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Lettre 120 – Été 2020 – Résilience et confinement

La Lettre 120 est parue

Pendant le confinement, ADELI a organisé des réunions virtuelles Zoom, des conférences-débats. Des articles continuent à être publiés régulièrement par nos adhérents.

Comme chaque trimestre, « La Lettre d’ADELI » est envoyée à nos adhérents, nos amis adéliens et nos prospects.

Les effets du virus et du confinement

L’évolution des métiers

Enfin, nous vous rappelons l’ouverture du concours 2020 de la meilleure nouvelle d’anticipation..

Bonne lecture et bel été à tous !

Nous allons collectivement surmonter cette épreuve… Pour être résilient, on peut se préparer en concevant des Plans de Gestion de Crise (PGC), des Plans de Continuité d’Activité (PCA) et des Plans de Reprise d’Activité (PRA). Anticiper pour ne pas être pris au dépourvu… Ce sont des actions préventives et pas simplement réactives…

Alors, profitez bien de votre liberté, car elle pourrait être à nouveau entravée pour cause de virus à l’automne !

Après le choc de cette pandémie, le monde repartira-t-il sur de bonnes bases ; aura-t-il pris conscience de ses erreurs passées ; sera-t-il prêt à partager ses richesses entre tous les humains ?

De belles perspectives à venir, de beaux projets verront le jour, à n’en pas douter. Écoutons, débattons, comprenons les points de vue et les enjeux et décidons d’aller dans une direction nouvelle…

Voir la Lettre (version numérique) ou lire sous forme pdf :

 

Coronavirus

Histoire de Coco le petit virus – juin 2020

Il était une fois un petit virus nommé Coco. Cette histoire est celle d’une pandémie mondiale en cours, en juin 2020 dont on ne connaît pas encore la durée ni toutes les conséquences. Le petit nom du virus m’a été inspiré par Lisa, ma nièce, qui a créé un livre d’enfant sur Coco le virus, avec son enseignante à Paris dans le 5ème arrondissement durant le confinement.

L’épidémie Covid-19

Coronavirus

Les coronavirus sont des virus à ARN enveloppés qui provoquent des maladies respiratoires de gravité variable, du rhume à la pneumonie fatale.

Un nouveau virus SARS-CoV-2 est apparu dans un marché aux animaux sauvages de Wuhan en Chine. La transmission à l’homme a probablement été faite par un animal sauvage – la chauve-souris puis le pangolin.

A ce jour, le patient 0 n’a pas été déterminé en Chine.

Très contagieux, le virus s’est répandu, très vite chez l’homme. Une personne asymptomatique pouvait en contaminer trois.

La Chine a alerté l’OMS, fin décembre 2019, que des cas de pneumonie étaient apparus à Wuhan.

Les échanges internationaux étant très nombreux durant le 3ème trimestre 2019 et au début du 1er trimestre 2020, l’épidémie chinoise est devenue une pandémie mondiale !

En France, dès janvier 2020, les autorités de santé ont pris la mesure de ce qui risquait de se passer sans avoir de certitudes sur la gravité de l’épidémie. Serait-ce une simple grippette ? Et puis, les élections municipales devaient avoir lieu le dimanche 15 mars 2020. Le gouvernement et les partis politiques ont tergiversé. Ils ont finalement autorisé les élections pour ne pas être accusés de totalitarisme. Les écoles ont fermé le 13 mars 2020. Le confinement a été décrété le 17 mars 2020 à midi. Une autorisation administrative de sortie devait être produite chaque jour pour prendre l’air durant une heure, aller faire quelques courses, s’occuper d’une personne fragile ou aller travailler, mais nombre de personnes ne sont pas sorties du tout et sont restées cloîtrées pendant de longues journées. Seuls les soignants, au début, puis les caissiers, les éboueurs et quelques personnes « utiles » ont travaillé. Les rues sont devenues silencieuses, la nature a repris le dessus.

On a vu des animaux sauvages en ville, la pollution a diminué…

Le virus SARS-COV-2 est de type coronavirus ; il affecte les voies respiratoires mais pas seulement.

Des jeux mondiaux militaires ont eu lieu à Wuhan en octobre 2019 auxquels participaient plus de 10 000 athlètes. La Chine a ouvertement accusé les États-Unis d’avoir importé le virus durant ces jeux.

Et les États-Unis ont accusés la Chine… Un laboratoire P4 existe à Wuhan. Il a été conçu par la France qui s’est finalement retirée car les conditions de sécurité n’étaient pas réunies.

https://www.challenges.fr/entreprise/sante-et-pharmacie/revelations-l-histoire-secrete-du-laboratoire-p4-de-wuhan-vendu-par-la-france-a-la-chine_707425

La dissémination dans tous les pays a donc été « parfaite » : pas d’information, donc pas de précautions, une circulation intense des populations à travers le monde…

https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/chine-autour-du-marche-du-wuhan-le-mystere-du-coronavirus-reste-entier_3971453.html

L’origine de l’épidémie sera déterminée avec précision à la fin de la pandémie lorsque toutes les données pourront être analysées (si elle se termine…).

Chronologie de l’OMS

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a établi la chronologie suivante de son action.

https://www.who.int/fr/news-room/detail/27-04-2020-who-timeline—covid-19

Les retours d’expériences sur les virus SRAS et MERS précédents n’ont pas vraiment aidé à se faire une idée de la dangerosité de ce nouveau virus car ils n’avaient pas les mêmes caractéristiques.

Déconfinement

Le déconfinement est intervenu pour les particuliers le 11 mai 2020.

Il a été accompagné de recommandations sur l’utilisation du gel hydro-alcoolique, de masques, de gestes barrières, de distances de sécurité.

De nombreuses plaintes et polémiques contre les pouvoirs politiques ont été déposées (84 au 16/06/2020).

Les nombres de cas régressent. Seulement 9 nouveaux cas le 14/06/2020, mais encore plus de 10 000 personnes hospitalisées et 869 en réanimation !

Le déconfinement s’est également amorcé dans la plupart des pays d’Europe où il avait été mis en place.

Médicaments

Hydroxychloroquine

« Au XVIIe siècle, l’écorce amère de l’arbre à quinquina est déjà connue pour ses vertus fébrifuges, mais il faut attendre 1820 pour que Pelletier et Caventou, pharmaciens français, en isolent un alcaloïde fondamental : la quinine. Les deux premiers antipaludéens de synthèse, la chloroquine (Nivaquine) et l’hydroxychloroquine (Plaquenil), sont élaborés dans l’entre-deux-guerres par des chimistes allemands. Les années 1960 voient apparaître la résistance du paludisme aux antipaludéens de synthèse et la découverte de leurs propriétés anti-inflammatoires, vite appliquées au lupus et à la polyarthrite rhumatoïde. »

https://www.larevuedupraticien.fr/article/hydroxychloroquine-plaquenil-un-vieux-medicament-au-profil-toujours-tres-interessant

De nombreux essais cliniques permettent d’évaluer diverses molécules connues dans ce nouveau contexte Covid-19.

Mercredi 3 juin, l’OMS a annoncé la reprise de son essai Solidarity, l’analyse des données par un comité de surveillance et de suivi indépendant n’ayant pas mis en évidence de toxicité liée à l’usage de l’hydroxychloroquine. L’essai britannique Recovery ne s’était pas interrompu. Les essais cliniques français devraient eux aussi reprendre. Olivier Véran a demandé au Lancet d’accéder aux données,  a dit la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye. Une requête qui risque de rester lettre morte…

Le 17 juin 2020, l’OMS a annoncé qu’il était mis en terme à l’étude de l’hydroxychloroquine dans le cadre de l’essai « Solidarity » visant à trouver un traitement efficace contre la COVID-19.

« Les données issues de l’essai « Solidarity » (y compris les données issues de l’essai « Discovery » mené en France) comme les résultats annoncés récemment par l’équipe de l’essai britannique « Recovery » ont montré que l’hydroxychloroquine n’entraîne pas à une réduction de la mortalité des patients atteints de la COVID-19 hospitalisés, par comparaison aux soins standards. »

Recherche de vaccin

L’immunité de la population mondiale ne sera atteinte que lorsque 2/3 de la population sera positive. Il serait inacceptable de laisser mourir les individus naturellement contaminés. Nous avons besoin d’un vaccin.

Il reste de l’espoir, un vaccin sera peut-être trouvé ! Mais quand ?

https://presse.inserm.fr/covid-19-la-recherche-vaccinale-a-linserm/39831/

L’institut Pasteur mobilise les chercheurs pour trouver un candidat vaccin.

https://www.pasteur.fr/fr/espace-presse/mobilisation-coronavirus/projets-recherche-coronavirus

StopCovid

Les chercheurs de l’Inria ont participé à la spécification du protocole ROBERT.

https://www.developpez.com/actu/300891/StopCovid-l-INRIA-devoile-ROBERT-un-protocole-mis-au-point-pour-la-construction-d-applications-mobiles-de-suivi-de-contacts-en-reponse-a-celui-d-Apple-et-Google/

L’application doit permettre de tracer les contacts de plus de 15 minutes à moins d’un mètre (par exemple dans le métro).

Protocole Robert

https://www.inria.fr/sites/default/files/2020-04/Pr%C3%A9sentation%20du%20protocole%20Robert.pdf

Est-ce le protocole ROBERT qui est en application ? Rien n’est moins certain. Des plaintes sur la non-transparence du protocole appliqué ont été déposées.

On ne développe pas une application facilement. Les acteurs étaient nombreux.

L’application développée ne respecterait pas les spécifications. C’est grave !

https://www.lemondeinformatique.fr/actualites/lire-stopcovid-envoie-beaucoup-de-plus-de-donnees-que-prevu-79456.html

« Lancée le 2 juin 2020, l’application StopCovid a dépassé le million d’utilisateurs. Les doutes et les débats à son sujet n’ont pourtant pas faibli : invasive, trop peu respectueuse des données personnelles, à l’utilité opérationnelle limitée, mise en place tardivement… Mais si son développement a pris du retard, c’est aussi parce qu’il a dû prendre en compte des enjeux et des préoccupations en constante évolution, à la fois techniques, éthiques et juridiques. Sur le plan technique, StopCovid est passé du protocole « ROBERT » à « DÉSIRÉ », conservant un modèle centralisé mais tendant vers une possible interopérabilité européenne, s’affranchissant ainsi de Google et Apple au nom de la souveraineté numérique française. Quant à sa fiabilité et à sa sécurité, l’application semble avoir donné des garanties de robustesse et de protection des données suffisantes pour être approuvée par la CNIL. »

PDJ de l’Observatoire FIC

Seconde vague

Le monde médical appréhende une seconde vague. L’application StopCovid, en France,   un outil de plus, utile pour tracer rapidement les individus proches durant au moins 15 mn si les Français l’adoptent en masse. La France a choisi une solution centralisée et incompatible avec ce que les autres pays européens ont choisi…

https://siecledigital.fr/2020/06/17/covid-19-les-applications-de-tracage-fonctionneront-bientot-au-dela-des-frontieres/?utm_source=Newsletter+Si%C3%A8cle+Digital&utm_campaign=eb88ddaedf-newsletter_hebdomadaire&utm_medium=email&utm_term=0_3b73bad11a-eb88ddaedf-259549089

Effondrement économique

Les difficultés économiques commencent à arriver. L’État, après avoir payé presque tout le monde à ne rien faire, a emprunté 500 milliards d’euros. C’est du jamais vu !

Pourquoi les gouvernements ont-ils  choisi de soutenir l’humain d’abord, et l’économie ensuite ? Ils n’étaient pas obligés !

Bien sûr, beaucoup de personnes souffrent… tout d’abord ceux qui travaillent au noir, ceux qui ne travaillent plus depuis de nombreuses années, ceux qui n’ont pas de liquidités, ceux qui vivent avec presque rien…

Les commerçants, les hôtels et restaurants sont soutenus mais les entreprises fragiles ne peuvent pas subsister. Encore faut-il avoir de la marchandise à vendre… C’est un casse-tête gigantesque ! Je n’aimerais pas être à la place de ce gouvernement… Ils ont sans doute fait des erreurs, mais qui n’en fait pas ? L’impréparation à un phénomène médical émergeant est tout de même patente.

Comment repartir doucement, différemment, sans augmenter les impôts, en développant une nouvelle stratégie économique, plus durable, sur le long terme, qui prenne en compte l’environnement, qui respecte la nature tout en soutenant l’homme, en répartissant les richesses plus équitablement ? L’humain est la clé !

Cette épidémie a renforcé les liens entre la France et Allemagne et fait avancer, de ce fait, le projet européen fédéraliste.

La crise de l’épidémie Covid-19 accélère-t-elle la transformation numérique ?

Le constat est là. Trois mois après le début du confinement, la majorité des personnes du tertiaire travaillent toujours depuis leur domicile à de rares exceptions près. Ils y ont découvert des avantages : la liberté, une moindre fatigue, une efficacité équivalente dans le travail, des relations familiales accrues, moins de monde dans les transports en communs, moins d’embouteillages, un gain de temps (pour certains 2 à 3 heures par jour). Leurs patrons se sont posé la question du coût des locaux. Et si finalement, cela devenait la norme ? Il manque les liens sociaux, c’est vrai… Mais rien n’empêche d’organiser à coûts moindres des réunions en présentiel, des dîners ou déjeuners d’affaires… Les bureaux de coworking fleurissent aux quatre coins du pays et dans de très belles régions. De nombreux parisiens sont partis se confiner en province, dans des résidences secondaires ou chez des amis ; ils ont apprécié les jardins privés, les vues non urbaines, le silence de la campagne, le chant des oiseaux… Il sera difficile de revenir en arrière.

https://sodigital.fr/covid-19-transformation-numerique/

Triste bilan humain français

En France, comme dans les pays européens le bilan humain est gigantesque.

Santé publique France publie chaque semaine un bilan Covid-19.

Histoire de Coco le petit virus - juin 2020 1

Comment fonctionnent les modèles qui prédisent la pandémie ?

Des algorithmes d’Intelligence Artificielle ont permis d’alerter avant l’OMS la pandémie Covid-19.

https://www.pourlascience.fr/sr/covid-19/comment-fonctionnent-les-modeles-qui-predisent-levolution-de-la-pandemie-19236.php

Des incertitudes et des manques de données ne permettent pas d’avoir des modèles prévisionnels très fiables.

Plusieurs modèles permettent de simuler la diffusion de l’épidémie. Ils se fondent sur des éléments dans des ensembles et un individu passe d’un état à l’autre. Exemple du modèle SIR :

  • S – Susceptible d’être infecté ;
  • I – Infecté ;
  • R – Guéri (Recovered) ;
  • Ou mort.

Le groupe R est présumé immunisé contre le virus et ne peut plus transmettre l’infection. Les individus ayant une immunité naturelle font aussi partie de cet ensemble. Des simulations sont faites se rapprochant des caractéristiques des habitants des villes.

Au Royaume-Uni, les modèles mathématiques font débat entre deux très grandes institutions :

  • l’Imperial College de Londres ;
  • l’université de Cambridge.

Imperial College

Histoire de Coco le petit virus - juin 2020 2

Neil Fergusson de l’Imperial College, au Royaume-Uni a convaincu le monde entier de confiner les citoyens car les tests n’étaient pas prêts.

https://www.nature.com/articles/d41586-020-01003-6

« Lorsque les données actualisées du modèle de l’équipe de l’Imperial College ont révélé que le système de santé du Royaume-Uni serait rapidement submergé de cas graves de Covid-19, et pourrait faire face à plus de 500 000 décès si le gouvernement ne prenait aucune mesure, le Premier ministre Boris Johnson a presque immédiatement annoncé des restrictions rigoureuses sur les déplacements des personnes. Le même modèle suggérait que, sans action rapide, les États-Unis pourraient subir 2,2 millions de décès. Ces résultats ont été partagés avec la Maison Blanche et de nouvelles consignes de distanciation sociale ont rapidement suivi. »

« Une version antérieure du modèle de l’Imperial College, par exemple, estimait que le Covid-19 V-2 serait du même ordre de gravité que la grippe en termes d’hospitalisations. Cette estimation s’est évidemment révélée incorrecte. »

« L’Imperial College London (officiellement Imperial College of Science, Technology and Medicine) est une université britannique fondée en 1907, se situant à Londres dans le quartier de South Kensington. Elle est spécialisée dans les sciences, l’ingénierie, la médecine et les études commerciales (avec l’Imperial College Business School). L’université compte 14 prix Nobels, 3 médaillés Fields et 74 Fellows of the Royal Society. Les contributions de l’université à la société comprennent la découverte de la pénicilline, les développements de l’holographie et de la fibre optique »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Imperial_College_London

Université de Cambridge

Histoire de Coco le petit virus - juin 2020 3

« L’université de Cambridge (en anglais University of Cambridge) est une université anglaise située à Cambridge en Angleterre. Fondée en 1209 et dotée du statut de charte royale par le roi Henri III d’Angleterre en 1231, Cambridge est la deuxième université du monde anglophone par l’ancienneté. L’université est née d’une association de chercheurs qui ont quitté l’université d’Oxford après un conflit avec les habitants de la ville. Les deux anciennes universités partagent de nombreuses caractéristiques communes et sont souvent appelées conjointement Oxbridge.

L’université compte 118 prix Nobel et 11 médaillés Fields qui ont été affiliés à Cambridge en tant qu’étudiants, professeurs, personnel ou anciens élèves.

Cambridge jouit d’un partenariat avec le Massachusetts Institute of Technology (MIT). »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Universit%C3%A9_de_Cambridge

Jorge Goncalves a participé à la conception d’un modèle de prédiction de la mortalité interprétable pour les patients Covid-19, en collaboration avec d’autres chercheurs. Cet article montre les marqueurs qui ont été repéré par l’intelligence artificielle.

https://www.nature.com/articles/s42256-020-0180-7#Fig1

https://www.pourlascience.fr/sr/covid-19/comment-fonctionnent-les-modeles-qui-predisent-levolution-de-la-pandemie-19236.php

La revue « The Lancet »

« Il y a près d’un mois, on assistait au spectaculaire épisode de la publication puis de la rétractation d’une étude dans le « Lancet » sur l’hydroxychloroquine dans laquelle était impliquée la start-up Surgisphere spécialisée dans le Big Data médical. Ces errements renforcent l’idée d’un haut niveau d’exigence méthodologique et éthique. »

https://www.lequotidiendumedecin.fr/actus-medicales/ethique/quelles-lecons-retenir-de-laffaire-surgisphere?xtor=EPR-3-%5BNL_edition_abonnes%5D-%5B20200619%5D&utm_content=20200619&utm_campaign=NL_editionabonnes&utm_medium=newsletter&utm_source=qdm

https://www.lemonde.fr/sciences/article/2020/06/04/hydroxychloroquine-trois-auteurs-de-l-etude-du-lancet-se-retractent_6041803_1650684.html

« Coup sur coup, deux des plus grandes revues médicales mondiales ont procédé à la rétractation d’articles ayant trait au Covid-19, fondés sur des données fournies par une société américaine, Surgisphere, et à l’origine, désormais, plus que douteuse.

The Lancet a annoncé, jeudi 4 juin 2020, le retrait de l’étude publiée le 22 mai dans ses colonnes, qui suggérait que l’hydroxychloroquine, associée ou non à un antibiotique comme l’azithromycine, augmentait la mortalité et les arythmies cardiaques chez les patients hospitalisés pour Covid-19. Cette étude avait été suivie en France d’une abrogation de la dérogation qui permettait l’utilisation de cette molécule contre le nouveau coronavirus SARS-CoV-2 et de la suspension d’essais cliniques destinés à tester son efficacité. »

« Le New England Journal of Medicine (NEJM) a fait de même pour un article publié le 1er mai dans ses colonnes, qui déclarait que la prise de traitements antihypertenseurs n’avait pas d’influence sur la gravité du Covid-19. Dans les deux cas, l’auteur principal de l’étude était Mandeep Mehra (Harvard Medical School) et les données provenaient de Surgisphere. »

Attention à l’origine des données, aux biais dans les données, à la validation des données. La fiabilité, la véracité, sont des caractéristiques qualitatives difficiles à appréhender. Les données devraient faire l’objet de processus de collecte, d’agrégation, de consolidation, d’historisation. La supervision des processus permet la vérification et la validation. Il est nécessaire de passer beaucoup de temps pour obtenir de bonnes données. Faire intervenir l’éthique et la méthodologie permet de faire moins d’erreurs.

Mais si les erreurs sont en fait une mascarade, alors on enquête sur les données brutes. Mais si l’auteur est malhonnête, attention… Une suspicion de duplication de zones dans les photos permet d’avoir un doute sur le sérieux de l’étude.

https://www.buzzfeednews.com/article/peteraldhous/image-manipulation-surgisphere-sapan-desai

Covid-19 dans le monde

Cette pandémie en juin 2020 n’est pas terminée ! Attention aux rebonds ! Le 20 juin 2020, 150 000 nouveaux cas ont été détectés dans le monde. C’est le plus grand nombre de cas depuis le début de l’épidémie.

En France, les deux à trois mois de confinement ont permis de stopper net la multiplication du virus. Les gestes barrières ont été efficaces et ont même permis un nombre de mort inférieur au nombre habituel en mai (il y a aussi eu moins d’accidents de la route). L’hygiène y est-il pour quelque-chose ?  Au Japon, ils ont très peu de morts.

Evolution mortalité europe

Pourquoi l’Allemagne s’en est-elle sortie beaucoup mieux que la France ; difficile à dire. Ils ne vivent pas comme nous. Les femmes ne travaillent pas toutes et vont peut-être chercher leurs enfants à l’école en voiture (moins contaminées), elles ne prennent pas les transports en communs (sources habituelles de microbes et virus). Il faudrait trouver des réponses.

Ils avaient un très grand nombre de lits de réanimation, des masques et des tests en plus grand nombre. C’est un pays riche ! L’Allemagne a fait le choix de l’industrialisation, de la qualité.  Ils ont gardé cette image. Et de plus, les allemands sont disciplinés et leur État est une fédération de länder.

A côté, la France paraît être un pays sous-développé ; elle a été aidée par l’Allemagne aux frontières…

Des analyses précises doivent être faites pour essayer de comprendre à quoi sont dues les différences entre les pays européens.

Il faut un vrai retour d’expérience au niveau européen !

L’Italie a beaucoup souffert. Son exemple aurait pu être mieux appréhendé.

En Espagne ce fut un drame également.

Très peu de véhicules ont circulé pendant deux mois (de mi-mars à mi-mai), ce qui a permis de sauver aussi un nombre important de vies. Très peu d’accidents de la route ont eu lieu. Moins de vols ont été recensés. Les assurances devraient faire baisser leurs primes l’an prochain… Il est toujours possible d’espérer !

https://fr.statista.com/infographie/21266/evolution-du-nombre-de-deces-causes-par-le-coronavirus-covid-19-par-pays/

Voici les derniers chiffres dans le monde.

Tableau de bord : l’épidémie de COVID-19 en chiffres

Les chiffres clés Monde et Europe au 18/06/2020 (source ECDC)

  • Cas dans le monde : 8 318 370 cas confirmés depuis le 31/12/19 dont 1 492 177 en Europe
  • Décès dans le monde : 448 735 décès depuis le 31/12/19 dont 172 621 en Europe

Les indicateurs quotidiens sont accessibles sur https://geodes.santepubliquefrance.fr/#c=home.

Coronavirus : visualisez l’évolution de l’épidémie en France et dans le monde
https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/05/05/coronavirus-age-mortalite-departements-pays-suivez-l-evolution-de-l-epidemie-en-cartes-et-graphiques_6038751_4355770.html
via Le Monde

Conclusion

Plus que jamais, les décisions politiques ont été appuyées par des comités scientifiques. Ne serait-il pas indispensable, dans un proche avenir, que nos dirigeants soient des scientifiques comme Angela Merkel en Allemagne,  afin de mieux comprendre les enjeux. L’intelligence artificielle, le nucléaire, les robots, les objets connectés, la santé, l’industrie, les réseaux… sont des objets complexes de réflexion…

Gardons espoir ! L’homme a des ressources inestimables au plus profond de lui. Arrêtons la course au profit immédiat, essayons d’être raisonnables. Faisons participer les hommes à leur destin. Éduquons-les. Partageons nos connaissances, nos meilleures pratiques et restons humbles. La difficulté est énorme. Passons ce cap car il y en aura d’autres…

ADELI a survécu et appris du confinement. Les conférences-débat sont devenues virtuelles ce qui permet aux provinciaux de participer. Finalement, ce confinement a eu des effets bien agréables.

Nos réunions de comité sont devenues virtuelles. Nous en avons fait plus que d’habitude. Cela a permis de prendre des nouvelles les uns et des autres, de papoter en attendant l’heure de démarrage de la réunion. Les réunions commencent à l’heure. Les outils bureautiques sont faciles à utiliser et connus de tous, ce qui facilite l’écriture.

L’enregistrement des conférences est rapidement mis à disposition, ce qui permet aux absents de s’informer.

Un groupe Whatsapp a commencé à vivre. Des blagues, des questionnements ont fusé…

Le confinement fut propice au travail. Les groupes de travail produisent des articles, des compte-rendus…

Ce n’est pas fini ! Nous en aurons peut-être pour quelques années. Prenez soin de vous et de vos proches, respectez les gestes barrières et mettez un masque dans les lieux publics !

Confinement et résilience 4

Confinement et résilience

Au premier semestre 2020, la pandémie du COVID-19 (Corona Virus Disease 2019) a divulgué deux mots, jusqu’alors peu fréquents dans nos conversations : confinement et résilience.
À tel point que la Lettre d’ADELI en fait le thème de ce numéro 120 de l’été 2020.

En protection contre la pandémie, de nombreux États ont pris une mesure radicale : le confinement des populations ; toutes les activités non indispensables à la survie de la société ont été arrêtées pendant deux mois ; les citoyens – à l’exception des personnels mobilisés – ont été contraints de rester chez eux.

Le traumatisme regroupe les conséquences d’une blessure appelée trauma. La lutte contre la pandémie du COVID-19 a combattu deux facteurs traumatisants, étroitement liés :

  • une menace susceptible de contaminer chaque membre de notre entourage, voire d’entraîner une issue fatale pour les plus vulnérables ;
  • un changement brutal de notre mode de vie, en limitant nos libertés fondamentales et en bridant notre convivialité.

Pour en limiter le traumatisme, les individus et les groupes sociaux ont développé une résistance appelée résilience.

Confinement

Confiner, c’est :Confinement et résilience 5

  • dans un contexte juridique, emprisonner un condamné ou détenir préventivement un individu pour l’empêcher d’agir et de communiquer ou – plus rarement – pour le protéger ;
  • dans un contexte conflictuel, détenir, en otage, une personne captive, en perspective d’une négociation : échange, chantage, rançon ;
  • dans un contexte sanitaire, mettre des personnes infectées, ou présumées telles, en quarantaine pour éviter une contamination ;
  • dans un contexte intellectuel, imposer les règles exclusives d’une idéologie, dans la retraite d’un mouvement intégriste.

Le confinement oblige un individu à demeurer dans un espace physique fermé et/ou à épouser la discipline d’une spiritualité.

Les mots synonymes de confinement : incarcération, internement, détention, réclusion, captivité, consignation, séquestration, isolement, quarantaine, expriment une privation de liberté de mouvement, ce qui donne, à ce mot, un caractère stressant.

Un autre mot, porteur de valeurs protectrices : sauvegarde, prévention, précaution, parade, maintien, défense, abri, sécurité, quiétude, sérénité… aurait eu un impact psychologique moins déprimant.

En aparté, notons l’existence d’un Confinement quantique : état de la matière observable lorsque le diamètre d’un matériau a la même valeur qu’une longueur d’onde ; ce qui en modifie les propriétés électroniques et optiques.

Résilience

La résilience caractérise la résistance d’un matériau aux chocs ; le fait de rebondir.

Confinement et résilience 6On mesure la résilience, par l’énergie absorbée lors du choc d’un mouton-pendule sur l’éprouvette d’un matériau. La résilience du matériau dépend de sa composition et de son traitement thermique. L’échelle de résilience des matériaux s’étend des plus fragiles : faïence, céramique, verre… aux plus résistants : métal, acier, alliages spéciaux.

Par extension, la résilience désigne, également, l’aptitude d’un système à supporter la dégradation de son environnement. Ainsi, la résilience migre du domaine de la physique des corps solides à celui de la psychologie.

Pendant un confinement imposé, chaque individu se trouve dans la position d’une éprouvette frappée de plein fouet. Cette blessure psychique provoque un traumatisme, combattu par le développement, instinctif ou volontaire, d’une résilience. Certes, cette résilience ne permet pas un retour à l’état initial qui précédait le choc, mais elle favorise l’acquisition de nouvelles ressources pour en atténuer les effets négatifs.

Restez à la maison

Confinement et résilience 7Les pouvoirs publics ont maintenu nos fonctions vitales. L’alimentation des foyers a été assurée par le maintien des accès aux sources d’approvisionnement. Le confort matériel des domiciles a été préservé par l’alimentation en énergie, en eau et en information et par l’enlèvement des ordures ménagères.

Les services sanitaires ont rempli leur mission professionnelle avec un grand dévouement.

Cette contrainte a été, globalement, bien respectée par les citoyens qui ont limité leurs sorties au strict nécessaire. Cependant, cette situation exceptionnelle a eu des incidences sur les comportements des individus, tant dans leur cadre résidentiel que dans leur environnement professionnel.

Ce confinement a développé différentes formes de résilience.

Résilience résidentielle

Les apports du confinement

En nous affranchissant de la pression de l’immédiat, le nouveau cadre de vie permet :

  • de prendre du temps pour des activités à long terme : réfléchir, organiser, ranger, classer ;
  • de séparer les besoins vitaux nécessaires à la survie et à l’épanouissement physique et moral, des autres besoins superflus, exhaussés par des campagnes publicitaires ;
  • de retrouver d’autres formes de culture : lecture, visites virtuelles, spectacles enregistrés ;
  • de renforcer des compétences pratiques dans de nouveaux domaines : couture (fabrication de masques), bricolage (travaux ménagers), cuisine (nourriture recherchée) ;
  • d’exploiter les nouvelles technologies de communications numériques ;
  • d’apprécier, provisoirement, un environnement moins exposé aux pollutions des activités professionnelles ;
  • de resserrer des liens familiaux et amicaux en prenant, plus régulièrement, des nouvelles des personnes éloignées.

Les inconvénients du confinement

En réduisant nos déplacements physiques, le confinement :

  • nuit aux libertés élémentaires, en prohibant certaines activités : déplacements, rencontres familiales et amicales, spectacles culturels, festifs et sportifs ;
  • relâche les liens sociaux en privilégiant l’individualisme ;
  • conditionne les citoyens par une information (presse, radio, télévision) exclusivement centrée sur un thème anxiogène ;
  • développe les effets physiologiques néfastes de la sédentarité : manque d’exercices physiques, compensation alimentaire excessive ; d’où une perte musculaire et un gain de poids ;
  • aggrave les inégalités entre les classes sociales :
    • familles réunies / familles dispersées,
    • espace confortable et alimentation complète / logement exigu surpeuplé et nourriture de subsistance,
    • poursuite d’activités enrichissantes / objectif exclusif de survie.

Les conditions d’un strict confinement dans les étroites limites d’un domicile apparaissent très différentes selon que l’individu vit seul, en couple, en famille avec enfants ou en groupe communautaire plus étendu et selon le degré de poursuite de son activité professionnelle.

De nombreux individus ont spontanément développé des réactions dans leur zone d’autonomie préservée : nouveaux horaires, nouvelles activités, nouveaux modes de communication.

Résilience professionnelle

Le contexte

Le confinement a interrompu les principales activités économiques, culturelles, sociales. Les secteurs de la santé, de l’alimentation, des transports, de l’énergie, de la propreté ont continué à fonctionner. Les déplacements du domicile vers le lieu habituel de travail ont été strictement réglementés ; les secteurs tertiaires et quaternaires – y compris les établissements d’enseignement – ont exploité les outils numériques pour poursuivre leurs activités, en mode dégradé.

Le télétravail

Confinement et résilience 8Confinement et résilience 9

ADELI avait mené, en 1998, une étude avec d’autres organismes sur le télétravail.
Le rapport intitulé TÉLERGoscope n’a jamais été publié, en raison d’un différend entre les partenaires.

Depuis lors, les techniques de télécommunication audio-visuelle se sont considérablement diversifiées pour permettre des collaborations efficaces entre acteurs géographiquement éloignés.

 

Le confinement de 2020 aura marqué une étape importante dans la banalisation du télétravail. Les acteurs du secteur tertiaire ont mis en œuvre les outils audio-visuels du télétravail : téléréunions, échanges collaboratifs de documents, afin de maintenir une activité collective.

Ce qui crée un clivage entre les professions manuelles liées à un poste de travail et les professions intellectuelles qui peuvent exercer leur activité autour d’un terminal mobile.

Les facteurs de résilience au confinement

Les différentes formes de la confiance et l’humour se révèlent être des moyens efficaces pour lutter contre la peur et l’ennui.

La confiance

Confiance envers les autorités

Confinement et résilience 10Cette situation exceptionnelle a conduit les gouvernements des États à prendre des décisions drastiques en fonction des informations relayées, des avis quelquefois divergents des experts médicaux, économiques, financiers.

Il était bien délicat, a priori, de choisir, à coup sûr, les mesures (directives, intensité, calendrier) qui se révèleraient à terme, les plus pertinentes. Mais, manifester de vives inquiétudes quant à l’efficacité des mesures n’aurait fait qu’accroître un stress. Plus par sentiment que par raison, les citoyens sont enclins de faire confiance.

Confiance envers les autres

Confinement et résilience 11Dans sa sphère de confinement avec ses proches : conjoint, enfants, collègues, il convient d’organiser une nouvelle répartition des tâches en en incorporant de nouvelles : éducation des enfants et maîtrise des outils numériques.
Les personnes confinées, dans un même espace réduit, ont intérêt à se faire mutuellement confiance – et à faire aussi confiance à leurs interlocuteurs numériques – pour conserver leur sérénité et éviter les affrontements.

Confiance en soi

Confinement et résilience 12Se retrouver seul pour résoudre des problèmes qui étaient sous-traités à des professionnels, amène à s’impliquer dans de nouvelles activités.
Ces petits défis ont révélé un renforcement de la confiance en soi dans de nouveaux domaines.

L’humour

Confinement et résilience 13

Chaque individu, conditionné par sa position sociale et sa culture, a une attitude personnelle face à l’humour ; certains le rejettent en le considérant comme une réaction puérile.

Cependant, l’homme dispose d’une capacité de dérision qui est une soupape pour évacuer une partie de son stress. Rire de sa situation est une réaction libératrice.

L’humour est une philosophie de partage qui devrait amplifier les réactions ; le sourire et le rire étant communicatifs.

Pour ne donner qu’un exemple – sans passer en revue les caricatures et les anecdotes qui ont encombré les réseaux sociaux – nous nous bornerons à citer quelques néologismes qui désignent de nouveaux concepts :

  • S’enconfiner : accepter le confinement, s’y réfugier, voire s’y complaire ;
  • Interdi : chaque jour de la semaine lorsque les déplacements sont exclus ;
  • Solidaritude ; renforcement de la solidarité dans la solitude individuelle ;
  • Immobésité : conséquence de l’absence d’activités physiques ;
  • Vodkaphones, whiskypes… que l’on consomme au zoombar ;
  • Mascarade :  péripéties de la distribution de masques ;
  • Résilience secondaire : lieu de confinement des citadins exfiltrés.

Le syndrome de la cabane

Confinement et résilience 14Certains confinés ont subi le syndrome de la cabane, cousin du syndrome de Stockholm.
La cabane évoque le refuge des trappeurs nord-américains, coupés du monde pendant la période de chasse. Certains trappeurs éprouvaient une grande peur à l’idée du retour à une vie normale.

Le départ du confinement a été sifflé de façon impérative par les autorités, tandis que les modalités du déconfinement – en dehors du respect de quelques règles – sont laissées à la décision de l’individu, libre de son calendrier et de son intensité. Le constant rappel des précautions à prendre pour éviter un danger de contamination incite certains individus à rester douillettement confinés dans leurs habitudes au lieu d’affronter les difficultés d’une vie externe trop longtemps négligée.

Épilogue

Sans remonter jusqu’à la grippe espagnole qui avait fait plusieurs dizaines de millions de victimes, il y a un siècle, les plus anciens d’entre nous évoquent deux épidémies grippales, vécues dans leur jeunesse ; qui auraient fait, chacune, un million de victimes dans le monde : la grippe asiatique (1956-58) et la grippe de Hong Kong (1968-1970).

La lecture des revues de presse de l’époque nous surprend par la faible place accordée à ces tragiques événements, en comparaison des autres actualités : guerres en Algérie et au Vietnam, guerre froide, conquêtes spatiales, agitations étudiantes…

Il y a un demi-siècle, la durée de vie était inférieure d’une bonne vingtaine d’années à la nôtre, et la plupart des victimes avaient déjà dépassé la longévité moyenne ; ce que constituait au regard de certains commentateurs, une raison suffisante de décès.

Dans quelques mois, le souvenir de cette période exceptionnelle se sera, nous l’espérons, estompé. La menace épidémique se sera dissipée ; il ne nous restera plus qu’à en gérer les très lourdes séquelles économiques et sociales.

Cependant, nous garderons la mémoire de ceux qui nous ont prématurément quittés, à l’issue d’une infection fatale.

coronavirus

La maladie COVID-19 en France.. entraine dans les médias des infos douteuses, voire des infox !

Covid-19 et Infox

Depuis février-mars 2020,  après la Chine, l’Iran, l’Italie et les États-Unis, la France a été atteinte par la pandémie mondiale du Coronavirus, la maladie « Covid-19 », ou « Covid ». On a dénombré en mai 2020, environ 40 000 cas positifs avérés et près de 28 000 décès, à la fois dans les services hospitaliers et dans les Établissements d’Hospitalisation des Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD).

On rappelle que le terme « coronavirus » ou « virus à couronne » désigne une famille de virus, dont le noyau est garni extérieurement de projections bulbaires. Depuis 2002, le monde a subi deux de ces virus, le SARS-CoV (syndrome respiratoire aigu sévère) et le MERS-CoV-2. Fin 2019 se développe, à partir de la Chine, un troisième coronavirus, le SARS-CoV-2, entrainant une pandémie sur la quasi-totalité des pays du globe, elle-même appelée COVID-19.

Entre le 17 mars et le 10 mai, la quasi-totalité des Français, à l’exception des salariés de « services essentiels », a été soumise à un  confinement  domestique, c’est-à-dire à une astreinte à garder le domicile, sauf pour une seule sortie d’une heure, dûment justifiée, incluant des « mesures-barrière » et une attestation de sortie conforme.

Durant cette période, dans les foyers confinés équipés d’Internet, le nombre de connexions a explosé dans plusieurs domaines :

  • comme en temps normal, pour  les achats en ligne (alimentaires, loisirs, vidéos…) et les échanges ordinaires (messageries, réseaux sociaux,…) ;
  • de plus, pour des échanges professionnels (télétravail), pour l’enseignement scolaire des enfants à distance et surtout pour le télétravail chez des salariés qui avaient choisi le confinement et non la présence physique dans l’entreprise.

Mais, on le sait, Internet présente, en même temps que beaucoup d’avantages techniques (rapidité, interactivité, coût négligeable…), des risques soit anciens (virus, spams, phishing, usurpations d’identité…), soit nouveaux à travers des informations non recoupées ou fantaisistes, voire des « fakes » ; celles-ci font  l’objet de cet article.

N.B. – pour des généralités sur ce dernier thème ( définitions, motivations des fakes et infox, « fast checking », etc.), on se reportera utilement à la Lettre ADELI n°114 d’hiver 2019. A ce jour, une grande majorité d’infox sont de type politique, elles impactent directement ce secteur ; on ne peut parler de « dangerosité ». S’agissant de santé publique, bien évidemment, les fausses informations peuvent entraîner des conséquences beaucoup plus dangereuses sur la population. Citons le journaliste Thomas Huchon dans « chut.media » :

« Des gens considèrent que la maladie n’existe pas, parce qu’on ne voit pas de malades ; d’autres échangent sur les meilleurs moyens de se soigner, et cela peut tuer. »

Infos douteuses, infox sur les thèmes médicaux proprement dits

Le coronavirus est relativement nouveau dans la galaxie scientifique et médicale.

De plus, en France, le délai entre la mise au point d’un traitement, protocole ou vaccin et son autorisation de mise sur le marché et de diffusion se mesure en mois voire en années. En effet, il est tributaire d’avis scientifiques et d’autorisations administratives de très haut niveau, ce qui induit une période de « traitement provisoire de l’épidémie » par des mesures médicales et politiques et, dans le monde médiatique actuel, laisse libre cours à tous les débats et aux désinformations possibles.

Nombre de scientifiques et médecins se sont relayés sur les chaines d’information et réseaux sociaux, qui pour commenter l’évolution de la pandémie, qui pour disserter sur les traitements et vaccins envisageables, pas toujours avec le recul scientifique nécessaire. Chacun d’eux a présenté ses hypothèses, prodigué ses conseils, à la fois aux autorités sanitaires, aux décideurs politiques et aux citoyens. Ci-après, les circuits généraux d’information pendant l’épidémie (on constatera la multiplicité des interlocuteurs (scientifiques, décideurs) dans le rectangle en haut et à gauche).Schéma infox épidémie coronavirus

  • Aux USA, la classe politique au pouvoir a prétendu que le virus s’était « échappé » d’un laboratoire de virologie de la ville foyer de Wuhan.
    Cette thèse n’a jamais reçu de validation officielle.
  • En France, une posture médicale particulièrement médiatique a été celle du Professeur Didier Raoult, infectiologue, Directeur de l’IHU de la Timone à Marseille.

Dans un premier temps, il a proclamé le peu de dangerosité du virus (démenti par la suite) :

https://rmc.bfmtv.com/mediaplayer/video/coronavirus-il-n-y-a-pas-de-raison-d-avoir-peur-assure-le-professeur-didier-raoult-specialiste-des-maladies-infectieuses-1219765.html

Ensuite, il a proposé à Marseille des traitements de cas de la maladie  du COVID-19  à base d’un médicament antipaludique. Ce dernier, bien qu’efficace dans certains cas, mais compte tenu d’effets secondaires nombreux, a été publiquement contesté, et les conséquences d’un regain de consommation du produit dans plusieurs pays sans connaitre les risques et effets ont pu s’avérer risquées. Cependant Didier Raoult continue à bénéficier d’une grande popularité en France, à ce stade de l’épidémie : on peut parler d’un « camp Raoult »…

  • Un autre message Twitter publié au mois de mai 2020 autour du Docteur Raoult  (citation) :

Ils savent que tout ce tapage du #coronavirus est une supercherie, le #virus est terminé (voir #Raoult), donc les #masques sont inutiles en plus d’être nocifs. Pourquoi mettre au pas la population et la priver de ses droits et libertés ? #ReveillonsNous #StopSideration. Il n’y a jamais eu de virus de toute façon, car juste une manipulation de la haute sphère.

  • Par ailleurs, toujours en France, un chercheur épidémiologiste, a fait part sur le fond des résultats d’un modèle mathématique faisant remonter l’épidémie en Chine, non à Décembre 2019, mais à l’automne 2019 ; ce qui lui attribuerait une contagiosité plus faible. Là encore, aucune validation officielle.
    Lire la suite
Salle de cinéma

Culture/Cinéma/Numérique/Projectionniste

Les métiers du cinéma

Le cinéma occupe encore, en France, une place de choix. Notre pays dispose du plus grand réseau de salles rapporté au nombre d’habitants au monde (5982 écrans pour 2040 établissements). Grâce au CNC (Centre national de la Cinématographie), la production cinématographique se porte plutôt bien et la France occupe un rang international non négligeable. En 2019 la fréquentation des salles a atteint 213,3 millions d’entrées (soit le second plus haut niveau depuis 1966). Le marché français représente environ 35 % de ce total.

À l’heure du confinement, les tournages ont été interrompus, les assureurs n’ont pas joué le jeu, les salles sont fermées depuis deux longs mois et le Festival de Cannes n’a pas eu lieu pour la première fois de son histoire.

C’est un avis de tempête qui souffle sur l’ensemble des métiers liés au cinéma (Wikipédia en dénombre pas moins de 56).

Le numérique transforme les salles d’exploitation

Le numérique est aussi passé par là… grâce au CNC les salles ont pu muter de la projection argentique à la projection numérique et offrir un confort et une qualité technique en perpétuelle amélioration (3D).

Cinéma classé

Cinéma l’Ambiance

Aujourd’hui une petite commune, comme Senonches (3087 habitants — Eure et Loire) a pu garder « intact » son cinéma « l’Ambiance » des années 1950 et obtenir son inscription à l’inventaire complémentaire des monuments historiques le 16 juin 2003. Il a été construit par l’architecte Marcel Barbier en 1957, et sa décoration confiée à la maison Quinette à Paris. Il comprend 450 places réparties en parterre et balcon. Il a été entièrement rénové en 2005 à l’identique.

Celui-ci est aussi passé au numérique, fini les bobines, juste une liaison satellite ou un disque dur et de l’électronique.

Aujourd’hui, c’est la même personne qui ouvre la salle, vend les billets, les friandises, lance le film.

Mais au moins, il y a encore une être humain.

L’automatisation du réseau

À Paris, la rénovation des salles s’achève, dans les nouveaux complexes UGC, comme à Alésia, c’est un automate qui délivre les billets, ce sont des distributeurs qui vendent les friandises… Résultat (vécu) en cas de panne… il n’y a personne, juste un agent de sécurité qui appelle en catastrophe le salarié de permanence pour qu’il accoure et assure le remboursement si le redémarrage n’est pas possible.

C’est l’informatique qui gère la programmation et la diffusion des films dans les différentes salles.

Dans ce dernier cas, on voit bien la disparition des métiers liés aux salles de cinéma.

Les projectionnistes

Là, le savoir-faire, l’artisanat sur mesure (qui ne se souvient pas du film qui casse à l’écran en un mouvement glissant… et la réparation qui suit dans les minutes) ont disparu. La plupart des projectionnistes ont été licenciés et une minorité reconvertie.

Désormais le matériel argentique, les pellicules… tout cela relève du musée.

Ceux qui restent, n’ont plus rien à voir avec l’antique cérémonial de la salle de projection (Cf Cinéma Paradiso), on est passé au « technicien polyvalent »… dont le profil n’a plus rien à voir.

Parfois, ce sont même des caissières (elles aussi disparues) qui après une brève formation occupent le poste.

Ces techniciens polyvalents selon la nature du réseau peuvent enrichir leur activité par des actions de communication, ces cas restent toutefois très marginaux.

Le DCP (Digital Cinema Package) est passé par là avec son cortège de fichiers informatiques qui gèrent l’ensemble du processus de la lecture des films à leur programmation journalière.

L’ouverture mythique des bobines (elles pesaient leur poids 20 kg), leur collage pour la projection, puis leur montage ont laissé la place à un « triste » disque dur branché sur un banal port USB.

Enfin dernier signal de cette chute dans le rapport d’activité 2014 de René Bonnel pour le CNC, le mot projectionniste a disparu…

Fin de clap.

Références

Figure géométrique

La facture de la fracture en 2020

Nous vivons une expérience incroyable, unique … un confinement absolu (plus de la moitié de l’humanité  y est soumise) … tel un film catastrophe nous suivons jour après jour l’impact de cette pandémie  au coronavirus sur nos sociétés et nos modes de vie.

La facture viendra vite et il est encore difficile d’en mesurer l’étendue.

Internet nous permet d’accompagner pas à pas cet événement et surtout de remédier à une majeure partie des inconvénients du confinement.

L’omniprésence d’un numérique indispensable

La facture de la fracture en 2020 15

télé travail

Une panne, une coupure du réseau, c’est la panique. Une partie du Val de Marne et une partie de Paris ont connu un tel épisode suite à des actes de vandalisme sur la fibre optique (100 000 personnes concernées). Le télétravail et le lien avec son entreprise sont coupés, les enfants ne peuvent plus suivre à distance leur enseignement, les personnes âgées isolées n’ont plus aucune distraction, la télévision étant de plus en plus en réseau.

Les commandes à distance sont interrompues, les messageries en suspend, les réseaux sociaux entre parenthèses … les balades sur Internet via google en jachère …

On le voit l’emprise est large, forte et crée des liens d’interdépendances prégnants. Cette importance de l’accès au numérique n’est pas nouvelle. Elle a fortement progressé ces dernières années, y compris avec une pression accentuée des pouvoirs publics (les impôts) et de la plupart des services (Poste, banques, assurances, mutuelles, Sécurité sociale, ANPE …).

Et pour autant, les gouvernements successifs n’ont pas pris les mesures efficaces pour réduire la fracture numérique.

La plupart des métiers ont été impacté par le numérique, soit en disparaissant, soit en évoluant en profondeur. De ce fait, une bonne maitrise de la culture numérique devient indispensable pour accéder au monde du travail et y évoluer. Il fut un temps où l’illettrisme était considéré comme un fléau, il subsiste encore malheureusement, mais il faut lui surajouter l’illettrisme numérique aujourd’hui.

On estime à 23%  des Français qui éprouveraient des difficultés avec le numérique. C’est ce que révèle le livre  blanc sur “l’illectronisme” publié en juin 2019 par le Syndicat de la presse sociale (SPS).

La fracture numérique bien réelle

Car celle-ci existe bel et bien, que ce soit les zones blanches où les téléphones portables restent muets (zones rurales) ou encore un débit d’accès faible limitant les usages et malheureusement encore certaines zones où celui-ci est inexistant. Enfin, il reste encore à considérer des populations non équipées ou mal équipées pour des causes économiques ou d’incompréhension aux règles de fonctionnement, pour des raisons d’âges, culturelles, économiques ou encore sociales …

La crise actuelle accentue douloureusement ce constat et met en évidence les dégâts occasionnés par les différentes fractures numériques. Il serait urgent d’en faire un état circonstancié afin d’y apporter au plus vite les remèdes et solutions nécessaires.

L’Etat vient de collectiviser plus de la moitié des emplois du privé et ouvrir en grand les vannes du déficit prouvant qu’ainsi tout est, au final, possible. On aimerait la même énergie et le même volontarisme à régler ce problème d’accès au numérique.

Des solutions existent à la fracture

La facture de la fracture en 2020 16

Confinement et virus

Les pouvoirs publics ont les moyens de faire pression sur les opérateurs, en échange de l’attribution des fréquences, afin qu’ils résolvent le problème des zones blanches. L’école se doit d’assumer un saut technologique, car il est de son devoir de former et d’agir sur les inégalités, y compris celle-ci dont on mesure les dangers potentiels.

Le confinement a, certes, boosté les enseignants, par obligation et on peut espérer un gain qualitatif qui devrait subsister. Mais il reste encore à former les personnels et à éduquer les élèves avec plus d’ambition et de volontarisme qu’on ne le fait.

Pour les populations les plus pauvres, un fond constitutif par les moyens de l’état pourrait à la fois mettre à disposition un kit numérique et des actions de formation et d’assistance.

Pour les personnes plus âgées, on voit bien que l’usage d’une tablette numérique est plus facile qu’un ordinateur, des actions d’encouragement et d’assistance devraient être menées à cet effet.

Il existe une association France Connectée qui revendique un grand plan national de formation aux nouvelles technologies englobant aussi bien les personnes âgées que les familles à distance du numérique.

 

La diligence numérique : un profit pour tous

La facture de la fracture en 2020 17

Education

C’est la société tout entière qui a à gagner à cette mise à niveau numérique. Elle ne pourrait que doper l’économie, la société et procurer une forme de bien-être.

Cette évolution devrait être accompagnée d’une vigilance  pour mesurer l’indispensable du futile et apprécier les risques inhérents propres à toute technologie. Soit l’appréciation bénéfices/risques, à prendre en compte comme en médecine.

La recherche sera un  atout majeur dans cette démarche.

Le niveau d’éducation et de formation dans une région ou dans un pays est pris en considération par les investisseurs comme un facteur positif … La diligence numérique n’en serait qu’un atout de plus et il est plus que jamais utile d’investiguer l’avenir.

« Et si ce virus avait le don énorme de rappeler ce qui nous est vraiment essentiel
Les voyages, les sorties, l’argent ne sont plus la norme
Et de nos fenêtres on réapprend à regarder le ciel
On a du temps pour la famille, on ralentit le travail
Et même avec l’extérieur on renforce les liens. »

Grand Corps Malade (Fabien Marsaud)

Fracture numérique : l’illectronisme touche 17% de la population selon l’INSEE.

https://www.vie-publique.fr/en-bref/271657-fracture-numerique-lillectronisme-touche-17-de-la-population

Le confinement révélateur de la fracture numérique de Yann-Mäel Larher.

https://www.forbes.fr/technologie/le-confinement-revelateur-de-la-fracture-numerique/?cn-reloaded=1

La fracture numérique de Gabriel Dupuis Editions Ellipses – 2007-

 

 

Poste de travail

A propos du télétravail

Boom sur le télétravail

Le monde entier en parle. Les questionnaires se multiplient dans nos boîtes mail. L’avez-vous déjà pratiqué ? seulement depuis le confinement ou depuis longtemps ?

TélétravailVous y a-t-on obligé ? L’aviez-vous demandé depuis longtemps et obtenu après de longues et difficiles négociations avec votre employeur ? Votre employeur finance-t-il  votre connexion Internet ? Pensez-vous avoir gagné en productivité ? en créativité ?

Vous imposez-vous des horaires de travail ? des pauses café ?

Comment communiquez-vous avec vos équipes ? votre hiérarchie ? Vos rapports ont-ils changé du fait du télétravail ? Vous fait-on plus ou moins confiance ?

Le télétravail confiné est-il différent du télétravail «ordinaire » ?

Avantages ? Inconvénients ? Ça se discute

Les avantages et inconvénients du télétravail sont appréciés différemment par chacun, suivant son niveau de compétence et d’autonomie, sa position hiérarchique, son équipement informatique, la surface de son logement, la présence de conjoint et d’enfants. Pour certains le télétravail est une libération : moins de fatigue dans les transports, plus de petit chef sur le dos, fini la promiscuité de l’open space où chacun devait essayer de récréer son territoire.

Open space

Confinement en open space

Les réunions inutiles ont été supprimées, on peut enfin se concentrer et organiser son travail sans être dérangé.

En contrepartie, le manque de contact humain  et de convivialité peut être difficile à supporter, lorsqu’ils étaient présents dans le travail en présentiel.

L’équipement et les outils fournis au télétravailleur peuvent se révéler insuffisants ou inadaptés. La qualité de la liaison Internet conditionne grandement l’acceptabilité du télétravail.

Travailler de façon autonome sans être placé sous un regard extérieur permanent suppose des qualités certaines de concentration et d’auto-contrôle. Cela n’est pas à la portée de tout un chacun et peut nécessiter un apprentissage. Il faut bien reconnaître que l’enseignement, tel qu’il est encore bien souvent pratiqué, ne nous a pas préparé à la collaboration à distance.

 

 Une opportunité commerciale pour le numérique

Les mailings d’offres d’outils facilitateurs du travail à distance se multiplient :

Côté logiciels de gestion de projet on redécouvre l’intelligence collective et on vous inonde de bons conseils :

  • Comment collaborer efficacement ?
  • Comment assurer le succès de vos équipes projet à distance ?

Les réunions se font désormais en « distanciel » plutôt qu’en « présentiel ». Les outils de télé-audio-visio-conférences se multiplient et font recette. Microsoft Teams annonçait une hausse de 1 000% pour les visioconférences en mars. Zoom, encore inconnu du grand public il y a peu, est aujourd’hui l’application Internet la plus téléchargée au monde, avec près de 300 millions d’utilisateurs.  La concurrence fait rage sur fond d’accusations réciproques de sécurité défaillante ou de vol de données personnelles.

Une source d’économies pour l’entreprise

Certains l’avaient compris depuis longtemps, d’autres l’ont découvert à l’occasion des mouvements sociaux de décembre 2019 ou ne font que le découvrir à l’occasion du confinement : le télétravail permet de réduire les surfaces de bureau en prévoyant seulement des lieux de passage pour les indispensables réunions en présentiel.

Mais d’abord, qu’est-ce que le télétravail ?

Travail à distance, certes, mais à distance de qui ou de quoi ?

Le télétravail désigne « toute forme d’organisation du travail dans laquelle un travail qui aurait également pu être exécuté dans les locaux de l’employeur est effectué par un salarié hors de ces locaux de façon volontaire en utilisant les technologies de l’information et de la communication ».

Officiellement, il s’agit donc d’un travail effectué hors des locaux de l’employeur grâce aux outils de télécommunication. Cela n’est donc envisageable que pour les métiers où le résultat du travail peut être remis à l’employeur ou au client sous forme exclusivement dématérialisée. Les emplois de bureau, dont il faudra bien changer l’appellation puisqu’ils seront désormais exercés au domicile, sont ainsi éligibles au télétravail. Médecins, psychologues, psychanalystes, journalistes, enseignants, consultants peuvent également exercer une grande partie de leur activité en « distanciel ». Le télétravail encore considéré il y a peu comme l’apanage des cadres s’ouvre désormais à d’autres catégories socio-professionnelles.

Le télétravail dans sa définition légale est choisi de façon volontaire et ne peut être imposé au travailleur, ce qui n’est bien évidemment pas le cas en période de confinement où le télétravail n’est pas choisi mais imposé pour des raisons sanitaires.

Il convient donc de distinguer le télétravail choisi qui offre à l’employé un espace de liberté par rapport à la situation de « présence obligatoire » dans les locaux de l’employeur, du télétravail imposé qui impose la « présence obligatoire » au domicile. On ne saurait donc confondre ces deux situations et en apprécier les avantages et inconvénients de façon identique.

Le télétravail décidé en urgence lors du confinement n’a pas toujours été mis en place dans des conditions optimales. Les entreprises qui le pratiquaient déjà de façon régulière n’ont pas eu de mal à le généraliser à l’ensemble de leur personnel. Les bonnes pratiques sécuritaires y étaient déjà mises en place.  Par contre, le système d’information s’est trouvé dangereusement exposé dans des entreprises peu préparées qui ont permis à leurs employés d’utiliser leur propre ordinateur sans mesure de sécurité particulière.Certains s’en sont émus a posteriori :

 

Le ministère des armées a ainsi rappelé à son personnel les bonnes pratiques de sécurité à appliquer en télétravail.

De même, côté télétravailleur, la situation s’est révélée difficile à gérer lorsqu’un espace de travail ne pouvait être aménagé dans une partie suffisamment isolée du logement. Une visioconférence sans casque audio dérange forcément toute la maisonnée.

Engouement éphémère ou phénomène durable ?

Beaucoup y ont pris goût, côté employeur ou employé, pour des raisons économiques et de confort personnel. Il sera d’autant plus difficile de revenir en arrière que le droit du travail impose aujourd’hui à l’employeur d’examiner toute demande et de justifier tout refus de façon motivée. Ceux qui pratiquent le télétravail depuis déjà plusieurs années en connaissent les avantages et les défauts. Ils savent que la mise en place du télétravail implique des actions de formation, de nouvelles mesures de délégation et de contrôle et un souci constant de préservation du lien social. Certaines réunions de travail en visioconférence sont encadrées ou rythmées par des pauses café où l’on papote et échange à la fois blagues et bonnes idées. Les réunions physiques restent bien sûr irremplaçables lorsqu’on sait que beaucoup de couples se sont formés sur le lieu de travail.

Recommandations complémentaires

https://www.cybermalveillance.gouv.fr/tous-nos-contenus/actualites/recommandations-securite-informatique-teletravail

Dessin de Marc ChalvinDessin de Marc Chalvin

Le concours 2020 de la meilleure nouvelle d’anticipation est ouvert

Dessin de Marc Chalvin

Marc Chalvin

Le concours 2020 est lancé

À vos plumes

À l’occasion de ses 40 ans ADELI avait organisé un concours de nouvelles de science-fiction sur le thème de l’IA dont le prix avait été remis au lauréat le 9 mars 2018 au Grand Hôtel de Cabourg (Calvados).

Depuis ADELI a maintenu ce prix chaque année.

L’édition 2019 du concours a fait l’objet d’une publication d’un recueil des onze meilleures nouvelles.

En cliquant sur le lien vous pourrez commander un exemplaire aux éditions Bod Librairie au tarif de 8,50 euros.

ADELI  a décidé de reconduire cette année, à compter du 15 avril 2020 jusqu’au 15 septembre 2020, un concours de nouvelles gratuit rédigé en langue française, sans obligation d’achat, intitulé Nouvelles d’anticipation sur le thème de l’intelligence artificielle « À quoi rêvent les robots ? ».

Les participants devront commencer leur texte par l’incipit :

« Je fais souvent ce rêve étrange et … »

Les textes devront être envoyés par les participants, par messagerie, à  concours@adeli.org en mentionnant expressément leur adresse postale et un numéro de téléphone, sous forme d’un fichier attaché en format word ou pdf. Ils acceptent que leur texte soit publié par ADELI en Licence Créative Commons.

Format des textes :

  • rédigés en langue française ;
  • sans illustration ;
  • titre obligatoire ;
  • longueur maximale de 10 000 caractères (espaces compris) ;
  • format A4, marge 2,5 cm, police Arial 12, interligne 1,5 ;
  • paginés.

Le Lauréat du Concours désigné par le Jury, le 15 octobre 2020, obtiendra les récompenses suivantes :

  • invitation à la manifestation de Paris (prise en charge par nos soins du coût du déplacement et du séjour en France métropolitaine), au cours de laquelle le Lauréat sera félicité en fin d’année en même temps que le lauréat du prix de thèse ADELI  organisé en partenariat avec l’Université PSL ;
  • attribution d’une adhésion Premium à ADELI pour l’année 2021 ;
  • participation au jury du prix de l’année suivante ;
  • publication de sa nouvelle, sous sa signature, sous licence Créative Commons, sur le site d’ADELI.

Cedric Teixeira Lauréat du concours 2019 de la meilleure nouvelle d’anticipation sur l’intelligence artificielle

 

RÈGLEMENT DU CONCOURS

« Nouvelles d’anticipation sur le thème de

l’intelligence artificielle  »

ARTICLE 1 – ORGANISATION DU CONCOURS

L’association ADELI (explorateurs des espaces numériques) :

  •  créée en 1978 (journal officiel p 6746 – octobre 1977) ;
  •  dernière modification (JO du 5 décembre 2015 – Annonce 1510 pages 5866) ;
  •  W751044867 (Préfecture de Police de Paris) ;
  •  SIRET 407 946 961 00015 – NAF 9499 Z ;
  •  dont le siège est au 87 rue Bobillot 75013 Paris ;

ADELI organise à compter du 20 avril 2020 jusqu’au 15 septembre 2020 un concours de nouvelles gratuit rédigé en langue française, sans obligation d’achat, intitulé Nouvelles d’anticipation sur le thème de l’intelligence artificielle « À quoi rêvent les robots ? » (ci-après dénommé le Concours) selon les modalités décrites dans le présent règlement.

Aucun texte ne sera examiné s’il ne respecte pas ces dates.

ARTICLE 2 – CONDITIONS DE PARTICIPATION

Le lancement du Concours est annoncé par un appel sur le site ADELI https://espaces-numeriques.org.

Ce Concours est ouvert à toute personne physique disposant d’un accès à internet ainsi que d’une adresse électronique valide.

Cependant, ne sont pas autorisés à concourir les membres du Comité d’ADELI et de leurs familles, ainsi que de toutes personnes ayant participé à l’élaboration du Concours.

Le seul fait de participer à ce Concours implique l’acceptation pure et simple, sans réserve, du présent règlement.

Les informations communiquées par les Participants à ADELI seront utilisées exclusivement pour la participation au Concours.

Ce Concours est soumis à la réglementation de la loi française.

ARTICLE 3 – OBJET DE LA PARTICIPATION

Les Participants devront commencer leur texte par l’incipit :

« Je fais souvent ce rêve étrange et … »

  •  par messagerie, à l’adresse mail : concours@adeli.org
  •  une nouvelle originale rédigée en langue française, sans illustration comportant un titre ;
  •  d’une longueur maximale de 10 000 caractères (espaces comprises) ;
  •  en format A4, marge 2,5 cm, police Arial 12, interligne 1,5 ;
  • paginée.

Cette nouvelle d’anticipation doit s’inscrire dans le thème des perspectives de l’intelligence artificielle : elle doit être originale, tant dans la forme que dans le fond. Les nouvelles qui s’inspireraient de textes déjà publiés ne pourront prétendre à être sélectionnées.

Les Participants autorisent la vérification de leur identité. Le non-respect du présent règlement ainsi que toute fraude ou tentative de tricherie, quelles que soient ses modalités, entraînera l’élimination pure et simple de la participation de son auteur.

Il n’est autorisé qu’une seule participation par personne (même nom, même prénom, même adresse électronique) pendant toute la période de ce Concours.

ARTICLE 4 – DÉSIGNATION DU LAURÉAT

Le Lauréat de ce Concours sera désigné par un Jury composé de membres de l’association ADELI, qui examinera et classera les nouvelles qui lui auront été transmises avant le 15 septembre 2020.

Les décisions souveraines du Jury apprécieront :

  •  l’originalité de la nouvelle ;
  •  le respect du thème ;
  •  l’intérêt des questions évoquées ;
  •  la pertinence de l’épilogue ;
  •  la qualité du style ;
  •  l’attraction ressentie ;
  • le respect des règles orthographiques.

Le Lauréat sera informé, par courriel, de son succès et des modalités d’attribution du prix remporté ; en cas de désistement formel ou d’absence de réponse sous un délai de 10 jours, le Jury prendra acte de son renoncement et choisira le candidat suivant dans le classement.

Le jury se réserve le droit de ne pas attribuer le prix en fonction du nombre et de la qualité des textes présentés.

ARTICLE 5 – DOTATION

Le Lauréat du Concours désigné par le Jury, le 15 octobre 2020 obtiendra les récompenses suivantes :

  • invitation à la manifestation de Paris (prise en charge par nos soins du coût du déplacement en France métropolitaine), au cours de laquelle le Lauréat sera félicité en fin d’année ;
  • attribution d’une adhésion Premium à ADELI pour l’année 2021 ;
  • participation au jury du prix de l’année suivante ;
  • publication de sa nouvelle, sous sa signature, sous licence Créative Commons, sur le site d’ADELI ainsi que les 9 lauréats suivants.

Ces dotations ne pourront être échangées contre leur valeur en espèces ou contre toute autre dotation.

Les 10 vainqueurs autorisent gracieusement la citation de leurs noms, la reproduction de leurs photographies ainsi que la publication à des fins de promotion ou d’information liées au présent concours.

En cas de force majeure, ADELI se réserve le droit de remplacer le lot gagné par un lot de nature et de valeur équivalente.

Les organisateurs du concours se réservent tout droit pour diffuser, éditer et utiliser les textes primés. Le gagnant autorise gracieusement la citation de son nom, la reproduction de sa photographie ainsi que la publication à des fins de promotion ou d’information liées au présent concours.

ARTICLE 6 – DÉPÔT DU REGLEMENT

Les Participants à ce concours acceptent l’intégralité du présent règlement qui est disponible et librement téléchargeable sur le site https://espaces-numeriques.org

ARTICLE 7 – FRAIS DE PARTICIPATION

La participation au Concours n’implique aucun coût direct de communication.
Les Participants ne pourront réclamer aucun remboursement des frais éventuels qu’ils auraient engagés pour recueillir les éléments nécessaires à la confection de leur texte.

Lettre 119 - Printemps 2020 - Nouvelles technologies 18

Lettre 119 – Printemps 2020 – Nouvelles technologies

La Lettre 119 est parue

Nouvelles technologies

La lettre 119 porte sur l’innovation.

Les innovations en 2020

La réflexion sur les métiers se poursuit

Voir la Lettre (version numérique) ou lire sous forme pdf :

 

Schrödinger

Initiation à l’informatique quantique

Cet article essaie de rappeler des éléments de base en physique classique et en mécanique quantique, préalables à la compréhension de la conférence de Jacques Pansard.

De la physique classique à la mécanique quantique

La physique décrit sous forme d’équations les phénomènes réels. La physique classique comprend les connaissances jusqu’à la fin du 19e siècle. La mécanique de Newton explique parfaitement les mouvements des corps célestes. Les équations de Maxwell permettent d’expliquer le caractère ondulatoire de la lumière en terme champ électromagnétique. La mécanique de Newton ainsi que les équations de Maxwell permettent d’expliquer tous les phénomènes observés (systèmes complexes, thermodynamique…).

Dès 1900, Max Planck émet l’hypothèse de quantification de l’énergie électromagnétique pour expliquer le spectre du corps noir. Albert Einstein explique que la lumière ne peut échanger son énergie que par petits paquets  – quanta : photons sorte de particules virtuelles.

Inversement, Louis de Broglie a proposé que toute particule, comme un électron, possède un caractère ondulatoire. Tout objet physique est à la fois une onde et un corpuscule. C’est ce qu’on appelle la dualité onde-particule.

Atome

La matière est constituée de molécules, elles-mêmes constituées d’atomes.

Un atome est neutre électriquement.

Un atome est constitué d’un noyau entouré d’électrons possédant une charge négative.

Un noyau est constitué de protons (de charge positive) et de neutrons (électriquement neutre). Il y a autant d’électrons que de protons.

La matière est constituée de vide. Pour mémoire :

  • Taille d’un atome : 10 -10 m ;
  • Taille d’un noyau : 10 -15 m ;
  • Taille d’un électron : 10 -21 m.

De plus, les entités composant un atome ont les masses suivantes :

  • Proton : 1,7 10 -27 kg ;
  • Neutron : 1,7 10 -27 kg ;
  • Électron : 9,1 10 -31 kg.

La classification périodique des éléments

Initiation à l'informatique quantique 19

Le tableau périodique des éléments ou tableau de Mendeleïev classe les éléments chimiques selon leur nombre de protons (numéro atomique Z). Les éléments sur une même colonne ont les mêmes propriétés chimiques.

Une autre grandeur est le nombre de masse qui est la somme des nucléons (protons Z + neutrons N).

Les éléments qui possèdent le même nombre Z mais un nombre de masse différents sont appelés des isotopes. Par exemple :

  • Hydrogène : 1 proton ;
  • deuterium : 1 proton, 1 neutron ;
  • tritium : 1 proton, 2 neutrons.

La lumière

La lumière est une onde électromagnétique qui n’échange son énergie que par petits paquets : les photons.

Lorsque l’on éclaire une plaque métallique avec de la lumière certains électrons peuvent être arrachés et sous l’effet d’une différence de potentiel, il apparaît un courant électrique.

L’effet photoélectrique n’apparait que lorsque la fréquence ν et donc l’énergie hν du photon est supérieure à l’énergie d’extraction.

Contrairement à l’électron le photon n’a pas de masse. C’est un grain d’énergie.

Les particules ayant un spin demi entier (électrons, protons, neutrons…) suivent la statistique de Fermi-Dirac et sont appelés des fermions.

Les particules de spin entier (photon, phonon) suivent la statistique de Bose-Einstein et sont pour cela appelés des bosons.

Chaque fermion possède son antifermion. Par exemple le positron est l’antiparticule de l’électron. Il possède la même masse que l’électron mais est de charge positive. Lorsqu’un couple de particule-antiparticule s’annihilent leur énergie de masse (2mc2) est rayonnée sous forme de photons.

Le modèle de l’atome

Initiation à l'informatique quantique 20

Niels Bohr a fait l’hypothèse que les électrons tournaient autour du noyau sur des orbites d’énergie bien déterminées. Chaque orbite correspond à un niveau d’énergie et les transitions électroniques entre ces niveaux discrets, lors de la désexcitation, permettent d’expliquer l’apparition de spectres de raies caractéristiques de chaque atome.

 

 

 

Un niveau d’énergie est associé à chaque orbite autour du noyau central. Chaque orbite est caractérisée par 4 nombres quantiques n, m, l, s permettant de modéliser les états d’énergie de l’atome :

Nombre quantique principal n, définissant les couches électroniques ;

Nombre quantique azimutal l, définissant les sous-couches électroniques. l peut prendre toutes les valeurs entière comprises entre 0 et n-1

l = 0, 1,…, <n-1

nombre quantique magnétique ml, définissant l’orientation spatiale de l’orbitale atomique ; peut prendre toutes les valeurs entières comprises entre –l et  +l, zéro compris.

nombre quantique magnétique de spin s, définissant l’orientation du moment angulaire intrinsèque de l’électron dans son orbitale. Le spin ne peut prendre que deux valeurs possibles : 1/2 et -1/2.

L’état d’un électron est défini par ce quadruplet. Le principe d’exclusion de Pauli implique qu’il ne peut y avoir qu’un seul électron dans un état donné déterminé par les valeurs du quadruplet. Ainsi pour les trois premières couches, on a :

 

Couche

n

lmlsNbre d’électronsSous couche
100+ –21s
20

1

0

-1,  0,  +1

+-

+-+-+-

2

6

2s

2p

30

1

2

0

-1, 0, +1

-2, -1, 0, 1, 2

+-

+-+-+-

+-+-+-+-+-

2

6

10

3s

3p

3d

 

État quantique

Les inégalités de Heisenberg affirment qu’il existe une limite fondamentale à la précision avec laquelle il est possible de connaître simultanément deux propriétés physiques d’une même particule ; ces deux variables peuvent être sa position et sa quantité de mouvement qui sont alors qualifiées d’observables incompatibles.

En mécanique classique, les particules (mesures) évoluent en suivant des lois déterministes exprimées par le principe fondamental de la dynamique de Newton, ainsi que l’expression des forces de gravitation et de l’interaction électrique.

Il n’en est plus de même dans le monde quantique, car les inégalités de Heisenberg impliquent qu’il n’est plus possible de connaître totalement l’état d’une particule, puisque certaines caractéristiques de cet état sont des observables incompatibles. Il en résulte un indéterminisme fondamental d’évolution de tout système quantique, que l’on doit combler en admettant un caractère probabiliste au comportement des particules.

On représente parfois l’état d’un système ou d’une particule par le symbole : | état ›. Il s’agit alors d’une généralisation de la notion de vecteur dont les composantes par toutes les grandeurs caractérisant le système comme par exemple, position , impulsion,  moment cinétique, énergie, etc. L’ensemble des états accessibles à un système ou une particule constitue ainsi un espace vectoriel dont les dimensions dépendent des caractéristiques. Bien entendu, il est toujours possible de projeter l’état sur l’un des axes de l’espace vectoriel en effectuant le produit scalaire du ket | état › sur le bra <composante|. Ainsi, si l’on veut connaître la position r d’une particule, on projette son état sur le bra <r|, soit encore

y(r) = <r|état>

Où y(r) est la fonction d’onde caractérisant l’état du système. Son module carré représente la probabilité de trouver la particule en r lors d’une mesure.

La notation bra-ket

La notation bra-ket ou formalisme de Dirac  | Y › représente l’état quantique de la particule Y. C’est un vecteur à n dimensions. La notation bra-ket représente le produit scalaire.

La fonction d’onde est continue. Le fait de mesurer une valeur s’appelle la réduction du paquet d’ondes.

L’intrication quantique

L’intrication quantique (entanglement en anglais) est un phénomène qui lie indéfiniment deux particules (deux systèmes) qui ont été corrélés à un moment donné et ce, quelle que soit la distance qui les sépare ultérieurement ainsi que le temps qui s’est écoulé depuis leur corrélation, à condition toutefois que leur interaction avec l’extérieur n’introduise aucune décohérence dans leur comportement.

Cette propriété est mise en œuvre dans certaines portes quantiques.

Alain Aspect a mis expérimentalement en évidence ce phénomène d’intrication, désavouant ainsi le point de vue d’Einstein qui ne pouvait admettre l’interprétation probabiliste de la physique quantique.

Bit quantique

Le bit quantique ou qubit, qbit est l’unité de stockage de base en informatique quantique.

Conférence-débat ADELI

La conférence-débat ADELI sur l’informatique quantique « De la loi Moore (1965) à la loi de Rose (2003) » s’est tenue le 21 janvier 2020 à l’ARPE (Paris 13e) à la suite de notre assemblée générale (AG). Cette AG faisait le bilan de 2019 et a tracé les perspectives 2020. C’est Jacques Pansard qui a animé cette conférence.

Jacques Pansard

Jacques Pansard, est un ancien collègue de SG2 de Martine Otter. Il s’est pris de passion pour l’informatique quantique après une longue période de management et de consulting. Il est ingénieur de formation.

Actuellement, il est indépendant et fait du conseil auprès des dirigeants. Il est professeur associé.

Jacques Pansard a écrit un livre de sciences fiction lié au sujet de la conférence qu’il nous a présentée : « Les hommes célestes – La cyberwar quantique est déclarée » aux éditions du Lightning.

Vidéo de la conférence

Une vidéo a été enregistrée sur notre chaine ADELIassoc sur Youtube : https://youtu.be/uNwUXTePhnE

Slides de la conférence

Jacques Pansard nous a généreusement mis à disposition les slides de la conférence. Vous pouvez nous les demander.

Rapport gouvernement

Un rapport sur l’informatique quantique a été remis au gouvernement le 9 janvier 2020.

Questions

Les chinois ont-ils envoyé un satellite en orbite autour de la terre qui émet des particules intriquées ?

  • Oui

Est-ce une véritable information ? Quelles peuvent être les conséquences pour la Terre et les humains ?

Nous devrions faire des analyses d’impact avant de faire ce type d’expérience. Les Chinois ne semblent pas suivre ce principe de précaution…

Conclusion

L’homme commence à utiliser des phénomènes qu’il ne comprend pas totalement ! Alors attention… attention à ne pas prendre de risques qui pourraient nuire à l’humanité !

La Recherche fondamentale est nécessaire afin de progresser dans la science.

Vouloir à tout prix trouver des applications industrielles, rapidement, pourquoi pas, mais attendons que les chercheurs maîtrisent leurs découvertes et leurs applications théoriques.

Le mal peut être pire que le bien.

L’informatique quantique est d’une complexité inouïe. Elle fait appel à la physique classique, à la physique des particules, aux mathématiques, à l’informatique…

Peu de personnes ont l’ensemble des connaissances nécessaires pour réaliser cela. Quelques entreprises cumulent le savoir et le savoir-faire en lien avec des laboratoires de recherche.

Soyons prudents et ne jouons pas avec le feu…

En cette période de pandémie mondiale, nous pouvons observer les manques de produits.

Être réactif en cas de situation émergente n’est peut-être pas suffisant. Il était impossible d’imaginer l’arrêt complet du monde, de son économie, du trafic aérien, le confinement des personnes chez elles…

Et pourtant, l’appât du gain a été très fort. Il a conduit à la mondialisation, à la délocalisation.

Soyons prudents et ne jouons pas avec le feu…

Laissons ce domaine à la Recherche pour le moment. On parle de téléportation quantique…

Ne déréglons pas notre Terre avec des expériences que nous regretterions un jour.

Nous savons ce qu’est un catalyseur en chimie. Il ne faudrait pas qu’une expérience nous fasse tous disparaître !

Soyons prudents et ne jouons pas avec le feu…


Glossaire

Ce glossaire, issu du précédent rapport, permet d’apprivoiser ces nouveaux termes et en donnent une définition précise. Il faut comprendre un peu les mathématiques pour faire de l’informatique quantique.

Quantique

Le virage technologique que la France ne souhaite pas rater !

Suprématie Quantique

La suprématie quantique désigne une situation où un calculateur quantique permet de réaliser certains calculs inaccessibles aux supercalculateurs actuels dans un temps humainement raisonnable.

Supercalculateur

Un supercalculateur est un ordinateur conçu pour atteindre les plus hautes performances possibles avec les technologies disponibles lors de sa conception. La science des supercalculateurs est appelée « calcul haute performance » ou « calcul intensif » (en anglais : « High-Performance Computing » ou HPC). En 2019, les constructeurs de supercalculateurs font la course pour atteindre « l’Exascale », puissance de calcul correspondant à un milliard de milliard d’opérations par seconde.

Cryogénie et cryostats

La cryogénie est l’étude et la production de très basses températures (inférieures à −150 °C) dans le but de comprendre les phénomènes physiques qui s’y manifestent. La cryogénie possède de très nombreuses applications notamment dans les secteurs alimentaire, médical, industriel, physique et de l’élevage. Les dispositifs permettant d’atteindre ces températures sont appelés Cryostats.

Fabless

Le terme fabless, contraction des mots anglophones fabrication et less, désigne une société qui conçoit ses produits et sous-traite l’intégralité de sa fabrication. Ce modèle est principalement développé dans le secteur des semi-conducteurs.

Cryptographie post-quantique

La cryptographie post-quantique désigne des mécanismes de chiffrement classiques basés sur des problèmes mathématiques dont la difficulté reste intacte face à un calculateur quantique.

Qubit

En informatique quantique, un qubit ou « quantum bit » est la plus petite unité de stockage d’information quantique. C’est l’analogue quantique du bit en informatique classique.

Superposition

Un bit classique se trouve toujours soit dans l’état | 0 ›, soit dans l’état | 1 ›.

Dans le cas général, un qubit se trouve dans une superposition de ces deux états, que l’on peut décrire par une combinaison linéaire des deux états :

a · | 0 › + b · | 1 ›.

Les coefficients a et b étant deux nombres complexes vérifiant la relation

| a |2 + | b |2   = 1.

Intrication

L’intrication quantique, ou enchevêtrement quantique, est un phénomène dans lequel deux particules (ou groupes de particules) forment un système lié et présentent des états quantiques dépendant l’un de l’autre quelle que soit la distance qui les sépare. Un tel état est dit « intriqué » car il y a des corrélations entre les propriétés physiques observées de ces particules distinctes. Ainsi, deux objets intriqués O1 et O2 ne sont pas indépendants même séparés par une grande distance, et il faut considérer {O1  + O2 } comme un système unique.

Non-clonage

Une autre particularité du qubit par rapport à un bit classique est qu’il ne peut être dupliqué. En effet, pour le dupliquer, il faudrait pouvoir mesurer les amplitudes a et b du qubit unique initial, tout en préservant son état, de sorte à préparer un autre qubit dans le même état

a · | 0 › + b · | 1 ›. Ceci est doublement impossible en raison du théorème de « non-clonage ».

NISQ

Des calculateurs quantiques NISQ « Noisy Intermediate-Scale Quantum » sont disponibles en accès Cloud depuis quelques années. Les calculateurs quantiques de 50-100 qubits pourront réaliser des calculs qui dépassent les capacités des supercalculateurs classiques d’aujourd’hui. Cependant, le bruit des portes quantiques limitera la taille des circuits quantiques qui peuvent être exécutés de façon fiable. Les dispositifs NISQ permettront d’explorer la physique quantique à corps multiples et pourraient avoir d’autres applications utiles, mais l’ordinateur quantique à 100 qubits ne changera pas le monde tout de suite.

LSQ

Les calculateurs quantiques LSQ « Large Scale Quantum », ne sont pas attendus avant 2030. Grace à un nombre élevé de qubits et un niveau de bruit faible, ces machines dépasseront de plusieurs ordres de grandeurs, nos capacités de calcul actuelles représentant ainsi des enjeux de compétitivité (ex :  temps de mise sur le marché) et de souveraineté (ex : renseignement et dissuasion) majeurs.


Références

Livre

  • « Informatique quantique – De la physique quantique à la programmation quantique en Q# » par Benoît Prieur aux éditions ENI

Émission radio

Vidéo

Liens Internet


 

Cerveau numérique

Confiance numérique des Français – Baromètre 2019

Conférence ACSEL sur la confiance numérique des Français

Initialement prévue le 10 décembre 2019, cette conférence a été reportée et s’est finalement tenue le 25 février 2020 juste à temps avant un report qui aurait cette fois été dû au coronavirus. Jacqueline Doljansky-Sidi y a assisté et nous en propose un compte-rendu.

Confiance numérique

Des vidéos de la conférence sont, par ailleurs, disponibles sur Youtube.

Key note : IA et Interaction Humain-Machine, les leviers de la confiance numérique

Laurence Devillers, Professeure en Intelligence Artificielle à la Sorbonne, membre du Copil Numérique et IA du Comité consultatif national d’éthique, auteure de 2 ouvrages « Intelligence artificielle : Enquête sur ces technologies qui changent nos vies » 2018 et « Les robots émotionnels » mars 2020.

Laurence Devillers s’intéresse en particulier à l’interaction vocale avec les machines : comment faire pour que les machines nous comprennent et comment créer des machines utiles pour tous ?

Dans l’imaginaire populaire, il va y avoir des robots qui vont détecter nos émotions dans nos voix et dans nos comportements… mais en laboratoire ce ne sont pas des sujets terminés car il n’existe pas de système assez robuste en qui il est possible de faire confiance. Malgré tout,  sur le marché arrivent des applications produites par des start-ups et, dans les journaux il est écrit que les robots comprennent ce que nous disons, qu’ils ont une conscience et des émotions.

Il y a des mythes qui vont se retourner contre nous : l’image du robot c’est Frankenstein, le Golem, des robots effrayants. Au Japon, les robots sont les amis de l’homme : ils vont sauver l’humanité.

Les robots qui ont des émotions existent dans la science fiction, or la science fiction précède la science.

Les réseaux neuronaux servent à l’évaluation des systèmes de dialogue. Laurence Devillers a développé de nombreuses applications, par exemple en médecine, pour la banque. Pour cela, elle s’appuie sur des données de terrain pour travailler sur les émotions, comme avec le SAMU. Elle refuse les émotions des laboratoires qui sont hors contexte.

L’IA, qui englobe un grand nombre de disciplines différentes ayant toutes pour objectif de simuler les capacités cognitives de l’homme, a connu un développement en plusieurs phases :

  1. à partir des années 1950 jusqu’en 1990, il y avait les systèmes experts : les règles étaient données par l’humain,
  2. ensuite il y a eu l’apprentissage statistique avec la collecte des données pour créer des modèles,
  3. puis c’est l’apprentissage à partir des données mais sans comprendre,
  4. dans la période actuelle, l’armée américaine est leader sur les thèmes de transparence, d’efficacité et de loyauté : l’éthique de ces machines.

Le « Deep learning » existe depuis 1992. Cela a permis de gagner en puissance de calcul mais pas sur les concepts fondateurs qui restent les mêmes et qui datent des années 1943, 1949, 1957, 1987.

Ce que la machine sait ou ne sait pas faire

Les Processus de pensée de l’humain incluent des aspects que la machine ne sait pas effectuer :

  • la déduction qui est impossible car l’univers est trop large ;
  • l’induction : on sait faire à partir d’exemple mais on ne comprend rien à ce qu’on fait, l’apprentissage statistique est une boite noire ;
  • l’intentionnalité pour appréhender des phénomènes : c’est ce qu’on appelle l’apprentissage par renforcement, par exemple le robot apprend en regardant son environnement ;
  • l’analogie : Google montre avec succès des textes intéressants sur des analogies ;
  • le raisonnement pas abduction : la machine ne sait pas inférer un fait probable à partir d’un fait observé ;
  • l’intuition, la compréhension, la créativité et l’imagination, la machine n’en a pas du tout :
    • La compréhension a besoin du sens commun, ce que la machine comprend est totalement différent de ce que nous comprenons,
    • la créativité et l’imagination : il existe des systèmes pour l’art. Il est possible de créer des choses nouvelles car la machine crée à l’infini, mais c’est à nous de trouver ce qui est intéressant dans ce qu’elle produit.

Un chat-box est un agent conversationnel : il capture du signal, analyse les informations et décide d’une réponse qu’il va générer. Il est facile de tromper les humains avec cela. Les premiers systèmes reprenaient vos mots : par exemple si vous dites «  Mon fils va bien », la réponse du robot était « Ah votre fils » et si le système ne comprenait rien et il répondait «  je vous ai compris ». Aujourd’hui on met plus de capteurs sur l’environnement mais le problème n’est pas résolu pour autant.

Le robot empathique est un sujet à la mode, il va permettre d’énormes progrès tant sur les valeurs économiques et de solidarité que sur les avancées sur la connaissance de l’humain. Mais cela comporte beaucoup de risques. L’« affective computing », est née en 1997 au MIT et Laurence Devillers y travaille depuis 2000.

Pour détecter les émotions dans le comportement des humains, générer un système de dialogue il faut chercher des signaux dans la modulation de la voix ou sur le fasciès. Mais il faut faire attention aux données : cela fonctionne bien en laboratoire mais dans les maisons de retraites cela ne fonctionne pas car les rides sont prises pour des sourires. Une expérience a été faite sur la définition du stress sur un groupe d’étudiants, le résultat a été que le meilleur indicateur de stress est la salive. C’est difficile de définir un standard, car chacun de nous est trop différent. Il faut prendre en compte le mélange des signaux faciaux, audio, gestuels, posturaux, physiologique… Pour créer un profil émotionnel et interactionnel et pour définir une stratégie du dialogue, il faut prendre en compte un domaine mitigé et complexe.

Les robots présentent un intérêt dans le domaine de la santé : on voit des chat-box et des robots qui servent à aider les enfants autistes, les personnes âgées. Mais il existe des risques : trop grande addiction, manipulation, …

Nous sommes des animaux sociaux,  nous vivons grâce à une interaction avec les autres. Des chercheurs travaillent sur la recopie de l’humain : mettre de la douleur ou du plaisir dans le robot, démontrer de l’affection, avoir des intentions propres à la personne. En anthropomorphisant les machines autour de nous, surtout si elles nous ressemblent, nous risquons de nous y attacher ou de nous projeter sur ces machines, c’est dangereux, il faut faire très attention.

Ce sont les voix de femmes, les visages de femmes, les corps de femme qui ont la préférence. Mais il faut faire attention à la représentation de la femme.

La manipulation, c’est-à-dire inciter à faire des choses que l’humain n’aurait pas fait par lui-même, a toutefois des aspects positifs : une meilleure hygiène, un meilleur respect de l’autre. Mais attention à l’intention malveillante ou commerciale, par exemple, Google home commence à suggérer des choses, ou encore lors d’une recherche en ligne d’un hôtel, la  petite ligne rouge qui vous indique que 25 personnes regardent la même chambre vous incite à la réserver immédiatement. Cette manipulation est d’ailleurs illustrée dans la nouvelle primée en 2019 et éditée par ADELI : « L’amour tout un programme »par Cédric Teixeira.

Pour obtenir et conserver la confiance numérique des Français, il reste à trouver les meilleures façons d’utiliser les données et ces systèmes en développant des outils pour vérifier les comportements.

Eneric Lopez, Director artificial Intelligence & Developers, Microsoft France

Eneric Lopez a rappelé que Microsoft s’est engagé depuis 2018 dans une mobilisation collective, avec les acteurs de l’écosystème, pour contribuer à une IA au service de l’intérêt général :

  • stimuler, à travers des réflexions et des propositions concrètes, le développement d’une IA de confiance : neutralité des algorithmes, éthique dans la conception et le développement de l’IA, inclusion et diversité, sensibilisation et éducation au numérique…
  • identifier et soutenir la réalisation de projets innovants destinés à répondre aux grands enjeux sociétaux et à l’intérêt général dans des secteurs aussi variés que le transport, l’environnement, l’agroalimentaire ou encore la santé. Ces projets bénéficieront d’un soutien technologique et financier de la part des membres d’Impact AI.

Cédric O, Secrétaire d’État, chargé du Numérique

Cédric O a identifié trois priorités :

  1. Faire émerger les champions
    La Chine a le PABX, les États-Unis les  GAFA . L’Europe doit avoir ses propres champions numériques. Elle ne peut pas se contenter de la réglementation avec le RGPD.
  1. Réguler
    Il faut faire respecter le droit économique et l’état de droit de la protection des citoyens. Pour cela il faut mettre à jour nos cadres réglementaires et outils.
  1. Inclure tout le monde dans le numérique
    Un français sur cinq, soit 13 millions de français de tous âges, jeunes et vieux, se sentent mis de côté dans ce monde numérique. Il faut penser le service public multi canal : garder les lois physiques, réintroduire des numéros de téléphone. Il s’agit de la transformation numérique de l’État.
Le métier du client numérique 21

Le métier du client numérique

La généralisation des procédures numériques transforme fondamentalement la relation client-fournisseur.
Le client qui initialisait librement l’échange, devient un acteur d’une procédure, unilatéralement définie et maîtrisée par le fournisseur.
Pour satisfaire ses besoins, le client est amené à acquérir et à entretenir de nouvelles compétences.Lire la suite

Les vicissitudes de la gouvernance 22

Les vicissitudes de la gouvernance

La gouvernance d’un groupe social composé d’individus, du plus petit (la famille) au plus grand (une nation, voire une fédération d’États) est une mission d’autant plus passionnante qu’elle s’avère très délicate.

Le bon fonctionnement d’une organisation, stable, reconnue et appréciée par le plus grand nombre de membres du groupe social, est un objectif ambitieux ; malheureusement, cet objectif, respectable, s’estompe progressivement :

  • au rythme des perturbations externes ;
  • de façon plus nocive, en fonction du comportement de dirigeants, soumis à de pressantes sollicitations.

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Bibliothèque

Penser/Classer

Classer les métiers

Plusieurs référentiels métiers coexistent que nous présenterons et développerons plus largement dans d’autres articles. Citons la classification Pôle emploi qui analyse 14 familles de métiers, ou encore, la nomenclature Cigref des métiers du système d’information.

Mais pourquoi donc classifier les métiers ? Les motivations peuvent être multiples :

  • s’agit-t-il de donner des pistes aux chercheurs d’emploi ?
    Le Répertoire Opérationnel des métiers et des emplois (ROME) est ainsi présenté comme un outil au service de la mobilité professionnelle et du rapprochement entre offres et candidats. Il présente dans une arborescence thématique 532 fiches métiers / emploi dont chacun peut être décliné sous plusieurs appellations.
extrait classification Rome

Extrait de la classification ROME – Famille de métiers Arts et Façonnage d’ouvrages d’art – Domaine professionnel « Tissu et cuirs » – Métier « Réalisation d’articles de chapellerie », décliné suivant 6 appellations

  • d’aider les élèves et étudiants à s’orienter et à choisir les bonnes filières de formation ?
  • de classer les métiers par rapport aux compétences requises et aux formations disponibles ?
    L’ONISEP (Office National d’Information sur les enseignements et les professions) présente une liste de métiers par secteur, associée à une liste de formations et une liste d’établissements. Le classement est différent de celui de Pôle emploi mais on peut y retrouver des fiches métiers correspondant à des appellations identiques.

    Fiche métier modiste

    Fiche métier modiste – extrait du site de l’ONISEP

    Le site de l’Étudiant présente de même 526 fiches. Chaque métier fait l’objet d’une description indiquant les compétences et la formation nécessaires. On y retrouve par exemple le métier de modiste à propos duquel il est indiqué que « même si depuis quelques années, les chapeaux reviennent sur le devant de la scène, les débouchés restent limités dans cette profession. »

    Fiche modiste Etudiant

    Fiche modiste du site de l’Etudiant

  • de donner aux DRH un outil de cadrage des rémunérations ?
    Le CIGREF publie ainsi une nomenclature RH des métiers du système d’information. Cinquante métiers y sont présentés et décrits chacun dans une fiche très détaillée présentant le titre du métier et la mission, les activités et tâches nécessaires à la réalisation de la mission, les compétences, livrables, indicateurs de performance, parcours professionnel, tendances et facteurs d’évolution.

Hommage à Georges Perec

« Que me demande-t-on au juste ? Si je pense avant de classer ? Si je classe avant de penser ? Comment je classe ce que je pense ? Comment je pense quand je veux classer ? (…) Tellement tentant de vouloir distribuer le monde entier selon un code unique ; une loi universelle régirait l’ensemble des phénomènes : deux hémisphères, cinq continents, masculin et féminin, animal et végétal, singulier pluriel, droite gauche, quatre saisons, cinq sens, six voyelles, sept jours, douze mois, vingt-six lettres. Malheureusement ça ne marche pas, ça n’a même jamais commencé à marcher, ça ne marchera jamais. N’empêche que l’on continuera encore longtemps à catégoriser tel ou tel animal selon qu’il a un nombre impair de doigts ou des cornes creuses. »

Georges Perec – Extrait de Penser/Classer – Hachette, 1985

Penser/Classer 23Tout est dans ce magnifique texte de Georges Perec qui explique la vanité de tout essai de classification.

Et pourtant, le classement répond à un véritable besoin: mettre de l’ordre, s’y retrouver.

Les algorithmes d’apprentissage de l’intelligence artificielle permettent selon le cas de prédire une valeur (on parle de régression) ou de proposer une classification : l’image analysée représente-t-elle un chien ou un chat ?

La classification proposée est fournie à la machine dans les algorithmes d’apprentissage supervisé du machine learning (arbres de décision, forêt aléatoire, Naive Bayes…).  Les données d’apprentissage fournies sont dans ce cas pré-étiquetées. Les algorithmes plus sophistiqués du deep learning cherchent à établir des catégories ou groupes d’appartenance sans “idée préconçue” sur une classification préexistante. Ils s’appuient pour ce faire sur les données qui leur sont fournies en entrée, supposées intéressantes pour la classification. Pour revenir à Perec, si nous voulons classer les livres d’une bibliothèque, nous devrons fournir les caractéristiques diverses pouvant être prises en compte.

Manières de ranger les livres identifiées par Perec :

classement alphabétique
classement par continents ou par pays
classement par couleurs
classement par date d’acquisition
classement par date de parution
classement par formats
classement par genres
classement par grandes périodes littéraires
classement par langues
classement par priorités de lecture
classement par reliures
classement par séries

On pourrait rajouter à cette liste quelques informations  soupçonnées aussitôt de biaiser les résultats, sur le sexe de l’auteur, sa couleur de peau ou la couleur de ses yeux. Confier ce travail de classement à une intelligence artificielle non supervisée serait possible. Peut-être me proposerait-elle alors de ranger sur une même étagère les ouvrages d’auteurs finlandais aux yeux verts, ce que j’accepterais bien volontiers.

Quels critères de classement pour les métiers ?

Revenons aux métiers. Leurs listes fourmillent sur le Web et sont en constante évolution. Elles sont particulièrement utiles aux employeurs et aux étudiants à la recherche d’une orientation, puis d’un emploi. Les étiquettes, tout comme les diplômes, ont un effet rassurant. N’oublions toutefois pas que toute classification est arbitraire et qu’il faut savoir sortir des cases où une orientation trop précoce peut nous avoir jetés.

Nous vous proposons en conclusion une liste « à la Prévert » des critères potentiels de classement des métiers :

  • compétences requises ;
  • difficulté des études ;
  • évolutions de carrière potentielles ;
  • nombre d’emplois non satisfaits ;
  • lieu d’exercice du métier ;
  • casier judiciaire vierge ;
  • pénibilité ;
  • niveau de propreté ;
  • risques socio-psychologiques ;
  • exposition à des substances cancérigènes ;
  • niveau de rémunération du débutant ;
  • niveau de rémunération d’une personne expérimentée ;
  • image véhiculée par le métier ;
  • importance des déplacements ;
  • exposition au froid ;
  • exposition à la chaleur ;
  • accessibilité aux handicapés moteur ;
  • accessibilité aux mal-voyants ;
  • port d’un uniforme ;
  • poids maximum exigé ;
  • taille minimum exigée ;
  • importance de l’apparence physique.

Groupe de travail Métiers

robot

Que savons-nous des métiers de demain ?

Bibliothèque

Bibliothèque, lieu du savoir

Selon les conclusions d’un think thank californien, l’Institut du Futur, 85 % des métiers de demain (2030… dans 10 ans !) n’existent pas encore. Jamais l’organisation de nos sociétés n’a été soumise à un tel processus de transformation. Il en découle des nécessités pour y faire face encore mal traitées par manque d’analyse, pour ne pas dire de lucidité. Les progrès fulgurants du numérique affectent durablement et, en profondeur, nos existences dans tous les domaines : consommations, loisirs et travail. Établir une stratégie d’action et plus particulièrement des formations adaptées devient une urgence vitale.

Les métiers du passé

Il est déjà relativement aisé, à l’aune de nos propres expériences, de faire un bilan sur la disparition de certains métiers, de l’évolution d’autres et, en faisant encore un petit effort d’anticipation, de prévoir les nouveaux qui ne tarderont pas à survenir.

Que savons-nous des métiers de demain ? 24Sans remonter aux cochers du XIXe siècle, aux canuts de Lyon ou aux allumeurs de réverbères, plus proche de nous, nous voyons bien que l’automatisation et l’informatique ont fait disparaître des métiers ou des pans entiers de nos propres activités. Dactylos, standardistes, ouvriers manufacturiers, commis agricoles (journaliers), mineurs, cantonniers, lavandières, poinçonneurs (des Lilas), gardien de phare, laitiers, demoiselles du téléphone, télégraphistes, caissière (en partie) ont disparu de nos horizons. Pour les hommes de ma génération, nous avons tous connu la plupart de ces métiers dans notre enfance.

La plupart sont liés à l’artisanat, qui ne survit aujourd’hui qu’à travers certaines traditions folkloriques, numériquement très faibles. Certains de ces métiers étaient dangereux et employaient bien souvent des enfants.

Les menaces actuelles

Ce sont toujours les innovations technologiques qui sont à la source des disparitions de métiers. Leur application à l’industrie provoque un double mouvement, la suppression des postes vulnérables et peu rentables par d’autres métiers plus adaptés à ces nouveaux usages. Ce que nous subissons depuis une quinzaine d’années est un véritable tsunami, que les sociétés humaines n’ont jamais connu au cours de leur histoire. Le digital s’est particulièrement imposé et continue ardemment de le faire en bousculant violemment un existant qui peine à se renouveler, par manque d’effort d’anticipation, d’imagination et de formation.

C’est au cœur même des entreprises et, plus en amont, des écoles et des universités que l’effort devrait porter.

La mécanique est la suivante : à chaque fois qu’il existe une alternative plus productive dans un emploi, celui-ci est immédiatement balayé pour lui substituer un autre métier. La productivité entraine la croissance, donc le profit, qui accélère l’automatisation, qui augmente encore le profit, dont une partie va vers la recherche et le développement, qui agit aussi sur l’innovation, c’est un cercle presque vertueux qui se met en place, si ce n‘est qu’il impacte souvent durablement l’emploi et donc installe des taux de chômage élevés. Taux de chômage qui affecte nécessairement les comptes sociaux, donc creuse les déficits et impacte les économies nationales.

Les cycles de changements industriels étant de plus en plus courts, l’effet de substitution des emplois agit de plus en plus faiblement. Seul acquis positif, c’est la disparition progressive des activités les plus pénibles.

Les métiers du futur

Nos enfants, à l’école, une fois leurs études achevées exerceront pour une large partie d’entre eux, des métiers que nous ne connaissons pas encore. On voit bien le défi qu’il faut relever en termes de formation, d’éducation et d’information. Les temps sont terriblement courts et l’on imagine facilement l’épreuve que cela représente pour les parents et pour les adultes en charge de l’orientation. Leur efficacité dépend de leur agilité… qualité dont on peut dire qu’elle n’est pas usuelle, malheureusement.

Que savons-nous des métiers de demain ? 25

et la lumière fut …

Thomas Frey (Futurologue de l’institut Da Vinci) pronostique la disparition de deux milliards de postes à l’horizon 2030 dans le monde.

De son côté, Ian Pearson prévoit la présence de 9,4 milliards de robots en 2048. La société Thales prévoit, de son côté, que 25 % des véhicules seront autonomes à un horizon de 10 ans.

Numérique, TIC, IA, Data, blockchain, sont l’alpha et l’oméga de nos quotidiens. Quels sont ceux qui en maitrisent les tenants et les aboutissants ? Où sont les plans publics d’accompagnement ? Quel est l’effort budgétaire consacré à ces actions ?

Il reste encore des pans entiers de métiers menacés, la voiture autonome va éradiquer les chauffeurs de taxis.

De nouvelles appellations, encore peu connues du grand public ont fait leur apparition : les data scientists, les pilotes de drones civil et militaire, les BIM (Building information Modeling) manager …

BIM Manager

Un exemple significatif, BIM Manager, ce nouveau métier est né de plusieurs circonstances et évolutions :

  • l’exigence climatique ;
  • l’activité de veille technologique ;
  • la notion de qualité ;
  • le management relationnel.

Il est responsable de la modélisation et de la mise en œuvre d’un projet immobilier, par la définition d’un modèle numérique en appui de la coordination et de la prise de décision.

Il se doit de connaître et de respecter les normes techniques et environnementales et la législation.

Ses missions :

  • définir les processus BIM et les outils pour leur mise en place ;
  • élaborer la charte BIM ;
  • former les acteurs du projet ;
  • il est le garant de l’application des règles ;
  • il est le coordinateur des équipes ;
  • il programme et anime les réunions, assure les comptes rendus ;
  • il anticipe les éventuels conflits, les règles, en fait le compte rendu ;
  • il a un regard attentif sur les indicateurs de performances ;
  • il assure le contrôle qualité des dessins ;
  • il fait une veille technologique et réglementaire ;
  • il apporte des solutions de support technique en rapport avec le logiciel et le matériel ;
  • il entretient et fait la mise à jour des bases de données du projet.

Ses compétences :

  • le leadership ;
  • le travail en équipe ;
  • la capacité d’analyse et de synthèse ;
  • l’aptitude à la communication aussi bien écrite qu’orale ;
  • la créativité et l’innovation ;
  • la rigueur ;
  • l’adaptativité ;
  • un sens aigu de l’organisation ;
  • enfin et surtout, la fibre écologique.

Les formations

Que savons-nous des métiers de demain ? 26On ne peut pas dire qu’il existe à proprement parler des formations aux métiers de BIM Manager. Ils sortent plutôt des filières de l’architecture ou du bâtiment. Ce sont bien souvent des ingénieurs qui se sont spécialisés dans le génie civil et les ouvrages complexes. Ils ont acquis des compétences pointues en informatique. Il existe cependant des masters spécialisés peu nombreux, comme celui de ParisTech « Mastère Spécialisé@BIM, Conception intégrée et cycle de vie du bâtiment et des infrastructures.

Bibliographie :

Groupe de travail Métiers

Drapeaux payx

Retour sur le CES 2020 de Las Vegas

Retour sur le CES 2020 de Las Vegas 27Le CES de Las Vegas c’est le salon de la démesure avec ses 2,5 millions de mètres carrés, ses 4 000 exposants, ses 175 000 visiteurs et son débordement de technologies futuristes, certaines marquantes et annonciatrices de révolutions futures d’autres, plus futiles, frôlant le gadget inutile. Cette édition marque nettement le pas avec moins d’exposants et moins de surfaces et surtout la quasi-absence de la Chine.

Les innovations remarquées

La boule de compagnie

Samsung a fait le buzz avec un petit robot sphérique, compagnon domestique, tel un « Alexa » à roulette il se déplace, régit toute la domotique de la maison (enceinte, volet roulant, téléviseur, musique, etc…) et répond à toutes vos questions. Il est rond, passe-partout, divertissant (il s’occupe de votre animal domestique en votre absence en jouant avec lui), sécurisant (il peut signaler les chutes de personnes âgées) et fait office de rappel pour tout ce que vous avez programmé. Il répond au doux nom de Ballie.

La ville du futur

De son côté, Toyota a présenté son projet de ville du futur prévue pour 2000 habitants au pied du Mont Fuji. Il s’agit d’un écosystème complet connecté et approvisionné en énergie par le biais de piles à hydrogène. Toyota y teste l’ensemble de ses technologies du futur : voitures autonomes en priorité pour la mobilité urbaine, la robotique de service, la maison intelligente avec toute une gamme d’objets connectés. Son Nom ? Woven City.

La télévision

Samsung a présenté une télévision rotative, basculante indifféremment à l’horizontale ou à la verticale, adaptée pour reprendre les images du Smartphone Samsung Galaxy en mode paysage ou portrait. C’est anecdotique, mais pourquoi pas.

Les robots

Toujours dans l’anecdote, mais qui illustre les potentiels en service des futurs robots, Procter & Gamble ont mis au point un charmant Charmin Rollbot qui vous apporte du papier aux toilettes lorsque vous en manquez ! Et c’est vrai…

La voiture

Nettement plus sérieux, BMW a présenté le cockpit du futur, à savoir le pare-brise avant qui se révèle en fait être un écran, et peut diffuser de l’information, des films… pour la voiture autonome nécessairement.

L’ordinateur

Après le téléphone c’est l’ordinateur qui devient pliable. Lenovo propose un PC pliable, le ThinkPad X1 Fold. Il fait un peu moins de un kilo, il se plie et se déplie pour s’adapter au rangement, au déplacement. Déplié il fait 13,3 pouces.

Un cocorico français

La startup française Wello a présenté un vélo cargo électrique capable de transporter en plus du conducteur un adulte ou deux enfants, avec une autonomie de 60 à 100 km. Il a la particularité de pouvoir se recharger, outre le secteur, sur des panneaux solaires.

Toujours dans les transports

Le salon a connu une forte actualité sur le concept de taxi volant. Hyundai s’est associé avec Uber pour présenter un prototype d’aéronef électrique et surtout autonome. Demain verra sans doute surgir en milieu urbain de nombreux taxis volants, emportant jusqu’à 4 passagers.

Le mystérieux projet Neon

C’est une filiale de Samsung, StarLabs qui a proposé le principe de la réalisation grandeur nature, sur de grands écrans d’avatars humains créés à partir d’images humaines. On est très limité sur la projection en utilité d’un tel concept, mise à part la très banale publicité.

Cinq startups françaises ont été à l’honneur et primées lors de cette édition 2020 du CES de Las Vegas

Meyko

Elle a conçu, en soutien aux enfants malades chroniques, un petit robot qui encourage ces enfants à prendre leur traitement. Le robot est doté d’une capacité émotionnelle qui lui permet de transmettre à l’enfant des sourires d’encouragement. Fabriqué en Vendée il est en vente à 129 euros. Il assure un suivi et un compte rendu de la prise de médicaments.

BassMe (prix « Innovation de l’année »)

C’est un bel exemple de sérendipité (Wikipédia : conjonction d’un hasard heureux qui permet au chercheur de faire une découverte inattendue). L’un des deux cofondateurs de cette startup allongé sur son canapé fait l’expérience de laisser tomber sur son thorax une enceinte portable, découvrant une sensation auditive inédite. Dans la foulée il met au point le prototype de BassMe, à savoir selon ses propres propos : « Une caisse de résonnance portative que l’on accroche en bandoulière sur le torse et qui permet une expérience d’écoute totalement immersive ». 1 700 commandes ont déjà été faites à partir de leur site web au prix unitaire de 129 euros.

Carmitou (prix « Innovation »)

Passionné par les animaux, son fondateur a conçu un bac à litière qui permet le suivi quotidien de la qualité des urines de son chat et d’y détecter d’éventuelles maladies chroniques, ainsi que de mesurer son poids. Son prix devrait être dans une fourchette de 300 à 350 €.

BeFC

Cette startup française a mis au point une mini pile révolutionnaire et écologique, de la taille d’une pièce de monnaie, à savoir une pile bioenzymatique à base de papier, de sucre et d’enzyme. C’est une réponse très adaptée à la pollution qu’engendrent les piles miniatures usagées. Elles sont principalement destinées à des appareils jetables ou de basse puissance, en particulier dans le domaine médical (tests de grossesses, lecteur de glucose, capteurs sans fil).

Hap2U

Cette innovation consiste à pouvoir monter le volume de la musique, par exemple, sur l’écran tactile d’une voiture, avec la sensation physique d’un vrai bouton. C’est ce que l’on appelle la technologie du retour haptique, à savoir la retranscription sur un écran de la sensation d’un toucher sur des matières physiques.

Conclusion

Sur le fond, des efforts remarquables ont été fait dans le domaine de l’IA et des composants, particulièrement dans les composants embarquant de l’intelligence artificielle. Grands constructeurs automobiles (Nissan, BMW, Hyundai, Honda, Ford…) et équipementiers automobiles (Faurecia, Valeo, Mobileye, Bosch…) ont dévoilé leurs innovations dans le secteur de l’habitacle automobile.

On a vu aussi des progrès dans les puces et composants des Smartphones et objets connectés avec Nvidia, Intel, Qualcomm… l’IA est en train de devenir la composante systématique de tous ces objets, pour la reconnaissance vocale, faciale, le traitement en temps réels des photos et des vidéos.

Enfin, on voit émerger un concept que l’on peut qualifier d’IA émotionnelle, grâce à des systèmes qui détectent nos émotions et sont capables d’y répondre.

Pour en savoir plus: le rapport d’Olivier Ezratty sur le CES 2020

métiers anciens

Lancement du groupe de travail “Métiers”

10 bonnes raisons pour lancer un Groupe de travail Métiers

  1. Des métiers disparaissent ou sont “en voie de disparition”.
  2. De nouveaux métiers apparaissent, la plupart évoluent.
    Les métiers de la communication, de la documentation, de l’édition, du conseil, de la formation, ainsi que les métiers artistiques et juridiques sont en pleine mutation. On peut d’ailleurs se demander si les nouveaux métiers sont vraiment nouveaux ou bien des évolutions d’anciens métiers. Dans le domaine de l’informatique les appellations ont changé en reprenant bien souvent des titres anglo-saxons, sans que le contenu change sur le fond. 
  3. Certaines tâches pénibles ou fastidieuses sont maintenant réalisées par des robots ou des Intelligences Artificielles.
  4. La formation initiale ne garantit plus un emploi à vie.
    La formation permanente est devenue une nécessité, tout au long d’une carrière. Elle inclut généralement l’acquisition de compétences numériques quel que soit l’emploi exercé. L’enseignement fait lui-même de plus en plus appel aux techniques numériques via des MOOC et des supports dématérialisés.
  5. De plus en plus de jeunes exercent plusieurs métiers simultanément, pour raison financière ou pour réparer les erreurs d’aiguillage.
    On les désigne sous le nom de “slasheurs”.
  6. La plupart ont exercé ou exerceront plusieurs métiers successivement au cours de leur carrière.
  7. Le numérique s’introduit dans tous les métiers.
  8. La notion de métier est encore trop souvent confondue avec celle d’emploi ou de profession. L’emploi de l’expression “les métiers” pour désigner les services non informatiques d’une entreprise n’a fait que renforcer la confusion…
  9. Les classifications et référentiels existants visent plutôt à dresser des listes d’emploi.
    Les petites annonces proposent des titres de “job” alléchants mais pas toujours explicites.
  10. Enfin ADELI travaille sur ce sujet depuis longtemps.
    L’évolution des métiers des systèmes d’information a été au cœur de notre réflexion et nous a amenés à travailler à la fois sur la notion de métier, les référentiels de compétence, l’émergence de nouveaux métiers et l’évolution des métiers plus traditionnels sous l’effet du développement du numérique, de la robotisation et de l’intelligence artificielle.

Petite bibliographie ADELI sur le thème métiers :

Liste d’articles publiés dans la Lettre d’ADELI

 Les objectifs du groupe de travailAttention zone de travail

  • Explorer le thème “évolution des métiers” sous ses différents angles, en combinant l’exploration sur le terrain et la réflexion transversale ;
  • collecter des retours d’expérience ;
  • publier régulièrement des articles sur ce thème dans la Lettre d’ADELI et sur notre site Web ;
  • réunir fin 2020 ces articles dans un ouvrage de synthèse.

Contribuer au Groupe de Travail

Que vous soyez étudiant, enseignant, à la recherche d’un premier emploi, slasheur, salarié en fin de carrière, retraité ou chômeur, vous pouvez témoigner de votre relation au métier que vous exercez, souhaitez exercer ou avez exercé.

Vous pouvez contribuer à ce Groupe de travail en apportant vos réflexions et retours d’expérience sous forme de document écrit, voire d’enregistrement audio ou vidéo. Un Forum d’échange est ouvert à cette fin aux adhérents ADELI.

Si vous êtes adhérent ADELI il vous suffit de vous connecter avec votre login/mot de passe habituel et de cliquer sur

Lancement du groupe de travail "Métiers" 28

Si vous n’êtes pas adhérent, vous pouvez me contacter par e-mail pour demander un accès au forum.

Martine OTTER
Responsable du GT Métiers

Dessin de Marc ChalvinDessin de Marc Chalvin

Mieux connaître La Gaîté Lyrique …exploratrice des espaces numériques

Mieux connaître La Gaîté Lyrique …exploratrice des espaces numériques 29

Partie supérieure de la façade conçue par Alphonse Cusin

La Gaîté Lyrique

La Gaîté Lyrique a toute une histoire derrière elle, dont le naufrage d’un parc de loisir initié lorsque Jacques Chirac était encore maire de Paris. Ce beau bâtiment a fini par sortir de ses turpitudes quand la ville de Paris  s’en est inquiété et s’en est emparée pour en faire un Établissement culturel et comme elle l’indique elle même « un lieu média qui parle des cultures post-Internet » … à sa manière avec son programme Laboratoire (Observer et penser demain). La Gaîté Lyrique s’est engagée ainsi sur les voies de l’exploration numérique ….

D’où cet article pour attirer votre attention et porter à votre connaissance l’information qui rejoint nos pistes d’exploration et nos propres travaux. Pour ne rien gâter, outre la création, c’est aussi un lieu de fête et comme on dit chez nous … de partage, n’hésitez pas à vous rendre sur son site et consulter son programme d’activité.

Qu’est ce que le laboratoire de la Gaîté Lyrique ?

Comme tout bon laboratoire, c’est un lieu où on cherche, où on explore la société contemporaine dans toute sa diversité et ses arcanes où le risque de se perdre est bien grand. L’ambition avouée de ses promoteurs n’est ni plus ni moins que « d’offrir une boite à outils pour agir collectivement au quotidien ».

La programmation s’adresse aussi bien à un public très averti qu’aux simples curieux, étudiants, chercheurs, entrepreneurs, artistes, activistes sont visiblement les bienvenus.Les pistes de travail sont nombreuses, je n’en retiendrai qu’une pour tous les Adéliens, un cycle qui parle de lui même :

Étudier les cultures du numérique : le côté obscur du futur du travail

Les promesses du numérique, à supposer qu’il y en eût de sérieuses ….laissent place à un monde du travail où chaque instant se confronte à la fois à des processus d’automatisation séduisants … mais aussi à une « colonisation » souterraine de notre être intime et public qui pose questions. Réseaux sociaux omniprésents, Smartphones ubiquistes …. engendrent aussi bien, plus de travail non payé ou effort de productivité non récompensé … tout un prolétariat émerge de ces néo plateformes comme Uber ou Amazone, bref il y a de quoi explorer, pour mieux comprendre, afin de mieux agir.

La Gaîté lyrique a confié à Antonio Casilli de l’EHESS (L’École des Hautes Études en Sciences Sociales) le soin d’orchestrer trois conférences.

Antonio Casilli

Mieux connaître La Gaîté Lyrique …exploratrice des espaces numériques 30

Antonio Caselli

Antonio Casilli est un sociologue, un enseignant chercheur qui travaille à Télécom Paris et qui est associé au LACI-IIAC de l’EHESS. Ses publications le désignaient naturellement à entreprendre ce cycle de trois conférences pour le compte du théâtre de  la Gaîté Lyrique

  • En attendant les robots, enquête sur le travail du clic (Les Éditions du Seuil 2019)
  • Les liaisons numériques (Les Éditions du Seuil 2010)
  • Qu’est-ce que le digital labor ? en collaboration avec Dominique Cardon (INA 2015),

il  a organisé  et structuré cette présentation en collaboration avec Silvio Lorusso, Aude Launay Lilly Irani, Elisa Giardina Pap et RYBN.

Le programme

 

RéférencesG

ADELI a constitué un groupe  de réflexion et de travail  sur les métiers et le numérique  pour lequel vous pouvez faire une demande de participation.

Participer aux Prix d'encouragement 2020 organisés par ADELI 31

Participer aux Prix d’encouragement 2020 organisés par ADELI

Dessin de Marc Chalvin Dessin de Marc Chalvin

Les prix d’encouragement ADELI

Afin de soutenir les participations particulièrement originales et créatives en faveur du numérique, ADELI a créé plusieurs prix pour récompenser et encourager des auteurs, des artistes, de jeunes chercheurs et créateurs de startup.

Pour chaque prix, un jury est composé de membres d’ADELI, de partenaires et de volontaires. L’ensemble de ces prix est l’occasion de réfléchir à l’avenir du numérique sous ses formes les plus directes et usuelles, comme sous ses formes parfois les plus extravagantes issues de l’imagination des créateurs. C’est aussi l’occasion de s’ouvrir au monde de l’entreprise, de la recherche, de l’éducation et de la création artistique, de nouer des contacts et de faire de belles découvertes. Ces prix sont une source de réflexion et d’enrichissements  aussi bien personnels que collectives.

Ces prix ouverts à des partenariats, prestigieux comme celui de l’Université Paris Sciences et Lettres (PSL) sont en constante évolution à l’initiative des groupes qui les pilotent. Ils sont l’occasion d’événements pour la remise des prix, comme l’année dernière à L’École Normale Supérieure de Paris pour le prix de thèse.


Vous pouvez participer à l’organisation et l’animation de ces prix en écrivant à :

jmpelletier52@gmail.com

et en nous indiquant  votre choix, vos motivations.


Prix de la nouvelle d’anticipation

L’année dernière c‘est une cinquante d’auteurs qui a participé au prix, un lauréat a été désigné et une dizaine d’autres auteurs ont été associés à l’édition d’un recueil.

Vous trouverez toutes les informations relatives au prix de la nouvelle en lisant l’article du site.

Prix de la BD ou du dessin d’anticipation

C’est une nouveauté en 2020, il s’agit de sélectionner soit une planche de BD ou un dessin qui illustreront une thématique dans le domaine de l’anticipation.

Prix de thèse en partenariat avec PSL

L’année dernière ADELI a initié en partenariat avec l’université Paris Sciences et Lettres (PSL) un prix de thèse en lien avec le numérique. Ce prix va être reconduit cette année en s’associant avec PSL et Prairie.

Vous trouverez toutes les informations relatives au prix de la nouvelle en lisant l’article du site.

Projet de prix Startup sur le numérique en partenariat avec la Mairie du 13ème

Pour l’instant il s’agit de travailler à la mise en œuvre de ce projet et de le présenter pour approbation au comité d’ADELI.

 

Interview de Damien Scieur

Lettre 118 - Hiver 2020 - Stratégie 32

Lettre 118 – Hiver 2020 – Stratégie

La Lettre 118 est parue

Stratégie

La lettre 118 porte sur la stratégie.

Voir la Lettre (version numérique)  ou lire sous forme pdf:

La propriété intellectuelle à l’ère du numérique : Pascal Rogard 33

La propriété intellectuelle à l’ère du numérique : Pascal Rogard

Compte rendu de la rencontre avec Pascal Rogard du 12 novembre 2019

par Jean Pelletier

Propriété intellectuelle : un peu d’histoire

Pascal Rogard

Pascal Rogard

La SACD a été créée le 3 juillet 1777 par Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, un grand auteur, mais aussi un homme d’affaire et politique très habile. Il savait un peu tout faire. Il existe un très beau livre d’Érik Orsenna sur Beaumarchais et une série de podcasts sur France Inter qui racontent la vie de Beaumarchais.

Le problème auquel les auteurs étaient confrontés, c’était le monopole des comédiens français. Les auteurs n’arrivaient pas à connaître les recettes de leurs pièces et à en percevoir une partie au titre de leurs droits.

Il a donc créé le monopole des auteurs en réunissant un soir autour d’une bonne table les auteurs les plus en vue de l’époque. Leurs œuvres seraient jouées aux conditions qu’ils dicteraient, un droit financier, mais aussi un droit moral.

Puis Beaumarchais contribue à une avancée politique très avantageuse en 1793, dans une loi (la loi Le Chapelier) qui abolit les corporations, il en profite pour faire introduire le système de droit d’auteur et de la rémunération proportionnelle des auteurs. C’était vraiment un précurseur, car il faudra attendre l’année 2019 pour l’adoption de ce principe au niveau européen dans la dernière directive sur le droit d’auteur.

Il crée aussi le domaine public, c’est à dire la limitation dans le temps du droit d’auteur. Dualité entre la protection de l’auteur, des œuvres et le droit d‘accès au public.

Cette problématique, on la retrouve telle quelle quand les questions viennent à se poser avec l’émergence d’Internet et du numérique. Comment trouver le juste équilibre entre la protection des auteurs et l’accès le plus large possible des œuvres au public.

Les autres sociétés

La SACEM s’est créée le 18 février 1851, car les responsables de la SACD ne voulaient pas des musiciens, ils appelaient cela les petits droits… la SACD ce sont les grands droits…

La SACD est une société d’auteurs, il n’y a que des auteurs.

La SACEM est une société de droits d’auteurs, puisque les éditeurs en font aussi partie, le poids des sociétés musicales est devenu très important. Maintenant en Europe ils peuvent changer de société comme ils veulent, avant il devait nécessairement adhérer à la société de leur siège social.

Grâce à ce texte adopté par l’Europe, ils font leur marché au gré des avantages qui leur sont consentis.

Ensuite s’est créée le 11 mai 1981 la SCAM, ce sont des auteurs de documentaires, quand ils ont voulu adhérer à la SACD on leur a répondu qu’ils auraient un barème moins favorable que les auteurs dramatiques… ils ont donc créé leur propre société.

Ensuite sont venus les droits voisins des artistes avec l’ADAMI, des producteurs, des éditeurs de livres… tout un monde complexe de sociétés régies par une directive européenne et contrôlée en France par une commission placée auprès de la Cour des comptes et qui chaque année vérifie le bon fonctionnement des sociétés.

Il y en a certaines qui fonctionnent mieux que d’autres, il suffit de se référer aux rapports annuels de ladite commission.

Voilà les fondements principaux de la propriété intellectuelle rapidement résumés.

Les dispositifs légaux en France

En France la grande loi, c’est celle de 1957, c’est une loi qui a compilé la jurisprudence.

Ensuite est arrivé Jack Lang, qui fait une loi en 1985 sur le droit d’auteur et les droits voisins et qui a instauré le principe de la rémunération pour copie privée.

C’est à ce moment-là que l’ADAMI, qui ne percevait rien, a commencé à percevoir des sommes importantes du jour au lendemain, ce qui lui a occasionné certains déboires financiers.

Qu’est-ce que la copie privée ? C’est la contrepartie au droit d’enregistrer des œuvres audiovisuelles, musicales et littéraires par des particuliers pour un usage privé.

Au départ, c’était un dédommagement sur les enregistrements des particuliers sur les cassettes, puis ce fut l’arrivée de la vidéo avec les magnétoscopes… tout ce monde-là a ensuite basculé de l’analogique au numérique, que l’on connaît aujourd’hui.

Ainsi sur le même support on peut copier de la musique ou de l’audiovisuel.

Les deux sociétés qui percevaient le son et l’image ont de ce fait fusionné.

La copie privée, aujourd’hui c’est 260 millions d’euros par an, qui sont répartis aux auteurs, aux artistes et aux producteurs.

Jack Lang a ajouté l’obligation de consacrer 25 % des ressources à des actions culturelles. C’est de l’argent qui, en plus, est allé directement au financement de la création et des festivals.

les Smartphones sont les principaux supports d’enregistrement qui rapportent les redevances de la copie privée.

Sur le prix d’un Smartphone, la redevance copie privée ne se voit presque pas (3 à 4 %).

Pendant longtemps Apple n’a pas voulu payer la copie privée… la commission qui fixe le taux des redevances pour copie privée, a mis sur la table l’iPod, Apple est venu pour dire que ce n’était pas fait pour enregistrer de la musique, mais des contacts… c’est dire le niveau de mauvaise foi.

Suite aux différents procès,  une transaction a été trouvée et ils ont fini par payer…

D’autres constructeurs ont fait aussi obstruction, seul Samsung s’est acquitté de la redevance sans faire de problème. Après une période de 6 à 7 ans, tout est rentré dans l’ordre.

Aujourd’hui tous les supports sont soumis à cette redevance, sauf les ordinateurs, la commission a mis le sujet à l’étude, il faudra voir quelles sont les suites qui seront données ….

Les sociétés de diffusion en streaming comme Netflix offrent la possibilité de télécharger les œuvres pour les visionner hors connexion WiFi, donc elles vont bien sur les disques durs des ordinateurs.

Seuls les disques durs amovibles sont soumis à ce jour à la redevance copie privée.

Les ordinateurs hybrides sont encore un autre sujet, ils font aussi tablettes lorsque l’on détache l’écran, car les tablettes sont, elles, soumises à la redevance.

Il y a un site qui s’appelle copie France ou l’on retrouve tous les éléments juridiques et financiers.

La mise en danger de la propriété intellectuelle par le numérique

Le numérique a failli avec la piraterie détruire la musique. Au moment où cette industrie vivait bien avec la vente des CDs, sont apparu les sites de piratages (le Peer to peer), difficiles à endiguer.

Le législateur a eu du mal à s’attaquer de front à la piraterie … ce n’était pas très populaire, d’autant plus que c’étaient surtout les jeunes qui pirataient.

C’est donc la musique qui a pris de face le problème, car à ce moment-là la musique se téléchargeait facilement, mais pas les films qui occupaient de très grands volumes, qui demandaient beaucoup de temps pour être téléchargés.

Quand les débits ont augmenté et que les films se sont trouvés confrontés au piratage, les politiques, en particulier Nicolas Sarkozy, ont réagi avec la loi Création et internet et la mise en place de l’HADOPI. Ils se sont trompés sur la sanction : la suppression du WIFI, pas du tout adaptée. Aujourd’hui pour faire sa déclaration d’impôt le WIFI est obligatoire.

On a raté le principe de l’amende comme l’infraction routière… le sujet est toujours sur la table.

Hadopi a bien fonctionné pour les avertissements, mais ceux-ci n’ont jamais été suivi de sanction…

La musique a fini par réagir en créant des plateformes de musique et l’audiovisuel a fait de même avec des plateformes comme Netflix ou Primevidéo d’Amazon ou Mycanal.

Celui qui a défendu la création au mépris de ses intérêts électoraux c’est Nicolas Sarkozy. Pour le moment la piraterie existe toujours, le système HADOPI fonctionne sur la détection, mais pas la sanction. Plutôt qu’une saisine du juge trop lourde et complexe il faudrait un système calqué sur la sécurité routière avec des amendes.

En Allemagne, il y a un système assez violent, les gens vont en prison, du coup il y a moins de piraterie.

Ce qui fait régresser la piraterie c’est le développement de l’offre légale, Netflix (6 millions d’abonnés), canal + (4,5 millions) pour la musique Deezer et Spotify… l’accès est plus facile et à des prix compétitifs.

On a pensé que le numérique allait mettre à mal la copie privée, en fait non, la commission a été assez imaginative… elle a pu suivre et s’adapter aux nouvelles technologies sans passer par un changement de la loi, la commission avait les pouvoirs pour le faire.

Les supports physiques résistent encore, le retour du vinyle en est l’illustration parfaite.

Netflix, c’est toute une histoire, l’histoire d’une société qui louait des cassettes puis des DVD qui étaient envoyés par la poste. Le génie du patron a été de comprendre que grâce au numérique il allait pouvoir donner l’accès au public en se passant des distributeurs classiques.

Le travail de doublage et de sous-titrage a permis la circulation des films de tous pays dans le monde entier.

Netflix a permis la circulation des œuvres, que l’Europe n’a pas réussies… et enfin d’investir sur les programmes. Et aujourd’hui ils sont 140 millions d’abonnés dans le monde.

La prochaine bataille qui s’annonce est une bataille de titan : Netflix (le leader), Amazon Prime, Apple et Disney + avec un catalogue puissant.

Cet afflux risque d’assécher les télévisions classiques… les Européens qui sont à la pointe sur les programmes sont complètement absents de cette bataille monopolisée par les Américains.

Pour la musique, l’Europe est mieux placée, Deezer est français et Spotify danois. S’il y a une loi sur l’audiovisuel à venir, c’est pour essayer de mettre la compétition sur un terrain loyal.

 

À lire sur le sujet dans la Lettre d’ADELI :

RGAA_v4

Le RGAA 4.0 est arrivé

Nous avons assisté le 29 novembre dernier à la matinée sur l’accessibilité numérique organisée par la DINUM à l’occasion de la publication de la version 4 du RGAA. Nous vous présentons ci-après quelques informations sur ce référentiel que nous espérons incontournable, même si le présent site ne le respecte pas à 100%…

A propos du RGAA

La version 4 du RGAA a été publiée le 20 septembre 2019, 10 ans après sa création en 2009. RGAA cela voulait dire Référentiel Général d’Accessibilité des Administrations. Désormais il s’agit du Référentiel Général d’Amélioration de l’Accessibilité. Simplement parce qu’il s’applique aussi à des entreprises privées et plus seulement aux administrations. Sont en particulier concernés les ” organismes délégataires d’une mission de service public “, telles que La Poste ou la SNCF, et les entreprises dont le chiffre d’affaires annuel dépasse 250 millions d’euros.

Cette nouvelle version a été élaborée sous la responsabilité de la DINSIC (Direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’État), rebaptisée  DINUM (Direction interministérielle du numérique) depuis le 25 octobre 2019.

Le RGAA est un référentiel

Même s’il ne contient que des recommandations, son application n’est pas optionnelle pour certains types d’organisations et peut servir de base à l’obtention d’un label d’e-accessibilté.  Ainsi le site service-public.fr a obtenu en 2017 le niveau 5 du label e-accessible.

Le RGAA est un référentiel d’accessibilité

Le Web est incontournable et omniprésent, encore faut-il pouvoir y accéder. Nous vous en parlions dans la Lettre n°102 à propos de la formation des non-voyants au numérique.

Dans sa définition officielle, l’accessibilité numérique vise à rendre les services de communication au public en ligne accessibles aux personnes handicapées. Mais chacun, qu’il soit ou non handicapé, bénéficie des améliorations apportées par l’application de règles d’accessibilité. Même si le terme de fracture numérique n’est pas utilisé dans le référentiel, on peut affirmer que son utilisation bénéficie à la réduction de ladite fracture.

Les bases légales

L’accessibilité numérique n’est pas optionnelle, il s’agit bien d’une obligation légale. Rappelons en les bases légales :

  • la loi pour l’égalité des droits et des chances de 2005, mise à jour en 2018, précise dans son article 47:

Les services de communication publique en ligne des services de l’État, des collectivités territoriales et des établissements publics qui en dépendent doivent être accessibles aux personnes handicapées.

  • Elle se réfère pour son application aux “recommandations internationales pour l’accessibilité de l’Internet”, définies dans la norme internationale WCAG (Web Content Accessibility Guidelines), publiée par le W3C. La version 2.1 du WCAG, publiée en juin 2018, n’a pas encore été traduite en français mais devrait l’être sous le responsabilité de l’association Braillenet qui avait traduit la version précédente (2.0).
  • la directive européenne du 26 octobre 2016 relative à l’accessibilité des sites Internet et des applications mobiles des organismes du secteur public imposait aux états membres de veiller à ce que

les organismes du secteur public prennent les mesures nécessaires pour améliorer l’accessibilité de leurs sites internet et de leurs applications mobiles en les rendant perceptibles, utilisables, compréhensibles et robustes.

  • le décret Accessibilité numérique du 24 juillet 2019 transpose la directive européenne citée plus haut, en étendant son application aux entreprises dont le chiffre d’affaires annuel réalisé en France est supérieur à 250 millions d’euros. Il se réfère pour son application au référentiel d’accessibilité, “arrêté conjointement par le ministre chargé des personnes handicapées et le ministre chargé du numérique”, c’est à dire au RGAA.

Le RGAA a donc été révisé pour tenir compte à la fois de l’ensemble des exigences légales françaises et européennes et des évolutions technologiques liées au développement des applications mobiles et des services connectés : Internet, ce n’est pas seulement le Web.

Que contient le RGAA?

Les obligations d’accessibilité

L’accessibilité n’est pas optionnelle. Le RGAA définit son champ d’application. Quelques exemptions sont citées ainsi qu’une possibilité de “dérogation pour charge disproportionnée” qui laissera malheureusement subsister pas mal de non-conformités. En dehors de ces exceptions, qui, nous l’espérons, resteront rares, les organismes soumis au RGAA  devront désormais évaluer leur conformité via un audit et effectuer une déclaration d’accessibilité publiée sur une page dédiée de leur site, indiquant si le site est “totalement conforme”, “partiellement conforme” ou “non conforme”. Un défaut de publication dans un certain délai pourra entraîner des sanctions financières  (jusqu’à 20000 € par site non déclaré ce qui peut être élevé pour un groupe disposant de sites multiples).

Les 106 critères de contrôle

Nous ne détaillerons pas ici les 106 critères de contrôle dont je vous recommande la lecture détaillée, mais nous limiterons à la présentation des grandes catégories avec pour chacune quelques exemples de recommandation.

Les images

L’information portée par une image doit être remplacée par une alternative textuelle. Dans le cas d’images utilisées comme CAPTCHA d’autres solutions d’accès doivent être proposées.

Les cadres

Les cadres utilisés pour intégrer cartes ou vidéos doivent porter un titre. Ceci n’est pas proposé en standard dans le code d’insertion récupéré sur YouTube

l’utilisation des couleurs

L’information portée par la couleur doit être accessible par d’autres moyens. Le contraste entre la couleur du fond et la couleur du texte doit être suffisamment élevé. Il existe des outils pour vérifier le contraste suivant la taille des polices utilisées.

l’utilisation du multimédia (son, video)

Les vidéos doivent être accompagnées d’une transcription textuelle, ce qui n’est pas toujours facile à réaliser, le sous-titrage des vidéos étant une opération délicate même si YouTube fournit aujourd’hui des sous-titres un peu approximatifs.

Les tableaux

Les tableaux de données complexes doivent être accompagnés d’un résumé et les titres des lignes et des colonnes déclarées comme tel.

Les liens

Les liens doivent être explicites. On rencontre encore trop de “cliquer ici” sur certains sites…

Plage braille

Plage braille

Les scripts

Les scripts utilisés (généralement javascript) doivent être compatibles avec les technologies d’assistance telles que lecteurs d’écran (NVDA, Jaws), afficheurs braille, logiciels d’agrandissements (Zoomtext), fonctionnalités d’accessibilité des différents navigateurs…

La présence d’éléments obligatoires  sur chaque page, tels que titre et langue

La structuration des pages au moyen de titres et de listes

Titres et listes ne sont pas un luxe, ils permettent de se déplacer rapidement à l’intérieur des pages et d’en comprendre la structure.

La présentation de l’information, en particulier via les feuilles de style (css)

L’emploi de feuilles de style est recommandé, les attributs de présentation ne devant pas figurer directement dans le code de la page. Le principe est ici de séparer forme et fond.

L’utilisation des formulaires

Une étiquette doit être associée à chaque champ de formulaire. Les erreurs de saisie doivent être signalées, ainsi que le caractère obligatoire ou non des différents champs.

La navigation sur les pages

Elle doit être possible via différents systèmes de navigation tels que menu, table des matières, plan du site, moteur de recherche.

Consultation

Cette dernière catégorie  couvre des critères multiples tels que l’ouverture de fenêtres déclenchée sans action de l’utilisateur, l’utilisation de contenus cryptiques (emoticons, ™, ©,®,…) ou encore les contenus en mouvement.

Conclusion

Un long chemin à parcourir

e-accessibleLa plupart des sites institutionnels, tels pôle emploi n’ont pas dépassé le niveau 1 du label e-accessible.

L’association BrailleNet accorde pour sa part le label Accessiweb sur la base du référentiel WCAG. La page “Galerie des sites labellisés” affiche à ce jour seulement 4 sites au niveau “label Or” et 20 au niveau “label argent” dont trois sites de la SNCF.

Tout cela est peu rapporté au nombre de sites Internet publics (plus de 10000 en 2009 dont 700 appartenant à des administrations de l’État). Au 1er janvier 2019 18 521 communes avaient un site Web (source: https://www.polipart.fr/statistique). De même , il y avait en 2017 173.000 sites e-commerce actifs en France. Et ceux-ci ne sont pas, sauf exception liée à leur chiffre d’affaires, soumis à l’obligation d’évaluation de leur accessibilité.

Le chemin est donc long à parcourir. L’application des normes nécessite un travail  de formation permanente et de communication à tous les niveaux, auprès des administrations et des entreprises, des développeurs et de leur hiérarchie.

A retrouver sur twitter les présentations du 29 novembre 2019 lors de la matinée de l’accessibilité organisée par la DINUM :

Voici ci-après les liens vers les vidéos découpées, ainsi que la transcription :

 

Cedric Teixeira Lauréat du concours 2019  de la meilleure nouvelle d'anticipation sur l'intelligence artificielle 35

Cedric Teixeira Lauréat du concours 2019 de la meilleure nouvelle d’anticipation sur l’intelligence artificielle

Dessin de Marc Chalvin

Copyright Marc Chalvin – 2018

Le prix de la nouvelle d’anticipation

ADELI  a reconduit cette année, à compter du 15 avril 2019 jusqu’au 15 septembre 2019, un concours de nouvelles gratuit rédigé en langue française,  intitulé Nouvelles d’anticipation sur le thème de l’intelligence artificielle « À l’aube du XXIIe siècle ».

Les participants devaient commencer leur texte par l’incipit :

« Le 6 janvier 2197, jour exceptionnel… »

Les gagnants

Le jury s’est réuni à Paris le mardi 5 novembre 2019, il a décidé d’attribuer le prix à :

Cedric Teixeira pour la nouvelle “L’amour tout un programme”, il recevra son prix lors de l’Assemblée générale 2019 qui se tiendra le 21 janvier 2020.

Préface de Françoise Camus.

Félicitations !!!

Le XXIIe siècle ! Pour certains, c’est un demain plein de belles aventures, pour d’autres, un voyage dans le temps empli d’embûches, d’incertitudes. Il permet néanmoins d’ouvrir cette porte de l’imaginaire.

Les univers se succèdent, tantôt inquiétants, tantôt vus sous l’angle de l’humour, ou encore pleins d’espoirs dans ce futur à la fois si proche et si lointain.

Saisir de sa plume le monde de demain avec modestie ou véhémence, mettre en scène le réalisme ou le fantastique, tel a été le défi des soixante-cinq candidats écrivains d’un jour ou plus expérimentés. Nombreux ont été ceux qui nous ont fait vivre de belles surprises littéraires avec une écriture intelligente non artificielle.

Chaque nouvelle est singulière, unique.

Ainsi, nous sommes entraînés avec beaucoup d’humour vers une pittoresque rencontre amoureuse « L’amour tout un programme », puis nous visitons une ville-sous marine avec Falbala ». Une interrogation quant à notre mort, peut-elle être programmée ? « Quis custodiet ipsos custodes ». Bien sûr l’homme est augmenté « IA alpha bis, L’intervention, L’autruche et le basilic ». « Battez l’IA » nous fait vivre une expérience de téléréalité en direct. Qu’adviendra-t-il d’une société dirigée par un président robot ? « D’Europa à Terra ». Nous jouerons les « Prolongations » dans une « science sans conscience » avec « Noé bien entendu ».

Que le concours continue longtemps car le plus beau des textes s’écrit chaque année.

Tous les participants et les amateurs d’intelligence artificielle sont invités à diffuser leur expérience.

L’ordre des nouvelles ne correspond pas à un classement hiérarchique, mais à un choix éditorial afin de varier les genres et les univers.

Les meilleures nouvelles sont également publiées sur le site d’ADELI :

  • Martin Née « L’autruche et le basilic »
  • Joëlle Foray « Poème de Falbala »
  • Pierre Pirotton « Noé, bien entendu »
  • Jean-Jacques Pion « Prolongations »
  • Grégoire Cornu « Battez l’I.A. »
  • Paulette Beffare « I.A. ALPHA bis »
  • William Van Neder « d’Europa à Terra »
  • Tatiana Orlandini « L’intervention »
  • Lancelot Sablon   « Science sans conscience »  
  • François Nollet «  Quiq custodiet ipsos custodes ? »

Cedrix Teixeira se présente :

Né en 1979 dans le Pas-de-Calais, je me suis passionné dès ma plus tendre enfance pour la lecture et les belles histoires. Pourtant, l’idée de poser sur papier mes propres textes ne m’est venue que beaucoup plus tard. C’est en effet à l’aube de mes trente-huit ans, après avoir (re)lu “Les robots” d’Isaac Asimov, que surgit dans mon esprit de manière aussi subite qu’inattendue, tel un caillou tombé du ciel, un scénario sur le thème de l’intelligence artificielle. Ne sachant qu’en faire, je décidai de m’installer derrière mon ordinateur et de travailler ce caillou, façonnant des personnages et des lieux, sculptant une intrigue qui aboutit à un plan de roman… que je rangeai bien vite au fond d’un tiroir. Non pas que je le jugeai mauvais, mais cet exercice d’écriture avait déclenché au-dessus de ma tête une véritable pluie de météorites et engendré des dizaines d’autres idées de scénarios. Je sculptai alors chacune de ces pierres encore brûlantes, et dans l’impatience d’aboutir à des produits finis que je pourrais partager avec des lecteurs, je m’orientai sur le format de la nouvelle, remettant l’écriture d’un roman à plus tard. C’est ainsi que strate après strate je me construisis un univers mélangeant fantastique et science-fiction, à travers des récits mettant en scène des personnages ordinaires dont le réalisme du quotidien bascule irrémédiablement dans l’inconcevable.

Je propose aujourd’hui ces histoires au gré de concours ou d’appels à textes dont le thème colle à mon univers. J’eus ainsi la chance de voir publier “Texto” par les éditions Arkuiris dans leur anthologie “Le temps revisité”. “Le raccourci de Phil”, nouvelle fantastique, est également en cours de publication par la ville de Thouaré sur Loire dans un recueil sur le thème de la bicyclette.

Le concours proposé par ADELI a été pour moi un retour aux sources, l’occasion de me replonger dans le thème qui m’a amené à l’écriture : l’Intelligence Artificielle. Par ailleurs, le challenge était passionnant : imaginer l’IA à l’aube du XXIIème siècle. L’IA que je décris dans “L’amour, tout un programme” n’est pas construite de toute pièce. Elle n’est que l’extrapolation de l’une des IA la plus démocratisée aujourd’hui, que nous tenons tous dans notre poche : le smartphone. Il entre notre vie à partir d’un âge plus ou moins précoce et nous lui déléguons une partie de notre intelligence. Ainsi, le smartphone nous “augmente” ; avec lui nous gagnons en capacité : savoir, mémorisation, organisation, orientation… pour retomber à 0% de ces capacités quand la batterie fait de même. J’ai donc imaginé le degré ultime de la relation que nous entretenons avec notre smartphone, devenu en 2197 un assistant personnel attribué à vie dès la naissance et qui nous aide à prendre la bonne décision en toute circonstance ; une relation qui s’apparente plutôt à une sorte d’aliénation volontaire et confortable.

 

La mainmise des grands groupes d'Internet sur l'IA représente un réel danger 36

La mainmise des grands groupes d’Internet sur l’IA représente un réel danger

Progrès social et intelligence artificielle

Excellente tribune libre dans le journal Le Monde du 15 novembre de Hughes Bersini, chercheur en informatique qui y affirme : “Il est difficile de voir un progrès social dans l’intelligence artificielle”.

L’auteur met en garde contre la montée en puissance des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) dans le secteur de l’IA et du regard porté par les “plus dangereux gouvernants de la planète” sur les possibilités offertes par l’ensemble des recherches menées. il dit très explicitement  que “la principale exploitation des algorithmes d’apprentissage et de prédiction consiste à maximiser les profits, à emprisonner les internautes dans un formatage cognitif, à privatiser nos biens publics et à provoquer une épidémie de narcissisme chez les jeunes”.

De la même manière il pointe la chanson Daddy’s Car à la manière des Beatles et le Portrait d’Edmond de Belamy tous deux issus directement de la création par un réseau de neurones …. dont il met en cause la qualité créative …, chacun jugera.

https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/11/15/il-est-difficile-de-voir-un-progres-social-dans-l-intelligence-artificielle_6019267_3232.html

Hugues Bersini est professeur à l’Université libre de Bruxelles, codirecteur de l’institut de recherches interdisciplinaires et de développement  en intelligence artificielle (Iridia).  Il y enseigne l’intelligence artificielle, les technologies orientées objet (UML, Design patterns, java, Net, …) et la programmation Web (Django/Python). Il est l’auteur de Big Brother is driving you (Académie royale de Belgique, 2017).

Il est membre de l’Académie royale des sciences de Belgique.

IRIDIA est un laboratoire impliqué dans la recherche théorique et appliquée en intelligence artificielle computationnelle.  Il travaille essentiellement sur l’intelligence en essaim, la métaheuristique pour la solution de problèmes d’optimisation d’espace combinatoire et continu, l’étude fondamentale des réseaux biologiques et les applications d’intelligence économique.

ADELI a créé un groupe de travail sur l’intelligence artificielle auquel vous pouvez contribuer, n’hésitez pas à nous le faire savoir en nous contactant.

22301

A propos de continuité d’activité

Une norme pour la Continuité d’activité

Dans le cadre des rencontres-débat d’ADELI, Paul Théron nous avait présenté en 2008 le management de la continuité d’activité et François Tête, en 2016 le plan de continuité d’activité.

A l’occasion de la révision de la norme ISO 22301, intervenue fin 2019, l’ISO propose aujourd’hui en téléchargement une brochure gratuite d’information.

Cette norme peut faire l’objet d’une certification, par un organisme habilité tel qu’Afnor certification.

Lettre 117 – Automne 2019 – Cybersécurité 37

Lettre 117 – Automne 2019 – Cybersécurité

La Lettre 117 est parue

Cybersécurité

Le thème de la présente lettre est la cybersécurité.

C’est un très vaste domaine, critique.

Martine Otter nous rappelle ce qu’est la cybersécurité et nous invite à réfléchir en listant quelques bonnes pratiques, dont l’analyse des risques et la rédaction d’un plan de continuité d’activité.

Nous nous interrogeons sur la puissance des très grandes entreprises du numérique – les GAFAM. Patrick Kineider nous propose un article sur ce sujet.

Véronique Barthelemy-Pelletier nous livre un compte-rendu de la conférence-débat “Autour d’un verre” du 8 juillet 2019 animée par Romain Hennion  sur la cybersécurité.

Voir la Lettre (version numérique)  ou lire sous forme pdf:


 

Lettre 116 - Développement numérique durable

Lettre 116 – Été 2019 – Développement numérique durable

La Lettre 116 est parue

Développement numérique durable

Le numérique pollue-t-il et l’intelligence artificielle tout particulièrement ?
Entraîner un modèle de « deep learning » pour traitement du langage naturel émet autant qu’un être humain pendant 57 ans, ou que 5 voitures pendant leur durée de vie. Une seule solution : la sobriété.
Tout comme, à l’avenir, il faudra minimiser la consommation de pétrole (voyages, voitures…) il faudra économiser l’eau, éviter les gaspillages, produire localement, privilégier les achats écoresponsables, il faudra, sans doute, se
restreindre en équipements numériques.

Quelques liens :

https://www.cnetfrance.fr/news/pourquoi-l-intelligence-artificielle-est-un-desastre-ecologique-39886927.htm

« Pour une sobriété numérique » : le nouveau rapport du Shift sur l’impact environnemental du numérique

Voir toutes les Lettres

Lettre 115

Lettre 115 – Printemps 2019 – Politique et régulation numérique

La Lettre 115 est parue
Politique et régulation numérique

Politique et régulation numérique, tel est le thème de cette lettre n°115.
ADELI oserait donc sortir de sa neutralité politique et prendre parti sur des thèmes sensibles ? Quelle audace ! mais avons-nous vraiment le choix ? Les numéros précédents de la Lettre ont traité des fake news, de l’intelligence artificielle et de l’intelligence collective, des réseaux sociaux, de la mutation des entreprises : pas vraiment neutres tous ces sujets… Le politique, au sens non péjoratif du terme, le politique « non politicien » pourrait-on dire, désigne tout ce qui touche à l’organisation de la société. Le numérique en fait partie aujourd’hui plus que jamais. Alors oui, ADELI se préoccupe naturellement de sujets politiques.

 

Voir les autres lettres

Prix de thèse PSL-ADELI 2019 « Sciences des Données, Intelligence Artificielle et interfaces » : 3 lauréats

Prix de thèse – Une initiative ADELI PSL

ADELI et l’université PSL ont décidé de créer ensemble un prix de thèse dans les disciplines de l’Intelligence Artificielle , des sciences des données, ainsi que de leurs applications aux sciences humaines et sociales, et aux sciences expérimentales (physique, chimie, biologie).

Les Thèses devront avoir été soutenues après le 1er janvier 2017 dans un établissement de PSL, rédigées en français ou en anglais. Elles seront soumises à un jury composé de personnalités scientifiques incluant des représentants de l’Université PSL et d’ADELI.Lire la suite

Dessin de Marc ChalvinDessin de Marc ChalvinDessin de Marc Chalvin

Concours 2019 de la meilleure nouvelle d’anticipation

bureau Adeli humour

Le concours 2019 est lancé

À vos plumes

À l’occasion de ses 40 ans ADELI avait organisé un concours de nouvelles de science-fiction sur le thème de l’IA dont le prix avait été remis au lauréat le 9 mars 2018 au Grand Hôtel de Cabourg (Calvados).

ADELI  a décidé de reconduire cette année, à compter du 15 avril 2019 jusqu’au 15 septembre 2019, un concours de nouvelles gratuit rédigé en langue française, sans obligation d’achat, intitulé Nouvelles d’anticipation sur le thème de l’intelligence artificielle « À l’aube du XXIIème siècle ».

Les participants devront commencer leur texte par l’incipit :

« Le 6 janvier 2197, jour exceptionnel… » Lire la suite

Coronavirus… la crise éducative à venir …

crise éducative

photo Martine Otter

De cette pandémie du Coronavirus qui déferle sur le monde, on n’en voit pas la fin. Toutes les conséquences sont devant nous : crise sanitaire, suivie d’une crise économique sans précédent, mais aussi une crise éducative à venir dont on ne mesure pas encore tous les retentissements. C’est à un blackout complet de la planète auquel on a assisté, impuissant. Dans la balance, les États ont choisi la santé contre l’économie, c’est une première mondiale dans l’histoire des sociétés et de l’humanité. Les écoles, entre autres, ont ainsi été fermées, on ne peut pas dire que la réouverture annoncée ait débouché sur un réel redémarrage du système éducatif. Nous faisons face à un sérieux problème.

Une école républicaine à la peine

Notre école républicaine était déjà bien à la peine avec un ascenseur social tombé en désuétude. Jamais les inégalités sociales n’avaient été aussi criantes. À un tel point, que reprenant la lecture de « Les héritiers, les étudiants et la culture » de Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron (1964) on s’apercevait que l’école analysée comme une entité reproduisant pas à pas et fidèlement les inégalités entre classes favorisées et défavorisées, n’avait pas bougé d’un pouce en 56 ans ! Le pourcentage d’ouvriers à l’université est de 12 %, à peine mieux (Repères et références statistiques sur les enseignements, la formation et la recherche – édition 2018, ministère de l’Éducation nationale). Ceci est à mettre en rapport avec le fait que les ouvriers représentent encore près du quart de la population active. Les enfants de cadres supérieurs représentent, eux, 35 % des étudiants, alors que ces derniers forment uniquement 18 % de la population. Il s’agit de moyennes, on constate des écarts encore plus criants selon les filières, en particulier pour l’ensemble des grandes écoles.

C’est donc bien un système éducatif poussif, injuste, dominé par une bourgeoisie sûre d’elle même, qui vient d’être frappé en plein front par le coronavirus…

Malgré le peu de recul dont nous disposons aujourd’hui pour mener une analyse pointue des conséquences, on peut s’attendre à ce que la situation de confinement ait aggravé considérablement ces inégalités. Le ministère a déjà constaté un pourcentage important d’enfants « hors radar » que le système éducatif a perdu pendant le confinement.

La réouverture partielle des écoles a été motivée par le souhait de remettre la main au plus vite sur cette population scolaire en perdition. Priorité leur aurait été donnée pour rejoindre les quelques rares places disponibles à l’école.

Mais voilà encore une illusion de plus… nichée dans cette affirmation. Précédemment peut-on dire vraiment que le système scolaire se préoccupait de ces enfants ? Non, on le sait bien, les enseignants donnent la priorité aux enfants qui répondent à leur sollicitation et ignorent superbement les autres.

Alors … Sommes-nous réellement à l’aube d’un monde nouveau où l’on va prendre fermement les rênes de l’école pour restaurer une école républicaine égalitaire et laïque ?

Le mythe du numérique

Il aurait suffi de mettre un coup de collier pour installer un système de cours à distance afin d’atténuer les effets de la fermeture des écoles… L’euphorie venant, on voyait ici et là, se vanter les mérites des plateformes (LMS – Learning management system) … masquant en fait une réalité bien plus cruelle :

  • De nombreuses familles sont confinées dans de petits espaces avec un seul ordinateur accessible pour tous les membres de la famille, parents en télétravail, enfants censés suivre leurs cours à distance…
  • On a aussi constaté des cas, pas si rares que cela, d’enfants sans Internet, ni ordinateur pour se connecter aux cours.
  • Enfin pour ceux qui disposaient de l’outil adéquat… la pratique ne suivait pas, et les parents n’étaient pas nécessairement à la hauteur pour y remédier.

Enfin on sait aujourd’hui, par de multiples témoignages, que ce sont même certains enseignants qui ont disparu du circuit laissant des classes entières à l’abandon. Le mardi 9 juin au soir, le journal de 20 heures de France 2 a consacré un reportage sur ces enseignants qui ont abandonné leurs élèves pendant les deux longs mois de confinement. On y voit une lycéenne qui témoigne que deux de ses professeurs ont déserté, la mère déclare leur en vouloir beaucoup, d’autant plus que celle-ci est infirmière…

Un chiffre est même donné : 4 à 5 % des enseignants du public se seraient fait porter pâles… sans pour autant que l’administration ne réagisse.

L’information est mal passée auprès de la partie d’enseignants qui eux ont tenté d’assumer la situation.

Mais le fait est pourtant là… visible, ingrat et dérangeant.

Le fossé est devenu une fracture

Coronavirus… la crise éducative à venir … 38Tous ces éléments mis bout à bout laissent présager une crise éducative terrible… Car la réouverture partielle jusqu’à aujourd’hui et la promesse du président Macron de faire revenir tous les élèves pour le 22 juin ne changeront rien au fait que depuis le début du confinement le système scolaire s’est désagrégé. La rentrée de septembre est pour le moins incertaine, si le cahier des charges reste le même… on ne voit pas bien comment tous les élèves pourront être correctement accueillis. Et ne parlons pas des facultés où juste avant la pandémie, les amphis étaient déjà pleins à craquer dans la plupart des disciplines, laissant nombre d’étudiants à l’extérieur. Avec l’application des mesures barrières, comment va-t-on, sélectionner les rares étudiants qui auront droit à l’accès des amphis, ou bien laissera-t-on faire… les plus forts au détriment des plus faibles.

Le ministère évoque 5 % d’élèves perdus à ce jour …. Mais ne nous donne pas les moyens de vérifier ces chiffres. Un enseignant témoigne : « je ne sais pas d’où il tire ces chiffres. Peut-être du lycée Henry IV ou Louis-Le-Grand à Paris. Sur une de mes classes de secondes de 33 élèves, 10 ne travaillent plus du tout et, certains, je les ai totalement perdus de vue ».

L’éducation, un problème parmi d’autres ?

La crise économique en devenir prend naturellement le dessus sur toutes autres considérations. Une fois l’économie sacrifiée à des objectifs de santé, les États se ressaisissent et constatent les dégâts dont ils n’avaient peut-être pas pris toute la mesure. Pourtant avec une planète à l’arrêt, qui pouvait sciemment ignorer que, d’une part le prix à payer serait lourd, que le redémarrage de l’économie mondiale ne se ferait pas d’un simple claquement des doigts ?

On voit bien les sommes astronomiques qui sont actuellement mobilisées pour empêcher le naufrage des plus grandes compagnies françaises : Air France, Airbus, la SNCF, Renault, Peugeot ; les dispositifs de soutien à la plupart des professions pour tenter de les aider à passer le cap. On estime à 460 milliards d’euros l’ensemble des aides et prêts garantis mobilisés par l’État, soit 21 % de la richesse nationale, selon Bruno Le Maire, ministre de l’Économie. Il s’agit du plus grand défi économique jamais lancé par la France depuis l’après-guerre.

Mais est-ce que cela devrait être la seule préoccupation ? L’éducation c’est bien ce qui définit le futur d’une population ; Victor Hugo disait : « Celui qui ouvre une porte d’école ferme une prison ». Que seraient l’économie, la richesse nationale, l’emploi, la recherche, sans une population éduquée au plus haut niveau ? De plus en plus d’entreprises intègrent le niveau d’éducation d’une population dans ses critères de choix d’implantation géographique.

L’éducation ne peut être un problème parmi d’autres, mais une préoccupation majeure.

Redéfinir les contours de l’école

Nul ne peut dire avec certitude le devenir exact de cette pandémie, quand va-t-on découvrir un vaccin et sera-t-on en mesure de trouver des traitements efficaces ? Il circule beaucoup d’affirmations péremptoires à ce sujet, mais si l’on se recentre sur des scientifiques confirmés et reconnus on voit bien que c’est à un horizon au moins encore de deux ans qu’il faut s’attendre… et encore….

La crise a été contenue en France grâce à un confinement généralisé, mais le virus n’a pas disparu. Au niveau mondial la pandémie est toujours en croissance, des deuxièmes vagues s’amorcent dans plusieurs pays. Des pays qui avaient connu des effets limités jusqu’ici du coronavirus voient celui-ci flamber brutalement.

L’étau des confinements n’étant plus tenable, la plupart des pays relâchent leurs efforts…

Tous ces éléments indiquent clairement que faire le pari d’un retour à la normale, dès la rentrée, est parfaitement utopique.

La mise en œuvre des mesures barrières dans le système éducatif a montré ses limites pour prendre en charge réellement l’éducation de tous les enfants.

Les conditions d’un retour efficace à l’enseignement

Elles sont nombreuses, requièrent de l’argent et du temps, sans doute de la bonne volonté et une bonne dose d’énergie. Car l’école est à réinventer.

Il y a beaucoup de retard à rattraper malheureusement pour pouvoir faire face efficacement et rapidement. Le rapport de l’école au numérique n’a jamais été simple. Depuis le plan Informatique  Pour Tous (IPT – 1985) lancé par Laurent Fabius, la situation a, à peine, évolué. Les interventions ont été chaotiques et laissé un peu au hasard des bonnes volontés des collectivités locales… On peut parler d’une réelle utopie de la pédagogie numérique, à savoir une vision très « bobo parisienne » qui occulte les inégalités socio – économiques et qui n’assume pas l’inégalité numérique.

Il faut dégager le financement national pour que chaque enfant soit équipé d’un matériel informatique adéquat et former chaque enfant à l’usage du numérique. Car si les jeunes générations sont plus habituées au numérique, pour autant leur usage pédagogique n’est pas naturel et ne va pas de soi. L’aspect financier n’est pas le plus difficile (on voit bien que le président Emmanuel Macron est prêt à tout, ne l’a-t-il pas dit ?), la formation est plus difficile à mettre en œuvre et requiert du temps, beaucoup de temps.

L’accès à Internet n’est pas partout assuré, il faudra donc très rapidement y remédier et finaliser ce que nous aurions dû faire déjà depuis des années, dans l’urgence. Chaque foyer doit pouvoir disposer d’une connexion Internet et avec un débit suffisant pour permettre des échanges et des chargements de qualité. C’est aussi indispensable que l’eau et l’électricité.

Quant aux enseignants, on voit bien quel est l’état d’inégalité de leurs ressources pour faire face au numérique. On ne peut tolérer la fuite, la peur, l’absence, la médiocrité, le à peu près… il faut en finir avec l’anxiété des syndicats qui freinent toute velléité active d’un ministre à agir fermement en la matière. Il faut former en urgence la totalité des enseignants au numérique, à ses usages, mais aussi aux spécificités de l’enseignement à distance… ce n’est pas évident et pourtant c’est nécessaire et impératif. Il faudra peut-être recruter et voir un peu plus loin en modifiant les conditions du recrutement, afin d’y intégrer ces dimensions nouvelles.

Pour gérer une alternance d’enseignement à distance et d’enseignement en présentiel, il faudra revoir l’organisation des établissements d’enseignement qui en l’état ne sont pas adaptés. Toutes les mesures provisoires d’accès, de circulation, de gestion des salles devront devenir pérennes, car le provisoire a vocation à durer…

Enfin pour traiter des « exclus », qui l’étaient déjà avant la crise… mais pour ne pas laisser empirer cette situation, il faudra nécessairement mettre en place des procédures et des moyens spécifiques qui leur soient propres pour une remise à niveau la plus rapide souhaitable.

Mettre fin au mythe du tout numérique

Coronavirus… la crise éducative à venir … 39Si un soin particulier doit être mis à rénover, conforter et développer l’enseignement à distance, à le généraliser, il faut penser et organiser en complément un enseignement en face à face.

L’utopie du tout numérique fait courir un réel danger à la société, son accomplissement serait source d’inégalités encore plus fortes.

Prenons le succès de l’application Zoom, il se comprend, car l’application est particulièrement facile à mettre en place et à utiliser, ses qualités de fonctionnement en font une réelle avancée technologique.

Pour autant, est-ce la panacée ? Non, que ce soit pour le monde de l’entreprise ou de l’éducation, elle ne peut répondre qu’à une partie des besoins.

La visioconférence transmet du son, de l’image, l’accès à un tableau et des documents partagés, elle permet des interactions bien organisées.

Mais le ressenti, l’état d’âme, l’enthousiasme ou la lassitude tout cela n’est jamais perceptible par l’intermédiaire d’un écran.

Comment un enseignant pourrait percevoir le ressenti intime de ses élèves, pourtant indispensable pour une relation pédagogique de qualité ? Comment un élève pourrait percevoir les nuances de la pensée et de l’expression de son enseignant par écran interposé ?

Voici le témoignage édifiant d’un enseignant : « J’ai vraiment besoin d’un visage lorsque je parle — cela rend simplement la situation non naturelle plus naturelle, il est plus facile de parler. Il me semble qu’il vaut mieux que les élèves voient la tête parlante que d’entendre la voix. »

Dans un premier temps l’illusion est parfaite, le confort de l’utilisation à son domicile (aussi bien pour le maître que l’élève), le fait de voir ses élèves en gros plans, alors que l’on était habitué à l’éloignement, donnent un sentiment de proximité inédit et plutôt satisfaisant. Mais à l’usage, les désagréments font surface, la difficulté à gérer l’ensemble du groupe, la fatigue inhérente à l’usage exclusif des écrans, font que l’on en perçoit très vite les limites.

Les témoignages d’enseignants convergent sur cette première phase euphorique et sur l’usure qui s’installe assez vite, de fait ce sont très vite les inégalités sociales et numériques qui émergent et rendent la tâche de l’enseignant plus difficile.

Bref le numérique ne répond que partiellement aux besoins éducatifs, il doit prendre sa part et pleinement, avec efficacité, mais il ne peut tout assumer.

Il faut donc être très clair à cet égard.

Le programme est vaste, complexe et fait appel à de nombreuses disciplines, mais surtout à une véritable révolution des esprits, tâche enthousiasmante, mais particulièrement ardue et difficile à mener. La persistance du risque épidémique sera l’aiguillon utile à cette transformation du système éducatif.

A lire :

“Covid 19 et enseignement : quels impacts?” par Nicolas Trèves

COVID-19 et enseignement : quels impacts?

Opportunités de l’enseignement à distance durant le confinement lié à l’épidémie COVID-19

En ces temps de confinement puis de déconfinement, l’outil numérique se prête d’autant plus à la nécessité des besoins de communication à distance. Nous nous pencherons dans cet article sur le domaine de l’enseignement. Nous ne rentrerons pas dans une comparaison des offres existantes sur le marché. En revanche nous discuterons les opportunités et les limites que présente l’outil numérique dans le domaine.

Un bref historique

Il faut rappeler que la formation à distance n’est pas novatrice en soi, est d’usage depuis de nombreuses années.

Remontons jusqu’aux années 70, voire plus tôt, avec les formations du CNED. Celles-ci étaient dispensées par voie postale et permettaient aux élèves de suivre des cours à distance. Ces derniers retournaient à leur enseignant par la poste les devoirs qui leur étaient proposés, seul dispositif d’évaluation possible à distance. A été introduit par la suite l’enregistrement des cours sur cassettes audio puis plus tard vidéo, les mécanismes d’évaluation d’alors toujours réduits.

L’émergence des technologies numériques vers le grand-public remonte à la fin des années 90. Plusieurs expérimentations ont été portées, notamment dans les programmes de recherche de la Commission Européenne, programme Télématique, initiative e-learning. Ces initiatives ont fait émerger les premières plateformes de formation à distance telles que nous les connaissons aujourd’hui. A cette époque, la puissance des machines et la bande passante des réseaux ne permettaient pas une transmission des images et vidéo dans la qualité que nous connaissons aujourd’hui. Les modalités de suivi des enseignements à distance, sauf dispositif exceptionnel (réseau Renater), étaient difficiles et les temps de téléchargement des vidéos rédhibitoires.

Les premières plateformes pédagogiques ont réellement émergé vers le grand public à la fin des années 2000. Citons la plateforme Plei@ad qui a été expérimentée puis déployée entre autres au CNAM. Cette plateforme permettait aux utilisateurs, les élèves, d’avoir accès aux enregistrements des cours à distance, sans que ceux-ci aient besoin de se déplacer. Une vraie évolution des techniques pédagogiques ! Cette plateforme présentait toutefois des capacités fonctionnelles limitées et ne remplissait pas totalement les caractéristiques attendues en termes de performances, sécurité et de confidentialité. Elle a été abandonnée au CNAM au profit de Moodle qui est actuellement utilisée par de nombreux sites d’enseignement supérieur.

Le contexte actuel

Tous les établissements d’enseignement ont été fermés durant la période de confinement. Certains d’entre eux ouvrent de nouveau, il s’agit notamment des écoles primaires et des collèges. Les élèves des lycées et ceux qui sont inscrits à des formations dans le supérieur ne peuvent pas suivre de cours en présentiel, pour la plupart avant la rentrée prochaine. Grâce aux dispositifs numériques existants, la continuité pédagogique peut être assurée.

Malgré les opportunités que cela présente, quelques réserves sont à émettre quant à l’égalité de l’accès au numérique. Les populations les plus défavorisées ne disposent pas nécessairement des moyens, ordinateurs, accès à Internet, pour suivre des cours à distance. Au-delà de cette difficulté, se pose la question de l’aide que peuvent apporter les familles auprès de leurs enfants en termes d’utilisation des outils et l’assurance de la continuité pédagogique. On évoquera par ailleurs l’existence de zones blanches au sein desquelles l’accès au réseau demeure problématique.

Cela dit, l’apport des technologies du numériques ne peut être que bénéfique pour la majorité de la population en cette période de crise mais sous réserve du respect de l’égalité des chances.

Les outils

Une palanquée de plateformes (LMS – Learning Management System) est disponible sur le marché, nous ne discuterons pas ici des points forts et faibles de chacune d’entre elle, d’autant plus que l’offre est fortement évolutive.

En revanche nous présentons ce qui est attendu par ces outils et leurs limites.

Les avantages sont nombreux et permettent à l’élève de suivre les cours à distance, soit en direct ou live, soit à partir de sessions déjà enregistrées. Le direct a l’avantage de permettre l’interaction avec l’enseignant, il s’agit d’une réelle salle de cours virtuelle. L’outil doit donc consister en une boite à outils offrant les fonctionnalités suivantes : être disponible 24h sur 24 et 7 jours sur 7, sur dispositif mobile (smartphone), proposer un forum, un chat, bien entendu des outils de visio-conférence, un tableau virtuel, l’enregistrement de sessions puis l’accès à ces enregistrements et enfin des mécanismes permettant l’évaluation (scoring QCM).

Ces outils ne peuvent pas se substituer totalement au présentiel pour les motifs suivants : l’égalité à l’accès au numérique et la continuité pédagogique en particulier pour les scolaires des populations défavorisées tel que nous l’avons évoqué plus haut ; l’impossibilité de réaliser des TPs utilisant du matériel spécifique notamment dans les matières telles que la chimie, la physique, l’électronique et autres sciences de l’ingénieur ; les limites en termes de dispositifs d’évaluation qui ne peuvent se dérouler que par QCM, transmission de devoirs. On notera que la mise en place d’examens sur une période précise présente des risques : panne machine ou réseau, garantie que l’élève qui est présent est bien le candidat, problématique de la signature électronique. Enfin, on soulignera que pour l’enseignant, il y a risque de surcharge de travail s’il n’établit pas des règles pédagogiques claires en termes d’interactions avec les élèves et de réponses à leurs sollicitations.

Conclusion

Le numérique a été une réelle opportunité en cette période de confinement. Même si l’enseignement à distance ne peut pas se substituer au présentiel, il a assuré la continuité pédagogique vers de nombreuses couches de population. Revenons plusieurs années en arrière et que ce serait-il passé en l’absence de l’outil et les établissements scolaires et universitaires fermés pendant plusieurs mois ? Des mesures gouvernementales auraient été prises, espérons-le, de manière adéquate. Lesquelles ?