que le système scolaire se préoccupait de ces enfants ? Non, on le sait bien, les enseignants donnent la priorité aux enfants qui répondent à leur sollicitation et ignorent superbement les autres.

Alors… Sommes-nous réellement à l’aube d’un monde nouveau où l’on va prendre fermement les rênes de l’école pour restaurer une école républicaine égalitaire et laïque ?

Le mythe du numérique

Il aurait suffi de mettre un coup de collier pour installer un système de cours à distance afin d’atténuer les effets de la fermeture des écoles… L’euphorie venant, on voyait ici et là, se vanter les mérites des plateformes (LMS – Learning management system) … masquant en fait une réalité bien plus cruelle :

  • De nombreuses familles sont confinées dans de petits espaces avec un seul ordinateur accessible pour tous les membres de la famille, parents en télétravail, enfants censés suivre leurs cours à distance…
  • On a aussi constaté des cas, pas si rares que cela, d’enfants sans Internet, ni ordinateur pour se connecter aux cours.
  • Enfin pour ceux qui disposaient de l’outil adéquat… la pratique ne suivait pas, et les parents n’étaient pas nécessairement à la hauteur pour y remédier.

Enfin on sait aujourd’hui, par de multiples témoignages, que ce sont même certains enseignants qui ont disparu du circuit laissant des classes entières à l’abandon. Le mardi 9 juin au soir, le journal de 20 heures de France 2 a consacré un reportage sur ces enseignants qui ont abandonné leurs élèves pendant les deux longs mois de confinement. On y voit une lycéenne qui témoigne que deux de ses professeurs ont déserté, la mère déclare leur en vouloir beaucoup, d’autant plus que celle-ci est infirmière…

Un chiffre est même donné : 4 à 5 % des enseignants du public se seraient fait porter pâles… sans pour autant que l’administration ne réagisse.

L’information est mal passée auprès de la partie d’enseignants qui eux ont tenté d’assumer la situation.

Mais le fait est pourtant là… visible, ingrat et dérangeant.

Le fossé est devenu une fracture

Coronavirus… la crise éducative à venir … 4Tous ces éléments mis bout à bout laissent présager une crise éducative terrible… Car la réouverture partielle jusqu’à aujourd’hui et la promesse du président Macron de faire revenir tous les élèves pour le 22 juin ne changeront rien au fait que depuis le début du confinement le système scolaire s’est désagrégé. La rentrée de septembre est pour le moins incertaine, si le cahier des charges reste le même… on ne voit pas bien comment tous les élèves pourront être correctement accueillis. Et ne parlons pas des facultés où juste avant la pandémie, les amphis étaient déjà pleins à craquer dans la plupart des disciplines, laissant nombre d’étudiants à l’extérieur. Avec l’application des mesures barrières, comment va-t-on, sélectionner les rares étudiants qui auront droit à l’accès des amphis, ou bien laissera-t-on faire… les plus forts au détriment des plus faibles.

Le ministère évoque 5 % d’élèves perdus à ce jour…. Mais ne nous donne pas les moyens de vérifier ces chiffres. Un enseignant témoigne : « je ne sais pas d’où il tire ces chiffres. Peut-être du lycée Henry IV ou Louis-Le-Grand à Paris. Sur une de mes classes de secondes de 33 élèves, 10 ne travaillent plus du tout et, certains, je les ai totalement perdus de vue ».

L’éducation, un problème parmi d’autres ?

La crise économique en devenir prend naturellement le dessus sur toutes autres considérations. Une fois l’économie sacrifiée à des objectifs de santé, les États se ressaisissent et constatent les dégâts dont ils n’avaient peut-être pas pris toute la mesure. Pourtant avec une planète à l’arrêt, qui pouvait sciemment ignorer que, d’une part le prix à payer serait lourd, que le redémarrage de l’économie mondiale ne se ferait pas d’un simple claquement des doigts ?

On voit bien les sommes astronomiques qui sont actuellement mobilisées pour empêcher le naufrage des plus grandes compagnies françaises : Air France, Airbus, la SNCF, Renault, Peugeot ; les dispositifs de soutien à la plupart des professions pour tenter de les aider à passer le cap. On estime à 460 milliards d’euros l’ensemble des aides et prêts garantis mobilisés par l’État, soit 21 % de la richesse nationale, selon Bruno Le Maire, ministre de l’Économie. Il s’agit du plus grand défi économique jamais lancé par la France depuis l’après-guerre.

Mais est-ce que cela devrait être la seule préoccupation ? L’éducation c’est bien ce qui définit le futur d’une population ; Victor Hugo disait : « Celui qui ouvre une porte d’école ferme une prison ». Que seraient l’économie, la richesse nationale, l’emploi, la recherche, sans une population éduquée au plus haut niveau ? De plus en plus d’entreprises intègrent le niveau d’éducation d’une population dans ses critères de choix d’implantation géographique.

L’éducation ne peut être un problème parmi d’autres, mais une préoccupation majeure.

Redéfinir les contours de l’école

Nul ne peut dire avec certitude le devenir exact de cette pandémie, quand va-t-on découvrir un vaccin et sera-t-on en mesure de trouver des traitements efficaces ? Il circule beaucoup d’affirmations péremptoires à ce sujet, mais si l’on se recentre sur des scientifiques confirmés et reconnus on voit bien que c’est à un horizon au moins encore de deux ans qu’il faut s’attendre… et encore…

La crise a été contenue en France grâce à un confinement généralisé, mais le virus n’a pas disparu. Au niveau mondial la pandémie est toujours en croissance, des deuxièmes vagues s’amorcent dans plusieurs pays. Des pays qui avaient connu des effets limités jusqu’ici du coronavirus voient celui-ci flamber brutalement.

L’étau des confinements n’étant plus tenable, la plupart des pays relâchent leurs efforts…

Tous ces éléments indiquent clairement que faire le pari d’un retour à la normale, dès la rentrée, est parfaitement utopique.

La mise en œuvre des mesures barrières dans le système éducatif a montré ses limites pour prendre en charge réellement l’éducation de tous les enfants.

Les conditions d’un retour efficace à l’enseignement

Elles sont nombreuses, requièrent de l’argent et du temps, sans doute de la bonne volonté et une bonne dose d’énergie. Car l’école est à réinventer.

Il y a beaucoup de retard à rattraper malheureusement pour pouvoir faire face efficacement et rapidement. Le rapport de l’école au numérique n’a jamais été simple. Depuis le plan Informatique  Pour Tous (IPT – 1985) lancé par Laurent Fabius, la situation a, à peine, évolué. Les interventions ont été chaotiques et laissé un peu au hasard des bonnes volontés des collectivités locales… On peut parler d’une réelle utopie de la pédagogie numérique, à savoir une vision très « bobo parisienne » qui occulte les inégalités socio-économiques et qui n’assume pas l’inégalité numérique.

Il faut dégager le financement national pour que chaque enfant soit équipé d’un matériel informatique adéquat et former chaque enfant à l’usage du numérique. Car si les jeunes générations sont plus habituées au numérique, pour autant leur usage pédagogique n’est pas naturel et ne va pas de soi. L’aspect financier n’est pas le plus difficile (on voit bien que le président Emmanuel Macron est prêt à tout, ne l’a-t-il pas dit ?), la formation est plus difficile à mettre en œuvre et requiert du temps, beaucoup de temps.

L’accès à Internet n’est pas partout assuré, il faudra donc très rapidement y remédier et finaliser ce que nous aurions dû faire déjà depuis des années, dans l’urgence. Chaque foyer doit pouvoir disposer d’une connexion Internet et avec un débit suffisant pour permettre des échanges et des chargements de qualité. C’est aussi indispensable que l’eau et l’électricité.

Quant aux enseignants, on voit bien quel est l’état d’inégalité de leurs ressources pour faire face au numérique. On ne peut tolérer la fuite, la peur, l’absence, la médiocrité, le à peu près… il faut en finir avec l’anxiété des syndicats qui freinent toute velléité active d’un ministre à agir fermement en la matière. Il faut former en urgence la totalité des enseignants au numérique, à ses usages, mais aussi aux spécificités de l’enseignement à distance… ce n’est pas évident et pourtant c’est nécessaire et impératif. Il faudra peut-être recruter et voir un peu plus loin en modifiant les conditions du recrutement, afin d’y intégrer ces dimensions nouvelles.

Pour gérer une alternance d’enseignement à distance et d’enseignement en présentiel, il faudra revoir l’organisation des établissements d’enseignement qui en l’état ne sont pas adaptés. Toutes les mesures provisoires d’accès, de circulation, de gestion des salles devront devenir pérennes, car le provisoire a vocation à durer…

Enfin pour traiter des « exclus », qui l’étaient déjà avant la crise… mais pour ne pas laisser empirer cette situation, il faudra nécessairement mettre en place des procédures et des moyens spécifiques qui leur soient propres pour une remise à niveau la plus rapide souhaitable.

Mettre fin au mythe du tout numérique

Coronavirus… la crise éducative à venir … 5Si un soin particulier doit être mis à rénover, conforter et développer l’enseignement à distance, à le généraliser, il faut penser et organiser en complément un enseignement en face à face.

L’utopie du tout numérique fait courir un réel danger à la société, son accomplissement serait source d’inégalités encore plus fortes.

Prenons le succès de l’application Zoom, il se comprend, car l’application est particulièrement facile à mettre en place et à utiliser, ses qualités de fonctionnement en font une réelle avancée technologique.

Pour autant, est-ce la panacée ? Non, que ce soit pour le monde de l’entreprise ou de l’éducation, elle ne peut répondre qu’à une partie des besoins.

La visioconférence transmet du son, de l’image, l’accès à un tableau et des documents partagés, elle permet des interactions bien organisées.

Mais le ressenti, l’état d’âme, l’enthousiasme ou la lassitude tout cela n’est jamais perceptible par l’intermédiaire d’un écran.

Comment un enseignant pourrait percevoir le ressenti intime de ses élèves, pourtant indispensable pour une relation pédagogique de qualité ? Comment un élève pourrait percevoir les nuances de la pensée et de l’expression de son enseignant par écran interposé ?

Voici le témoignage édifiant d’un enseignant : « J’ai vraiment besoin d’un visage lorsque je parle — cela rend simplement la situation non naturelle plus naturelle, il est plus facile de parler. Il me semble qu’il vaut mieux que les élèves voient la tête parlante que d’entendre la voix. »

Dans un premier temps l’illusion est parfaite, le confort de l’utilisation à son domicile (aussi bien pour le maître que l’élève), le fait de voir ses élèves en gros plans, alors que l’on était habitué à l’éloignement, donnent un sentiment de proximité inédit et plutôt satisfaisant. Mais à l’usage, les désagréments font surface, la difficulté à gérer l’ensemble du groupe, la fatigue inhérente à l’usage exclusif des écrans, font que l’on en perçoit très vite les limites.

Les témoignages d’enseignants convergent sur cette première phase euphorique et sur l’usure qui s’installe assez vite, de fait ce sont très vite les inégalités sociales et numériques qui émergent et rendent la tâche de l’enseignant plus difficile.

Bref le numérique ne répond que partiellement aux besoins éducatifs, il doit prendre sa part et pleinement, avec efficacité, mais il ne peut tout assumer.

Il faut donc être très clair à cet égard.

Le programme est vaste, complexe et fait appel à de nombreuses disciplines, mais surtout à une véritable révolution des esprits, tâche enthousiasmante, mais particulièrement ardue et difficile à mener. La persistance du risque épidémique sera l’aiguillon utile à cette transformation du système éducatif.

À lire :

“Covid 19 et enseignement : quels impacts ?” par Nicolas Trèves

Confinement et résilience 6

Confinement et résilience

Au premier semestre 2020, la pandémie du COVID-19 (Corona Virus Disease 2019) a divulgué deux mots, jusqu’alors peu fréquents dans nos conversations : confinement et résilience.
À tel point que la Lettre d’ADELI en fait le thème de ce numéro 120 de l’été 2020.

En protection contre la pandémie, de nombreux États ont pris une mesure radicale : le confinement des populations ; toutes les activités non indispensables à la survie de la société ont été arrêtées pendant deux mois ; les citoyens – à l’exception des personnels mobilisés – ont été contraints de rester chez eux.

Le traumatisme regroupe les conséquences d’une blessure appelée trauma. La lutte contre la pandémie du COVID-19 a combattu deux facteurs traumatisants, étroitement liés :

  • une menace susceptible de contaminer chaque membre de notre entourage, voire d’entraîner une issue fatale pour les plus vulnérables ;
  • un changement brutal de notre mode de vie, en limitant nos libertés fondamentales et en bridant notre convivialité.

Pour en limiter le traumatisme, les individus et les groupes sociaux ont développé une résistance appelée résilience.

Confinement

Confiner, c’est :Confinement et résilience 7

  • dans un contexte juridique, emprisonner un condamné ou détenir préventivement un individu pour l’empêcher d’agir et de communiquer ou – plus rarement – pour le protéger ;
  • dans un contexte conflictuel, détenir, en otage, une personne captive, en perspective d’une négociation : échange, chantage, rançon ;
  • dans un contexte sanitaire, mettre des personnes infectées, ou présumées telles, en quarantaine pour éviter une contamination ;
  • dans un contexte intellectuel, imposer les règles exclusives d’une idéologie, dans la retraite d’un mouvement intégriste.

Le confinement oblige un individu à demeurer dans un espace physique fermé et/ou à épouser la discipline d’une spiritualité.

Les mots synonymes de confinement : incarcération, internement, détention, réclusion, captivité, consignation, séquestration, isolement, quarantaine, expriment une privation de liberté de mouvement, ce qui donne, à ce mot, un caractère stressant.

Un autre mot, porteur de valeurs protectrices : sauvegarde, prévention, précaution, parade, maintien, défense, abri, sécurité, quiétude, sérénité… aurait eu un impact psychologique moins déprimant.

En aparté, notons l’existence d’un Confinement quantique : état de la matière observable lorsque le diamètre d’un matériau a la même valeur qu’une longueur d’onde ; ce qui en modifie les propriétés électroniques et optiques.

Résilience

La résilience caractérise la résistance d’un matériau aux chocs ; le fait de rebondir.

Confinement et résilience 8On mesure la résilience, par l’énergie absorbée lors du choc d’un mouton-pendule sur l’éprouvette d’un matériau. La résilience du matériau dépend de sa composition et de son traitement thermique. L’échelle de résilience des matériaux s’étend des plus fragiles : faïence, céramique, verre… aux plus résistants : métal, acier, alliages spéciaux.

Par extension, la résilience désigne, également, l’aptitude d’un système à supporter la dégradation de son environnement. Ainsi, la résilience migre du domaine de la physique des corps solides à celui de la psychologie.

Pendant un confinement imposé, chaque individu se trouve dans la position d’une éprouvette frappée de plein fouet. Cette blessure psychique provoque un traumatisme, combattu par le développement, instinctif ou volontaire, d’une résilience. Certes, cette résilience ne permet pas un retour à l’état initial qui précédait le choc, mais elle favorise l’acquisition de nouvelles ressources pour en atténuer les effets négatifs.

Restez à la maison

Confinement et résilience 9Les pouvoirs publics ont maintenu nos fonctions vitales. L’alimentation des foyers a été assurée par le maintien des accès aux sources d’approvisionnement. Le confort matériel des domiciles a été préservé par l’alimentation en énergie, en eau et en information et par l’enlèvement des ordures ménagères.

Les services sanitaires ont rempli leur mission professionnelle avec un grand dévouement.

Cette contrainte a été, globalement, bien respectée par les citoyens qui ont limité leurs sorties au strict nécessaire. Cependant, cette situation exceptionnelle a eu des incidences sur les comportements des individus, tant dans leur cadre résidentiel que dans leur environnement professionnel.

Ce confinement a développé différentes formes de résilience.

Résilience résidentielle

Les apports du confinement

En nous affranchissant de la pression de l’immédiat, le nouveau cadre de vie permet :

  • de prendre du temps pour des activités à long terme : réfléchir, organiser, ranger, classer ;
  • de séparer les besoins vitaux nécessaires à la survie et à l’épanouissement physique et moral, des autres besoins superflus, exhaussés par des campagnes publicitaires ;
  • de retrouver d’autres formes de culture : lecture, visites virtuelles, spectacles enregistrés ;
  • de renforcer des compétences pratiques dans de nouveaux domaines : couture (fabrication de masques), bricolage (travaux ménagers), cuisine (nourriture recherchée) ;
  • d’exploiter les nouvelles technologies de communications numériques ;
  • d’apprécier, provisoirement, un environnement moins exposé aux pollutions des activités professionnelles ;
  • de resserrer des liens familiaux et amicaux en prenant, plus régulièrement, des nouvelles des personnes éloignées.

Les inconvénients du confinement

En réduisant nos déplacements physiques, le confinement :

  • nuit aux libertés élémentaires, en prohibant certaines activités : déplacements, rencontres familiales et amicales, spectacles culturels, festifs et sportifs ;
  • relâche les liens sociaux en privilégiant l’individualisme ;
  • conditionne les citoyens par une information (presse, radio, télévision) exclusivement centrée sur un thème anxiogène ;
  • développe les effets physiologiques néfastes de la sédentarité : manque d’exercices physiques, compensation alimentaire excessive ; d’où une perte musculaire et un gain de poids ;
  • aggrave les inégalités entre les classes sociales :
    • familles réunies / familles dispersées,
    • espace confortable et alimentation complète / logement exigu surpeuplé et nourriture de subsistance,
    • poursuite d’activités enrichissantes / objectif exclusif de survie.

Les conditions d’un strict confinement dans les étroites limites d’un domicile apparaissent très différentes selon que l’individu vit seul, en couple, en famille avec enfants ou en groupe communautaire plus étendu et selon le degré de poursuite de son activité professionnelle.

De nombreux individus ont spontanément développé des réactions dans leur zone d’autonomie préservée : nouveaux horaires, nouvelles activités, nouveaux modes de communication.

Résilience professionnelle

Le contexte

Le confinement a interrompu les principales activités économiques, culturelles, sociales. Les secteurs de la santé, de l’alimentation, des transports, de l’énergie, de la propreté ont continué à fonctionner. Les déplacements du domicile vers le lieu habituel de travail ont été strictement réglementés ; les secteurs tertiaires et quaternaires – y compris les établissements d’enseignement – ont exploité les outils numériques pour poursuivre leurs activités, en mode dégradé.

Le télétravail

Confinement et résilience 10Confinement et résilience 11

ADELI avait mené, en 1998, une étude avec d’autres organismes sur le télétravail.
Le rapport intitulé TÉLERGoscope n’a jamais été publié, en raison d’un différend entre les partenaires.

Depuis lors, les techniques de télécommunication audio-visuelle se sont considérablement diversifiées pour permettre des collaborations efficaces entre acteurs géographiquement éloignés.

 

Le confinement de 2020 aura marqué une étape importante dans la banalisation du télétravail. Les acteurs du secteur tertiaire ont mis en œuvre les outils audio-visuels du télétravail : téléréunions, échanges collaboratifs de documents, afin de maintenir une activité collective.

Ce qui crée un clivage entre les professions manuelles liées à un poste de travail et les professions intellectuelles qui peuvent exercer leur activité autour d’un terminal mobile.

Les facteurs de résilience au confinement

Les différentes formes de la confiance et l’humour se révèlent être des moyens efficaces pour lutter contre la peur et l’ennui.

La confiance

Confiance envers les autorités

Confinement et résilience 12Cette situation exceptionnelle a conduit les gouvernements des États à prendre des décisions drastiques en fonction des informations relayées, des avis quelquefois divergents des experts médicaux, économiques, financiers.

Il était bien délicat, a priori, de choisir, à coup sûr, les mesures (directives, intensité, calendrier) qui se révèleraient à terme, les plus pertinentes. Mais, manifester de vives inquiétudes quant à l’efficacité des mesures n’aurait fait qu’accroître un stress. Plus par sentiment que par raison, les citoyens sont enclins de faire confiance.

Confiance envers les autres

Confinement et résilience 13Dans sa sphère de confinement avec ses proches : conjoint, enfants, collègues, il convient d’organiser une nouvelle répartition des tâches en en incorporant de nouvelles : éducation des enfants et maîtrise des outils numériques.
Les personnes confinées, dans un même espace réduit, ont intérêt à se faire mutuellement confiance – et à faire aussi confiance à leurs interlocuteurs numériques – pour conserver leur sérénité et éviter les affrontements.

Confiance en soi

Confinement et résilience 14Se retrouver seul pour résoudre des problèmes qui étaient sous-traités à des professionnels, amène à s’impliquer dans de nouvelles activités.
Ces petits défis ont révélé un renforcement de la confiance en soi dans de nouveaux domaines.

L’humour

Confinement et résilience 15

Chaque individu, conditionné par sa position sociale et sa culture, a une attitude personnelle face à l’humour ; certains le rejettent en le considérant comme une réaction puérile.

Cependant, l’homme dispose d’une capacité de dérision qui est une soupape pour évacuer une partie de son stress. Rire de sa situation est une réaction libératrice.

L’humour est une philosophie de partage qui devrait amplifier les réactions ; le sourire et le rire étant communicatifs.

Pour ne donner qu’un exemple – sans passer en revue les caricatures et les anecdotes qui ont encombré les réseaux sociaux – nous nous bornerons à citer quelques néologismes qui désignent de nouveaux concepts :

  • S’enconfiner : accepter le confinement, s’y réfugier, voire s’y complaire ;
  • Interdi : chaque jour de la semaine lorsque les déplacements sont exclus ;
  • Solidaritude ; renforcement de la solidarité dans la solitude individuelle ;
  • Immobésité : conséquence de l’absence d’activités physiques ;
  • Vodkaphones, whiskypes… que l’on consomme au zoombar ;
  • Mascarade :  péripéties de la distribution de masques ;
  • Résilience secondaire : lieu de confinement des citadins exfiltrés.

Le syndrome de la cabane

Confinement et résilience 16Certains confinés ont subi le syndrome de la cabane, cousin du syndrome de Stockholm.
La cabane évoque le refuge des trappeurs nord-américains, coupés du monde pendant la période de chasse. Certains trappeurs éprouvaient une grande peur à l’idée du retour à une vie normale.

Le départ du confinement a été sifflé de façon impérative par les autorités, tandis que les modalités du déconfinement – en dehors du respect de quelques règles – sont laissées à la décision de l’individu, libre de son calendrier et de son intensité. Le constant rappel des précautions à prendre pour éviter un danger de contamination incite certains individus à rester douillettement confinés dans leurs habitudes au lieu d’affronter les difficultés d’une vie externe trop longtemps négligée.

Épilogue

Sans remonter jusqu’à la grippe espagnole qui avait fait plusieurs dizaines de millions de victimes, il y a un siècle, les plus anciens d’entre nous évoquent deux épidémies grippales, vécues dans leur jeunesse ; qui auraient fait, chacune, un million de victimes dans le monde : la grippe asiatique (1956-58) et la grippe de Hong Kong (1968-1970).

La lecture des revues de presse de l’époque nous surprend par la faible place accordée à ces tragiques événements, en comparaison des autres actualités : guerres en Algérie et au Vietnam, guerre froide, conquêtes spatiales, agitations étudiantes…

Il y a un demi-siècle, la durée de vie était inférieure d’une bonne vingtaine d’années à la nôtre, et la plupart des victimes avaient déjà dépassé la longévité moyenne ; ce que constituait au regard de certains commentateurs, une raison suffisante de décès.

Dans quelques mois, le souvenir de cette période exceptionnelle se sera, nous l’espérons, estompé. La menace épidémique se sera dissipée ; il ne nous restera plus qu’à en gérer les très lourdes séquelles économiques et sociales.

Cependant, nous garderons la mémoire de ceux qui nous ont prématurément quittés, à l’issue d’une infection fatale.

coronavirus

La maladie COVID-19 en France.. entraine dans les médias des infos douteuses, voire des infox !

Covid-19 et Infox

Depuis février-mars 2020,  après la Chine, l’Iran, l’Italie et les États-Unis, la France a été atteinte par la pandémie mondiale du Coronavirus, la maladie « Covid-19 », ou « Covid ». On a dénombré en mai 2020, environ 40 000 cas positifs avérés et près de 28 000 décès, à la fois dans les services hospitaliers et dans les Établissements d’Hospitalisation des Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD).

On rappelle que le terme « coronavirus » ou « virus à couronne » désigne une famille de virus, dont le noyau est garni extérieurement de projections bulbaires. Depuis 2002, le monde a subi deux de ces virus, le SARS-CoV (syndrome respiratoire aigu sévère) et le MERS-CoV-2. Fin 2019 se développe, à partir de la Chine, un troisième coronavirus, le SARS-CoV-2, entrainant une pandémie sur la quasi-totalité des pays du globe, elle-même appelée COVID-19.

Entre le 17 mars et le 10 mai, la quasi-totalité des Français, à l’exception des salariés de « services essentiels », a été soumise à un  confinement  domestique, c’est-à-dire à une astreinte à garder le domicile, sauf pour une seule sortie d’une heure, dûment justifiée, incluant des « mesures-barrière » et une attestation de sortie conforme.

Durant cette période, dans les foyers confinés équipés d’Internet, le nombre de connexions a explosé dans plusieurs domaines :

  • comme en temps normal, pour  les achats en ligne (alimentaires, loisirs, vidéos…) et les échanges ordinaires (messageries, réseaux sociaux,…) ;
  • de plus, pour des échanges professionnels (télétravail), pour l’enseignement scolaire des enfants à distance et surtout pour le télétravail chez des salariés qui avaient choisi le confinement et non la présence physique dans l’entreprise.

Mais, on le sait, Internet présente, en même temps que beaucoup d’avantages techniques (rapidité, interactivité, coût négligeable…), des risques soit anciens (virus, spams, phishing, usurpations d’identité…), soit nouveaux à travers des informations non recoupées ou fantaisistes, voire des « fakes » ; celles-ci font  l’objet de cet article.

N.B. – pour des généralités sur ce dernier thème (définitions, motivations des fakes et infox, « fast checking », etc.), on se reportera utilement à la Lettre ADELI n°114 d’hiver 2019. À ce jour, une grande majorité d’infox sont de type politique, elles impactent directement ce secteur ; on ne peut parler de « dangerosité ». S’agissant de santé publique, bien évidemment, les fausses informations peuvent entraîner des conséquences beaucoup plus dangereuses sur la population. Citons le journaliste Thomas Huchon dans « chut.media » :

« Des gens considèrent que la maladie n’existe pas, parce qu’on ne voit pas de malades ; d’autres échangent sur les meilleurs moyens de se soigner, et cela peut tuer. »

Infos douteuses, infox sur les thèmes médicaux proprement dits

Le coronavirus est relativement nouveau dans la galaxie scientifique et médicale.

De plus, en France, le délai entre la mise au point d’un traitement, protocole ou vaccin et son autorisation de mise sur le marché et de diffusion se mesure en mois voire en années. En effet, il est tributaire d’avis scientifiques et d’autorisations administratives de très haut niveau, ce qui induit une période de « traitement provisoire de l’épidémie » par des mesures médicales et politiques et, dans le monde médiatique actuel, laisse libre cours à tous les débats et aux désinformations possibles.

Nombre de scientifiques et médecins se sont relayés sur les chaines d’information et réseaux sociaux, qui pour commenter l’évolution de la pandémie, qui pour disserter sur les traitements et vaccins envisageables, pas toujours avec le recul scientifique nécessaire. Chacun d’eux a présenté ses hypothèses, prodigué ses conseils, à la fois aux autorités sanitaires, aux décideurs politiques et aux citoyens. Ci-après, les circuits généraux d’information pendant l’épidémie (on constatera la multiplicité des interlocuteurs (scientifiques, décideurs) dans le rectangle en haut et à gauche).Schéma infox épidémie coronavirus

  • Aux USA, la classe politique au pouvoir a prétendu que le virus s’était « échappé » d’un laboratoire de virologie de la ville foyer de Wuhan.
    Cette thèse n’a jamais reçu de validation officielle.
  • En France, une posture médicale particulièrement médiatique a été celle du Professeur Didier Raoult, infectiologue, Directeur de l’IHU de la Timone à Marseille.

Dans un premier temps, il a proclamé le peu de dangerosité du virus (démenti par la suite) :

https://rmc.bfmtv.com/mediaplayer/video/coronavirus-il-n-y-a-pas-de-raison-d-avoir-peur-assure-le-professeur-didier-raoult-specialiste-des-maladies-infectieuses-1219765.html

Ensuite, il a proposé à Marseille des traitements de cas de la maladie  du COVID-19  à base d’un médicament antipaludique. Ce dernier, bien qu’efficace dans certains cas, mais compte tenu d’effets secondaires nombreux, a été publiquement contesté, et les conséquences d’un regain de consommation du produit dans plusieurs pays sans connaitre les risques et effets ont pu s’avérer risquées. Cependant Didier Raoult continue à bénéficier d’une grande popularité en France, à ce stade de l’épidémie : on peut parler d’un « camp Raoult »…

  • Un autre message Twitter publié au mois de mai 2020 autour du Docteur Raoult  (citation) :

Ils savent que tout ce tapage du #coronavirus est une supercherie, le #virus est terminé (voir #Raoult), donc les #masques sont inutiles en plus d’être nocifs. Pourquoi mettre au pas la population et la priver de ses droits et libertés ? #ReveillonsNous #StopSideration. Il n’y a jamais eu de virus de toute façon, car juste une manipulation de la haute sphère.

  • Par ailleurs, toujours en France, un chercheur épidémiologiste, a fait part sur le fond des résultats d’un modèle mathématique faisant remonter l’épidémie en Chine, non à décembre 2019, mais à l’automne 2019 ; ce qui lui attribuerait une contagiosité plus faible. Là encore, aucune validation officielle.
    Lire la suite
Schrödinger

Initiation à l’informatique quantique

Cet article essaie de rappeler des éléments de base en physique classique et en mécanique quantique, préalables à la compréhension de la conférence de Jacques Pansard.

De la physique classique à la mécanique quantique

La physique décrit sous forme d’équations les phénomènes réels. La physique classique comprend les connaissances jusqu’à la fin du 19e siècle. La mécanique de Newton explique parfaitement les mouvements des corps célestes. Les équations de Maxwell permettent d’expliquer le caractère ondulatoire de la lumière en terme champ électromagnétique. La mécanique de Newton ainsi que les équations de Maxwell permettent d’expliquer tous les phénomènes observés (systèmes complexes, thermodynamique…).

Dès 1900, Max Planck émet l’hypothèse de quantification de l’énergie électromagnétique pour expliquer le spectre du corps noir. Albert Einstein explique que la lumière ne peut échanger son énergie que par petits paquets  – quanta : photons sorte de particules virtuelles.

Inversement, Louis de Broglie a proposé que toute particule, comme un électron, possède un caractère ondulatoire. Tout objet physique est à la fois une onde et un corpuscule. C’est ce qu’on appelle la dualité onde-particule.

Atome

La matière est constituée de molécules, elles-mêmes constituées d’atomes.

Un atome est neutre électriquement.

Un atome est constitué d’un noyau entouré d’électrons possédant une charge négative.

Un noyau est constitué de protons (de charge positive) et de neutrons (électriquement neutre). Il y a autant d’électrons que de protons.

La matière est constituée de vide. Pour mémoire :

  • Taille d’un atome : 10 -10 m ;
  • Taille d’un noyau : 10 -15 m ;
  • Taille d’un électron : 10 -21 m.

De plus, les entités composant un atome ont les masses suivantes :

  • Proton : 1,7 10 -27 kg ;
  • Neutron : 1,7 10 -27 kg ;
  • Électron : 9,1 10 -31 kg.

La classification périodique des éléments

Initiation à l'informatique quantique 17

Le tableau périodique des éléments ou tableau de Mendeleïev classe les éléments chimiques selon leur nombre de protons (numéro atomique Z). Les éléments sur une même colonne ont les mêmes propriétés chimiques.

Une autre grandeur est le nombre de masse qui est la somme des nucléons (protons Z + neutrons N).

Les éléments qui possèdent le même nombre Z mais un nombre de masse différents sont appelés des isotopes. Par exemple :

  • Hydrogène : 1 proton ;
  • deuterium : 1 proton, 1 neutron ;
  • tritium : 1 proton, 2 neutrons.

La lumière

La lumière est une onde électromagnétique qui n’échange son énergie que par petits paquets : les photons.

Lorsque l’on éclaire une plaque métallique avec de la lumière certains électrons peuvent être arrachés et sous l’effet d’une différence de potentiel, il apparaît un courant électrique.

L’effet photoélectrique n’apparait que lorsque la fréquence ν et donc l’énergie hν du photon est supérieure à l’énergie d’extraction.

Contrairement à l’électron le photon n’a pas de masse. C’est un grain d’énergie.

Les particules ayant un spin demi entier (électrons, protons, neutrons…) suivent la statistique de Fermi-Dirac et sont appelés des fermions.

Les particules de spin entier (photon, phonon) suivent la statistique de Bose-Einstein et sont pour cela appelés des bosons.

Chaque fermion possède son antifermion. Par exemple le positron est l’antiparticule de l’électron. Il possède la même masse que l’électron mais est de charge positive. Lorsqu’un couple de particule-antiparticule s’annihilent leur énergie de masse (2mc2) est rayonnée sous forme de photons.

Le modèle de l’atome

Initiation à l'informatique quantique 18

Niels Bohr a fait l’hypothèse que les électrons tournaient autour du noyau sur des orbites d’énergie bien déterminées. Chaque orbite correspond à un niveau d’énergie et les transitions électroniques entre ces niveaux discrets, lors de la désexcitation, permettent d’expliquer l’apparition de spectres de raies caractéristiques de chaque atome.

 

 

 

Un niveau d’énergie est associé à chaque orbite autour du noyau central. Chaque orbite est caractérisée par 4 nombres quantiques n, m, l, s permettant de modéliser les états d’énergie de l’atome :

Nombre quantique principal n, définissant les couches électroniques ;

Nombre quantique azimutal l, définissant les sous-couches électroniques. l peut prendre toutes les valeurs entières comprises entre 0 et n-1

l = 0, 1,…, <n-1

nombre quantique magnétique ml, définissant l’orientation spatiale de l’orbitale atomique ; peut prendre toutes les valeurs entières comprises entre –l et  +l, zéro compris.

nombre quantique magnétique de spin s, définissant l’orientation du moment angulaire intrinsèque de l’électron dans son orbitale. Le spin ne peut prendre que deux valeurs possibles : 1/2 et -1/2.

L’état d’un électron est défini par ce quadruplet. Le principe d’exclusion de Pauli implique qu’il ne peut y avoir qu’un seul électron dans un état donné déterminé par les valeurs du quadruplet. Ainsi pour les trois premières couches, on a :

 

Couche

n

lmlsNbre d’électronsSous couche
100+ –21s
20

1

0

-1,  0,  +1

+-

+-+-+-

2

6

2s

2p

30

1

2

0

-1, 0, +1

-2, -1, 0, 1, 2

+-

+-+-+-

+-+-+-+-+-

2

6

10

3s

3p

3d

 

État quantique

Les inégalités de Heisenberg affirment qu’il existe une limite fondamentale à la précision avec laquelle il est possible de connaître simultanément deux propriétés physiques d’une même particule ; ces deux variables peuvent être sa position et sa quantité de mouvement qui sont alors qualifiées d’observables incompatibles.

En mécanique classique, les particules (mesures) évoluent en suivant des lois déterministes exprimées par le principe fondamental de la dynamique de Newton, ainsi que l’expression des forces de gravitation et de l’interaction électrique.

Il n’en est plus de même dans le monde quantique, car les inégalités de Heisenberg impliquent qu’il n’est plus possible de connaître totalement l’état d’une particule, puisque certaines caractéristiques de cet état sont des observables incompatibles. Il en résulte un indéterminisme fondamental d’évolution de tout système quantique, que l’on doit combler en admettant un caractère probabiliste au comportement des particules.

On représente parfois l’état d’un système ou d’une particule par le symbole : | état ›. Il s’agit alors d’une généralisation de la notion de vecteur dont les composantes par toutes les grandeurs caractérisant le système comme par exemple, position, impulsion,  moment cinétique, énergie, etc. L’ensemble des états accessibles à un système ou une particule constitue ainsi un espace vectoriel dont les dimensions dépendent des caractéristiques. Bien entendu, il est toujours possible de projeter l’état sur l’un des axes de l’espace vectoriel en effectuant le produit scalaire du ket | état › sur le bra <composante|. Ainsi, si l’on veut connaître la position r d’une particule, on projette son état sur le bra <r|, soit encore

y(r) = <r|état>

Où y(r) est la fonction d’onde caractérisant l’état du système. Son module carré représente la probabilité de trouver la particule en r lors d’une mesure.

La notation bra-ket

La notation bra-ket ou formalisme de Dirac  | Y › représente l’état quantique de la particule Y. C’est un vecteur à n dimensions. La notation bra-ket représente le produit scalaire.

La fonction d’onde est continue. Le fait de mesurer une valeur s’appelle la réduction du paquet d’ondes.

L’intrication quantique

L’intrication quantique (entanglement en anglais) est un phénomène qui lie indéfiniment deux particules (deux systèmes) qui ont été corrélés à un moment donné et ce, quelle que soit la distance qui les sépare ultérieurement ainsi que le temps qui s’est écoulé depuis leur corrélation, à condition toutefois que leur interaction avec l’extérieur n’introduise aucune décohérence dans leur comportement.

Cette propriété est mise en œuvre dans certaines portes quantiques.

Alain Aspect a mis expérimentalement en évidence ce phénomène d’intrication, désavouant ainsi le point de vue d’Einstein qui ne pouvait admettre l’interprétation probabiliste de la physique quantique.

Bit quantique

Le bit quantique ou qubit, qbit est l’unité de stockage de base en informatique quantique.

Conférence-débat ADELI

La conférence-débat ADELI sur l’informatique quantique « De la loi Moore (1965) à la loi de Rose (2003) » s’est tenue le 21 janvier 2020 à l’ARPE (Paris 13ᵉ) à la suite de notre assemblée générale (AG). Cette AG faisait le bilan de 2019 et a tracé les perspectives 2020. C’est Jacques Pansard qui a animé cette conférence.

Jacques Pansard

Jacques Pansard, est un ancien collègue de SG2 de Martine Otter. Il s’est pris de passion pour l’informatique quantique après une longue période de management et de consulting. Il est ingénieur de formation.

Actuellement, il est indépendant et fait du conseil auprès des dirigeants. Il est professeur associé.

Jacques Pansard a écrit un livre de sciences fiction lié au sujet de la conférence qu’il nous a présentée : « Les hommes célestes – La cyberwar quantique est déclarée » aux éditions du Lightning.

Vidéo de la conférence

Une vidéo a été enregistrée sur notre chaine ADELIassoc sur Youtube : https://youtu.be/uNwUXTePhnE

Slides de la conférence

Jacques Pansard nous a généreusement mis à disposition les slides de la conférence. Vous pouvez nous les demander.

Rapport gouvernement

Un rapport sur l’informatique quantique a été remis au gouvernement le 9 janvier 2020.

Questions

Les Chinois ont-ils envoyé un satellite en orbite autour de la terre qui émet des particules intriquées ?

  • Oui

Est-ce une véritable information ? Quelles peuvent être les conséquences pour la Terre et les humains ?

Nous devrions faire des analyses d’impact avant de faire ce type d’expérience. Les Chinois ne semblent pas suivre ce principe de précaution…

Conclusion

L’homme commence à utiliser des phénomènes qu’il ne comprend pas totalement ! Alors attention… attention à ne pas prendre de risques qui pourraient nuire à l’humanité !

La Recherche fondamentale est nécessaire afin de progresser dans la science.

Vouloir à tout prix trouver des applications industrielles, rapidement, pourquoi pas, mais attendons que les chercheurs maîtrisent leurs découvertes et leurs applications théoriques.

Le mal peut être pire que le bien.

L’informatique quantique est d’une complexité inouïe. Elle fait appel à la physique classique, à la physique des particules, aux mathématiques, à l’informatique…

Peu de personnes ont l’ensemble des connaissances nécessaires pour réaliser cela. Quelques entreprises cumulent le savoir et le savoir-faire en lien avec des laboratoires de recherche.

Soyons prudents et ne jouons pas avec le feu…

En cette période de pandémie mondiale, nous pouvons observer les manques de produits.

Être réactif en cas de situation émergente n’est peut-être pas suffisant. Il était impossible d’imaginer l’arrêt complet du monde, de son économie, du trafic aérien, le confinement des personnes chez elles…

Et pourtant, l’appât du gain a été très fort. Il a conduit à la mondialisation, à la délocalisation.

Soyons prudents et ne jouons pas avec le feu…

Laissons ce domaine à la Recherche pour le moment. On parle de téléportation quantique…

Ne déréglons pas notre Terre avec des expériences que nous regretterions un jour.

Nous savons ce qu’est un catalyseur en chimie. Il ne faudrait pas qu’une expérience nous fasse tous disparaître !

Soyons prudents et ne jouons pas avec le feu…


Glossaire

Ce glossaire, issu du précédent rapport, permet d’apprivoiser ces nouveaux termes et en donnent une définition précise. Il faut comprendre un peu les mathématiques pour faire de l’informatique quantique.

Quantique

Le virage technologique que la France ne souhaite pas rater !

Suprématie Quantique

La suprématie quantique désigne une situation où un calculateur quantique permet de réaliser certains calculs inaccessibles aux supercalculateurs actuels dans un temps humainement raisonnable.

Supercalculateur

Un supercalculateur est un ordinateur conçu pour atteindre les plus hautes performances possibles avec les technologies disponibles lors de sa conception. La science des supercalculateurs est appelée « calcul haute performance » ou « calcul intensif » (en anglais : « High-Performance Computing » ou HPC). En 2019, les constructeurs de supercalculateurs font la course pour atteindre « l’Exascale », puissance de calcul correspondant à un milliard de milliards d’opérations par seconde.

Cryogénie et cryostats

La cryogénie est l’étude et la production de très basses températures (inférieures à −150 °C) dans le but de comprendre les phénomènes physiques qui s’y manifestent. La cryogénie possède de très nombreuses applications notamment dans les secteurs alimentaire, médical, industriel, physique et de l’élevage. Les dispositifs permettant d’atteindre ces températures sont appelés Cryostats.

Fabless

Le terme fabless, contraction des mots anglophones fabrication et less, désigne une société qui conçoit ses produits et sous-traite l’intégralité de sa fabrication. Ce modèle est principalement développé dans le secteur des semi-conducteurs.

Cryptographie post-quantique

La cryptographie post-quantique désigne des mécanismes de chiffrement classiques basés sur des problèmes mathématiques dont la difficulté reste intacte face à un calculateur quantique.

Qubit

En informatique quantique, un qubit ou « quantum bit » est la plus petite unité de stockage d’information quantique. C’est l’analogue quantique du bit en informatique classique.

Superposition

Un bit classique se trouve toujours soit dans l’état | 0 ›, soit dans l’état | 1 ›.

Dans le cas général, un qubit se trouve dans une superposition de ces deux états, que l’on peut décrire par une combinaison linéaire des deux états :

a · | 0 › + b · | 1 ›.

Les coefficients a et b étant deux nombres complexes vérifiant la relation

| a |2 + | b |2   = 1.

Intrication

L’intrication quantique, ou enchevêtrement quantique, est un phénomène dans lequel deux particules (ou groupes de particules) forment un système lié et présentent des états quantiques dépendant l’un de l’autre quelle que soit la distance qui les sépare. Un tel état est dit « intriqué » car il y a des corrélations entre les propriétés physiques observées de ces particules distinctes. Ainsi, deux objets intriqués O1 et O2 ne sont pas indépendants même séparés par une grande distance, et il faut considérer {O1  + O2 } comme un système unique.

Non-clonage

Une autre particularité du qubit par rapport à un bit classique est qu’il ne peut être dupliqué. En effet, pour le dupliquer, il faudrait pouvoir mesurer les amplitudes a et b du qubit unique initial, tout en préservant son état, de sorte à préparer un autre qubit dans le même état

a · | 0 › + b · | 1 ›. Ceci est doublement impossible en raison du théorème de « non-clonage ».

NISQ

Des calculateurs quantiques NISQ « Noisy Intermediate-Scale Quantum » sont disponibles en accès Cloud depuis quelques années. Les calculateurs quantiques de 50-100 qubits pourront réaliser des calculs qui dépassent les capacités des supercalculateurs classiques d’aujourd’hui. Cependant, le bruit des portes quantiques limitera la taille des circuits quantiques qui peuvent être exécutés de façon fiable. Les dispositifs NISQ permettront d’explorer la physique quantique à corps multiples et pourraient avoir d’autres applications utiles, mais l’ordinateur quantique à 100 qubits ne changera pas le monde tout de suite.

LSQ

Les calculateurs quantiques LSQ « Large Scale Quantum », ne sont pas attendus avant 2030. Grace à un nombre élevé de qubits et un niveau de bruit faible, ces machines dépasseront de plusieurs ordres de grandeurs, nos capacités de calcul actuelles représentant ainsi des enjeux de compétitivité (ex :  temps de mise sur le marché) et de souveraineté (ex : renseignement et dissuasion) majeurs.


Références

Livre

  • « Informatique quantique – De la physique quantique à la programmation quantique en Q# » par Benoît Prieur aux éditions ENI

Émission radio

Vidéo

Liens Internet


 

Les vicissitudes de la gouvernance 19

Les vicissitudes de la gouvernance

La gouvernance d’un groupe social composé d’individus, du plus petit (la famille) au plus grand (une nation, voire une fédération d’États) est une mission d’autant plus passionnante qu’elle s’avère très délicate.

Le bon fonctionnement d’une organisation, stable, reconnue et appréciée par le plus grand nombre de membres du groupe social, est un objectif ambitieux ; malheureusement, cet objectif, respectable, s’estompe progressivement :

  • au rythme des perturbations externes ;
  • de façon plus nocive, en fonction du comportement de dirigeants, soumis à de pressantes sollicitations.

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Drapeaux payx

Retour sur le CES 2020 de Las Vegas

Retour sur le CES 2020 de Las Vegas 20Le CES de Las Vegas c’est le salon de la démesure avec ses 2,5 millions de mètres carrés, ses 4 000 exposants, ses 175 000 visiteurs et son débordement de technologies futuristes, certaines marquantes et annonciatrices de révolutions futures d’autres, plus futiles, frôlant le gadget inutile. Cette édition marque nettement le pas avec moins d’exposants et moins de surfaces et surtout la quasi-absence de la Chine.

Les innovations remarquées

La boule de compagnie

Samsung a fait le buzz avec un petit robot sphérique, compagnon domestique, tel un « Alexa » à roulette il se déplace, régit toute la domotique de la maison (enceinte, volet roulant, téléviseur, musique, etc…) et répond à toutes vos questions. Il est rond, passe-partout, divertissant (il s’occupe de votre animal domestique en votre absence en jouant avec lui), sécurisant (il peut signaler les chutes de personnes âgées) et fait office de rappel pour tout ce que vous avez programmé. Il répond au doux nom de Ballie.

La ville du futur

De son côté, Toyota a présenté son projet de ville du futur prévue pour 2000 habitants au pied du Mont Fuji. Il s’agit d’un écosystème complet connecté et approvisionné en énergie par le biais de piles à hydrogène. Toyota y teste l’ensemble de ses technologies du futur : voitures autonomes en priorité pour la mobilité urbaine, la robotique de service, la maison intelligente avec toute une gamme d’objets connectés. Son Nom ? Woven City.

La télévision

Samsung a présenté une télévision rotative, basculante indifféremment à l’horizontale ou à la verticale, adaptée pour reprendre les images du Smartphone Samsung Galaxy en mode paysage ou portrait. C’est anecdotique, mais pourquoi pas.

Les robots

Toujours dans l’anecdote, mais qui illustre les potentiels en service des futurs robots, Procter & Gamble ont mis au point un charmant Charmin Rollbot qui vous apporte du papier aux toilettes lorsque vous en manquez ! Et c’est vrai…

La voiture

Nettement plus sérieux, BMW a présenté le cockpit du futur, à savoir le pare-brise avant qui se révèle en fait être un écran, et peut diffuser de l’information, des films… pour la voiture autonome nécessairement.

L’ordinateur

Après le téléphone c’est l’ordinateur qui devient pliable. Lenovo propose un PC pliable, le ThinkPad X1 Fold. Il fait un peu moins de un kilo, il se plie et se déplie pour s’adapter au rangement, au déplacement. Déplié il fait 13,3 pouces.

Un cocorico français

La startup française Wello a présenté un vélo cargo électrique capable de transporter en plus du conducteur un adulte ou deux enfants, avec une autonomie de 60 à 100 km. Il a la particularité de pouvoir se recharger, outre le secteur, sur des panneaux solaires.

Toujours dans les transports

Le salon a connu une forte actualité sur le concept de taxi volant. Hyundai s’est associé avec Uber pour présenter un prototype d’aéronef électrique et surtout autonome. Demain verra sans doute surgir en milieu urbain de nombreux taxis volants, emportant jusqu’à 4 passagers.

Le mystérieux projet Neon

C’est une filiale de Samsung, StarLabs qui a proposé le principe de la réalisation grandeur nature, sur de grands écrans d’avatars humains créés à partir d’images humaines. On est très limité sur la projection en utilité d’un tel concept, mise à part la très banale publicité.

Cinq startups françaises ont été à l’honneur et primées lors de cette édition 2020 du CES de Las Vegas

Meyko

Elle a conçu, en soutien aux enfants malades chroniques, un petit robot qui encourage ces enfants à prendre leur traitement. Le robot est doté d’une capacité émotionnelle qui lui permet de transmettre à l’enfant des sourires d’encouragement. Fabriqué en Vendée il est en vente à 129 euros. Il assure un suivi et un compte rendu de la prise de médicaments.

BassMe (prix « Innovation de l’année »)

C’est un bel exemple de sérendipité (Wikipédia : conjonction d’un hasard heureux qui permet au chercheur de faire une découverte inattendue). L’un des deux cofondateurs de cette startup allongé sur son canapé fait l’expérience de laisser tomber sur son thorax une enceinte portable, découvrant une sensation auditive inédite. Dans la foulée il met au point le prototype de BassMe, à savoir selon ses propres propos : « Une caisse de résonance portative que l’on accroche en bandoulière sur le torse et qui permet une expérience d’écoute totalement immersive ». 1 700 commandes ont déjà été faites à partir de leur site web au prix unitaire de 129 euros.

Carmitou (prix « Innovation »)

Passionné par les animaux, son fondateur a conçu un bac à litière qui permet le suivi quotidien de la qualité des urines de son chat et d’y détecter d’éventuelles maladies chroniques, ainsi que de mesurer son poids. Son prix devrait être dans une fourchette de 300 à 350 €.

BeFC

Cette startup française a mis au point une mini pile révolutionnaire et écologique, de la taille d’une pièce de monnaie, à savoir une pile bioenzymatique à base de papier, de sucre et d’enzyme. C’est une réponse très adaptée à la pollution qu’engendrent les piles miniatures usagées. Elles sont principalement destinées à des appareils jetables ou de basse puissance, en particulier dans le domaine médical (tests de grossesses, lecteur de glucose, capteurs sans fil).

Hap2U

Cette innovation consiste à pouvoir monter le volume de la musique, par exemple, sur l’écran tactile d’une voiture, avec la sensation physique d’un vrai bouton. C’est ce que l’on appelle la technologie du retour haptique, à savoir la retranscription sur un écran de la sensation d’un toucher sur des matières physiques.

Conclusion

Sur le fond, des efforts remarquables ont été faits dans le domaine de l’IA et des composants, particulièrement dans les composants embarquant de l’intelligence artificielle. Grands constructeurs automobiles (Nissan, BMW, Hyundai, Honda, Ford…) et équipementiers automobiles (Faurecia, Valeo, Mobileye, Bosch…) ont dévoilé leurs innovations dans le secteur de l’habitacle automobile.

On a vu aussi des progrès dans les puces et composants des Smartphones et objets connectés avec Nvidia, Intel, Qualcomm… l’IA est en train de devenir la composante systématique de tous ces objets, pour la reconnaissance vocale, faciale, le traitement en temps réels des photos et des vidéos.

Enfin, on voit émerger un concept que l’on peut qualifier d’IA émotionnelle, grâce à des systèmes qui détectent nos émotions et sont capables d’y répondre.

Pour en savoir plus: le rapport d’Olivier Ezratty sur le CES 2020

Expertizers

L’Entreprise en équations. Vers l’I.A ?

A propos du contrôle de gestion et de son évolution

par Didier Riche

Étudiant EDC (École des Cadres) en 1970, j’avais déjà le sentiment que l’entreprise pouvait se modéliser par un ensemble de règles logiques appliquées sur les évènements extérieurs qui la sollicitaient.

Avec une formation initiale de gestion (comptabilité, finance) et de teinture informatique (programmation, recherche opérationnelle), tout mon parcours professionnel,  au gré des nombreuses évolutions méthodologiques et techniques, a été finalement de vouloir atteindre ce but.

Fin 70, très impressionné par l’arrivée du tableur, j’ai constaté à quel point les gestionnaires se mettaient facilement à l’apprentissage de règles logiques. Ce fut, et c’est encore trop souvent, le seul moyen qu’ils ont pour répondre à leurs nombreux besoins de traitement et d’analyse du passé, du présent et du futur.

De cette époque est né un schisme durable entre gestionnaires et informaticiens. Bon nombre de directions informatiques ne pardonnèrent pas aux gestionnaires de vouloir se passer de leurs services. Deux conséquences : 1. pas de participation des gestionnaires aux méthodologies d’analyse des données et à l’amélioration du système d’information. 2. Isolement des gestionnaires avec une formation centrée uniquement sur l’usage du tableur, d’autant que sa simplicité et son coût le prédestine à être utilisé dans le cursus des étudiants.

Fin 80, plutôt engagé dans les systèmes budgétaires et d’infocentre, proche des contrôleurs de gestion et des directions commerciales, j’ai tout de suite senti l’intérêt que pouvait représenter les nouvelles applications de systèmes experts dans le domaine de la modélisation d’entreprise.

Toutefois, alors que ceux-ci proliférèrent vite dans certains domaines (maintenance technique, diagnostics médicaux…), avec des faits traversant l’arbre de connaissances des experts, aucune proposition n’est apparue pour l’entreprise en dehors de la modélisation graphique et qualitative des processus (tel le logiciel Aris Toolset) dans le cadre de projets de reengineering et à but documentaire.

Fin 90, trois facteurs déterminants me permirent de concevoir ce que je ressentais intuitivement depuis le début de mes études, trente ans plus tôt !

  • En premier lieu, formé à la nouvelle méthodologie ABC de calcul des coûts, je trouvais enfin avec les activités, le bon niveau d’ancrage des règles de calcul. En faisant traverser un flux séquentiel de lignes d’évènements (commandes, ordres de fabrication, factures…) au sein d’une entreprise, chaque ligne avec ses données propres, active ou non les règles de calcul, et rend compte de ce qu’elle consomme en unités d’œuvre (appelés aussi inducteurs), en coût ou en toute autre nature (exemple CO2) dans chaque activité et sur chaque objet de coût (produits, services, clients…).
  • En second lieu, la découverte de la base de données relationnelle Watcom associée à l’outil de développement Powerbuilder. Très performante, elle ne nécessite pas d’administration et elle est aussi souple qu’un fichier tableur (copie par simple copier-coller). Elle devient ensuite la propriété de SYBASE sous le nom de SQL Anywhere, puis actuellement de SAP. Faciles à lire, les expressions logiques du langage SQL sont très proches du langage naturel, bien plus que les formules et macros du tableur.
  • En troisième lieu, La puissance des micro-ordinateurs. Le traitement séquentiel des évènements et leur passage à travers les activités d’un modèle reproduit tout simplement le fonctionnement d’un programme informatique (entrée, traitement, sortie). Les règles sont formulées sans redondance. Les temps de réponse sont proportionnels au produit (nombre d’évènements * nombre d’activités * nombre de règles) sans limite de volume. La solution se bonifie d’elle-même avec la puissance croissante (CPU, Accès disque, mémoire) des micro-ordinateurs. Aujourd’hui en 2019, on peut dire que le niveau est excellent, avec une limite qui ne cesse encore de reculer.

Tout ceci s’est concrétisé au sein d’une méthodologie appelée Expertizers avec son support logiciel.

Sans doute ne peut-on pas parler d’I.A, mais déclarer qu’Expertizers est le premier système expert dédié au contrôle de gestion, serait un bon constat.

C’est en tout cas notre avis, à la lumière de ces deux points :

  1. Pour la première fois le contrôleur de gestion dispose d’un environnement structuré, universel car uniforme, pour décrire quantitativement, au bon niveau de détail souhaité, le fonctionnement de son organisation dans le but de suivre en continu sa rentabilité économique. Le logiciel est maintenant doté d’un outillage de fonctions (Fusion de données homogènes et hétérogènes, Règles, Traitements, Requêtes) lui assurant une totale autonomie de conception, de traitement et d’analyse, les facteurs essentiels de son agilité.
  2. Le découpage de l’entreprise en activités et la lecture aisée des règles de calcul associées à chacune, facilite le contrôle des modèles par tous les responsables. Loin de déposséder le contrôleur de gestion de ses multiples compétences, le système expert le valorise auprès de sa hiérarchie en crédibilisant tout son travail.

Ainsi, nous sommes loin de reproduire les inconvénients si longtemps décriés du tableur : redondance des règles, erreurs indécelables, traitements non structurés, incommunicabilité de leur compréhension, donc aucun audit possible, etc. Le tableur reste un chaînon très utile, mais il est relégué à l’utilisation de ses fonctions les plus simples de base.

Certes, ces vingt dernières années ont vu naître de nouveaux logiciels d’analyse, Business Objects, QlikView, Tableau,… mais hormis l’ergonomie et les qualités graphiques de ces logiciels ce n’est qu’un relookage de l’infocentre des années 80 avec des termes marketing plus ronflants : Business Intelligence, Décisionnel. Sans un système d’information de qualité et une somme souvent non négligeable de traitements de préparation des données pertinentes, cette simplicité finale de manipulation et d’analyse ne saurait exister. La “business intelligence” n’est autre que l’arbre qui cache la forêt. L’activité principale du contrôleur de gestion et sa forte valeur ajoutée reste le déboisement de la forêt pour en assurer un entretien facile et en tirer des enseignements utiles, avant de faire du reporting à tout-va.

Quels éléments nous séparent donc maintenant de la prochaine étape de l’I.A ?

Le contrôle de gestion demande des qualités d’adaptation, un des principaux facteurs de l’intelligence,  et les situations nouvelles sont fréquentes ; les règles évoluent et doivent être maintenues. Difficile alors d’imaginer une tête pensante à la place de l’homme, sauf dans un contexte hautement standardisé et automatisé. Quasiment une entité qui fonctionnerait sur la base de quelques paramètres de variabilité donnant lieu à des simulations suivies de propositions immédiates d’action. Un peu à l’image des jeux d’entreprise très prisés pour appréhender ” de façon simpliste ” le fonctionnement global des organisations.

En fait, il est difficile de se projeter dans le futur que nous ouvre l’I.A.

On imagine bien que toute avancée de l’I.A dans le domaine de la gestion en général devrait avoir un impact fort sur les ressources humaines. Avec un staff réduit de personnes de haut niveau fonctionnel et technique, et un nombre toujours plus faible d’employés dévolus à des tâches de moins en moins qualifiantes.

On parle aussi du Big Data comme vecteur de l’I.A, cette masse énorme et disparate de données générée par l’humanité à travers Internet… Mais à ce stade je décroche de toute opinion sensée ! Avec une seule réflexion plutôt répulsive : Internet étant la source de nos désirs (de consommateur) plutôt que l’expression de notre âme (de conscience raisonnée), il serait étonnant que de l’exploitation du Big Data naisse du bon grain. Le Big Data ne me semble donc pas adapté au contrôle de gestion, mais en revanche dans d’autres domaines, qui flatteraient seulement notre ego,  je crains que nous ne récoltions beaucoup d’ivraie.

Il est indéniable en tout cas et, nous conclurons là-dessus, que tant que les contrôleurs de gestion ne seront pas formés à une méthodologie rigoureuse de structuration des données et d’ordonnancement des règles qui rythment la vie économique de l’entreprise, il ne sera pas possible de passer à l’étape de l’IA, à moins que celle-ci ne repose sur d’autres règles établies sur un plan plus global et stratégique ; on rejoindrait alors un processus de décision dans la lignée des jeux d’entreprise, mais en bien plus complexe.

Pour le moment, si vous pensez aussi que l’IA est subordonnée à un changement progressif de méthodes de travail des contrôleurs de gestion, notamment vers un changement de formalisation des données et des traitements, je vous propose de me contacter par mail. En retour je vous enverrai  gratuitement la brochure sur la méthode Expertizers et la présentation de tout son outillage à travers des études de cas.

Sa lecture est de nature à modifier profondément et durablement les approches fonctionnelles et techniques des contrôleurs de gestion, jusqu’à se révéler INDISPENSABLE  à l’exercice de leur fonction. Elle concerne autant la formation continue des gestionnaires que la formation des étudiants dans leur cycle initial de découverte des méthodes et des outils de gestion.

riche.dbb@orange.fr

À lire à propos des évolutions du contrôle de gestion.

Le dispositif MentorCert

Logo MentorCertCertification Business Mentor européen

Isabelle Chiffe
ichiffe@adinvest-international.eu
Jorge Borrero
jborr3@gmail.com

 

Lancée en 2019, la certification MentorCert est née d’une initiative d’Adinvest Europe qui a donné naissance à un projet européen co-financé par le programme Erasmus de la Commission Européenne. Ce projet s’est appuyé sur des missions menées par Adinvest International et un réseau de partenaires européens afin de concevoir et de valider la Certification MentorCert. Pour cela 150 formations pilotes, 60 experts impliqués et plus de 6 ans de recherche et d’expérimentation ont été nécessaires.

Le dispositif MentorCert permet à une personne physique d’obtenir la certification européenne de Business Mentor européen. Il peut s’appliquer aux professionnels des systèmes d’information aussi.

Présentation

 

Le dispositif MentorCert 21

Dispositif MentorCert ISO 17024

* European Foundation for Competence Certification (EFCoCert)
** Organisation internationale de normalisation (ISO)

Opérateurs de la certification

EFCoCert, Fondation suisse sans but lucratif de définition et gestion des procédures de certification responsable des opérations et de la conformité ISO 17024 de la certification MentorCert. La norme ISO 17024 est une norme relative à l’accréditation des organismes de certification procédant à la certification de personnes. Cette fondation se spécialise sur les métiers non réglementés dans l’UE.

Adinvest Europe, Membre du Jury et du Comité MentorCert, est une association belge chargée du programme de formation, animation/accréditation des organismes de formation ainsi que de l’expérimentation et l’évolution du métier et de la certification.

Lancée en 2019, la certification MentorCert est née d’une initiative d’Adinvest Europe qui a donné naissance à un projet européen co-financé par le programme Erasmus de la Commission Européenne. Ce projet s’est appuyé sur des missions menées par Adinvest International et un réseau de partenaires européens afin de concevoir et de valider la Certification MentorCert. Pour cela 150 formations pilotes, 60 experts impliqués et plus de 6 ans de recherche et d’expérimentation ont été nécessaires.

Le métier de Business Mentor consiste à accompagner un dirigeant d’entreprise sans être un conseiller qui apporte une ou des solutions, ou un coach qui agit sur les facteurs psychologiques et les attitudes. Le Business Mentor va travailler systématiquement sur le couple entreprise/dirigeant, révéler les failles et les incompréhensions éventuelles, remettre en cohérence les axes lors d’une période importante de la vie de l’entreprise. C’est un métier en plein essor en Europe, davantage connu dans les pays anglo-saxons, en particulier aux États-Unis et au Canada.

La fonction de ce métier n’étant pas garantie par un agrément, il était nécessaire d’y remédier et Adinvest Europe, en tant que participant à différents projets européens liés à cette activité, est à l’initiative et co-propriétaire de la certification européenne MentorCert. Qui plus est, c’est l’association Adinvest Europe qui gère le Comité d’Experts de la Certification MentorCert, qui soutient le déploiement opérationnel et qui accueille les structures d’investissements internationales.

Documentation

Pour légitimer cette démarche, il a été nécessaire de fonder le dispositif sur le système de certification des compétences (SCC) conforme à la norme ISO 17024 Mentor 2000. Ce dernier a été développé dans le cadre du projet de partenariat stratégique ERASMUS+ 2017-1-HU01-KA202-035953 MENTORCERT (cf. www.mentorcert.eu), en conformité avec les directives ISO. ADINVEST International y a contribué comme acteur de référence du métier dans la construction du dispositif de certification MentorCert. L’Union Européenne, consciente de l’intérêt de cette démarche, a assuré son co-financement par le programme Eramus +.

Un comité d’experts “EU Business Mentor” réunissant des représentants de toutes les parties intéressées de divers pays de l’UE (France, Angleterre, Pologne, Portugal, Hongrie, …) a été créé au cours du projet MentorCert pour parvenir à un consensus sur la certification.

Le dispositif MentorCert 22

À qui s’adresse la certification MentorCert ?

Elle s’adresse à toute personne ayant de l’expérience et prête à la partager; elle peut proposer ses services comme Business Mentor. Ce métier est extrêmement gratifiant, il permet de transmettre aux entrepreneurs, avec un angle particulier, les réussites comme les épreuves de la vie professionnelle et les fruits qui en ont été obtenus. La Certification MentorCert lui permet de valider et de valoriser auprès de futurs clients ses savoir-faire et expertises.

Les mentors concernés par le programme de Business Mentorat d’entreprise de l’UE peuvent être :

  1. Business Mentors ou organismes de Business Mentors visant à démontrer leurs compétences dans la prestation de services de Business Mentorat;
  2. des organisations à la recherche de Business Mentors compétents;
  3. des organismes d’enseignement qui souhaitent adapter leur programme de formation de Business Mentorat en fonction des compétences requises pour cette fonction;
  4. des entreprises souhaitant former des Business Mentors internes.

Le système de certification de compétences Business Mentor renforce la valeur professionnelle, la mobilité et l’employabilité des Business Mentors à l’échelle européenne. Une telle certification est le meilleur moyen pour les Business Mentors de faire reconnaître leurs compétences en matière de services professionnels de Business Mentorat et de fournir toutes les garanties de fiabilité grâce à la certification par un tiers accrédité ISO 17024.

Les candidats se présentant à l’examen de certification doivent répondre à des critères de pré-requis (formation, agrément, expérience professionnelle et en mentorat, …), de compétences (évaluation de 15 compétences clés du Business Mentor européen) et d’expérience en missions de mentorat. Ils se présentent à l’examen en fonction du niveau de certification choisi : Junior, Senior ou Master.

Ainsi, pour situer une certification, pour en évaluer la valeur, trois informations sont à obtenir. Quelles sont les normes ou le référentiel de certification ? Qui certifie ? Qui accrédite le certificateur ?

Les examinateurs de chaque pays de l’UE ont une forte expérience en Business Mentorat. Ils doivent répondre aux critères de l’organisme de certification EFCoCert (voir diagramme « La Certification MentorCert ») et être formés, pour faire passer l’examen de certification.

Il est recommandé de suivre une formation pour s’y préparer. En France, Adinvest International réalise régulièrement des sessions de formation au métier de Business Mentor européen et à la préparation de la certification. D’autres organismes auront aussi la capacité de le faire à partir de 2020. La formation complète sur plusieurs mois prépare à la certification européenne de Business Mentor “MentorCert”. Elle comporte un accompagnement par un référent d’expérience. La formation opérationnelle comprend 20% de théorie, 40% de mise en pratique et 40% de partage d’expérience. La mise sur le marché de la certification MentorCert est prévue début 2020.

Le dispositif MentorCert 23

Adinvest International, avec son réseau de Business Mentors interconnectés via sa plateforme collaborative, accompagne la progression et la montée en compétences en Business Mentorat.

Mise en œuvre de la certification Mentorcert

  • Compétences – Valider le savoir-faire et l’expérience des candidats.
  • Formation – Définir des techniques et des compétences clés à acquérir.
  • Test et Jury – Un processus de validation des acquis.
  • Certification – La réussite à l’examen donne lieu à la certification MentorCert ISO 17024.

Avantages de la certification européenne MentorCert ISO 17024

Les Business Mentors détenteurs de la certification européenne MentorCert peuvent exercer dans un ou plusieurs pays de l’EU à la fois car ils l’ont obtenu sur la base d’une grille de compétences et de process communs : ils ont reçu la même formation et travaillent selon la même logique et le même état d’esprit pour lesquels les mêmes résultats sont attendus. Ils sont, en quelque sorte, interchangeables sur toute l’Union Européenne et peuvent opérer sur l’ensemble de ce territoire.

Avec la mise en conformité ISO 17024, la certification MentorCert s’affranchit des systèmes de certification nationaux et se dissocie d’Adinvest Europe, à l’origine de cette initiative. Elle gagne ainsi sa légitimité sur le marché et la formation peut être dispensée par tout organisme détenteur de l’agrément MentorCert ISO 17024.

Cette certification est aussi un moyen pour le Business Mentor de se projeter immédiatement hors des frontières européennes où les normes ISO sont connues, visibles et les certifications européennes très demandées contrairement aux normes de certification nationales de chaque pays de l’UE lesquelles suscitent parfois une certaine méfiance. Par ailleurs, tout parti pris à l’intérieur de l’UE par rapport à la validité de la certification d’un pays particulier n’a ainsi plus de raison d’être.

Références bibliographiques

Guide des certifications SI, Comparatif, analyse et tendances ITIL, CobiT, ISO 27001, eSCM…, Jacqueline Sidi, Martine Otter, Laurent Hanaud, Dunod 2009, Collection Infopro, ISBN 978-2-10-052941-4, 288 pages.

Sites Web

La propriété intellectuelle à l’ère du numérique : Pascal Rogard 24

La propriété intellectuelle à l’ère du numérique : Pascal Rogard

Compte rendu de la rencontre avec Pascal Rogard du 12 novembre 2019

par Jean Pelletier

Propriété intellectuelle : un peu d’histoire

Pascal Rogard

Pascal Rogard

La SACD a été créée le 3 juillet 1777 par Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, un grand auteur, mais aussi un homme d’affaires et politique très habile. Il savait un peu tout faire. Il existe un très beau livre d’Érik Orsenna sur Beaumarchais et une série de podcasts sur France Inter qui racontent la vie de Beaumarchais.

Le problème auquel les auteurs étaient confrontés, c’était le monopole des comédiens français. Les auteurs n’arrivaient pas à connaître les recettes de leurs pièces et à en percevoir une partie au titre de leurs droits.

Il a donc créé le monopole des auteurs en réunissant un soir autour d’une bonne table les auteurs les plus en vue de l’époque. Leurs œuvres seraient jouées aux conditions qu’ils dicteraient, un droit financier, mais aussi un droit moral.

Puis Beaumarchais contribue à une avancée politique très avantageuse en 1793, dans une loi (la loi Le Chapelier) qui abolit les corporations, il en profite pour faire introduire le système de droit d’auteur et de la rémunération proportionnelle des auteurs. C’était vraiment un précurseur, car il faudra attendre l’année 2019 pour l’adoption de ce principe au niveau européen dans la dernière directive sur le droit d’auteur.

Il crée aussi le domaine public, c’est-à-dire la limitation dans le temps du droit d’auteur. Dualité entre la protection de l’auteur, des œuvres et le droit d‘accès au public.

Cette problématique, on la retrouve telle quelle quand les questions viennent à se poser avec l’émergence d’Internet et du numérique. Comment trouver le juste équilibre entre la protection des auteurs et l’accès le plus large possible des œuvres au public.

Les autres sociétés

La SACEM s’est créée le 18 février 1851, car les responsables de la SACD ne voulaient pas des musiciens, ils appelaient cela les petits droits… la SACD ce sont les grands droits…

La SACD est une société d’auteurs, il n’y a que des auteurs.

La SACEM est une société de droits d’auteurs, puisque les éditeurs en font aussi partie, le poids des sociétés musicales est devenu très important. Maintenant en Europe ils peuvent changer de société comme ils veulent, avant il devait nécessairement adhérer à la société de leur siège social.

Grâce à ce texte adopté par l’Europe, ils font leur marché au gré des avantages qui leur sont consentis.

Ensuite s’est créée le 11 mai 1981 la SCAM, ce sont des auteurs de documentaires, quand ils ont voulu adhérer à la SACD on leur a répondu qu’ils auraient un barème moins favorable que les auteurs dramatiques… ils ont donc créé leur propre société.

Ensuite sont venus les droits voisins des artistes avec l’ADAMI, des producteurs, des éditeurs de livres… tout un monde complexe de sociétés régies par une directive européenne et contrôlée en France par une commission placée auprès de la Cour des comptes et qui chaque année vérifie le bon fonctionnement des sociétés.

Il y en a certaines qui fonctionnent mieux que d’autres, il suffit de se référer aux rapports annuels de ladite commission.

Voilà les fondements principaux de la propriété intellectuelle rapidement résumés.

Les dispositifs légaux en France

En France la grande loi, c’est celle de 1957, c’est une loi qui a compilé la jurisprudence.

Ensuite est arrivé Jack Lang, qui fait une loi en 1985 sur le droit d’auteur et les droits voisins et qui a instauré le principe de la rémunération pour copie privée.

C’est à ce moment-là que l’ADAMI, qui ne percevait rien, a commencé à percevoir des sommes importantes du jour au lendemain, ce qui lui a occasionné certains déboires financiers.

Qu’est-ce que la copie privée ? C’est la contrepartie au droit d’enregistrer des œuvres audiovisuelles, musicales et littéraires par des particuliers pour un usage privé.

Au départ, c’était un dédommagement sur les enregistrements des particuliers sur les cassettes, puis ce fut l’arrivée de la vidéo avec les magnétoscopes… tout ce monde-là a ensuite basculé de l’analogique au numérique, que l’on connaît aujourd’hui.

Ainsi sur le même support on peut copier de la musique ou de l’audiovisuel.

Les deux sociétés qui percevaient le son et l’image ont de ce fait fusionné.

La copie privée, aujourd’hui c’est 260 millions d’euros par an, qui sont répartis aux auteurs, aux artistes et aux producteurs.

Jack Lang a ajouté l’obligation de consacrer 25 % des ressources à des actions culturelles. C’est de l’argent qui, en plus, est allé directement au financement de la création et des festivals.

les Smartphones sont les principaux supports d’enregistrement qui rapportent les redevances de la copie privée.

Sur le prix d’un Smartphone, la redevance copie privée ne se voit presque pas (3 à 4 %).

Pendant longtemps Apple n’a pas voulu payer la copie privée… la commission qui fixe le taux des redevances pour copie privée, a mis sur la table l’iPod, Apple est venu pour dire que ce n’était pas fait pour enregistrer de la musique, mais des contacts… c’est dire le niveau de mauvaise foi.

Suite aux différents procès,  une transaction a été trouvée et ils ont fini par payer…

D’autres constructeurs ont fait aussi obstruction, seul Samsung s’est acquitté de la redevance sans faire de problème. Après une période de 6 à 7 ans, tout est rentré dans l’ordre.

Aujourd’hui tous les supports sont soumis à cette redevance, sauf les ordinateurs, la commission a mis le sujet à l’étude, il faudra voir quelles sont les suites qui seront données….

Les sociétés de diffusion en streaming comme Netflix offrent la possibilité de télécharger les œuvres pour les visionner hors connexion Wifi, donc elles vont bien sur les disques durs des ordinateurs.

Seuls les disques durs amovibles sont soumis à ce jour à la redevance copie privée.

Les ordinateurs hybrides sont encore un autre sujet, ils font aussi tablettes lorsque l’on détache l’écran, car les tablettes sont, elles, soumises à la redevance.

Il y a un site qui s’appelle copie France ou l’on retrouve tous les éléments juridiques et financiers.

La mise en danger de la propriété intellectuelle par le numérique

Le numérique a failli avec la piraterie détruire la musique. Au moment où cette industrie vivait bien avec la vente des CDs, sont apparus les sites de piratages (le Peer to peer), difficiles à endiguer.

Le législateur a eu du mal à s’attaquer de front à la piraterie… ce n’était pas très populaire, d’autant plus que c’étaient surtout les jeunes qui pirataient.

C’est donc la musique qui a pris de face le problème, car à ce moment-là la musique se téléchargeait facilement, mais pas les films qui occupaient de très grands volumes, qui demandaient beaucoup de temps pour être téléchargés.

Quand les débits ont augmenté et que les films se sont trouvés confrontés au piratage, les politiques, en particulier Nicolas Sarkozy, ont réagi avec la loi Création et internet et la mise en place de l’HADOPI. Ils se sont trompés sur la sanction : la suppression du WIFI, pas du tout adaptée. Aujourd’hui pour faire sa déclaration d’impôt le WIFI est obligatoire.

On a raté le principe de l’amende comme l’infraction routière… le sujet est toujours sur la table.

Hadopi a bien fonctionné pour les avertissements, mais ceux-ci n’ont jamais été suivis de sanction…

La musique a fini par réagir en créant des plateformes de musique et l’audiovisuel a fait de même avec des plateformes comme Netflix ou Primevidéo d’Amazon ou Mycanal.

Celui qui a défendu la création au mépris de ses intérêts électoraux c’est Nicolas Sarkozy. Pour le moment la piraterie existe toujours, le système HADOPI fonctionne sur la détection, mais pas la sanction. Plutôt qu’une saisine du juge trop lourde et complexe il faudrait un système calqué sur la sécurité routière avec des amendes.

En Allemagne, il y a un système assez violent, les gens vont en prison, du coup il y a moins de piraterie.

Ce qui fait régresser la piraterie c’est le développement de l’offre légale, Netflix (6 millions d’abonnés), canal + (4,5 millions) pour la musique Deezer et Spotify… l’accès est plus facile et à des prix compétitifs.

On a pensé que le numérique allait mettre à mal la copie privée, en fait non, la commission a été assez imaginative… elle a pu suivre et s’adapter aux nouvelles technologies sans passer par un changement de la loi, la commission avait les pouvoirs pour le faire.

Les supports physiques résistent encore, le retour du vinyle en est l’illustration parfaite.

Netflix, c’est toute une histoire, l’histoire d’une société qui louait des cassettes puis des DVD qui étaient envoyés par la poste. Le génie du patron a été de comprendre que grâce au numérique il allait pouvoir donner l’accès au public en se passant des distributeurs classiques.

Le travail de doublage et de sous-titrage a permis la circulation des films de tous pays dans le monde entier.

Netflix a permis la circulation des œuvres, que l’Europe n’a pas réussies… et enfin d’investir sur les programmes. Et aujourd’hui ils sont 140 millions d’abonnés dans le monde.

La prochaine bataille qui s’annonce est une bataille de titan : Netflix (le leader), Amazon Prime, Apple et Disney + avec un catalogue puissant.

Cet afflux risque d’assécher les télévisions classiques… les Européens qui sont à la pointe sur les programmes sont complètement absents de cette bataille monopolisée par les Américains.

Pour la musique, l’Europe est mieux placée, Deezer est français et Spotify danois. S’il y a une loi sur l’audiovisuel à venir, c’est pour essayer de mettre la compétition sur un terrain loyal.

 

À lire sur le sujet dans la Lettre d’ADELI :