COVID-19 et enseignement : quels impacts?

Opportunités de l’enseignement à distance durant le confinement lié à l’épidémie COVID-19

En ces temps de confinement puis de déconfinement, l’outil numérique se prête d’autant plus à la nécessité des besoins de communication à distance. Nous nous pencherons dans cet article sur le domaine de l’enseignement. Nous ne rentrerons pas dans une comparaison des offres existantes sur le marché. En revanche nous discuterons les opportunités et les limites que présente l’outil numérique dans le domaine.

Un bref historique

Il faut rappeler que la formation à distance n’est pas novatrice en soi, et d’usage depuis de nombreuses années.

Remontons jusqu’aux années 70, voire plus tôt, avec les formations du CNED. Celles-ci étaient dispensées par voie postale et permettaient aux élèves de suivre des cours à distance. Ces derniers retournaient à leur enseignant par la poste les devoirs qui leur étaient proposés, seul dispositif d’évaluation possible à distance. A été introduit par la suite l’enregistrement des cours sur cassettes audio puis plus tard vidéo, les mécanismes d’évaluation d’alors toujours réduits.

L’émergence des technologies numériques vers le grand-public remonte à la fin des années 90. Plusieurs expérimentations ont été portées, notamment dans les programmes de recherche de la Commission Européenne, programme Télématique, initiative e-learning. Ces initiatives ont fait émerger les premières plateformes de formation à distance telles que nous les connaissons aujourd’hui. À cette époque, la puissance des machines et la bande passante des réseaux ne permettaient pas une transmission des images et vidéo dans la qualité que nous connaissons aujourd’hui. Les modalités de suivi des enseignements à distance, sauf dispositif exceptionnel (réseau Renater), étaient difficiles et les temps de téléchargement des vidéos rédhibitoires.

Les premières plateformes pédagogiques ont réellement émergé vers le grand public à la fin des années 2000. Citons la plateforme Plei@ad qui a été expérimentée puis déployée entre autres au CNAM. Cette plateforme permettait aux utilisateurs, les élèves, d’avoir accès aux enregistrements des cours à distance, sans que ceux-ci aient besoin de se déplacer. Une vraie évolution des techniques pédagogiques ! Cette plateforme présentait toutefois des capacités fonctionnelles limitées et ne remplissait pas totalement les caractéristiques attendues en termes de performances, sécurité et de confidentialité. Elle a été abandonnée au CNAM au profit de Moodle qui est actuellement utilisée par de nombreux sites d’enseignement supérieur.

Le contexte actuel

Tous les établissements d’enseignement ont été fermés durant la période de confinement. Certains d’entre eux ouvrent de nouveau, il s’agit notamment des écoles primaires et des collèges. Les élèves des lycées et ceux qui sont inscrits à des formations dans le supérieur ne peuvent pas suivre de cours en présentiel, pour la plupart avant la rentrée prochaine. Grâce aux dispositifs numériques existants, la continuité pédagogique peut être assurée.

Malgré les opportunités que cela présente, quelques réserves sont à émettre quant à l’égalité de l’accès au numérique. Les populations les plus défavorisées ne disposent pas nécessairement des moyens, ordinateurs, accès à Internet, pour suivre des cours à distance. Au-delà de cette difficulté, se pose la question de l’aide que peuvent apporter les familles auprès de leurs enfants en termes d’utilisation des outils et l’assurance de la continuité pédagogique. On évoquera par ailleurs l’existence de zones blanches au sein desquelles l’accès au réseau demeure problématique.

Cela dit, l’apport des technologies du numérique ne peut être que bénéfique pour la majorité de la population en cette période de crise mais sous réserve du respect de l’égalité des chances.

Les outils

Une palanquée de plateformes (LMS – Learning Management System) est disponible sur le marché, nous ne discuterons pas ici des points forts et faibles de chacune d’entre elle, d’autant plus que l’offre est fortement évolutive.

En revanche nous présentons ce qui est attendu par ces outils et leurs limites.

Les avantages sont nombreux et permettent à l’élève de suivre les cours à distance, soit en direct ou live, soit à partir de sessions déjà enregistrées. Le direct a l’avantage de permettre l’interaction avec l’enseignant, il s’agit d’une réelle salle de cours virtuelle. L’outil doit donc consister en une boite à outils offrant les fonctionnalités suivantes : être disponible 24h sur 24 et 7 jours sur 7, sur dispositif mobile (smartphone), proposer un forum, un chat, bien entendu des outils de visio-conférence, un tableau virtuel, l’enregistrement de sessions puis l’accès à ces enregistrements et enfin des mécanismes permettant l’évaluation (scoring QCM).

Ces outils ne peuvent pas se substituer totalement au présentiel pour les motifs suivants : l’égalité à l’accès au numérique et la continuité pédagogique en particulier pour les scolaires des populations défavorisées tel que nous l’avons évoqué plus haut ; l’impossibilité de réaliser des TPs utilisant du matériel spécifique notamment dans les matières telles que la chimie, la physique, l’électronique et autres sciences de l’ingénieur ; les limites en termes de dispositifs d’évaluation qui ne peuvent se dérouler que par QCM, transmission de devoirs. On notera que la mise en place d’examens sur une période précise présente des risques : panne machine ou réseau, garantie que l’élève qui est présent est bien le candidat, problématique de la signature électronique. Enfin, on soulignera que pour l’enseignant, il y a risque de surcharge de travail s’il n’établit pas des règles pédagogiques claires en termes d’interactions avec les élèves et de réponses à leurs sollicitations.

Conclusion

Le numérique a été une réelle opportunité en cette période de confinement. Même si l’enseignement à distance ne peut pas se substituer au présentiel, il a assuré la continuité pédagogique vers de nombreuses couches de population. Revenons plusieurs années en arrière et que se serait-il passé en l’absence de l’outil et les établissements scolaires et universitaires fermés pendant plusieurs mois ? Des mesures gouvernementales auraient été prises, espérons-le, de manière adéquate. Lesquelles ?

Salle de cinéma

Culture/Cinéma/Numérique/Projectionniste

Les métiers du cinéma

Le cinéma occupe encore, en France, une place de choix. Notre pays dispose du plus grand réseau de salles rapporté au nombre d’habitants au monde (5982 écrans pour 2040 établissements). Grâce au CNC (Centre national de la Cinématographie), la production cinématographique se porte plutôt bien et la France occupe un rang international non négligeable. En 2019 la fréquentation des salles a atteint 213,3 millions d’entrées (soit le second plus haut niveau depuis 1966). Le marché français représente environ 35 % de ce total.

À l’heure du confinement, les tournages ont été interrompus, les assureurs n’ont pas joué le jeu, les salles sont fermées depuis deux longs mois et le Festival de Cannes n’a pas eu lieu pour la première fois de son histoire.

C’est un avis de tempête qui souffle sur l’ensemble des métiers liés au cinéma (Wikipédia en dénombre pas moins de 56).

Le numérique transforme les salles d’exploitation

Le numérique est aussi passé par là… grâce au CNC les salles ont pu muter de la projection argentique à la projection numérique et offrir un confort et une qualité technique en perpétuelle amélioration (3D).

Cinéma classé

Cinéma l’Ambiance

Aujourd’hui une petite commune, comme Senonches (3087 habitants — Eure et Loire) a pu garder « intact » son cinéma « l’Ambiance » des années 1950 et obtenir son inscription à l’inventaire complémentaire des monuments historiques le 16 juin 2003. Il a été construit par l’architecte Marcel Barbier en 1957, et sa décoration confiée à la maison Quinette à Paris. Il comprend 450 places réparties en parterre et balcon. Il a été entièrement rénové en 2005 à l’identique.

Celui-ci est aussi passé au numérique, fini les bobines, juste une liaison satellite ou un disque dur et de l’électronique.

Aujourd’hui, c’est la même personne qui ouvre la salle, vend les billets, les friandises, lance le film.

Mais au moins, il y a encore un être humain.

L’automatisation du réseau

À Paris, la rénovation des salles s’achève, dans les nouveaux complexes UGC, comme à Alésia, c’est un automate qui délivre les billets, ce sont des distributeurs qui vendent les friandises… Résultat (vécu) en cas de panne… il n’y a personne, juste un agent de sécurité qui appelle en catastrophe le salarié de permanence pour qu’il accoure et assure le remboursement si le redémarrage n’est pas possible.

C’est l’informatique qui gère la programmation et la diffusion des films dans les différentes salles.

Dans ce dernier cas, on voit bien la disparition des métiers liés aux salles de cinéma.

Les projectionnistes

Là, le savoir-faire, l’artisanat sur mesure (qui ne se souvient pas du film qui casse à l’écran en un mouvement glissant… et la réparation qui suit dans les minutes) ont disparu. La plupart des projectionnistes ont été licenciés et une minorité reconvertie.

Désormais le matériel argentique, les pellicules… tout cela relève du musée.

Ceux qui restent, n’ont plus rien à voir avec l’antique cérémonial de la salle de projection (Cf Cinéma Paradiso), on est passé au « technicien polyvalent »… dont le profil n’a plus rien à voir.

Parfois, ce sont même des caissières (elles aussi disparues) qui après une brève formation occupent le poste.

Ces techniciens polyvalents selon la nature du réseau peuvent enrichir leur activité par des actions de communication, ces cas restent toutefois très marginaux.

Le DCP (Digital Cinema Package) est passé par là avec son cortège de fichiers informatiques qui gèrent l’ensemble du processus de la lecture des films à leur programmation journalière.

L’ouverture mythique des bobines (elles pesaient leur poids 20 kg), leur collage pour la projection, puis leur montage ont laissé la place à un « triste » disque dur branché sur un banal port USB.

Enfin dernier signal de cette chute dans le rapport d’activité 2014 de René Bonnel pour le CNC, le mot projectionniste a disparu…

Fin de clap.

Références

Figure géométrique

La facture de la fracture en 2020

Nous vivons une expérience incroyable, unique … un confinement absolu (plus de la moitié de l’humanité  y est soumise) … tel un film catastrophe nous suivons jour après jour l’impact de cette pandémie  au coronavirus sur nos sociétés et nos modes de vie.

La facture viendra vite et il est encore difficile d’en mesurer l’étendue.

Internet nous permet d’accompagner pas à pas cet événement et surtout de remédier à une majeure partie des inconvénients du confinement.

L’omniprésence d’un numérique indispensable

La facture de la fracture en 2020 1

télé travail

Une panne, une coupure du réseau, c’est la panique. Une partie du Val de Marne et une partie de Paris ont connu un tel épisode suite à des actes de vandalisme sur la fibre optique (100 000 personnes concernées). Le télétravail et le lien avec son entreprise sont coupés, les enfants ne peuvent plus suivre à distance leur enseignement, les personnes âgées isolées n’ont plus aucune distraction, la télévision étant de plus en plus en réseau.

Les commandes à distance sont interrompues, les messageries en suspend, les réseaux sociaux entre parenthèses … les balades sur Internet via Google en jachère …

On le voit l’emprise est large, forte et crée des liens d’interdépendances prégnants. Cette importance de l’accès au numérique n’est pas nouvelle. Elle a fortement progressé ces dernières années, y compris avec une pression accentuée des pouvoirs publics (les impôts) et de la plupart des services (Poste, banques, assurances, mutuelles, Sécurité sociale, ANPE…).

Et pour autant, les gouvernements successifs n’ont pas pris les mesures efficaces pour réduire la fracture numérique.

La plupart des métiers ont été impacté par le numérique, soit en disparaissant, soit en évoluant en profondeur. De ce fait, une bonne maitrise de la culture numérique devient indispensable pour accéder au monde du travail et y évoluer. Il fut un temps où l’illettrisme était considéré comme un fléau, il subsiste encore malheureusement, mais il faut lui surajouter l’illettrisme numérique aujourd’hui.

On estime à 23%  des Français qui éprouveraient des difficultés avec le numérique. C’est ce que révèle le livre  blanc sur “l’illectronisme” publié en juin 2019 par le Syndicat de la presse sociale (SPS).

La fracture numérique bien réelle

Car celle-ci existe bel et bien, que ce soit les zones blanches où les téléphones portables restent muets (zones rurales) ou encore un débit d’accès faible limitant les usages et malheureusement encore certaines zones où celui-ci est inexistant. Enfin, il reste encore à considérer des populations non équipées ou mal équipées pour des causes économiques ou d’incompréhension aux règles de fonctionnement, pour des raisons d’âges, culturelles, économiques ou encore sociales …

La crise actuelle accentue douloureusement ce constat et met en évidence les dégâts occasionnés par les différentes fractures numériques. Il serait urgent d’en faire un état circonstancié afin d’y apporter au plus vite les remèdes et solutions nécessaires.

L’État vient de collectiviser plus de la moitié des emplois du privé et ouvrir en grand les vannes du déficit prouvant qu’ainsi tout est, au final, possible. On aimerait la même énergie et le même volontarisme à régler ce problème d’accès au numérique.

Des solutions existent à la fracture

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Confinement et virus

Les pouvoirs publics ont les moyens de faire pression sur les opérateurs, en échange de l’attribution des fréquences, afin qu’ils résolvent le problème des zones blanches. L’école se doit d’assumer un saut technologique, car il est de son devoir de former et d’agir sur les inégalités, y compris celle-ci dont on mesure les dangers potentiels.

Le confinement a, certes, boosté les enseignants, par obligation et on peut espérer un gain qualitatif qui devrait subsister. Mais il reste encore à former les personnels et à éduquer les élèves avec plus d’ambition et de volontarisme qu’on ne le fait.

Pour les populations les plus pauvres, un fond constitutif par les moyens de l’état pourrait à la fois mettre à disposition un kit numérique et des actions de formation et d’assistance.

Pour les personnes plus âgées, on voit bien que l’usage d’une tablette numérique est plus facile qu’un ordinateur, des actions d’encouragement et d’assistance devraient être menées à cet effet.

Il existe une association France Connectée qui revendique un grand plan national de formation aux nouvelles technologies englobant aussi bien les personnes âgées que les familles à distance du numérique.

 

La diligence numérique : un profit pour tous

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Éducation

C’est la société tout entière qui a à gagner à cette mise à niveau numérique. Elle ne pourrait que doper l’économie, la société et procurer une forme de bien-être.

Cette évolution devrait être accompagnée d’une vigilance  pour mesurer l’indispensable du futile et apprécier les risques inhérents propres à toute technologie. Soit l’appréciation bénéfices/risques, à prendre en compte comme en médecine.

La recherche sera un  atout majeur dans cette démarche.

Le niveau d’éducation et de formation dans une région ou dans un pays est pris en considération par les investisseurs comme un facteur positif … La diligence numérique n’en serait qu’un atout de plus et il est plus que jamais utile d’investiguer l’avenir.

« Et si ce virus avait le don énorme de rappeler ce qui nous est vraiment essentiel
Les voyages, les sorties, l’argent ne sont plus la norme
Et de nos fenêtres on réapprend à regarder le ciel
On a du temps pour la famille, on ralentit le travail
Et même avec l’extérieur on renforce les liens. »

Grand Corps Malade (Fabien Marsaud)

Fracture numérique : l’illectronisme touche 17% de la population selon l’INSEE.

https://www.vie-publique.fr/en-bref/271657-fracture-numerique-lillectronisme-touche-17-de-la-population

Le confinement révélateur de la fracture numérique de Yann-Mäel Larher.

https://www.forbes.fr/technologie/le-confinement-revelateur-de-la-fracture-numerique/?cn-reloaded=1

La fracture numérique de Gabriel Dupuis Éditions Ellipses – 2007-

 

 

Poste de travail

A propos du télétravail

Boom sur le télétravail

Le monde entier en parle. Les questionnaires se multiplient dans nos boîtes mail. L’avez-vous déjà pratiqué ? seulement depuis le confinement ou depuis longtemps ?

TélétravailVous y a-t-on obligé ? L’aviez-vous demandé depuis longtemps et obtenu après de longues et difficiles négociations avec votre employeur ? Votre employeur finance-t-il  votre connexion Internet ? Pensez-vous avoir gagné en productivité ? en créativité ?

Vous imposez-vous des horaires de travail ? des pauses café ?

Comment communiquez-vous avec vos équipes ? votre hiérarchie ? Vos rapports ont-ils changé du fait du télétravail ? Vous fait-on plus ou moins confiance ?

Le télétravail confiné est-il différent du télétravail «ordinaire » ?

Avantages ? Inconvénients ? Ça se discute

Les avantages et inconvénients du télétravail sont appréciés différemment par chacun, suivant son niveau de compétence et d’autonomie, sa position hiérarchique, son équipement informatique, la surface de son logement, la présence de conjoint et d’enfants. Pour certains le télétravail est une libération : moins de fatigue dans les transports, plus de petit chef sur le dos, fini la promiscuité de l’open space où chacun devait essayer de récréer son territoire.

Open space

Confinement en open space

Les réunions inutiles ont été supprimées, on peut enfin se concentrer et organiser son travail sans être dérangé.

En contrepartie, le manque de contact humain  et de convivialité peut être difficile à supporter, lorsqu’ils étaient présents dans le travail en présentiel.

L’équipement et les outils fournis au télétravailleur peuvent se révéler insuffisants ou inadaptés. La qualité de la liaison Internet conditionne grandement l’acceptabilité du télétravail.

Travailler de façon autonome sans être placé sous un regard extérieur permanent suppose des qualités certaines de concentration et d’auto-contrôle. Cela n’est pas à la portée de tout un chacun et peut nécessiter un apprentissage. Il faut bien reconnaître que l’enseignement, tel qu’il est encore bien souvent pratiqué, ne nous a pas préparé à la collaboration à distance.

 

 Une opportunité commerciale pour le numérique

Les mailings d’offres d’outils facilitateurs du travail à distance se multiplient :

Côté logiciels de gestion de projet on redécouvre l’intelligence collective et on vous inonde de bons conseils :

  • Comment collaborer efficacement ?
  • Comment assurer le succès de vos équipes projet à distance ?

Les réunions se font désormais en « distanciel » plutôt qu’en « présentiel ». Les outils de télé-audio-visio-conférences se multiplient et font recette. Microsoft Teams annonçait une hausse de 1 000% pour les visioconférences en mars. Zoom, encore inconnu du grand public il y a peu, est aujourd’hui l’application Internet la plus téléchargée au monde, avec près de 300 millions d’utilisateurs.  La concurrence fait rage sur fond d’accusations réciproques de sécurité défaillante ou de vol de données personnelles.

Une source d’économies pour l’entreprise

Certains l’avaient compris depuis longtemps, d’autres l’ont découvert à l’occasion des mouvements sociaux de décembre 2019 ou ne font que le découvrir à l’occasion du confinement : le télétravail permet de réduire les surfaces de bureau en prévoyant seulement des lieux de passage pour les indispensables réunions en présentiel.

Mais d’abord, qu’est-ce que le télétravail ?

Travail à distance, certes, mais à distance de qui ou de quoi ?

Le télétravail désigne « toute forme d’organisation du travail dans laquelle un travail qui aurait également pu être exécuté dans les locaux de l’employeur est effectué par un salarié hors de ces locaux de façon volontaire en utilisant les technologies de l’information et de la communication ».

Officiellement, il s’agit donc d’un travail effectué hors des locaux de l’employeur grâce aux outils de télécommunication. Cela n’est donc envisageable que pour les métiers où le résultat du travail peut être remis à l’employeur ou au client sous forme exclusivement dématérialisée. Les emplois de bureau, dont il faudra bien changer l’appellation puisqu’ils seront désormais exercés au domicile, sont ainsi éligibles au télétravail. Médecins, psychologues, psychanalystes, journalistes, enseignants, consultants peuvent également exercer une grande partie de leur activité en « distanciel ». Le télétravail encore considéré il y a peu comme l’apanage des cadres s’ouvre désormais à d’autres catégories socio-professionnelles.

Le télétravail dans sa définition légale est choisi de façon volontaire et ne peut être imposé au travailleur, ce qui n’est bien évidemment pas le cas en période de confinement où le télétravail n’est pas choisi mais imposé pour des raisons sanitaires.

Il convient donc de distinguer le télétravail choisi qui offre à l’employé un espace de liberté par rapport à la situation de « présence obligatoire » dans les locaux de l’employeur, du télétravail imposé qui impose la « présence obligatoire » au domicile. On ne saurait donc confondre ces deux situations et en apprécier les avantages et inconvénients de façon identique.

Le télétravail décidé en urgence lors du confinement n’a pas toujours été mis en place dans des conditions optimales. Les entreprises qui le pratiquaient déjà de façon régulière n’ont pas eu de mal à le généraliser à l’ensemble de leur personnel. Les bonnes pratiques sécuritaires y étaient déjà mises en place.  Par contre, le système d’information s’est trouvé dangereusement exposé dans des entreprises peu préparées qui ont permis à leurs employés d’utiliser leur propre ordinateur sans mesure de sécurité particulière. Certains s’en sont émus a posteriori :

 

Le ministère des Armées a ainsi rappelé à son personnel les bonnes pratiques de sécurité à appliquer en télétravail.

De même, côté télétravailleur, la situation s’est révélée difficile à gérer lorsqu’un espace de travail ne pouvait être aménagé dans une partie suffisamment isolée du logement. Une visioconférence sans casque audio dérange forcément toute la maisonnée.

Engouement éphémère ou phénomène durable ?

Beaucoup y ont pris goût, côté employeur ou employé, pour des raisons économiques et de confort personnel. Il sera d’autant plus difficile de revenir en arrière que le droit du travail impose aujourd’hui à l’employeur d’examiner toute demande et de justifier tout refus de façon motivée. Ceux qui pratiquent le télétravail depuis déjà plusieurs années en connaissent les avantages et les défauts. Ils savent que la mise en place du télétravail implique des actions de formation, de nouvelles mesures de délégation et de contrôle et un souci constant de préservation du lien social. Certaines réunions de travail en visioconférence sont encadrées ou rythmées par des pauses café où l’on papote et échange à la fois blagues et bonnes idées. Les réunions physiques restent bien sûr irremplaçables lorsqu’on sait que beaucoup de couples se sont formés sur le lieu de travail.

Recommandations complémentaires

https://www.cybermalveillance.gouv.fr/tous-nos-contenus/actualites/recommandations-securite-informatique-teletravail

Jeune pousse

Start-up… Le mirage ou le miracle

Voilà un mot Start-up, une notion, une entité, une expression que l’on croise souvent dans les médias… Le mot est mythique, un peu mystérieux et renvoie souvent à des « images types ». Telles le garage de Steve Jobs à Los Altos (dans la baie de San Francisco) où ce dernier, en compagnie de Steve Wozniak a, adolescent, fait naitre l’entreprise Apple en 1976.

En anglais, cela signifie littéralement « jeune pousse », que l’on peut traduire en français approximatif : « entreprises en démarrage ». Aujourd’hui, elles se signalent plus particulièrement sur le marché dit de la nouvelle économie, de l’économie numérique où l’innovation connaît un spectaculaire développement.

Il y a de l’espoir dans ce mot, même si les désillusions y poussent en herbes folles.

Essai de définition

Ils sont plusieurs à s’être essayés à des définitions raccourcies, percutantes, symboliques, mais qui peuvent aussi jeter le trouble et semer le doute :

  • Steve Blank « une organisation temporaire à la recherche d’un business model industrialisable et permettant une croissance exponentielle ».
  • Paul Graham « une entreprise faite pour avoir une croissance de 6 à 7 % par semaine ».
  • Emmanuel Macron « je ne fais pas partie de ceux qui stigmatisent les entreprises du CAC 40, car ce sont elles qui structurent l’économie française. Il faut que les start-ups d’aujourd’hui préfigurent le CAC 40 de demain ».
  • Brice Cornet « L’âme d’une start-up est l’innovation et ce qui décide de l’ouverture des portes du paradis ou de l’enfer est précisément le poids de l’âme ».Start-up… Le mirage ou le miracle 4
  • Dave McClure « c’est une entreprise qui ne sait pas clairement ce qu’est son produit, qui sont ses clients et comment gagner de l’argent ».

Enfin, pour mieux s’y retrouver, quoi de mieux que de faire appel au philosophe et au poète :

  • Hannah Arendt « Les mots justes trouvés au bon moment sont de l’action ».
  • René Char « Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. À te regarder, ils s’habitueront ».

Exportateurs de mots…

Les start-ups ont eu une emprise considérable sur notre langue en injectant nombre de mots anglais.

  • on parle de projet « bankable », mot qui vient du cinéma : c’est un acteur qui rapporte de l’argent.
  • les GAFAM (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) qui rôdent à tous les carrefours de notre pensée.
  • les Business Angel, qui n’ont rien à voir avec la religion ou les archanges, personnalisent des êtres prêts à apporter beaucoup d’argent dès le début de l’entreprise.
  • le crowdfunding est une technique qui permet sur le Net de réunir des capitaux sur une idée, un projet, pas seulement un cadeau d’anniversaire ou l’enregistrement d’un CD.
  • le pitch d’un projet, qui en quelques mots doit donner goût à l’aventure quel que soit le sujet.
  • et enfin l’expression la Licorne (emprunté à la mythologie, animal imaginaire) qui désigne une start-up valorisée à 1 milliard de dollars, incroyables  : Blablacar, Uber, AIRBNB …).

La Licorne, nous y sommes miracle ou mirage… c’est le nœud gordien de l’affaire. L’aventure des start-ups se caractérise par beaucoup d’excès, le nombre élevé de faillites, et les succès retentissants qui claironnent leur gloire sur l’ensemble de la planète.

Inventeurs de modèles…

Start-up… Le mirage ou le miracle 5La start-up n’est pas une entreprise comme les autres. C’est son originalité qui en fait son premier attrait. Elle explore… elle invente… elle imagine… elle cherche… elle tâtonne… elle crée. Elle détermine la valeur, elle trouve le client, elle établit le Business Model qui sera capable de développer une entreprise. Elle croit, elle devient un arbre.

La start-up n’est pas un objectif en soi, elle est un devenir qui se cherche et parfois se trouve. Ainsi les chemins pour y parvenir sont tortueux, sinueux, complexes, semés d’embuches, c’est la raison pour laquelle on finit par y trouver des Licornes ou des Business Angel.

Enfin pour rester dans une ambiance mythique ou magique, il faut bien encore parler de leur scalabilité… on frôle ici la parabole de la multiplication des pains (Jean 6, 1-16). Il s’agit d’établir un modèle où plus le nombre de clients augmente, plus les marges sont grandes et ainsi de suite, la reproductibilité faisant le reste…

À Paris nous avons un incubateur de Start-ups, La Station F où se nichent peut-être les miracles de demain. ADELI, explorateurs des espaces numériques s’intéresse à ces start-ups pour lesquelles elle a des projets.

Voici un lien sur un article qui recense les principaux incubateurs  sur Paris.

https://www.paris.fr/pages/les-incubateurs-dans-la-capitale-6392

 

Le métier du client numérique 6

Le métier du client numérique

La généralisation des procédures numériques transforme fondamentalement la relation client-fournisseur.
Le client qui initialisait librement l’échange, devient un acteur d’une procédure, unilatéralement définie et maîtrisée par le fournisseur.
Pour satisfaire ses besoins, le client est amené à acquérir et à entretenir de nouvelles compétences.Lire la suite

Bibliothèque

Penser/Classer

Classer les métiers

Plusieurs référentiels métiers coexistent que nous présenterons et développerons plus largement dans d’autres articles. Citons la classification Pôle emploi qui analyse 14 familles de métiers, ou encore, la nomenclature Cigref des métiers du système d’information.

Mais pourquoi donc classifier les métiers ? Les motivations peuvent être multiples :

  • s’agit-il de donner des pistes aux chercheurs d’emploi ?
    Le Répertoire Opérationnel des métiers et des emplois (ROME) est ainsi présenté comme un outil au service de la mobilité professionnelle et du rapprochement entre offres et candidats. Il présente dans une arborescence thématique 532 fiches métiers / emploi dont chacun peut être décliné sous plusieurs appellations.
extrait classification Rome

Extrait de la classification ROME – Famille de métiers Arts et Façonnage d’ouvrages d’art – Domaine professionnel « Tissu et cuirs » – Métier « Réalisation d’articles de chapellerie », décliné suivant 6 appellations

  • d’aider les élèves et étudiants à s’orienter et à choisir les bonnes filières de formation ?
  • de classer les métiers par rapport aux compétences requises et aux formations disponibles ?
    L’ONISEP (Office National d’Information sur les enseignements et les professions) présente une liste de métiers par secteur, associée à une liste de formations et une liste d’établissements. Le classement est différent de celui de Pôle emploi mais on peut y retrouver des fiches métiers correspondant à des appellations identiques.

    Fiche métier modiste

    Fiche métier modiste – extrait du site de l’ONISEP

    Le site de l’Étudiant présente de même 526 fiches. Chaque métier fait l’objet d’une description indiquant les compétences et la formation nécessaires. On y retrouve par exemple le métier de modiste à propos duquel il est indiqué que « même si depuis quelques années, les chapeaux reviennent sur le devant de la scène, les débouchés restent limités dans cette profession. »

    Fiche modiste Etudiant

    Fiche modiste du site de l’Etudiant

  • de donner aux DRH un outil de cadrage des rémunérations ?
    Le CIGREF publie ainsi une nomenclature RH des métiers du système d’information. Cinquante métiers y sont présentés et décrits chacun dans une fiche très détaillée présentant le titre du métier et la mission, les activités et tâches nécessaires à la réalisation de la mission, les compétences, livrables, indicateurs de performance, parcours professionnel, tendances et facteurs d’évolution.

Hommage à Georges Perec

« Que me demande-t-on au juste ? Si je pense avant de classer ? Si je classe avant de penser ? Comment je classe ce que je pense ? Comment je pense quand je veux classer ? (…) Tellement tentant de vouloir distribuer le monde entier selon un code unique ; une loi universelle régirait l’ensemble des phénomènes : deux hémisphères, cinq continents, masculin et féminin, animal et végétal, singulier pluriel, droite gauche, quatre saisons, cinq sens, six voyelles, sept jours, douze mois, vingt-six lettres. Malheureusement ça ne marche pas, ça n’a même jamais commencé à marcher, ça ne marchera jamais. N’empêche que l’on continuera encore longtemps à catégoriser tel ou tel animal selon qu’il a un nombre impair de doigts ou des cornes creuses. »

Georges Perec – Extrait de Penser/Classer – Hachette, 1985

Penser/Classer 7Tout est dans ce magnifique texte de Georges Perec qui explique la vanité de tout essai de classification.

Et pourtant, le classement répond à un véritable besoin: mettre de l’ordre, s’y retrouver.

Les algorithmes d’apprentissage de l’intelligence artificielle permettent selon le cas de prédire une valeur (on parle de régression) ou de proposer une classification : l’image analysée représente-t-elle un chien ou un chat ?

La classification proposée est fournie à la machine dans les algorithmes d’apprentissage supervisé du machine learning (arbres de décision, forêt aléatoire, Naive Bayes…).  Les données d’apprentissage fournies sont dans ce cas pré-étiquetées. Les algorithmes plus sophistiqués du deep learning cherchent à établir des catégories ou groupes d’appartenance sans “idée préconçue” sur une classification préexistante. Ils s’appuient pour ce faire sur les données qui leur sont fournies en entrée, supposées intéressantes pour la classification. Pour revenir à Perec, si nous voulons classer les livres d’une bibliothèque, nous devrons fournir les caractéristiques diverses pouvant être prises en compte.

Manières de ranger les livres identifiées par Perec :

classement alphabétique
classement par continents ou par pays
classement par couleurs
classement par date d’acquisition
classement par date de parution
classement par formats
classement par genres
classement par grandes périodes littéraires
classement par langues
classement par priorités de lecture
classement par reliures
classement par séries

On pourrait rajouter à cette liste quelques informations  soupçonnées aussitôt de biaiser les résultats, sur le sexe de l’auteur, sa couleur de peau ou la couleur de ses yeux. Confier ce travail de classement à une intelligence artificielle non supervisée serait possible. Peut-être me proposerait-elle alors de ranger sur une même étagère les ouvrages d’auteurs finlandais aux yeux verts, ce que j’accepterais bien volontiers.

Quels critères de classement pour les métiers ?

Revenons aux métiers. Leurs listes fourmillent sur le Web et sont en constante évolution. Elles sont particulièrement utiles aux employeurs et aux étudiants à la recherche d’une orientation, puis d’un emploi. Les étiquettes, tout comme les diplômes, ont un effet rassurant. N’oublions toutefois pas que toute classification est arbitraire et qu’il faut savoir sortir des cases où une orientation trop précoce peut nous avoir jetés.

Nous vous proposons en conclusion une liste « à la Prévert » des critères potentiels de classement des métiers :

  • compétences requises ;
  • difficulté des études ;
  • évolutions de carrière potentielles ;
  • nombre d’emplois non satisfaits ;
  • lieu d’exercice du métier ;
  • casier judiciaire vierge ;
  • pénibilité ;
  • niveau de propreté ;
  • risques psychosociologiques ;
  • exposition à des substances cancérigènes ;
  • niveau de rémunération du débutant ;
  • niveau de rémunération d’une personne expérimentée ;
  • image véhiculée par le métier ;
  • importance des déplacements ;
  • exposition au froid ;
  • exposition à la chaleur ;
  • accessibilité aux handicapés moteurs ;
  • accessibilité aux mal-voyants ;
  • port d’un uniforme ;
  • poids maximum exigé ;
  • taille minimum exigée ;
  • importance de l’apparence physique.

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robot

Que savons-nous des métiers de demain ?

Bibliothèque

Bibliothèque, lieu du savoir

Selon les conclusions d’un think thank californien, l’Institut du Futur, 85 % des métiers de demain (2030… dans 10 ans !) n’existent pas encore. Jamais l’organisation de nos sociétés n’a été soumise à un tel processus de transformation. Il en découle des nécessités pour y faire face encore mal traitées par manque d’analyse, pour ne pas dire de lucidité. Les progrès fulgurants du numérique affectent durablement et, en profondeur, nos existences dans tous les domaines : consommations, loisirs et travail. Établir une stratégie d’action et plus particulièrement des formations adaptées devient une urgence vitale.

Les métiers du passé

Il est déjà relativement aisé, à l’aune de nos propres expériences, de faire un bilan sur la disparition de certains métiers, de l’évolution d’autres et, en faisant encore un petit effort d’anticipation, de prévoir les nouveaux qui ne tarderont pas à survenir.

Que savons-nous des métiers de demain ? 8Sans remonter aux cochers du XIXe siècle, aux canuts de Lyon ou aux allumeurs de réverbères, plus proche de nous, nous voyons bien que l’automatisation et l’informatique ont fait disparaître des métiers ou des pans entiers de nos propres activités. Dactylos, standardistes, ouvriers manufacturiers, commis agricoles (journaliers), mineurs, cantonniers, lavandières, poinçonneurs (des Lilas), gardien de phare, laitiers, demoiselles du téléphone, télégraphistes, caissière (en partie) ont disparu de nos horizons. Pour les hommes de ma génération, nous avons tous connu la plupart de ces métiers dans notre enfance.

La plupart sont liés à l’artisanat, qui ne survit aujourd’hui qu’à travers certaines traditions folkloriques, numériquement très faibles. Certains de ces métiers étaient dangereux et employaient bien souvent des enfants.

Les menaces actuelles

Ce sont toujours les innovations technologiques qui sont à la source des disparitions de métiers. Leur application à l’industrie provoque un double mouvement, la suppression des postes vulnérables et peu rentables par d’autres métiers plus adaptés à ces nouveaux usages. Ce que nous subissons depuis une quinzaine d’années est un véritable tsunami, que les sociétés humaines n’ont jamais connu au cours de leur histoire. Le digital s’est particulièrement imposé et continue ardemment de le faire en bousculant violemment un existant qui peine à se renouveler, par manque d’effort d’anticipation, d’imagination et de formation.

C’est au cœur même des entreprises et, plus en amont, des écoles et des universités que l’effort devrait porter.

La mécanique est la suivante : à chaque fois qu’il existe une alternative plus productive dans un emploi, celui-ci est immédiatement balayé pour lui substituer un autre métier. La productivité entraine la croissance, donc le profit, qui accélère l’automatisation, qui augmente encore le profit, dont une partie va vers la recherche et le développement, qui agit aussi sur l’innovation, c’est un cercle presque vertueux qui se met en place, si ce n‘est qu’il impacte souvent durablement l’emploi et donc installe des taux de chômage élevés. Taux de chômage qui affecte nécessairement les comptes sociaux, donc creuse les déficits et impacte les économies nationales.

Les cycles de changements industriels étant de plus en plus courts, l’effet de substitution des emplois agit de plus en plus faiblement. Seul acquis positif, c’est la disparition progressive des activités les plus pénibles.

Les métiers du futur

Nos enfants, à l’école, une fois leurs études achevées exerceront pour une large partie d’entre eux, des métiers que nous ne connaissons pas encore. On voit bien le défi qu’il faut relever en termes de formation, d’éducation et d’information. Les temps sont terriblement courts et l’on imagine facilement l’épreuve que cela représente pour les parents et pour les adultes en charge de l’orientation. Leur efficacité dépend de leur agilité… qualité dont on peut dire qu’elle n’est pas usuelle, malheureusement.

Que savons-nous des métiers de demain ? 9

et la lumière fut…

Thomas Frey (Futurologue de l’institut Da Vinci) pronostique la disparition de deux milliards de postes à l’horizon 2030 dans le monde.

De son côté, Ian Pearson prévoit la présence de 9,4 milliards de robots en 2048. La société Thales prévoit, de son côté, que 25 % des véhicules seront autonomes à un horizon de 10 ans.

Numérique, TIC, IA, Data, blockchain, sont l’alpha et l’oméga de nos quotidiens. Quels sont ceux qui en maitrisent les tenants et les aboutissants ? Où sont les plans publics d’accompagnement ? Quel est l’effort budgétaire consacré à ces actions ?

Il reste encore des pans entiers de métiers menacés, la voiture autonome va éradiquer les chauffeurs de taxis.

De nouvelles appellations, encore peu connues du grand public ont fait leur apparition : les data scientists, les pilotes de drones civil et militaire, les BIM (Building information Modeling) manager…

BIM Manager

Un exemple significatif, BIM Manager, ce nouveau métier est né de plusieurs circonstances et évolutions :

  • l’exigence climatique ;
  • l’activité de veille technologique ;
  • la notion de qualité ;
  • le management relationnel.

Il est responsable de la modélisation et de la mise en œuvre d’un projet immobilier, par la définition d’un modèle numérique en appui de la coordination et de la prise de décision.

Il se doit de connaître et de respecter les normes techniques et environnementales et la législation.

Ses missions :

  • définir les processus BIM et les outils pour leur mise en place ;
  • élaborer la charte BIM ;
  • former les acteurs du projet ;
  • il est le garant de l’application des règles ;
  • il est le coordinateur des équipes ;
  • il programme et anime les réunions, assure les comptes rendus ;
  • il anticipe les éventuels conflits, les règles, en fait le compte rendu ;
  • il a un regard attentif sur les indicateurs de performances ;
  • il assure le contrôle qualité des dessins ;
  • il fait une veille technologique et réglementaire ;
  • il apporte des solutions de support technique en rapport avec le logiciel et le matériel ;
  • il entretient et fait la mise à jour des bases de données du projet.

Ses compétences :

  • le leadership ;
  • le travail en équipe ;
  • la capacité d’analyse et de synthèse ;
  • l’aptitude à la communication aussi bien écrite qu’orale ;
  • la créativité et l’innovation ;
  • la rigueur ;
  • l’adaptativité ;
  • un sens aigu de l’organisation ;
  • enfin et surtout, la fibre écologique.

Les formations

Que savons-nous des métiers de demain ? 10On ne peut pas dire qu’il existe à proprement parler des formations aux métiers de BIM Manager. Ils sortent plutôt des filières de l’architecture ou du bâtiment. Ce sont bien souvent des ingénieurs qui se sont spécialisés dans le génie civil et les ouvrages complexes. Ils ont acquis des compétences pointues en informatique. Il existe cependant des masters spécialisés peu nombreux, comme celui de ParisTech « Mastère Spécialisé@BIM, Conception intégrée et cycle de vie du bâtiment et des infrastructures.

Bibliographie :

Groupe de travail Métiers

2030 – Lettre à Julien Signol à propos de mon avatar

Paris, le 26 avril 2030

Cher Julien,

Comme je te sais toujours aussi investi et féru de nouvelles technologies (je vais te parler de mon avatar) et pour te distraire de ta retraite, je tenais à te narrer par le menu détail l’aventure que j’ai vécue, il y a de cela deux ou trois jours, par la présente lettre.

2030 - Lettre à Julien Signol à propos de mon avatar 11Je connais un certain passage à vide depuis quelques mois, les tournages se font de plus en plus rares, et quand bien même j’obtiens un cachet de quelques jours pour une mini série au petit format, ce n’est pas très bien payé. En fait le cachet est au format de la diffusion : de la taille d’un téléphone multimédia.

Je tourne aussi de moins en moins pour la pub, qui me ravitaillait pourtant de façon fort utile. Mais la production travaille de plus en plus en images de synthèse et ils font tourner à fond la caisse leurs ordinateurs.

Aussi, lorsque j’ai été contacté par le secrétariat d’un agent artistique, la surprise fût plutôt bonne, bien que celui-ci se révéla être d’un drôle de gabarit. Comme tu le sais je n’ai plus d’agent pour me suivre depuis un bon moment, vu la manière dont ma carrière patine.

Ce type s’appelle Dorian Greswood et son bureau est à Issy-les Moulineaux dans la Nouvelle Plaine « André Santini » qui regroupe les entreprises de Haute Technologie de la région parisienne…

N’ayant rien à perdre et plutôt surpris que l’on puisse faire appel à moi je me rendis au rendez-vous. Après avoir attendu une dizaine de minutes, la secrétaire, au look particulièrement branché, m’introduisit auprès de Dorian Greswood.

Derrière un bureau blanc à la ligne épurée et vide de tous papiers, se tenait un jeune type d’une trentaine d’années, il me fit signe de m’asseoir.

-« Monsieur Verdi, merci d’avoir répondu si vite à mon invitation. »

– « De rien, cher Monsieur, mais je vous avoue que je suis un peu intrigué par votre démarche. Qui vous a communiqué mes coordonnées ?

– « En fait personne, ou du moins il s’agit d’une base de données où je vous ai trouvé à partir d’une sélection multi-critères. »

– « Puis-je vous demander quels étaient les critères en question ? »

-« Bien sûr, il n’y a rien de secret en cela, je cherchais un homme, la cinquantaine, d’un mètre quatre-vingt, soixante-quinze kilos, les yeux bleus, un peu dégarni, comédien bien sûr, mais qui surtout, je m’en excuse d’avance, n’a pas connu une carrière particulièrement marquante, en fait qui soit peu connu du public. »

– « Je suis loin d’être le seul dans ce cas, pourquoi moi ? »

-« Eh bien monsieur Verdi… En fait j’ai pu constater sur la base que vous n’aviez pas travaillé depuis un bon moment. »

-« Vous voulez sans doute dire que je suis sur la touche et que cette mise à l’écart dure depuis plusieurs mois. »

-« En effet et c’est pourquoi je suis prêt à vous faire une proposition financière qui devrait vous intéresser. »

-« Je vous écoute très attentivement ».

-« En fait je dirige une agence artistique d’un genre un peu particulier, mais très adaptée aux nouvelles exigences de la production audiovisuelle actuelle, de la concurrence que vous savez sévère avec les pays de l’Est. Je mets à disposition des productions des comédiennes et des comédiens virtuels…

2030 - Lettre à Julien Signol à propos de mon avatar 12-« Virtuels…. Je ne comprends pas bien, vous faites allusion à de la motion capture, si c’est le cas j’ai une certaine expérience, j’ai commencé ce type de travail il y déjà une vingtaine d’années… »

– « Ce n’est pas tout à fait la même chose, le contrat que je vous propose comprend la cession totale de votre image… nous avons technologiquement aujourd’hui la possibilité de vous enregistrer en tant que personne, de faire de vous d’une certaine manière ce que l’on appelle un « avatar », si vous pratiquez les jeux vidéo, vous voyez ce que je veux dire. »

-« Mais qu’elles sont les conditions exactes de la cession ? »

– « Bien entendu, étant propriétaire exclusif de votre image, vous ne pourrez plus vous proposer comme comédien, mais il vous restera la voix, vous pourrez toujours faire du doublage. »

Ainsi cher Julien, ai-je vendu mon âme au diable pour trouver provisoirement une paix matérielle.

J’espère que du fonds de ta savane africaine, ton travail avance, loin des avanies du monde moderne et que tu nous reviendras paré d’une belle symphonie.

Fabrice

Groupe de travail métiers

métiers anciens

Lancement du groupe de travail “Métiers”

10 bonnes raisons pour lancer un Groupe de travail Métiers

  1. Des métiers disparaissent ou sont “en voie de disparition”.
  2. De nouveaux métiers apparaissent, la plupart évoluent.
    Les métiers de la communication, de la documentation, de l’édition, du conseil, de la formation, ainsi que les métiers artistiques et juridiques sont en pleine mutation. On peut d’ailleurs se demander si les nouveaux métiers sont vraiment nouveaux ou bien des évolutions d’anciens métiers. Dans le domaine de l’informatique les appellations ont changé en reprenant bien souvent des titres anglo-saxons, sans que le contenu change sur le fond. 
  3. Certaines tâches pénibles ou fastidieuses sont maintenant réalisées par des robots ou des Intelligences Artificielles.
  4. La formation initiale ne garantit plus un emploi à vie.
    La formation permanente est devenue une nécessité, tout au long d’une carrière. Elle inclut généralement l’acquisition de compétences numériques quel que soit l’emploi exercé. L’enseignement fait lui-même de plus en plus appel aux techniques numériques via des MOOC et des supports dématérialisés.
  5. De plus en plus de jeunes exercent plusieurs métiers simultanément, pour raison financière ou pour réparer les erreurs d’aiguillage.
    On les désigne sous le nom de “slasheurs”.
  6. La plupart ont exercé ou exerceront plusieurs métiers successivement au cours de leur carrière.
  7. Le numérique s’introduit dans tous les métiers.
  8. La notion de métier est encore trop souvent confondue avec celle d’emploi ou de profession. L’emploi de l’expression “les métiers” pour désigner les services non informatiques d’une entreprise n’a fait que renforcer la confusion…
  9. Les classifications et référentiels existants visent plutôt à dresser des listes d’emploi.
    Les petites annonces proposent des titres de “job” alléchants mais pas toujours explicites.
  10. Enfin ADELI travaille sur ce sujet depuis longtemps.
    L’évolution des métiers des systèmes d’information a été au cœur de notre réflexion et nous a amenés à travailler à la fois sur la notion de métier, les référentiels de compétence, l’émergence de nouveaux métiers et l’évolution des métiers plus traditionnels sous l’effet du développement du numérique, de la robotisation et de l’intelligence artificielle.

Petite bibliographie ADELI sur le thème métiers :

Liste d’articles publiés dans la Lettre d’ADELI

 Les objectifs du groupe de travailAttention zone de travail

  • Explorer le thème “évolution des métiers” sous ses différents angles, en combinant l’exploration sur le terrain et la réflexion transversale ;
  • collecter des retours d’expérience ;
  • publier régulièrement des articles sur ce thème dans la Lettre d’ADELI et sur notre site Web ;
  • réunir fin 2020 ces articles dans un ouvrage de synthèse.

Contribuer au Groupe de Travail

Que vous soyez étudiant, enseignant, à la recherche d’un premier emploi, slasheur, salarié en fin de carrière, retraité ou chômeur, vous pouvez témoigner de votre relation au métier que vous exercez, souhaitez exercer ou avez exercé.

Vous pouvez contribuer à ce Groupe de travail en apportant vos réflexions et retours d’expérience sous forme de document écrit, voire d’enregistrement audio ou vidéo. Un Forum d’échange est ouvert à cette fin aux adhérents ADELI.

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Si vous n’êtes pas adhérent, vous pouvez me contacter par e-mail pour demander un accès au forum.

Martine OTTER
Responsable du GT Métiers